HomeCe que les toilettes nous disent : des pratiques aux hiérarchies sociales

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Published on Thursday, September 07, 2023

Abstract

Partant du constat que la question des toilettes – terme générique que nous utiliserons – est à la fois universelle et peu envisagée par les sciences humaines, si ce n’est par les études des sciences et des techniques, ce numéro de Suds (anciennement Les Cahiers d’Outre-Mer) souhaite aborder cette question sous un angle multidisciplinaire, mais toujours en prenant en compte leur aspect spatial, social et, somme toute, dynamique. Les objectifs principaux de ce numéro sont, d’une part, interroger la matérialité des toilettes mais aussi la manière dont elles expliquent les organisation et inégalités spatiales ; et d’autre part, questionner les liens qui se tissent entre toilettes, hiérarchies sociales et rapports de pouvoir.

Announcement

Coordination

Ce numéro thématique de la revue Suds (anciennement Les Cahiers d’Outre-Mer) sera coordonné par

Argumentaire

On en parle au pluriel (« les toilettes »), de manière plus hygiéniste (« le sanitaire ») ou avec familiarité (le « petit coin ») ; ses concepteurs utilisent souvent le mot « latrines », qui se réfère à une infrastructure plus neutre, simple, essentielle ; les hommes bénéficient de publiques « vespasiennes » ; l’anglicisme le désigne par les initiales « WC » ; de manière plus soutenue il est parfois question de « lieu d’aisance » ou des « commodités », alors que certains y voient évoluer leur statut social quand ils vont « là où seul le roi va » : « sur le trône ».

La question des toilettes – terme générique que nous utiliserons – est à la fois universelle et peu envisagée par les sciences humaines, si ce n’est par les études des sciences et des techniques (STS) (Lee et Radcliff, 2020 ; Prescott et all 2021). Dans le monde anglo-saxon, les « waste studies » ont toujours intégré les exécras humains aux diverses réflexions sur les restes (poubelles, déchets nucléaires…), souvent de manière très pragmatique. La préoccupation est plus récente dans d’autres cultures scientifiques, et notamment en France, même si un récent intérêt est à relever (notamment Damon, 2023). On trouve plusieurs travaux sur le sujet dans le milieu des organisations de solidarité, tant leur installation et gestion s’imposent dans les lieux de déplacements humains, de forte promiscuité, ou de propagation de maladie. Ces rapports sont soit très techniques (souvent sous la forme de « toolkit » plus ou moins précis et illustrés, tels que GWI 2011), soit plus « socio-culturels » (Corbet, URD, 2013), et souvent réalisés par les secteurs WASH (Water, Sanitation and Hygiene ; EAH en français : Eau, Assainissement et Hygiène) des Organisations non gouvernementales (ONG)[1]. La préoccupation est telle que l’ONU célèbre depuis 2013 une « Journée mondiale des toilettes », rappelant qu’un tiers de la population mondiale ne bénéficie pas de lieu approprié pour ses besoins, ce qui engendre de nombreux problèmes tels que des violences ou l’exclusion d’activités sociales (notamment pour les femmes et les enfants) ou des problèmes de santé (individuels ou collectifs, avec la diffusion d’épidémies par exemple, tel que le choléra[2]). Une organisation spécialisée à but non lucratif promeut cette journée et de nombreux projets à travers le monde : la World Toilet Organization (WTO).

Ainsi, des fosses septiques à évacuer, de la façon dont on peut stopper ou s’adapter au phénomène de défécation à l’air libre, aux toilettes sèches ou systèmes de traitement des eaux naturels voire à la réutilisation des excréments humains pour l’agriculture (Legrand[3], 2020), les questions logistiques et techniques sont multiples. Mais les analyses doivent être plus approfondies lorsqu’il s’agit de comprendre des phénomènes sociaux et d’attitudes envers les toilettes : si elles sont le reflet des hiérarchies sociales (qui les utilise, qui les nettoie, qui évacue leurs déchets, quels rapports urbain / rural), si elles sont esquivées et pour quelles raisons ou, à l’inverse, si elles deviennent des enjeux de richesse, etc. Entre l’espace privé ou public, qu’elles soient partagées ou impensées (comme dans les hôpitaux : van der Geest et Zaman, 2021), l’installation et la gestion des toilettes n’est pas si invisible qu’à première vue.

Ceux qui s’occupent des toilettes sont aussi des éléments centraux de nos questionnements. D’une part, certaines compagnies industrielles s’emparent du sujet comme d’un immense marché, dont le public est somme toute captif, et qui permet toutes les innovations technologiques (George, 2009). De l’autre, la question des exécras humains demeure compliquée[4] : dans maints pays, elle s’effectue mécaniquement, mais aussi souvent à la main. Quand ce n’est pas le foyer concerné qui s’occupe d’évacuer les excréments vers des tiers-lieux (organisés ou dispersés dans la nature, abandonnés ou recyclés), ce sont des personnes spécialisées dans cette tâche qui s’en occupent : nommés « bayakous » en Haïti (Louis, 2018) ; « safai karmachari » ou « manual scavenger »,  de caste Dalit[5] en Inde (Shankar et Swaroop, 2021) ; « hommes-grenouilles » en Tanzanie (WaterAid, 2019) ; « baye-pelle » au Sénégal (Collignon, 2000) ; « agents d’assainissement » ou « vidangeurs manuels » à travers le monde... Bien que méprisés, ils s’inscrivent tantôt dans le secteur formel, souvent privé, tantôt de manière moins formalisée mais néanmoins très organisée, comme ces groupes sociaux dont c’est l’attribution et qui font ainsi vivre des familles entières. Face à la précarité de ces populations, certains organismes de solidarité ont consacré des travaux visant à soutenir économiquement et médicalement ceux qui ont la responsabilité des latrines (Banque Mondiale et al, 2019). D’ailleurs, c’est par l’approche sanitaire que les toilettes sont souvent abordées, que ce soit en en construisant pour éviter des épidémies, ou en s’interrogeant sur les blocages socio-culturels liés à leur inutilisation, comme en Zambie (Thys et al., 2015).

Face à toutes ces questions délicates, qui peuvent provoquer maints problèmes (notamment dans les populations nombreuses, où la défécation à l’air libre n’est pas possible ou provoque des problèmes d’hygiène et de sécurité), ce sujet a été évoqué très ouvertement par certains pays, qui ont cassé les tabous et affirmé entrer dans une nouvelle forme de modernité en voulant procurer plus de toilettes (propres) à travers le pays. Tel est le cas de la Chine, avec la Toilet Revolution de 2015, déclarée par le Président Xi Jinping, notamment suite à divers rapports révélant la mauvaise image que l’état des toilettes chinoises inspirait aux touristes (Shikun et al., 2018). En Inde, afin d’en finir avec la défécation en plein air[6], le Premier Ministre Narendra Modi avait lancé le 2 octobre 2014 le projet « Clean India » ou mission « Swachh Bharat Abhiyan » : un programme national devant améliorer la santé, la sécurité et les conditions de vie de la population qui promettait la construction de 111 millions de latrines d’ici le 2 octobre 2019[7]. Si le programme, qui en est désormais à sa seconde phase, a amélioré la couverture des toilettes à l'échelle nationale, de grandes disparités régionales subsistent en matière de construction et d'utilisation. Ainsi, dans les milieux ruraux, le programme se concentre sur la communication pour le changement de comportement, comme les publicités à la télévision, à la radio et sur les médias sociaux mettant en scène des célébrités locales, qui visent à galvaniser les communautés pour qu'elles adoptent de « nouvelles pratiques ».

Néanmoins, créer des toilettes et adopter des politiques incitatives, voire coercitives, pour que les personnes aillent aux toilettes, ne suffit pas à changer des habitudes souvent historiquement ancrées et en relation avec la question de l’intimité, du tabou, ou de la pureté (par exemple en Inde centrale, Jacob, Natrajan, & Ajay, 2021 ; Mohanty & Dwivedi, 2019). En Haïti, de très nombreuses ONG sont intervenues après le tremblement de terre de 2010 pour aider à « reconstruire » le pays, notamment en délivrant des latrines. Las, distribuées sans concertations entre les partenaires, mal conçues, ne répondant pas aux besoins des personnes, ce qui aurait pu être une occasion d’améliorer la qualité de vie des haïtiens a abouti à une catastrophe économique, écologique, sanitaire et morale (Orvild, 2012).

Outre les études des sciences et techniques, la paléontologie et l’archéologie sont les disciplines qui mentionnent le plus les exécras dans les sciences humaines et sociales (Fiorelli et al, 2013 ; Koloski-Ostrow, 2015). Les déchets humains sont en effet de grands informateurs sur ce qui a pu être consommé aux diverses époques de l’humanité, mais aussi sur les parasites ou maladies qui ont préoccupé les espèces du vivant. Plus tard, les livres d’histoire et d’architecture fourmillent de détails sur les lieux d’aisance, tant ils ont incarné les classes sociales à travers les âges, et reconfiguré les intérieurs comme les extérieurs des villes, dont les égouts sont par exemple devenus un symbole de l’hygiénisme (Guerrand, 2009). Les travaux en STS du LATTS (Coutard et November, 2019) dans la filiation de « l’urbanisme des réseaux » de Gabriel Dupuy (1991) s’appuient entre autres sur les réseaux d’égouts. Ces théories sociotechniques des réseaux urbains continuent à rayonner aujourd’hui avec les questions d’urbanisme post-réseau (Coutard & Rutherford, 2015) tout en s’appuyant sur des théories héritées de la remise en cause des paradigmes techniques de la révolution hygiéniste. Les autres disciplines sont plus silencieuses sur le sujet.

En anthropologie, le thème est souvent développé autour d’études de cas, notamment sur la propreté : « la fange » dans les villes au Burkina Faso (Bouju et Ouattara, 2002), la cosmologie innu (Duchesne, Simard-Émond, 2019), la symbolique des lieux de défécation au Cameroun (Baeke, 1999), le rapport à la nature (Descola, 2010) ou encore la culture matérielle ou du travail (Vatin, 2007). Toutes ces analyses s’inspirent de la notion de la souillure développée par Douglas (1981) pour qui le déchet, la pollution, le « reste », crée du désordre et doit donc être écarté ou ignoré par la société. Les excréments humains sont alors des éléments disruptifs, sur qui sont projetés de nombreux tabous, non-dits, rites purificateurs, quand ils ne sont pas mis à l’écart et relégués « au fond du couloir à droite » avant d’être évacués par des égouts ignorés ou de discrets vidangeurs.

Les « gender studies », qui se préoccupent des rapports de genre, se concentrent aussi sur le sujet en filigrane de leurs recherches : par exemple sur la façon dont des latrines installées à l’intérieur des habitats en Inde peuvent réduire, ou non, certaines violences faites aux femmes (Hossain, Md Amzad ; Mahajan, Kanika ; Sekhri, Sheetal, 2022). Les menstruations sont au cœur de nombreuses recherches qui les lient à l’école et à la mobilité (au Kenya : Jewitt, Ryley, 2014) ou à la connaissance du corps et aux barrières sociales (au Ghana : Mohammed, Larsen-Reindorf, 2020), voire aux phénomènes d’exclusion tels qu’ils peuvent être observés au Népal (Amatya et al., 2018).

C’est aussi par le biais des études sur l’enfance que la question de la toilette est abordée, car dans l’éducation elle devient primordiale : on trouve donc des recherches sur la propreté (Epelboi, 1994, Gottlieb 2004), ou sur les toilettes collectives dans les écoles et les réticences qu’elles peuvent engendrer (Joveniaux, De Gouvello, Legrand 2021 ; Garnier, Gilon, 2017). D’ailleurs, les toilettes dans les écoles sont un des lieux où les questions de genre sont intériorisées (Letts, 1999 ; Cavanagh, 2020). Par exemple, en France, les toilettes sont mixtes jusqu’à l’âge de 5 ans et tout le monde a pour obligation d’uriner assis. A l’entrée en CP, il s’agit pour les garçons d’uriner debout et au sein de leurs propres toilettes. Pour dépasser la question du genre aux toilettes, la répartition en fonction de l’âge plutôt que du genre apparaît donc pertinente[8]. Comprendre l’usage des toilettes (debout ou assis) incarne aussi les rapports de genre de manière très concrète : uriner debout envoie des projections à près de trois mètres, lesquelles vont majoritairement être nettoyées par les femmes[9].

L’angle géographique sur le sujet est plus faible. Pourtant, le lieu des toilettes et les déplacements pour les rejoindre, ou encore les stratégies pour les installer, pourraient être au cœur de l’approche. La dimension spatiale de la question est ainsi intrinsèquement liée aux comportements sociaux : par exemple, une étude a montré que plus le réseau social entre des individus est fort (Shakya et al., 2014), moins il y a de toilettes individuelles, comme si leur partage confortait la cohésion sociale. Cette perspective incite les auteurs à dire que toute action envers les toilettes ne peut se contenter de se baser sur une seule unité géographique (comme un village), mais doit prendre en compte tout ce que les toilettes, de leur localisation à leur entretien, engendre sur la société.

Enfin, l’ensemble de la question est éminemment politique, tant elle reflète les rapports de pouvoir, que ce soit au niveau intime, ou en relation à des politiques publiques d’envergure – sans compter les problématiques économiques : acheter les matériaux des toilettes, payer les vidangeurs, investir sur un réseau citadin de tout-à-l’égout ou compenser l’impact sanitaire d’un réseau d’hygiène défaillant. Toutes les échelles de l’économie sont représentées dans le parcours des excréments. De ce point de vue, tout en restant centrés autour des thématiques sociales, les articles qui considèrent les enjeux de marché liés aux toilettes – comme par exemple le groupe Tata, qui a bénéficié des politiques en Inde, ou de la Fondation Bill Gates, qui cherche à développer les toilettes « du futur » –, sont bienvenus.

Pour aborder la question des toilettes sous un angle multidisciplinaire, mais toujours en prenant en compte leur aspect spatial, social et, somme toute, dynamique, nous proposons de décliner ce numéro en deux axes.

Le premier axe interroge la matérialité des toilettes, mais aussi la manière dont elles expliquent les organisation et inégalités spatiales. Sont-elles toujours installées dans un endroit en marge ?  A quelles significations renvoie le lieu de leur installation, à la fois caché et facilement identifiable (il existe même des applications numériques pour repérer les toilettes publiques dans certains pays). Quid des “flying toilets”, cette pratique qui consiste à se soulager dans des sacs en polyéthylène ? Une fois ces derniers amplis de matière fécale, ils finissent jetés dans la rue ou devant la maison d'un voisin, qui le pousse à son tour à côté, jusqu'à ce que le sac atteigne un canal de drainage déjà rempli d'ordures (Lusambili, 2011). Qu’en est-il du traitement de ses déchets : où partent les exécras, sont-ils transformés ou abandonnés ?  Quelles sont les entreprises qui profitent des grands projets d’investissements ? Pour quelles solutions techniques ? Quels bailleurs de fonds ?  Quelles valorisations des excréments et des urines ?

Ce premier axe inclue la question de la remise en cause du paradigme des toilettes reliées à un réseau centralisé d’eau et d’assainissement (dont la mise en place et l’entretien sont longs et coûteux), qui semble désormais inadapté à la morphologie des villes des Suds. En effet, ces dernières sont souvent trop étalées et morcelées, et ont pour particularité d’accueillir de nombreuses populations qui ne sont pas reconnues officiellement. Ces migrants, indésirables ou squatteurs n’ont pas le « droit » à être raccordés aux réseaux d’égouts, et dépendent donc d’infrastructures décentralisées ou temporaires qui, finalement, se pérennisent via différents arrangements pour leur maintenance. Plusieurs études de cas peuvent être proposées : les latrines dans les camps de réfugiés ou les bidonvilles, la construction des toilettes, la possibilité de mise en œuvre de latrines écologiques ou encore ce que les pays des Suds ont à nous apprendre en matière de gestion de ces déchets pas comme les autres. Dans le cadre du « retour du matériel en géographie » (Weber, 2014), il serait pertinent de suivre cet objet mal commode, de comprendre comment la ville est pensée à travers et pour la gestion des exécras, comme parfois certaines zones rurales.

Le second axe s’intéresse aux liens entre toilettes, hiérarchies sociales et rapports de pouvoir : les questions de genre, les différences entre ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas (notamment de prestige), entre ceux qui y vont et ceux qui les vident. Cet axe prend donc en compte la dimension sociale et culturelle des toilettes, dont la fonction physiologique est souvent superposée a tout ce que la société projette sur l’intimité et le corps. Par exemple, comment les femmes gèrent-elles leurs menstruations dans les toilettes, pas toujours adaptées ? Comment la religion influe-t-elle sur les pratiques de l’intime, par exemple dans les pays musulmans ? Cet axe inclus les questionnements liés au rapport au corps et aux différenciations des sexes. Qui nettoie les toilettes, tâche peu considérée souvent déléguée aux femmes, aux employés de maison, ou à des personnes extérieures ? Qui sont ces dernières et quelles sont leurs perceptions sociales : en quoi s’occuper des exécras humains est conditionnant dans la société ? Souvent sous-payés, peu équipés, les travailleurs des toilettes ont parfois recours à des substances enivrantes pour rendre leur travail supportable, et leur espérance de vie est très faible. Les études ou analyses qui s’intéressent à ces populations seront bienvenues dans cet axe. Le rapport aux exécras humains diffère-t-il suivant les catégories de travailleurs, comme cela a été observé en France (Jeanjean, 2006) ?

Cet axe comprend aussi la question des schémas de violences qui se construisent autour des toilettes : exclusion de certains à y aller, violences sexuelles dans les toilettes mais aussi sur le chemin y menant, etc. A l’inverse, aller aux toilettes peut être aussi un moment d’intimité, de temps pour soi, ou de partage entre proches (il est commun, dans certains camps de réfugiés par exemple, d’aller aux toilettes entre groupes d’amis, tant pour des raisons sécuritaires que pour pouvoir discuter librement). Comme nommer permet de qualifier, cet axe sera enfin une occasion de questionner le « lexique de la merde ». En somme, il est ouvert à toutes les approches qui pensent l’être humain à partir des toilettes, de leur usage à leur entretien, de leur désignation à leur « oubli », du rapport au corps à celui de la société.

Le numéro pourra accueillir des contributions transversales aux deux axes ou bien des propositions qui seraient susceptibles de venir combler des thèmes qui ne sont pas couverts par les deux axes.

Nous attirons l’attention des auteurs sur les normes d’écriture de Suds, ainsi que sur la possibilité d’écrire dans les rubriques de la revue.

Calendrier

  • Une proposition d’intention (résumé et mots clés) est attendue pour le 18 décembre 2023

  • La remise des textes définitives est attendue pour le 8 avril 2024

Les textes complets et mis aux normes de la revue sont attendus pour le 8 avril 2024. Ils seront envoyés en format .docx et .pdf aux coordonnateurs du numéro (a.corbet@sciencespobordeaux.fr; anthonygoreau@yahoo.fr). Les fichiers sources des illustrations doivent être transmis dans un dossier indépendamment du texte de l’article, dans leur format et leur taille d’origine (format TIFF, jpeg, png, ai, etc.), en évitant les fichiers compressés.

Références

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Notes

[1] En France, ces travaux sont souvent répertoriés par le réseau du Programme Solidarité Eau https://www.pseau.org/.

[2] On rappelle que ce sont des latrines défaillantes d’un camp onusien qui ont provoqué l’épidémie de choléra en Haïti : Piarroux, 2019.

[3] Initiatrice du carnet de recherche en ligne « Aux toilettes… et après ? » https://auxtoilettes.hypotheses.org/

[4] Les exécras des animaux sont souvent considérés différemment, que ce soit en tant qu’ingrédients pour des soins ou de matière servant à la construction ou l’alimentation du feu.

[6] En Inde, le Programme commun de surveillance de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé qu’environ 520 millions de personnes déféquaient régulièrement à l'air libre en 2015 (https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/258617/9789241512893-eng.pdf?sequence=1&isAllowed=y). Le problème est particulièrement préoccupant dans les zones rurales, où 69 % des ménages ont déclaré ne pas posséder de latrines en 2011 (Census of India 2011. Availability and Type of Latrine Facility: 2001–2011; Census of India, Government of India: New Dehli, India, 2012).

[7] La date, correspondant au 150ème anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, a été choisie pour lui rendre hommage, ainsi qu'à son rêve de promouvoir la propreté et l’hygiène dans toute l'Inde. Gandhi avait souhaité l’assainissement avant l’Indépendance.

[8] https://usbeketrica.com/fr/melanger-les-filles-et-les-garcons-a-facilite-l-acces-aux-toilettes

[9] Voir le blog de chercheurs en ingénierie mécanique : https://splashlab.org/


Date(s)

  • Monday, December 18, 2023

Keywords

  • accessibilité, hiérarchie sociale, rapport de pouvoir, inégalité spatiale, réseau, toilette

Contact(s)

  • Anthony Goreau-Ponceaud
    courriel : anthonygoreau [at] yahoo [dot] fr
  • Alice Corbet
    courriel : a [dot] corbet [at] sciencespobordeaux [dot] fr

Information source

  • Anthony Goreau-Ponceaud
    courriel : anthonygoreau [at] yahoo [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Ce que les toilettes nous disent : des pratiques aux hiérarchies sociales », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, September 07, 2023, https://doi.org/10.58079/1br8

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