StartseiteL’action dans la recherche et la recherche dans l’action : quelles imbrications ?

L’action dans la recherche et la recherche dans l’action : quelles imbrications ?

Action in research and research in action: what intertwining?

Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de géographie, 2023

Young researchers day at the Institut de Géographie, 2023

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Veröffentlicht am Montag, 15. Mai 2023

Zusammenfassung

L’édition 2023 de la Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de Géographie de Paris se tiendra le 13 octobre 2023 et aura pour thème : « L’action dans la recherche et la recherche dans l’action : quelles imbrications ? ». Les questionnements s’adressent à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales mobilisant une dimension spatiale dans leurs travaux. Des propositions de jeunes chercheur·euses (doctorant·es, étudiant·es de Master, jeunes docteur·es) sont particulièrement attendues.

Inserat

Argumentaire

Loin d’être isolé·e du monde social, le·a chercheur·e dans sa pratique quotidienne se retrouve souvent à intégrer, côtoyer, analyser d'autres milieux. C’est en particulier le cas en sciences sociales, où l’enquête passe par l’établissement de relations, parfois durables, avec les enquêté·e·s. Les postures sont variées et oscillent entre une observation participante et une participation observante (Soulé, 2007), entre l'observation et l’action, entre neutralité axiologique et engagement, parfois ethnographique (Cefaï, 2010). Les postures d’implication sont considérées comme ambiguës voire problématiques par certains, quand elles sont revendiquées par d’autres. Cet état de fait pose question sur la place des chercheurs dans la société et dans les réseaux d’acteurs qu’ils étudient, et sur la façon dont ils négocient et gèrent cette place, dans une tension entre une autonomie indispensable à la production scientifique et un engagement dans des relations et parfois des problèmes publics. Alors que l’activité académique a historiquement cherché à garantir son indépendance vis-à-vis du pouvoir et de la société, la recherche est appelée à sortir des murs de l'académie en constituant un outil d’aide à la décision, en alimentant le développement de l’innovation en entreprise, en créant un accès mainstream à l’information pour un large public, ou encore en produisant des savoirs mobilisés à des fins militantes ou marchandes. L’idée d’une responsabilité sociale de la recherche gagne en importance et semble devenir incontournable. La restitution des résultats et le partage des connaissances qui en découlent, dans une perspective anti-extractiviste, constitueraient donc des devoirs éthiques du métier (Bouillon, Fresia et Tallio, 2006). Dans cette continuité, la question de la recherche utile semble également se poser, en termes d’effets transformateurs sur le contexte étudié. Par ailleurs, des organisations privées ou associatives deviennent, elles aussi, productrices d’études, d’expertises, voire de programmes de recherche. Enfin des dispositifs hybrides, co-construits entre acteurs académiques et acteurs (publics, privés, associatifs) demandeurs et utilisateurs de résultats de recherche, se multiplient. Ces évolutions reconfigurent le paysage institutionnel de la recherche et les rapports entre acteurs académiques et non académiques, au risque d’une “privatisation de la recherche, avec des jeux de concurrence entre structures scientifiques et d’autres institutions (think tanks, cabinets d’expertise, sociétés de conseils privées, etc.)” (Aldrin et al., 2022), mais aussi des collaborations qui permettent cette restitution de la recherche vers l’objet de son étude. 

Dans une approche critique et réflexive, nous souhaitons donc interroger les liens entre ces acteurs de la recherche et ceux de l’action - professionnels, militants, politiques, artistiques - qu'ils cherchent à analyser et avec lesquels, en conséquence, ils interagissent, voire s’influencent réciproquement/s’interpénètrent, et/ou collaborent. Nous invitons à interroger ces questions sous deux angles complémentaires : (1) d'un côté nous proposons d’explorer nos pratiques de recherche à travers une approche réflexive et (2) de l’autre, dans une approche épistémique, d’interroger la production et la circulation de connaissances et les enjeux qui en découlent.

  • (1) Nombreu·x·ses sont les chercheur·es en sciences sociales qui ont déjà traité ces thématiques (Bourdieu, 2001 ; Fernandez, 2005 ; Caveng, 2011) en se demandant notamment si les groupes sociaux ou politiques auxquels iels s’intéressent influencent leur méthodes de recherche et de diffusion et si, réciproquement, la recherche participe à une redéfinition des pratiques et de l'identité des acteurs et des contextes étudiés (Goldenberg et Couture, 2007; Lavigne Delville et Fresia, 2018). En ce sens, la coopération entre la recherche et d’autres milieux peut prendre différentes appellations et configurations, selon les postures et objectifs : recherche-action, recherche partenariale, recherche intervention, recherche appliquée voire impliquée, co-recherche, etc. (Allard Poesi et Perret, 2003 ; Bensa et Fassin, 2008 ; Vidal, 2009 ; Kopenawa et Albert, 2010 ; Gillet et Tremblay, 2017). Nous souhaitons souligner cette réciprocité qui fait de la recherche une force transformatrice, et des chercheur·e·s, des acteurs dans ce processus (parfois malgré elles et eux). Ces démarches témoignent d'une expérimentation continue et renouvelée visant la construction de relations d’échanges entre le monde de la recherche et d’autres contextes. Comment la recherche dialogue-t-elle avec ces dimensions de l’action ? Qu’est-ce qu’elle leur apporte ? L’apport est-il réciproque ou unilatéral ? Comment ces autres milieux se saisissent-ils de la recherche pour la mobiliser en dehors de la communauté scientifique ? Qu’est-ce que la recherche emprunte à d'autres contextes professionnels ?
  • (2) Cet appel s’inscrit dans la continuité des réflexions sur les enjeux politiques, épistémologiques et éthiques que soulèvent la circulation, voire les pratiques de co-construction des savoirs entre acteurs de la recherche et acteurs opérationnels. Quel est l’impact des savoirs relevant du milieu de la géographie sur des pratiques politiques et professionnelles ? De quelles manières, par quelles méthodes, outils, supports la recherche en géographie est-elle transmise, reçue, transférée ou transposée dans ces milieux autres, et par quels acteurs ? Comment s'y articule-t-elle ? Comment est-t-elle façonnée par ces milieux et acteurs ? Autrement dit : qu’est-ce que fait l’action à la recherche et réciproquement ? Les études sur le genre semblent apporter un regard novateur sur ces questions avec la production de notions pour les traiter, comme celle de savoir “situé” de Donna Haraway (Haraway, 1988 ; Clair, 2016). Ce concept sous-tend que “le savoir est produit par des sujets qui sont construits par leurs conditions de vie, par leur rapport aux normes sociales, par l'époque historique dans laquelle illes vivent, etc. Cela remet en cause l'idée qu'un savoir neutre, objectif et universel est possible” (Gérardin-Laverge et Collier, 2020). 

Ces deux angles peuvent être appréhendés à partir de quatre axes que nous vous proposons d'explorer et détaillés dans le PDF joint. 

  • Axe 1. La place sur le terrain et la négociation sous-jacente
  • Axe 2. Le militantisme : une dimension de l’action difficile à assumer/gérer/concilier ? 
  • Axe 3. L’art et la recherche, quels échanges et quelles réciprocités ?
  • Axe 4. Réciprocités, autonomie ou instrumentalisation entre les milieux opérationnels et ceux de la recherche

Vous trouverez toutes les informations relatives à l'événement dans l’appel à communications ci-joint ou sur le site internet de la journée.

Modalités de participation

Afin de valoriser la participation de chacun·e·s nous proposons divers types de modes de participation : communication orale ou poster.

Réception des propositions de communication (2500 signes espaces compris) et des propositions de poster (1500 signes espaces compris) uniquement par courriel à l’adresse : representantsdoctorants.ed434@gmail.com

jusqu’au 2 juin 2023.

Dates à retenir :

  • 2 mai 2023 : ouverture de l’appel à communication
  • 2 juin 2023 : date limite pour la réception des propositions
  • Début juillet 2023 : retour aux participant·e·s
  • 13 octobre 2023 : journée des jeunes chercheurs de l’Institut de Géographie de Paris à l’Institut de Géographie de Paris

Comité d'organisation

Irene Valitutto (UMR Prodig), Inès Delépine (UMR Géographie-cités), Félix Guéguen (UMR Prodig), Corten Pérez-Houis (UMR Géographie-cités), Noémie Gailhac Calixte (UMR Géographie-cités), Pierre Sachot (LADYSS), Thibaud Bages (Laboratoire Médiations - UMR Géographie-cités), Marina d’Avdeew (UMR LGP), Paul Siarry (Institut national d'études démographiques), Damien Le Lan (Laboratoire Médiations).

Comité scientifique

Pauline Delage (CRESPPA), Philippe Lavigne Delville (UMR SENS), Emilie Guitard (UMR PRODIG), Laurent Lespez (UMR LGP), Juliette Maulat (UMR Géographie-cités), Jeremy Robert (Université Rennes 2), Claire Simonneau (LATTS), Jean Vettraino (CCFD Terre Solidaire).

Kategorien

Orte

  • 191, rue Saint Jacques
    Paris, Frankreich (75005)

Veranstaltungsformat

Hybridveranstaltung


Daten

  • Freitag, 02. Juni 2023

Anhänge

Schlüsselwörter

  • géographie, terrain, militantisme, art, opérationnel

Kontakt

  • Représentants des doctorants de l'ED de géographie de Paris
    courriel : representantsdoctorants [dot] ed434 [at] gmail [dot] com

Informationsquelle

  • Inès Delépine
    courriel : representantsdoctorants [dot] ed434 [at] gmail [dot] com

Lizenz

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Zitierhinweise

« L’action dans la recherche et la recherche dans l’action : quelles imbrications ? », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Montag, 15. Mai 2023, https://doi.org/10.58079/1b5n

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