HomeRecrutement et réseaux des musiciens d’église au XVIIIe siècle

HomeRecrutement et réseaux des musiciens d’église au XVIIIe siècle

*  *  *

Published on Wednesday, June 14, 2023

Abstract

L’objectif de cette journée sera de tenter un tour d’horizon des modes de recrutement des églises, en particulier dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, période de prédilection de la base Muséfrem qui renferme des données qui attendent d’être synthétisées. L’étude des réseaux et des circulations qui en découlent sera également envisagée.

Announcement

13e rencontres du réseau Muséfrem, Clermont-Ferrand 26 octobre 2023

Argumentaire

Trouver de bons musiciens d’église n’est pas toujours chose facile. En novembre 1774, les Affiches d’Angers encouragent « ceux qui ont des enfants de sept ans ou environ, dont la voix et les dispositions peuvent convenir » à présenter leur fils à la psallette de la cathédrale qui prendra pour enfant de chœur « celui dont la voix sera jugée la plus propre pour la musique »[1]. Ce type d’annonce, qui n’insiste pas toujours sur la qualité vocale, semble courant à la fin de l’Ancien Régime. On l’utilise aussi pour trouver un organiste ou un maître de musique, voire un chantre, jusque dans des paroisses modestes. La presse n’est pas le seul moyen de recruter des musiciens, mais elle présente l’avantage d’une diffusion étendue. Ainsi, la recherche d’un maître de musique pour la cathédrale d’Orléans et d’un organiste pour celle de Toulouse est publiée jusque dans les Affiches de Reims[2].

Le recours aux conseils de sommités du monde musical constitue une autre solution, aboutissant à la recommandation d’un jeune musicien prometteur, apte à remplir le poste de maître de musique, comme à la cathédrale de Senlis, en 1784, dont le chapitre s’adresse à deux maîtres parisiens en vue, Dugué et Doriot. Un mécanisme similaire précède le déplacement de musiciens du rang, en certaines occasions, trop rarement conservées par les archives capitulaires. Ces pratiques témoignent de l’existence de réseaux de musiciens d’église, dont le rôle est encore nébuleux.

On peut supposer que certains musiciens qui se présentent spontanément à une place vacante ont été informés par quelque connaissance en poste dans l’église convoitée. Les regroupements de fratries peuvent répondre au même mécanisme : l’embauche d’un bon musicien prélude alors à celle de son frère cadet, voire de deux frères. Les Bêche ou les Bazire, tous hautes-contre, se regroupent ainsi à la Chapelle du roi. À défaut de liens du sang, une alliance matrimoniale peut renforcer les connexions entre deux familles de musiciens. Les amitiés ou les relations conservées entre anciens collègues, sans doute entretenues par des correspondances qui nous échappent, sous-tendent vraisemblablement des circulations de musiciens d’église, sans qu’il soit le plus souvent possible d’en avoir la certitude.

L’objectif de cette journée sera donc de tenter un tour d’horizon des modes de recrutement des églises, en particulier dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, période de prédilection de la base Muséfrem qui renferme des données qui attendent d’être synthétisées. L’étude des réseaux et des circulations qui en découlent sera également envisagée.

On pourra ainsi proposer un panorama à l’échelle du royaume de France, une étude régionale ou locale, s’attacher au réseau d’un musicien en lien avec ses déplacements et affectations successives, mais aussi aborder la question à travers un type de medium : presse et affiches, correspondance, recommandations, chacun pouvant donner lieu à une approche diachronique.

On s’attachera également aux connexions avec les lieux de musique profanes (concerts, théâtres) qui apparaissent parfois comme des viviers de recrutement des grandes églises.

Les propositions portant sur d’autres zones géographiques – dont, du reste, proviennent plusieurs musiciens actifs en France avant 1790 – seront accueillies favorablement. On espère ainsi pouvoir établir des comparaisons internationales sur les pratiques de recrutement, sur l’architecture des réseaux musiciens et sur leur constitution, voire faire émerger l’existence de réseaux transfrontaliers.

Comptant sur votre concours pour une rencontre que l’on espère aussi riche que les précédentes.

Modalités de contribution

Les propositions (titre et court résumé) sont à envoyer conjointement aux trois responsables scientifiques de la journée d’étude :

  • Youri Carbonnier (youri.carbonnier@univ-artois.fr)
  • Bernard Dompnier (bernard.dompnier@orange.fr)
  • Stéphane Gomis (stephane.gomis@uca.fr)

avant le 15 juillet 2023.

Comité scientifique

  • Youri CARBONNIER, professeur d’histoire moderne, Université d’Artois
  • Bernard DOMPNIER, professeur émérite d’histoire moderne, Université Clermont Auvergne
  • Stéphane GOMIS, professeur d’histoire moderne, Université Clermont Auvergne

Notes

[1] Les Affiches d’Angers, vendredi 11 novembre 1774 (document découvert par Sylvie Granger en avril 2009).

[2] Affiches, Annonces & Avis divers de Reims et généralité de Champagne, n°11, lundi 11 mars 1776, p. 48, et n°39, lundi 11 décembre 1775, p. 154 (Ch. Maillard, avril 2022).

Subjects

Places

  • Maison de Sciences de l'Homme, 4 rue Ledru
    Clermont-Ferrand, France (63000)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Saturday, July 15, 2023

Keywords

  • histoire culturelle

Contact(s)

  • Stéphane Gomis
    courriel : stephane [dot] gomis [at] uca [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Stéphane Gomis
    courriel : stephane [dot] gomis [at] uca [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Recrutement et réseaux des musiciens d’église au XVIIIe siècle », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, June 14, 2023, https://doi.org/10.58079/1bcu

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search