HomeÉglises chrétiennes et acteurs politiques : quelles conditions pour quelle coopération ?

HomeÉglises chrétiennes et acteurs politiques : quelles conditions pour quelle coopération ?

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Published on Wednesday, July 19, 2023

Abstract

Alors que de nombreux travaux abordent la relation des Églises à l’État sous l’angle des différentes formes de sécularisme, la question de la nature et de la forme même des rapports des acteurs confessionnels aux instances gouvernantes est en revanche moins explorée, bien qu’elle soit lourde d’enjeux. Après avoir consacré, il y a dix ans, un colloque à la parole que les Églises chrétiennes sont invitées à tenir dans les débats publics, l’Institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO) et ses facultés partenaires souhaitent étudier l’influence des Églises chrétiennes sur les politiques publiques et la manière dont les acteurs politiques composent avec cette situation.

Announcement

Argumentaire

Alors que de nombreux travaux abordent la relation des Églises à l’État sous l’angle des différentes formes de sécularisme, la question de la nature et de la forme même des rapports des acteurs confessionnels aux instances gouvernantes est en revanche moins explorée, bien qu’elle soit lourde d’enjeux. Après avoir consacré, il y a dix ans, un colloque à la parole que les Églises chrétiennes sont invitées à tenir dans les débats publics[1], l’Institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO)[2] et ses facultés partenaires (la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’ICP, l’Institut protestant de théologie de Paris, l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge) souhaitent étudier, en collaboration avec le département de Science politique de la Faculté de sciences sociales, d’économie et de droit (FASSED) de l’ICP, l’influence des Églises chrétiennes sur les politiques publiques et la manière dont les acteurs politiques composent avec cette situation.

L’élaboration des politiques publiques est le fruit d’un processus complexe au cours duquel interviennent une multitude d’acteurs qui, chacun à leur manière, cherchent à influencer la définition des orientations politiques et les décisions, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou encore internationale. Parmi ces acteurs figurent les groupes d’intérêt, qui tentent de faire primer leur représentation des choses et de faire valoir leurs préférences.

Si les Églises ne se conçoivent pas comme des groupes d’intérêt, elles peuvent néanmoins, occasionnellement, jouer ce rôle en intervenant dans le débat public et en cherchant à influencer le contenu des politiques publiques. Cependant, en tant qu’autorités spirituelles et morales, elles ne font pas figure de groupes d’intérêt comme les autres. Certes, à l’instar de n’importe quel groupe d’intérêt, leur capacité à peser sur la définition des politiques publiques dépend de leur mode de gouvernance, des personnalités qui les incarnent, de leurs ressources matérielles et immatérielles, de leur répertoire d’action, ainsi que de la culture politique dominante au sein de la collectivité où elles interviennent. Toutefois, à cela s’ajoutent d’autres facteurs, qui sont directement liés à leurs spécificités institutionnelles. Ainsi, le rôle que les Églises peuvent jouer au cours du processus d’élaboration des politiques publiques est également fonction du type de relations entre le politique et le religieux dans l’espace où elles agissent, du rapport à la foi des gouvernants, de l’existence ou non de fenêtres d’opportunité pour se faire entendre en tant qu’acteurs confessionnels, de l’accueil qui est réservé à leur démarche…

De leur côté, les acteurs politiques qui élaborent les politiques publiques et prennent les décisions sont plus ou moins ouverts à l’influence des groupes d’intérêt. Selon le contexte historique et politique dans lequel ils agissent, selon leurs conceptions des choses, selon leur positionnement politique ou encore selon les sujets traités, ils peuvent chercher à mettre à distance les groupes d’intérêt ou, au contraire, s’appuyer sur eux pour légitimer leurs choix. Dans le cas des institutions confessionnelles, cette alternative est envisagée aussi en fonction d’autres critères, comme le rapport entre le politique et le religieux dans l’espace où la question se pose, le poids de la religion dans la société concernée par la décision politique ou encore l’acceptabilité ou non, aux yeux de l’opinion publique, d’une influence des cultes sur les politiques publiques. De sorte que les institutions cultuelles peuvent être mises à l’écart du processus d’élaboration des politiques publiques ou au contraire se trouver instrumentalisées par les décideurs politiques.

Cet appel à communications est ouvert à toute proposition consacrée aux modalités d’influence des Églises chrétiennes et aux relations entre ces Églises et les acteurs politiques au cours du processus d’élaboration des politiques publiques. Il s’agira notamment, à partir d’études de cas tirés de l’histoire aussi bien ancienne que récente et se déroulant à l’échelle locale, nationale ou encore dans le cadre d’organisations intergouvernementales, d’aborder l’une des questions suivantes :

  • comment les Églises chrétiennes ou les personnes qui les incarnent sont-elles en mesure d’articuler, dans un dialogue soutenu, leur communauté de conviction avec la responsabilité politique[3]?
  • comment les Églises chrétiennes influencent-elles les choix politiques ? ont-elles une démarche commune ou non ? agissent-elles de concert avec les institutions représentatives d’autres confessions ?
  • quelles sont les contraintes (institutionnelles, spirituelles, matérielles…) qui pèsent sur les Églises ? quels obstacles rencontrent-elles et, le cas échéant, parviennent-elles à les contourner et comment ?
  • dans quelle mesure les Églises chrétiennes échappent-elles au risque de leur instrumentalisation par le politique ou, à l’inverse, à la tentation d’instrumentaliser ce dernier ? au regard de leur attitude, peut-on parler d’une politisation des Églises ?
  • en retour, comment les gouvernants font-ils appel aux Églises ou aux discours qui s’en réclament pour étayer et légitimer leurs choix politiques, voire pour les mettre en œuvre ?

Modalités de participation

1) Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante : s.enos-attali@icp.fr

au plus tard le 1er octobre 2023.

Elles doivent contenir un titre, un résumé de 500 mots maximum, une bibliographie indicative ainsi qu’une courte biographie (5 lignes).

2) Date de réponse : début novembre 2023

3) Le colloque aura lieu à l’Institut catholique de Paris (Paris 6e) les 13, 14 et 15 mars 2024.

Comité d’organisation

F. Chavel (Institut protestant de théologie, IPT Paris),

S. Enos-Attali (FASSED, ICP),

J. Naett Vidovic, (Institut de théologie orthodoxe, ITO Saint-Serge),

A.-S. Vivier-Muresan (ISEO, ICP)

Comité scientifique

  • Bernard Bourdin, enseignant-chercheur en Science politique, directeur de l’école doctorale de la Faculté de sciences sociales, d’économie et de droit (FASSED, ICP)
  • Frédéric Chavel, enseignant-chercheur en Théologie (IPT-Paris)
  • Justin Cook, enseignant-chercheur en Science politique (FASSED, ICP)
  • Anne-Laure Danet, co-secrétaire du Conseil d’églises chrétiennes en France (CECEF) pour les Églises protestantes
  • Miguel Desjardins, co-secrétaire du CECEF pour l’Église catholique
  • Cécile Dubernet, enseignante-chercheuse en Science politique (ICP)
  • Sophie Enos-Attali, enseignante-chercheuse en Science politique et directrice du département de Science politique de la Faculté de sciences sociales, d’économie et de droit (FASSED, ICP)
  • Ivan Karageorgiev, co-secrétaire du CECEF pour les Églises orthodoxes
  • Julija Naett Vidovic, enseignante-chercheuse en Théologie (ITO Saint-Serge)
  • Valérie Nicolet, enseignante-chercheuse en Exégèse biblique et Doyenne de l’IPT-Paris.
  • Katherine Shirk Lucas, enseignante en Théologie (Theologicum, ICP)
  • Marie-Carmen Smyrnelis, enseignante-chercheuse en Histoire (FASSED, ICP)
  • Jean-Louis Souletie, enseignant-chercheur en Théologie et Doyen du Theologicum (Theologicume, ICP)
  • Michel Stavrou, enseignant-chercheur en Théologie et en Histoire, Doyen de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge (ITO Saint-Serge)
  • Anne-Sophie Vivier-Muresan, enseignante-chercheuse en Théologie et directrice de l’Institut supérieur d’études œcuméniques (ISEO, ICP)

Notes

[1] « Christ et César. Quelle parole publique des Églises ? » (2013). Actes publiés en 2018 : Christ et César. Quelle parole publique des Églises ?, Paris, Cerf Patrimoines, 2018.

[2] Pour en savoir plus sur l’ISEO, consulter la page https://www.icp.fr/a-propos-de-licp/decouvrez-licp/facultes-et-instituts/institut-superieur-detudes-oecumeniques-iseo-1.

[3] Voir Max Weber, Conférence sur le savant et le politique, Union générale d’éditions, 1963 (1919), notamment p. 148 et suiv.

Subjects

Places

  • Institut Catholique de Paris, 74 rue Vaugirard
    Paris, France (75006)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Sunday, October 01, 2023

Keywords

  • église chrétienne, acteur politique, science politique

Contact(s)

  • Sophie Enos-Attali
    courriel : s [dot] enos-attali [at] icp [dot] fr

Information source

  • Sophie Enos-Attali
    courriel : s [dot] enos-attali [at] icp [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Églises chrétiennes et acteurs politiques : quelles conditions pour quelle coopération ? », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, July 19, 2023, https://doi.org/10.58079/1bll

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