StartseiteDu féminisme culturel à l’éthique du « care »

Du féminisme culturel à l’éthique du « care »

From cultural feminism to the ethics of care

Théories et pratiques de l’art écoféministe des années 1970 à nos jours

Theories and practices of ecofeminist art from the 1970s to the present

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Veröffentlicht am Mittwoch, 12. April 2023

Zusammenfassung

À l’heure où les institutions culturelles commencent à mettre en lumière les préoccupations écoféministes dans l’art, il importe de revenir sur l’histoire de ces pratiques pionnières, d’interroger les cadres conceptuels qui ont pu influencer les démarches (spiritualité féministe, théorie du care, etc.) et de réfléchir aux formes artistiques nouvelles que prend le combat écoféministe au XXIe siècle. Dans cette perspective, cette journée d’étude entend réunir des historiens d’art, des chercheurs, mais aussi des critiques et des artistes, dans le but de définir plus précisément les contours d’une histoire de l’art écoféministe depuis les pratiques pionnières jusqu’aux formes les plus contemporaines. 

Inserat

Journée d’études organisée le vendredi 10 novembre 2023 à l’Université Grenoble Alpes.

Argumentaire

Né au tournant des années 1980 dans les pays anglo-saxons, l’écoféminisme tire son origine des nombreuses mobilisations citoyennes initiées par des femmes militant en faveur de l’environnement et de multiples courants intellectuels, parmi lesquels le féminisme culturel nord-américain des années 1970. C’est précisément dans le sillage de cette branche du féminisme que sont apparus les premières productions artistiques ayant exploré les connexions entre les femmes et la nature. Comme l’a indiqué l’historienne de l’art Gloria Feman Orenstein, les artistes écoféministes de la première génération s’attachaient vers la fin des années 1970 à rappeler le lien profond qui existe entre la femme et la « Terre-Mère » Gaïa, dans une volonté de réhabiliter et de réexaminer les valeurs d’une longue et ancienne tradition « pré-patriarcale » au sein de laquelle la femme vivait en harmonie avec les cycles de la nature et avec les écosystèmes de la terre. Mais ces pratiques pionnières, souvent taxées d’essentialisme, ont été marginalisées dans l’histoire de l’art - y compris par les féministes elles-mêmes -, ce qui explique l’absence d’une véritable littérature sur le sujet. A partir des années 1980, les artistes sont cependant moins préoccupées par la récupération d’une histoire pré-patriarcale et s’inscrivent davantage dans une démarche de guérison de la Terre. Plus proche de ce que l’on appelle aujourd’hui l’art écologique (Bénédicte Ramade), ces pratiques se concentrent sur le dialogue et la collaboration avec les cycles de régénération de la nature dans le but de maintenir la vie et l’équilibre écologique d’une planète dont l’intégrité a été malmenée et abîmée par la culture patriarcale capitaliste. 

S’il revient à Gloria Feman Orenstein d’avoir très tôt documenté les premières réalisations de l’art écoféministe et d’en avoir éclairé l’évolution, il devient nécessaire de revenir aujourd’hui sur ces pratiques pionnières afin de renouveler la réflexion et de définir plus spécifiquement les contours d’un art proprement écoféministe. Le désir de régénérer la Terre, de guérir Gaïa, n’est en effet pas fondamentalement différent de la dimension curative qui caractérise le travail des artistes de l’art écologique (Bénédicte Ramade, Vers un art anthropocène, 2022). Faut-il ainsi considérer les pratiques écoféministes comme une branche de ce mouvement artistique ou peut-on définir des critères qui leur soient propres ? Dans leur combat contre cette logique de domination qui s’applique aussi bien aux femmes qu’à la nature, les artistes écoféministes semblent en effet dépasser la seule intention curative au profit d’un renversement plus profond de la pensée moderne et des classifications sur lesquelles elle s’est construite. Les valeurs du care, défendues dans les œuvres de bon nombre d’artistes soucieuses de revaloriser les liens de solidarité, de responsabilité et d’interdépendance à l’égard du vivant, ne deviendraient-elles pas l’un des éléments caractéristiques de l’art écoféministe ?

Dans l’Amérique des années 1980, au moment même où la politique néo-libérale de Ronald Reagan remettait en cause l’État-Providence et célébrait une société de marché peu respectueuse des ressources naturelles et humaines sur lesquelles elle s’appuyait, le développement des théories du care permettait en effet de formuler la question de la vulnérabilité, du soin, de l’attention aux autres et à notre environnement, comme un problème social et moral qui nécessite de prendre le contre-pied de la tradition occidentale rationaliste et patriarcale. Comment les artistes se sont-elles emparées de ces questions éthiques afin de promouvoir un autre modèle civilisationnel ? Quelles sont les formes d’expérimentation privilégiées et comment expliquer l’absence de fortune critique liée à ces pratiques ? Au-delà du contexte nord-américain, qu’en est-il des autres territoires géographiques et de l’influence qu’ont pu avoir les artistes écoféministes sur les nouvelles générations ?

A l’heure où les institutions culturelles commencent à mettre en lumière les préoccupations écoféministes dans l’art (ecofeminism(s), 2020, galerie Erben, New York ; Earthkeeping/Earthshaking – Art, Feminisms and Ecology, 2020, galerie Quadrum, Lisbonne ; ECOFeminism Festival, 2021, Londres ; Reclamer la Terre, 2022, Paris, Palais de Tokyo), il importe en effet de revenir sur l’histoire de ces pratiques pionnières, d’interroger les cadres conceptuels qui ont pu influencer les démarches (spiritualité féministe, théorie du care, etc.) et de réfléchir aux formes artistiques nouvelles que prend le combat écoféministe au XXIe siècle. Dans cette perspective, cette journée d’étude entend réunir des historiens d’art, des chercheurs, mais aussi des critiques et des artistes, dans le but de définir plus précisément les contours d’une histoire de l’art écoféministe depuis les pratiques pionnières jusqu’aux formes les plus contemporaines. 

Les interventions, d’une durée de 20 minutes, pourront s’inscrire (sans forcément s’y limiter) dans les axes suivants :

  • Le phénomène de marginalisation des pratiques artistiques écoféministes et la critique essentialiste
  • La bataille de l’imaginaire (critique de la pensée moderne et de l’imaginaire dominant)
  • Les cadres conceptuels de l’art écoféministe (féminisme culturel, éthique du care…)
  • Les différentes tendances (art écologique, art écoféministe, art du care)
  • Du transnational au global : l’internationalisation et la globalisation de l’art écoféministe (Espagne, Amérique Latine…)
  • La mise en exposition de l’art écoféministe des années 1970 à nos jours (histoire, pratiques, modèles spécifiques ?) 

Modalités de contribution

Rédigées en français ou en anglais, les propositions d’intervention sont attendues sous la forme d’un résumé de 3000 signes, accompagné d’une bibliographie et d’une courte biographie, à l’adresse suivante : art.ecofeministe@gmail.com

Date limite d’envoi des propositions : 30 mai 2023

Réponse aux intervenants : 30 juin 2023

Comité d’organisation

  • Pascale Saarbach (Enseignante-chercheuse en Histoire de l’art contemporain, LARHRA, Université Grenoble Alpes),
  • Alice Ensabella (Maîtresse de conférences en Histoire de l’art contemporain, LARHRA, Université Grenoble Alpes)

Orte

  • Université Grenoble Alpes - 621 avenue Centrale
    Saint-Martin-d'Hères, Frankreich (38)

Veranstaltungsformat

Veranstaltung vor Ort


Daten

  • Dienstag, 30. Mai 2023

Schlüsselwörter

  • art, écoféminisme, féminisme culturel, éthique, care

Kontakt

  • Pascale SAARBACH
    courriel : pascale [dot] saarbach [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Informationsquelle

  • Pascale SAARBACH
    courriel : pascale [dot] saarbach [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Lizenz

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Zitierhinweise

« Du féminisme culturel à l’éthique du « care » », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Mittwoch, 12. April 2023, https://doi.org/10.58079/1axi

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