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Contesting national borders today and tomorrow

Contester les frontières nationales aujourd’hui et demain

Actors, discourses, practices, proposals

Acteurs, discours, pratiques, propositions

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Published on Wednesday, April 19, 2023

Abstract

Étroitement liées à l’existence des États-nations, les frontières sont à la fois des marqueurs de souveraineté et d’identités, et des lignes imaginaires. Cependant, les tracés ne sont pas toujours perçus comme justes : imposés, négociés, issus de traités, ils résultent de « rapports de forces », de politiques coloniales, d’orientations idéologiques. À travers une approche empirique, ce colloque international cherchera à étudier la contestation des frontières non seulement à travers le prisme du pouvoir politique mais en privilégiant l’analyse des logiques et des stratégies des acteurs non étatiques, de leurs discours et revendications, des modalités d’organisation et de mobilisation.

Announcement

Université Grenoble Alpes 08-09 février 2024

Argumentaire

Étroitement liées à l’existence des Etats-nations, les frontières sont à la fois des marqueurs de souveraineté et d’identités, et des lignes imaginaires (Sellier 2002). Elles ont vocation à légitimer l’autorité de l’Etat et à délimiter son périmètre de compétences politiques, juridiques et administratives. Cependant, les tracés ne sont pas toujours perçus comme justes : imposés, négociés, issus de traités, ils résultent de « rapports de forces », de politiques coloniales, d’orientations idéologiques. Mais ils laissent toujours certaines populations insatisfaites des arbitrages qu’ils opèrent. De ce point de vue, les frontières tracées par les centres ignorent les réalités des périphéries, tant humaines, linguistiques que sociopolitiques : fabriquées par les Etats, elles font passer un récit national au premier plan, laissant les détails de l’histoire des peuples et de leurs territoires dans le flou. Elles sont donc matières à contestation par excellence.

L'ambiguïté de ces lignes internationales, “espaces-temps matérialisant les normes” (Amilhat Szary 2020) repose dans leur rapport à la mémoire : la puissance de leur tracé les place d’emblée au rang d’outils politiques à la symbolique puissante, sans que leur existence puisse effacer les identités qui les précèdent, le plurilinguisme ou les enjeux économiques qui dépassent ces limites. Ces tensions et conflits alimentent les contestations allant jusqu’à la remise en cause de la légitimité des régimes politiques ou des Etats, dans leur intégrité territoriale. Cette dynamique est qualifiée par certains de « réveil des frontières », dans un contexte où les relations internationales prônent l’intangibilité des frontières existantes.

Les contestations des frontières témoignent souvent d’une reconfiguration des identités locales, régionales et/ou transnationales sur la base d’appartenances communautaires, ethniques ou confessionnelles, linguistiques ou culturelles, sur fond de calculs politiques, économiques et parfois opportunistes manifestant une volonté de redéfinir l’identité collective et de renégocier ses modalités de construction. Mais ces contestations aspirent-elles à une négation de l’idée de frontière ? Les frontières contestées ne sont-elles pas parfois remplacées par d’autres ? Quels sont les liens entre les formes de contestation et les nouvelles frontières ? Les nouvelles frontières nécessitent, cependant, la mise en place, par les acteurs contestataires, de stratégies permettant de rendre réalisables et légitimes leurs projets de construction territoriale permettant leur reconnaissance. Pour autant, toutes les contestations ne s’inscrivent pas dans des perspectives nationalistes : qu’il s’agisse des mouvements sociaux issus des peuples autochtones qui revendiquent des liens au lieux plutôt qu’un découpage du monde, ou des combats menés au côté du vivant non-humain, pour une planète de communs.

La notion de frontières visée dans le cadre de ce colloque recouvre les formes de séparations géographiques, politiques, linguistiques, communautaires, ethniques ou confessionnelles, dans le cadre de la formation et du fonctionnement de l’État. On peut cependant questionner la dimension intersectionnelle des luttes et interroger les liens entre les contestations des frontières et d’autres engagements et mouvements sociaux. La contestation des frontières nationales est-elle liée à la remise en cause d’autres types de frontières (entre les classes sociales, les genres, etc.) ?

Dans tous les Etats issus des découpages coloniaux, les tracés sont conservés au moment des indépendances au nom du principe d’Uti possidetis, pourtant, les discours postcoloniaux multiplient leurs contestations, tant par les régimes en place que par leurs opposants. Ces dynamiques constituent un défi pour tout État-nation et représentent des menaces pour son intégrité territoriale et son unité nationale. Si les contestations des frontières nationales n'entraînent pas automatiquement l’effondrement de l’Etat, les nouvelles entités territoriales revendiquées et la multitude d’acteurs qui les portent, sont très vite confrontés à la question de leur reconnaissance à l’échelle locale, régionale ou internationale. La contestation des lignes terrestres produit des effets internationaux, voire transnationaux.

Les actions et les expressions de la contestation des frontières sont souvent politiques ou/et militaires. Elles s’incarnent à travers la formation de formations partisanes, autour de personnalités charismatiques, de lobbying, de groupes armés, de guérillas. Elles se manifestent aussi à travers les productions artistiques, littéraires et culturelles. La langue, le patrimoine, l’art sont à la fois facteurs d’unité et de division pour une nation et peuvent nourrir les contestations.  

La littérature scientifique et universitaire propose de nombreux travaux sur les différends frontaliers, le rôle et l'utilité des frontières, leurs mobilités ou tangibilité… Les études portant sur les mouvements de contestation et les modalités de leur expression restent cependant à explorer. Ce colloque vise à enrichir ce volet. Il s’intéresse ainsi à la question de la contestation des frontières nationales en s’interrogeant particulièrement sur les différentes formes d’expressions et les logiques de mobilisation en rapport avec les frontières contestées.

Le concept de contestation est mobilisé ici dans une approche pluridisciplinaire prenant en compte les dimensions géographique, politique, sociale, culturelle, artistique et linguistique. Comment les frontières contestées mobilisent-elles les sciences humaines sociales ? Qui sont les acteurs ? Quels sont les moyens et les outils employés par ces derniers ? Quels sont leurs discours ?

A travers une approche empirique, ce colloque international cherchera à étudier la contestation des frontières non seulement à travers le prisme du pouvoir politique mais en privilégiant l’analyse des logiques et des stratégies des acteurs non étatiques, de leurs discours et revendications, des modalités d’organisation et de mobilisation.  L’ambition de ce colloque vise moins à centrer les analyses d’un point de vue macro qu'à s'interroger sur les logiques et les dynamiques qui traversent ces contestations, à partir d’une perspective plutôt micro. Le cadre temporel envisagé correspond à la longue durée des 19ème, 20ème et 21ème siècles.

Axe 1 : « Contre le découpage injuste du monde » : discours et luttes pour des nouvelles frontières

Axe 2 : Contestation des régimes frontaliers existants : luttes au nom de l’autonomie des migrations et pour une planète des communs

Axe 3 : Reconnaissance et légitimation des nouvelles frontières

Possibles pistes de réflexion

  • Les mouvements de contestation des frontières. L’histoire et l’historicité des mouvements contestant les frontières, la nature de ces contestations, les différentes formes et techniques de mobilisation : acteurs sociaux, politiques et religieux, etc. La question de la reconnaissance de nouvelles frontières. Les mobilisations contre les régimes de “sécuritisation” des frontières et en faveur de l’autonomie des migrations. La négation des frontières dans une perspective écologique.
  • Les frontières contestées dans l’art (Border Art). Les artistes interrogent les frontières à travers leurs productions (photographies, musiques, caricatures, street art, fresques, peintures murales, cinéma…). Les frontières sont des sources d’inspiration pour les artistes. Les lignes de séparation (murs, clôtures de sécurité, zones/lignes vertes…) constituent une matière permettant d’exprimer une opinion politique ou de faire passer un message contestataire (“artivisme”) …
  • Les contestations des frontières dans les œuvres littéraires. Les études littéraires et linguistiques, voire sociolinguistiques, notamment postcoloniales, accordent aujourd’hui une place centrale à la question des frontières (SUTER et FOURNIER KISS 2021). Les diverses productions autour des frontières (romans, poèmes, récits de voyage, slogans…) interrogent le rapport aux frontières et aux territoires contestés. Comment les langues et les littératures se positionnent-elles dans l’expression de ces mobilisations ?

Modalités de contribution

Date de remise des propositions de communication : Le 15 octobre 2023

Les propositions de communication peuvent être soumises en français ou en anglais (500 mots, notice biographique avec rattachement institutionnel du participant). Elles sont à envoyer, à l’adresse suivante : contester-les-frontieres@univ-grenoble-alpes.fr

Les propositions seront examinées par les membres du comité scientifique et validées avant le 10 novembre 2023.

Comité d’organisation

BEYLIER Pierre-Alexandre ILCEA4- Université Grenoble Alpes ; Zakaria Taha ILCEA4-UGA ; Anne-Laure AMILHAT SZARY, Pacte-UGA ; Valéry Kossov ILCEA4-UGA ; Miloud GHARRAFI IETT- Université Jean Moulin - Lyon 3 ; NERI Corrado IETT-Lyon 3 ; Daniel MEIER, Pacte- Science Po Grenoble ; Sarah BACHELLERIE Pacte ; Marie POULAIN Université de Genève ; Cristèle Bernard CERDAP ² UGA - Science Po Grenoble.

Comité scientifique

  • BOULAABI Ridha Litt&Arts- Université Grenoble Alpes.
  • GAUDICHAUD Franck FRAMESPA-Université Jean Jaurès.
  • MARCOU Jean CERDAP ² UGA - Science Po Grenoble.
  • MARYNOWER Claire Pacte-Science Po Grenoble.
  • MIANOWSKI Marie ILCEA4-Université Grenoble Alpes.
  • MORIER-GENOUD DAMIEN ILCEA4-UGA.
  • SENIGUER Haoues Triangle-Sciences Po Lyon. 
  • VALTER Stéphane CeRLA- Université de Lyon 2. 
  • VAUTHIER Elisabeth IETT-Université Jean Moulin - Lyon 3.

Places

  • Bâtiment Stendhal - 621 Av. Centrale
    Saint-Martin-d'Hères, France (38)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Sunday, October 15, 2023

Keywords

  • frontière, contestation, identity, territoire, état, légitimation, nouvelle frontière, Border Art, mobilisation, Moyen-Orient, monde arabe, Amérique du Nord, Amérique latine, Europe, Asie

Contact(s)

  • Zakaria TAHA
    courriel : zakaria [dot] taha [at] univ-gernoble-alpes [dot] fr
  • Valery Kossov
    courriel : valery [dot] kossov [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr
  • Anne-laure Amilhat
    courriel : anne-laure [dot] amilhat [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Information source

  • Zakaria TAHA
    courriel : zakaria [dot] taha [at] univ-gernoble-alpes [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Contesting national borders today and tomorrow », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, April 19, 2023, https://doi.org/10.58079/1az4

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