HomeLa médiatisation du discours politique : la campagne des élections présidentielles de 2022 en France

HomeLa médiatisation du discours politique : la campagne des élections présidentielles de 2022 en France

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Published on Thursday, April 27, 2023

Abstract

Numéro spécial de la Revue nordique des études francophones sur les discours politique pendant la campagne des élections présidentielles de 2022. L’objectif de ce numéro est d’accueillir des contributions portant sur les stratégies rhétoriques des candidats à l’élection présidentielle de 2022 en France. En s’inspirant des travaux du groupe de recherches Rompol (Discours politique dans les pays de langue romane) sur les cultures du débat politique dans les pays de langue romane, le numéro sera centré sur les messages politiques des différents candidats.

Announcement

Argumentaire

Les 15 et 16 juin 2022, un colloque sur le discours politique pendant la campagne présidentielle de 2022 s'est tenu à Stockholm en l'honneur de la professeure Françoise Sullet-Nylander, qui depuis de nombreuses années a publié et enseigné sur des sujets portant sur les médias et le discours politique. Plusieurs des plus grands spécialistes de l'analyse du discours en langue française, tels que Patrick Charaudeau, Dominique Maingueneau, Sophie Marnette et Laurence Rosier, ont présenté des contributions analysant cette campagne des élections présidentielles de 2022.

Cette journée a porté sur les discours de campagne pour l'élection présidentielle de 2022 avec, notamment, une analyse des idéologies et des stratégies électorales des différents candidats. Selon Patrick Charaudeau, il y a eu un basculement idéologique depuis 2017 étant donné que les référentiels de droite et de gauche sont moins visibles depuis la première élection d'Emmanuel Macron en 2017 (Charaudeau, 2022). D'autres experts évoquent même l'idée d'une confusion politique (confusionnisme) lorsque la rhétorique traditionnelle des candidats emprunte des mots et des idées aux adversaires (Corcuff, 2021). Ainsi, il est possible de décrire les stratégies rhétoriques utilisées par les candidats pour asseoir leur image (éthos en situation) et effacer l'affiliation partisane. Cette disparition des caractéristiques du couple droite/gauche est unique dans l'histoire de France et marque en quelque sorte un tournant dans la présidentialisation de la vie politique. Les partis politiques traditionnels ont été considérablement affaiblis pour laisser la place aux équipes de supporters des candidats, c'est-à-dire aux mouvements de soutien aux candidats. Il est possible de déceler une dynamique de polarisation avec des positions plus radicales même si le conflit en Ukraine a atténué la polémique pendant la campagne. Dominique Maingueneau a étudié au cours de cette journée le support iconique des manifestations en analysant cette relation multimodale entre les commandes et les images utilisées avec ces slogans. Ces slogans ont été réutilisés par les différents candidats à l'élection présidentielle et ont contribué à une dramatisation croissante de la campagne.

Les candidats investissent ce que l'anthropologue Georges Balandier (1992) appelle la scène du pouvoir. La théâtralisation de la vie politique affecte le discours lui-même car il s'agit de représenter les idées que les candidats veulent véhiculer. Au sein du théâtre du pouvoir, il s'agit de simplifier des problématiques complexes et de faire passer un message à l'aide d'une performance. La mise en scène est importante pour soutenir la crédibilité du candidat. Dans cette optique, certains candidats ont raté leur entrée en campagne avec des performances mitigées comme les candidates Anne Hidalgo pour le Parti Socialiste et Valérie Pécresse pour Les Républicains qui n'ont jamais réussi à endosser le rôle de leader. Leurs premières rencontres avaient été jugées trop timides par rapport à celles des autres candidats. En revanche, Marine Le Pen (Rassemblement National) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ont affiché une stratégie offensive à coups de rhétorique forts pour animer la campagne présidentielle. Toutes les présentations faites lors de la conférence ont été l'occasion de travailler sur la relation entre la mise en scène du pouvoir, le discours et les dispositifs rhétoriques.

Nous aimerions pouvoir publier un numéro spécial de la Revue nordique d'études francophones sur les discours politiques lors de la récente campagne électorale présidentielle.

Modalités de contribution

La date limite de soumission d'une contribution pour le numéro thématique est le 30 juillet 2023 et tous les articles seront soumis à une évaluation en double aveugle en suivant les normes éditoriales de la revue.

Il faut enregistrer un compte au sein de la revue pour pouvoir soumettre (voir ici).

Plus généralement, le numéro thématique s'inspire des travaux du groupe de recherches Rompol (Étude des discours politiques dans les pays de langue romane) sur les discours populistes dans les pays de langue romane (Sullet-Nylander & Roitman, 2019 ; Sullet -Nylander et al., 2019). La polarisation du débat public utilisant différentes stratégies d'attaque révèle une culture du débat plus dure où les frontières traditionnelles disparaissent. Aujourd'hui, ce sont les organisations de supporters qui ont investi l'arène politique pour esthétiser les messages politiques. Le numéro thématique reviendra sur les caractéristiques de la culture du débat politique en France.

Équipe éditoriale

Rédacteurs en chef

  • Christophe Premat, Stockholm University, Sweden
  • Mickaëlle Cedergren, Stockholm University, Sweden

Assistant Editor

Alice Duhan, Department of Romance Studies and Classics, Stockholm University, Sweden

Editorial Board

  • Andreas Hedberg, Department of Literature, Uppsala University, Sweden
  • Sara Bédard-Goulet, Senior lecturer in Romance Studies, Tartu University, Estonia
  • Bouanane Kahina, Senior lecturer in Francophone Literature, University at Oran, Algeria
  • Dr Valérie Alfvén, Senior lecturer in Translation Studies, Institute for Translation and Interpretation, Stockholm University, Sweden
  • Mattias Aronsson, School of Humanities and Media Studies, Dalarna University, Sweden
  • Elisabeth Bladh, Department of Swedish Language and Multilingualism, Stockholm University, Sweden
  • Alice Duhan, Department of Romance Studies and Classics, Stockholm University, Sweden
  • Svante Lindberg, French Language and Literature, Åbo Akademi University, Finland
  • Hassan Moustir, Dept. of French Language and Literature, Mohammed V University of Rabat, Morocco
  • Prof. Veronique Porra, Department of Romance Languages and Literatures, Johannes Gutenberg University, Mainz, Germany
  • Prof. Bernadette Rey Mimoso-Ruiz, Faculté Libre de Lettres et Sciences Humaines, Institut catholique de Toulouse, France
  • Dr Francoise Sule, Department of Romance Studies and Classics, Stockholm University, Sweden
  • Prof. Ingse Skattum, Department of Culture Studies and Oriental Languages, Norway
  • Lisbeth Verstraete-Hansen, Department of English, Germanic and Romance Studies, University of Copenhagen, Denmark

Scientific Committee

  • Carin Franzén, Institution för kultur och estetik Stockholm University, Sweden
  • Mats Forsgren, Department of Romance Studies and Classics, Stockholm University, Sweden
  • Helge Vidar Holm, Professor in Cultural Studies, Department of Foreign Languages, University of Bergen, Norway
  • Faouzia Bendjlid, Professor in Francophone Literature, University at Oran, Algeria
  • Petra Broomans, Professor in European Languages and Cultures (Scandinavian Studies), University of Groningen, Netherlands
  • Najib Redouane, Professor in Francophone Literature, California State University, Long Beach, United States
  • Sylvain Briens, Université Paris-Sorbonne, France
  • Daniel Chartier, Université du Québec à Montréal, Canada
  • Maxime Del Fiol, French Department, Université Paul-Valéry Montpellier 3, France
  • Lise Gauvin, Département des littérature de langue français, Université de Montréal, Canada
  • Christina Kullberg, Department of Modern Languages, Uppsala University, Sweden
  • Jean-Marc Moura, Université Paris Nanterre, France
  • François Provenzano, Centre de Sémiotique et Rhétorique, Université de Liège, Belgium
  • Maria Walecka-Garbalinska, Department of Romance Studies and Classics, Stockholm University, Sweden
  • Dominique Viart, Université Paris Nanterre, France

Journal Manager

Ms Sofie Wennström, Stockholm University Press, Sweden

Références

Balandier, G. (1992). Le pouvoir sur scènes. Balland.

Charaudeau, P. (2022). Le discours populiste, un brouillage des enjeux politiques. Lambert-Lucas.

Corcuff, P. (2021). La grande confusion: comment l’extrême-droite gagne la bataille des idées. Textuel.

Sullet-Nylander, F., & Roitman, M. (2019). La (dé)nomination du « peuple français » par Emmanuel Macron et Marine Le Pen Débat de l’entre-deux-tours du 3 mai 2017 : une étude lexicale et sémantique. Bergen Language and Linguistics Studies10(1), 12. https://doi.org/10.15845/bells.v10i1.1432

Sullet-Nylander, F., Bernal, M., Premat, C., & Roitman, M. (2019). Political Discourses at the Extremes. Stockholm University Press. https://doi.org/10.16993/bax

Places

  • Stockholm, Kingdom of Sweden

Date(s)

  • Sunday, July 30, 2023

Keywords

  • discours politique, campagne, élection présidentielle 2022, supporter, culture, débat politique, populisme

Information source

  • Christophe Premat
    courriel : franorfon [at] su [dot] se

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Christophe Premat, Malin Roitman, « La médiatisation du discours politique : la campagne des élections présidentielles de 2022 en France », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, April 27, 2023, https://doi.org/10.58079/1b2t

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