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Conflits fonciers et mobilisations à l’interface urbain/rural

Huitièmes Rencontres des études africaines en France

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Abstract

À l’ombre des oppositions médiatisées aux grands accaparements de terres agricoles, et des affrontements armés liés à la géopolitique des ressources naturelles, de multiples conflits fonciers, plus « ordinaires », traversent le continent. Ils sont liés aux recompositions en cours des modes d’accès à la terre, aux opérations de formalisation des droits et des tenures, aux changements d’usage et de propriété des sols. Si l’analyse de disputes ou de litiges fonciers n’est pas nouvelle, leur nombre, tant en ville qu’en milieu rural, peut définir aujourd’hui de véritables régimes de conflictualité. L’atelier a pour but d’explorer les mobilisations, locales ou élargies, inégalement pérennisées, que suscitent ces conflits. Selon quelles voies et voix de plaidoyer ? Quelles conceptions de la citoyenneté ? Quels principes de justice, quelles conceptions de la sécurité foncière et quelle légitimation politique ?

Announcement

Argumentaire

A l’ombre des oppositions médiatisées aux grands accaparements de terres agricoles, et des affrontements armés liés à la géopolitique des ressources naturelles, de multiples conflits fonciers, plus « ordinaires », traversent le continent. Ils sont liés aux recompositions en cours des modes d’accès à la terre, aux opérations de formalisation des droits et des tenures, aux changements d’usage et de propriété des sols. Si l’analyse de disputes ou de litiges fonciers n’est pas nouvelle, leur nombre – tant en ville qu’en milieu rural – peut définir aujourd’hui de véritables régimes de conflictualité.

A l’interface urbain/rural, les conflits se multiplient du fait d’une marchandisation généralisée des terres dans ces milieux. Les transactions foncières y sont au cœur de jeux d’intérêts et de pouvoir, de sentiments d’appartenance et de productions identitaires. Les projets étatiques ou privés dépossèdent les acteurs ruraux de leurs terres, avec ou sans indemnisation. Les processus de reterritorialisation et de subjectivation qui les (re)travaillent se fondent sur une fabrique concurrentielle de rentes, de valeurs refuge, de monnaies de réserve et de pratiques spéculatives. Ces mécanismes économiques durcissent partout les rapports sociaux et mettent en cause l’approche dichotomique des droits dans les villes, versus dans les campagnes. Ils conduisent à prendre en compte un continuum de besoins et de pratiques.

Les contestations de droits, les réquisitions foncières, les superpositions de convoitises, la banalisation des encroachments entre propriétés, alimentent la conflictualité foncière, et suscitent diverses formes de résistance et de mobilisations sociales. Si la « spoliation » et l’« accaparement » renvoient à des situations différenciées, leurs ressentis renouvellent les registres discursifs de la question foncière. Ils s’expriment dans nombre d’arènes politiques dans lesquelles les accusations de corruption et de prédation vont jusqu’à mettre en cause l’État de droit ou son fonctionnement démocratique.

L’atelier a pour but d’explorer les mobilisations locales ou élargies, inégalement pérennisées, que suscitent les conflits fonciers et les dépossessions : des protestations éphémères ou des manifestations déstabilisantes, des activismes internationalisés et des doubles jeux « par la petite porte », une action sociale qui débouche parfois sur des coalitions plus larges, mais n’échappe pas aux divisions, rivalités de leadership et sentiments de trahison.

Les communications sont invitées à rendre compte de ces formes variées de mobilisations pour en comprendre les déterminants, les dynamiques et les effets. Qui se mobilise et qui se démobilise ? Selon quelles voies et voix de plaidoyer ? Les rapports de force marchands suscitent-ils toujours de véritables mouvements sociaux ? Quelles conceptions de la citoyenneté traduisent-elles ? Quels principes de justice, quelles conceptions de la sécurité foncière et quelle légitimation politique mobilisent-elles ?

Modalités de contribution

Les propositions de communication devront être adressées avant le 28 novembre 2023, aux deux responsables du panel sous la forme d'un titre et d'un résumé de 300 mots. Les REAF ne disposant pas d'un budget de prise en charge des déplacements des participants, les auteurs mentionneront le laboratoire susceptible de couvrir leurs frais de mission.

Organisation

Panel coordonné par:

  • Monique Bertrand, bertrand@ird.fr, IRD/UMR 245-CESSMA, Université de Paris 
  • Philippe Lavigne Delville, lavignedelville@ird.fr,IRD/UMR SENS, Université Paul Valéry, site Saint-Charles, Montpellier, en vue des 8èmes Rencontres des études africaines en France, 1er au 4 juillet 2024, Université Côte d’Azur de Nice.

Places

  • Nice, France (06)

Event attendance modalities

Full on-site event


Keywords

  • Afrique, foncier, conflictualité, justice,

Contact(s)

  • Monique BERTRAND
    courriel : monique [dot] bertrand [at] ird [dot] fr
  • Philippe LAVIGNE-DELVILLE
    courriel : philippe [dot] lavignedelville [at] ird [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Conflits fonciers et mobilisations à l’interface urbain/rural », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 21, 2023, https://doi.org/10.58079/1c8w

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