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Tourisme, interculturalité et patrimoine immatériel

Neuvième colloque sino-européen du tourisme

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Published on Tuesday, May 23, 2023

Abstract

Le tourisme a été jusqu’à la fin du XXème siècle une pratique essentiellement occidentale. De ce fait, la rencontre avec les populations autochtones a été largement abordée à travers le concept d’acculturation. Cette approche a d’autant plus convenu que la diffusion des touristes a été en grande partie orchestrée par le déploiement de l’appareil de production capitaliste et s’est construite dans les contextes du colonialisme et du néocolonialisme. Dès les années 1990, émerge, conjointement dans les champs de l’anthropologie et de la psychologie culturelle, une nouvelle interprétation des rapports sociaux, à partir du concept d’interculturation. Or, à l’inverse de l’anthropologie et de la sociologie, la géographie s’est encore peu encore emparée de ce concept d’interculturation, pourtant intrinsèquement lié à la mobilité et aux rencontres spatio-culturelles qu’elle génère. Cette neuvième édition du colloque sino-européen du tourisme s'intéressera par conséquent aux rapports interculturels entre individus, groupes et acteurs, dans les logiques de co-constitutions entre tourisme et patrimoine immatériel.

Announcement

Argumentaire

Le tourisme a été jusqu’à la fin du XXème siècle une pratique essentiellement occidentale. De ce fait, la rencontre avec les populations autochtones a été largement abordée à travers le concept d’acculturation. Cette approche a d’autant plus convenu que la diffusion des touristes a été en grande partie orchestrée par le déploiement de l’appareil de production capitaliste et s’est construite dans les contextes du colonialisme et du néocolonialisme. Ainsi, George Cazes a sous-titré le second volume de l’ouvrage tiré de sa thèse consacrée au tourisme dans les pays du Tiers Monde : « Les nouvelles colonies de vacances » (1992). La métaphore traduit l’approche dominante de l’époque. En effet, le tourisme s’inscrit dans un rapport entre le centre et ses périphéries, engendrant l’intégration des pratiques dans un processus de domination et d’expansion symbolique et matérielle des sociétés occidentales. Il ne peut en résulter, selon certains auteurs, qu’une acculturation (De Kadt, 1979 ; Mathieson et Wall, 1982 ; Turner et Ash 1975). Notamment Crick caractérise les touristes en 1989 comme des « barbarians, the suntan destroyers of culture » (p. 309). Quelques auteurs pointent cependant ces excès. Ainsi Mac Canell écrit-il en 1976 « it is intellectually chic nowadays to deride tourists » (p.9).

Une seconde approche voit alors le jour, tandis que des auteurs relativisent le poids du tourisme, en démontrant que ses effets varient selon les modalités avec lesquelles il se déploie, mais aussi selon les capabilités des sociétés à s’en emparer (Shaw et Williams, 2002). Michel Picard va plus loin (1992) en remettant en question la problématique de l’impact, qui nierait la capacité des autochtones à réagir. Enfin, dès les années 1990, émerge, conjointement dans les champs de l’anthropologie et de la psychologie culturelle, une nouvelle interprétation des rapports sociaux, à partir du concept d’interculturation (Camilleri et Vinsonneau, 1996 ; Clanet, 1990; Demorgon, 2002, 2010 ; Belkaïd et Guerraoui, 2003 ; Guerraoui, 2009; Blanchet et Coste, 2010), défini comme : « l’ensemble des processus – psychiques, relationnels, groupaux et institutionnels – générés par les interactions de groupes repérés comme détenteurs de cultures différentes ou revendiquant une appartenance à des communautés culturelles différentes […] » (Clanet, 1990, p.70). Celui-ci permet d’analyser des phénomènes co-constitués et pourtant contradictoires du fait d’un double mouvement : la transformation des systèmes en présence en raison de leurs interactions, et le maintien de ces derniers en raison du désir de chacun de préserver son identité. En cela, il dépasse la notion d’acculturation, critiquée pour avoir « tendance à développer une conception linéaire et statique du changement en l’inscrivant dans des relations asymétriques d’un donneur vers un receveur (relation dominant/dominé pensée comme obligation pour le groupe dominé de s’assimiler à la culture dominante), et ce en dépit de la définition originelle qui suppose une interdépendance des cultures » (Belkaïd et Guerraoui, 2003, ­12). Cette limite a conduit des chercheurs francophones à s’en émanciper, en créant le nouveau paradigme.

Or, à l’inverse de l’anthropologie et de la sociologie, la géographie s’est encore peu encore emparée de ce concept d’interculturation, pourtant intrinsèquement lié à la mobilité et aux rencontres spatio-culturelles qu’elle génère. L'approche géographique du tourisme apparaît dans ce contexte particulièrement éclairant, pour reposer sur l'analyse des effets d'une mise en relation de sociétés endogènes et exogènes. Ce processus engendre la transformation des rapports des sociétés locales à l’espace, au temps, mais aussi à l’autre et à soi (notamment dans le rapport au corps), favorisant l’invention de nouveaux modèles par interculturation, entre transfert, résistance et innovation. Mais cette approche innovante qui permet d’appréhender dans toute sa complexité la résilience des cultures confrontées au tourisme mérité d’être approfondie en mobilisant toutes les échelles du social et du spatial. En effet les rapports de domination à toutes les échelles du social, de l’individu, du village, du clan, de la région, de l’état, du supranational ne jouent-ils pas avec les stratégies des individus pour freiner s’opposer ou au contraire favoriser l’appropriation du tourisme ?

De plus ce colloque entend aborder cette réflexion en mettant l’accent sur les valorisations du patrimoine immatériel. Ce dernier a été défini par l’UNESCO comme :

« Les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire — ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés — que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. » (Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel 2003).

Ce concept se caractérise par le fait de définir le « patrimoine » dans une double dimension synchronique et diachronique, en tant qu’héritage transmis, mais aussi inscrit dans une culture contemporaine qu’il contribue à régénérer. Il nécessite de plus une prise de distance de la communauté qui le perpétue, nécessaire à sa reconnaissance et identification collective. Il constitue ainsi un concept innovant en induisant un renouvellement de l’implication des acteurs de la patrimonialisation, menant à la notion de « communauté ». L’anthropologue Chiara Bortolotto (2011) s’inscrit aussi dans cette approche en rappelant que :

« La définition insiste en fait sur le rôle des acteurs sociaux (« communautés, groupes et le cas échéant individus ») dans la reconnaissance patrimoniale, sur la dimension non seulement historique (« transmis de génération en génération »), mais en même temps évolutive et processuelle de ce patrimoine (« recréé en permanence »), sur sa fonction identitaire pour les acteurs sociaux auxquels ce patrimoine procurerait un « sentiment d’identité », tout en se limitant aux pratiques non discriminatoires et conformes à l’éthique globale émergente ». (p. 26).

Les rapports interculturels entre individus, groupes et acteurs, dans les logiques de co-constitutions entre tourisme et patrimoine immatériel, seront donc au cœur des problématiques abordées par le colloque.

Soumission des communications

Les intentions de particpation, écrites en mandarin, en français, en anglais ou en arabe, doivent comporter un titre et un résumé de 1000 mots au minimum et de 1500 mots au maximum, 5 mots-clefs, (Police Times New Roman, 12 pts, interligne simple. Le.la ou les auteur.e.s indiqueront leur institution d’appartenance et leur discipline. Le résumé doit faire ressortir clairement la problématique et le corpus d’hypothèses de recherche, la démarche méthodologique et les principaux résultats attendus ou observés.

Toutes les propositions de communication doivent être envoyées à l’adresse de contact suivante : sinoeuropeen.conference@gmail.com

Calendrier

  • Soumission des résumés (1000 à 1500 mots) : 15 juillet 2023

  • Notification d'acceptation: 30 juillet 2023
  • 9èmes édition du colloque sino-europpen : 31 octobtre, 1 et 2 novembre 2023
  • Remise de la version provisoire du texte : 30 novembre
  • Notification des modifications aux auteurs : 20 décembre 2023
  • Remise de la version définitive du texte : 30 janvier 2024
  • Publications

Les papiers retenus lors du processus d’évaluation anonyme seront considérés pour publication dans les revues suivantes :

  • Mondes du Tourisme, revue de recherche dédiée au tourisme
  • Tourist Studies (SSCI), indéxée sur Scopus
  • Tourism Science, (Chine), indexée par le CSSCI et classée parmi les top-cent journaux universitaires chinois en sciences sociales.

Consortium doctoral - Doctorants

Ce consortium doctoral a pour objectif de soutenir les efforts déployés par les doctorants durant les phases de formulation, communication et publication de leurs projets de recherche. Il a ainsi l’ambition de bâtir un réseau relationnel d’enseignants-chercheurs et améliorer la visibilité de leurs travaux à l’échelle nationale et internationale.

Les doctorant(e)s souhaitant participer à ce consortium doctoral sont invité(e)s à soumettre un document de 10 pages (Times New Roman 12, interligne simple)  résumant la problématique de la recherche, la méthodologie, les difficultés rencontrées ou pressenties et les résultats attendus. Ce document doit indiquer les 5 à 10 références bibliographiques considérées comme majeures pour la thèse.

La première page de ce document comprendra :

  • Le titre ou le sujet
  • Le nom du (de la) doctorant(e) et ses coordonnées -email, tél., adresse postale
  • L’Université d’inscription
  • Le laboratoire/groupe ou équipe d’accueil
  • Le nom du directeur/ directrice de thèse ainsi que ses coordonnées (affiliation, adresses postale et électronique)

Toutes les propositions au consortium doctoral doivent être envoyées à l’adresse de contact suivante : sinoeuropeen.conference@gmail.com

 Co-presidents du comité scientifique (par ordre alphabétique)

  • APCHAIN Thomas, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • SAFAA Larbi, EST Essaouira, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • XU Honggang, directrice de la faculté du tourisme de l'université de Sun Yat-Sen (Chine)

 Co-presidents du Consortium doctoral

  • BAI Kai, Shaanxi Normal University (Chine)
  • GUIBERT, Christophe, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • El HOUSNI Khalid, EST Essaouira, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • MOUHTAJ Abdelhaq, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger (Maroc)
  • OUARSAFI Nabil, Université Hassan Premier (Maroc)

 Comité scientifique

  • ACHABA Allal, Université Ibno Zohr (Maroc)
  • ASKOUR Khadija, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger (Maroc)
  • BEN ATTAYA Abderrazak, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger (Maroc)
  • BEN MASSOUD Jihane, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • BENKHALLOUQ Fatima Ez Zahra, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • BOUAOUINATE Asmae, Université Hassan II (Maroc)
  • BOUJROUF Said, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • CHAGDALI Mustapha, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger (Maroc)
  • CHARHADDINE Imane, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • CHENG Li, Sichuan University (Chine)
  • COEFFE Vincent, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • GEBRATI Fatima, Université Cadi Ayyad Marrakech  (Maroc)
  • HADACH Mohamed, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • ELAKLAA Mohammed, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • EL AZZOUZI El Habib, Université Mohammed V de Rabat (Maroc)
  • EL BAKKAL Abrahal, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger (Maroc)
  • HILALI Mina, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • HUANG Zhenfang Professor Nanjing Normal University ( Chine)
  • IFLAHEN Fatim-Ezzahra, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • JEBRATI Fatima, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • KADRI Boualem, École des sciences de la gestion, UQAM, (Canada)
  • KHOMSI Mohamed Réda, École des sciences de la gestion, UQAM (Canada)
  • LEMJIDI Faysal, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • LI Mimi, The Hong Kong Polytechnic University ( Chine)
  • LISSANEDDINE Abdelilah Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • LOKRIFA Abdeljalil, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • LU Lin Professor Anhui Normal University ( Chine)
  • MARIE DIT CHIROT Clément, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d’Angers (France).
  • MASTERE Mohamed, Université Mohammed V de Rabat (Maroc)
  • MOUBCHIR Wahiba, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • MOISSERON Jean-Yves, Institut de recherche pour le développement (France)
  • MORICE Jean-René, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • MOUSSALIT Hajar, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • NACHOUANE Nour Eddine, Université Mohamed V (Maroc)
  • NAOURI Youssef, Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger
  • OIRY-VARACCA Mari, Université Gustave Eiffel (France)
  • OMRANE Amina, Université de Sfax (Tunisie)
  • PERKUMIEN Dalia, Université Vytautas-Magnus (Lituanie)
  • PICKEL Sylvine, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • SADDOU Hicham, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • SAIR Aziz, Université Ibn Zohr (Maroc)
  • SHEN Shiwei, Institut conjoint des universités de Ningbo et d’Angers, Université de Ningbo (Chine)
  • SKOUNTI Ahmed, Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (Maroc)
  • STOCK Mathis, Université de Lausanne (Suisse)
  • VIOLIER Philippe, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d'Angers (France)
  • XI Jianchao Professor Institute of Geography, Chinese Academic of Science ( Chine)
  • ZHANG Hongmei Professor Shanghai Normal University ( Chine)
  • ZHANG Jinhe Professor Nanjing University ( Chine)

 Comité d’organisation

  • APCHAIN Thomas, UFR ESTHUA Tourisme et Culture, Université d’Angers (France).
  • BENHAIDA Soufiane, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • IDBENSSI Samia, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • MOUHIBI Kamal, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • SAOUALIH Abdellah, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • SEBBAN Fathallah, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • TAIBI Abdellah, Université Cadi Ayyad (Maroc)
  • TSE Wai Tsz, Institut conjoint des universités de Ningbo et d’Angers, Université de Ningbo (Chine)
  • WANG Xueji, Institut conjoint des universités de Ningbo et d’Angers, Université de Ningbo (Chine)

Subjects

Places

  • Marrakech, Kingdom of Morocco (40000)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Saturday, July 15, 2023

Keywords

  • Tourisme, interculturalité, patrimoine immatériel

Contact(s)

  • Larbi Safaa
    courriel : safaalarbi [at] gmail [dot] com

Information source

  • Soufiane Benhaida
    courriel : benhaida [dot] soufian [at] gmail [dot] com

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Tourisme, interculturalité et patrimoine immatériel », Conference, symposium, Calenda, Published on Tuesday, May 23, 2023, https://doi.org/10.58079/1bal

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