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L’intégrité scientifique : enjeux et défis

النزاهة العلمية: الأهداف والتحديات

Art, design et plagiat

الفن والتصميم والانتحال العلمي

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Published on Tuesday, September 19, 2023

Abstract

Définie par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) comme « l’ensemble des règles et valeurs qui doivent régir l’activité de recherche pour en garantir le caractère honnête et scientifiquement rigoureux », l'intégrité scientifique se réfère à l'application rigoureuse et éthique des principes et des normes lors de la conduite responsable de la recherche et implique la présentation intègre et précise des données, la transparence des outils et des méthodes utilisés, la publication des résultats exacts, la crédibilité des sources et l'absence de falsification. Cependant, plusieurs chercheurs et communautés scientifiques violent gravement l’intégrité scientifique et portent atteinte à la confiance collective dans la recherche. Dans le domaine professionnel de l’art et du design, le plagiat peut être particulièrement difficile à identifier car il n’est pas toujours évident de détecter des normes claires et précises pour déterminer ce qui est considéré comme une œuvre originale. Cependant, les lois sur la protection des droits intellectuels et culturels avancent sur la nécessité de respecter les droits des auteurs et des créateurs.

Announcement

Argumentaire

L’éthique, la déontologie et l’intégrité scientifique fondent ensemble le pilotis d’une recherche scientifique engagée et prétendent à assurer la vocation responsable, honnête et fiable des travaux de recherche. Mais pourquoi parlons-nous autant d’intégrité scientifique que de fraude et de méconduites scientifiques dans les milieux éducatifs, universitaires, littéraires et artistiques, dans les réseaux de recherche et dans les évènements scientifiques ?

« La fraude est contagieuse – « tout le monde le fait… » – car elle touche aussi des chercheurs de bonne foi, trompés ou forcés à leur tour d’y participer pour survivre dans leur carrière. Elle passe par des personnes, des équipes, des institutions et des pratiques »[1]…

Les enjeux de l’intégrité scientifique sont aujourd'hui d'une importance de plus en plus déterminante assurant « la restauration de la confiance du public envers la science et l’amélioration des relations entre chercheurs »[2], d’où l’intérêt de poser une problématique tout autour.

Définie par l’INSERM[3] comme « l’ensemble des règles et valeurs qui doivent régir l’activité de recherche pour en garantir le caractère honnête et scientifiquement rigoureux »[4], elle se réfère à l'application rigoureuse et éthique des principes et des normes lors de la conduite responsable de la recherche et implique la présentation intègre et précise des données, la transparence des outils et des méthodes utilisés, la publication des résultats exacts, la crédibilité des sources et l'absence de falsification. Cependant, plusieurs chercheurs et communautés scientifiques violent gravement l’intégrité scientifique et portent atteinte à la confiance collective dans la recherche.

A ce titre, de nombreux problèmes et questions s’imposent, notamment le plagiat. Selon le comité d’éthique du CNRS « Le plagiat dans  la  recherche  scientifique  consiste  principalement  en  une appropriation  frauduleuse  de  textes  ou  de  résultats  d’autrui »[5]. Allant de ses précisions et ses compréhensions dans les différents contextes de la recherche scientifique et universitaire jusqu'aux procédés de détection et aux démarches de révocation de ses productions universitaires et scientifiques, le plagiat provoque des réactions disparates auprès des enseignants, des enseignants-chercheurs et des chercheurs plus souvent auprès des étudiants spécifiquement doctorants. Il se penche aussi sur les laboratoires de recherche, publiques et privées.

Posant un problème conséquent dans tous les domaines de la recherche et de l’enseignement, y compris le design et l'art, « le plagiat de la recherche scientifique » (G. J. Guglielmi, G. Koubi 2012) comporte le fait de copier le travail, les concepts et les idées sans autorisation, attribution ou consentement appropriés. « Copie ou « vol » de textes, copie intégrale [(plagiat verbatim], paraphrase, patchwork, plagiat de traductions, appropriation des résultats d’un autre, auto-plagiat [« salami slicing »], vol d’idées, de données, vol de productions culturelles…» [6]. Cela renferme à juste titre, le vol d'idées créatives authentiques, l'appropriation d'éléments stylistiques uniques, la présentation du travail d'autrui comme le sien ou la reproduction exacte d'œuvres d'art, sans donner crédit à l'auteur original.

En dépit de sa nature frauduleuse, la pratique de l'auto-plagiat s’apprécie diversement étant donné son caractère complexe, il est donc essentiel de ne pas laisser l'obsession de l'auto-plagiat entraver l'enseignement et la recherche. Faisant l’objet d’une réflexion particulière, son jugement comme redondance ou « Peer review » peut être fait au cas par cas. Cependant, s'il y a une intention trompeuse, cela pourrait être considéré comme une véritable méconduite scientifique allant à l'encontre de l'intégrité.

Au sens figuré « larron de pensées »[7], la pratique du « plagiaire académique »[8] éveille une triple approche juridique, éthique et par l’usage. Elle interpelle ainsi la réflexion aux moyens de l’avertir ou de le sévir, en s’abstenant de remettre en cause l'autonomie de la recherche adoptant des principes précis de citation qui réglementent la pratique de la science en règle générale. 

Souvent liée aux nouvelles technologies, cette pratique, d’une part devient plus facile et abordable avec l'accès commode à internet et aux ressources en ligne mais générant surtout des contenus originaux ; d’autre part, les logiciels de détection de plagiat ont également évolué pour correspondre à ces technologies de pointe. Conjointement, les réseaux sociaux et les plateformes en ligne ont également favorisé la propagation rapide des travaux copiés au nom de la viralité médiatique, ce qui soulève des préoccupations éthiques et juridiques quant à la question de la propriété intellectuelle.

Il semble que le débat sur le plagiat dans la recherche en design et en art est complexe, car il évoque à la fois des questions de droits d'auteur, de liberté artistique et de réinterprétation des créations et des œuvres existantes. En clair, la préoccupation croissante à propos du plagiat dans les champs du design et de l'art est liée à la facilité du copiage des technique de camouflage, détournement, etc.

Pour faire face à cette pratique éthiquement répréhensible dans la recherche en design ou en art en particulier, ils confèrent à l'auteur des droits exclusifs sur sa création ou son œuvre, notamment le droit de reproduction, de distribution et de modification de celle-ci. C’est ainsi, entre un plagiat prémédité et une coïncidence fortuite, tout un champ de recherche s’ouvre laissant place aux notions problématiques qui sont de retour telles que « Publish or Perish », « slow science », « Be Visible or Vanish », « communication responsable », « Concurrence- protection », « Science ouverte », etc. A juste titre, des formules qui visent tous à améliorer la qualité, l'accessibilité et la responsabilité de la recherche scientifique et à la manière dont elle est évaluée, communiquée et pratiquée.

Désormais, dans une société d’information croissante, où l'originalité, l'innovation et la créativité sont valorisées, une veille éthique et une veille scientifique s’imposent auprès des chercheurs engagés qui proposent une démarche réflexive et font le recours aux licences « Creative Commons », aux « Ressources Éducatives Libres » et à la « Low-tech » proposant actuellement des issues conjointement à l’évolution de l'Intelligence Artificielle.

Dans toutes les pistes qui suivent, de bonnes pratiques de l’intégrité scientifique se rapportant aux normes éthiques et aux règles de conduite responsable doivent être adoptées et promues activement par les chercheurs et scientifiques dans leurs travaux ainsi que par les professionnels dans leurs projets créatifs.

Pour autant, des dispositifs de prévention au profit de l’honnêteté et la transparence, du respect des droits de propriété intellectuelle, de l’intégrité des données, du consentement/collaboration, de la responsabilité éthique et/ou culturelle sont d’une grande envergure. Dans le domaine professionnel de l’art et du design, le plagiat peut être particulièrement difficile à identifier car il n’est pas toujours évident de détecter des normes claires et précises pour déterminer ce qui est considéré comme une œuvre originale. Cependant, les lois sur la protection des droits intellectuels et culturels avancent sur la nécessité de respecter les droits des auteurs et des créateurs. Il s’agit de «la conduite responsable en recherche »[9]. Proposant des directives pour soutenir cette conduite dans la recherche scientifique, l’UNESCO a apporté préalablement « une recommandation »[10] qui soutient la qualité impartiale et opportun pour les chercheurs scientifiques, élucidant la mise au point de politiques nationales de la science, de la technologie et de l’innovation appropriées, et des politiques qui assurent une exploitation responsable des connaissances provenant de toutes les disciplines scientifiques.

Les chercheurs qui sont intéressés par cette thématique sont invités à exprimer leur intérêt pour ce forum et d’y participer activement.

Les contributions devraient être incluses, à titre indicatif, dans les champs de recherche ci-dessous :

  • L’évaluation scientifique : normes et critères
  • Déontologie professionnelle et responsabilité éthique
  • Cadre juridique des publications scientifiques
  • Sensibilisation à l’éthique de la recherche
  • Manipulation des données et plagiats basés sur l’IA
  • Cyber-plagiat, REL et limites de la reproductibilité
  • Open science et meta-analysis
  • Environnements d’apprentissage et démocratisation de l’information
  • Éthique de la conception et intégrité artistique
  • Design de piratage et créa-collage numérique
  • Authenticité et originalité du discours scientifique
  • Passeur d’intégrité académique et qualité de l’enseignement

Notes

[1] DEBRU, Armelle. Intégrité scientifique en réflexion.  In Revue POLETHIS : Conseil pour l’éthique de la recherche et l’intégrité scientifique de l’Université Paris-Saclay. N°1 Janvier 2019.

[2] SERRES, Alexandre.  Introduction à l’intégrité scientifique. Référent à l’intégrité scientifique, Université Rennes 2. 2019.

[3] L'Institut national de la santé et de la recherche médicale – France.

[4] « L’Inserm soutient toutes les facettes de l’intégrité scientifique : les travaux proprement dits, la diffusion des connaissances, la formation des étudiants, l’expertise ou l’évaluation ». INSERMPRO. Intégrité scientifique, 2021.

[5] COMETS, CNRS. Réflexion éthique sur le plagiat dans la recherche scientifique. AVIS n°2017-34, Juin 20127, France, 18p.

[6] SERRES, Alexandre. Ibidem.

[7] SERRES, Alexandre. Plagiat académique : de la négligence informationnelle à la fraude scientifique. Barcamp « Copier-coller, créacollage numérique ou plagiat, Université de Lorraine, Juillet 2018, Nancy, France (hal.science/hal-02531611).

[8] BERGADAÀ, Michelle. Le plagiat académique : Comprendre pour agir. Collection : Questions contemporaines. Edition L’Harmattan. 2015. 234 p, ISBN : 978-2-343-07531-0.

[9]« La conduite responsable est le comportement attendu de quiconque mène des activités de recherche ou de soutien à la recherche à quelque étape que ce soit d’un projet de recherche (c’est-à-dire de la formulation de la question de recherche jusqu’à la rédaction du rapport, à sa publication et à sa diffusion, en passant par la planification, la réalisation, la collecte de données, l’analyse de la recherche et la bonne gestion des fonds de recherche) ». FRQ. La conduite responsable en recherche..

[10] « La recommandation concernant la science et les chercheurs scientifiques » qui est un instrument normatif important qui non seulement codifie les objectifs et les systèmes de valeurs par lesquels la science fonctionne, mais souligne également que ceux-ci doivent être soutenus et protégés pour que la science se développe ».  UNESCO. Recommandation concernant la science et les chercheurs scientifiques. In Actes de la Conférence générale, 39e session, Paris, 30 octobre-14 novembre 2017, v. 1: Résolutions. 2017. 145p.

Conditions de soumission

Cet appel est ouvert à tous les chercheurs de toutes spécialités.

Les auteurs sont appelés à soumettre :

Un résumé de leur intervention en format Word sont à envoyer à : assotaktic@gmail.com.

Ils doivent indiquer à la première page les coordonnées du proposant (nom, prénom, institution d’appartenance, adresse électronique et numéro téléphonique) ;

La page suivante doit rester anonyme et présenter un résumé de 300 à 500 mots, indiquant la référence à l’un des axes de recherche pour chaque domaine.

Une bibliographie d’orientation, entre 5-10 titres, sera ajoutée à la fin du résumé.

Dates importantes

  • 06/09/2023 : Lancement de l’appel
  • 06/10/2023 : Date limite de soumission des propositions short form (avant minuit)

  • 21/10/2023 : Envoi des évaluations aux auteurs
  • 15/11/2023 : Date limite d’envoi des versions définitives des contributions 
  • 23-25/11/2023 : Tenue du forum à la ville de Sfax

Informations pratiques

  • Langues du séminaire : arabe, français, anglais
  • Format hybride :  Présentiel et distanciel

Responsables scientifiques

Ressources en ligne

"Committee on Publication Ethics" (COPE) (https://publicationethics.org/ ) : COPE est une organisation internationale qui vise à promouvoir l'intégrité scientifique et l'éthique de la publication. Bien que son objectif principal soit la publication académique, il offre des lignes directrices et des ressources utiles pour tous les domaines de recherche, y compris le design et l'art.

"Design Research Society" (DRS)  (https://www.designresearchsociety.org/cpages/home ) : La est une association internationale qui promeut la recherche en design. Le site web de la DRS contient des publications, des événements et des informations sur l'intégrité scientifique dans le domaine du design.

"Office of Research Integrity" (ORI)  (https://ori.hhs.gov/ ) : Ils fournissent des ressources et des formations sur l'intégrité scientifique, y compris la prévention du plagiat.

"Association for Computing Machinery" (ACM) (https://www.acm.org/ ) : L'ACM est une importante communauté scientifique dédiée à l'informatique. Son site web propose des conférences, des articles et des ressources sur différents aspects de l'intégrité scientifique, y compris dans les domaines du design et de l'art.

Le Centre pour l'éducation et l'intégrité académique " International Center for Academic Integrity" (ICAI)  (https://academicintegrity.org/ )

L’Office Français d’Intégrité Scientifique (OFIS) (https://www.hceres.fr/fr/ofis  et https://www.ofis-france.fr/ )

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Friday, October 06, 2023

Keywords

  • intégrité scientifique, conduite responsable, déontologie, responsabilité éthique, plagiat, propriété intellectuelle

Reference Urls

Information source

  • Ikbel Charfi
    courriel : assotaktic [at] gmail [dot] com

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« L’intégrité scientifique : enjeux et défis », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, September 19, 2023, https://doi.org/10.58079/1brc

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