Les invisibles du patrimoine. Quel(s) patrimoine(s) et pour qui ?
The Invisibles and Heritage. What Heritage? Who for?
Revue « In Situ »
Publié le mardi 30 janvier 2024
Résumé
Quelle est la place pour des groupes sociaux exclus des systèmes de reconnaissance, de protection et de gestion du patrimoine – désignés dans cet appel par le terme d’« invisibles » dans le champ des activités et des attentes patrimoniales ? Comment sont-ils ou non impliqués dans les chaînes patrimoniales et pris en compte par leurs différents opérateurs (experts, institutions culturelles, autorités publiques) ? Que traduit la volonté de visibilisation de ces groupes, qui la requiert ? Quelles sont les solutions déjà apportées par les acteurs du patrimoine ? Quels effets les initiatives de visibilisation peuvent-elles avoir sur les politiques patrimoniales et la société ? Quels risques présentent-elles (essentialisme, institutionnalisation) ?
Annonce
Argumentaire
Le patrimoine refléterait l’aboutissement de consensus sur ce qui mérite d’être patrimonialisé et transmis aux générations futures. Il incarne les valeurs sociales et culturelles qu’une société exprime, organise et hiérarchise en un temps donné. Il forme le miroir dans lequel elle se contemple et l’image qu’elle souhaite renvoyer au monde. Pour autant, il peut laisser dans l’ombre certaines mémoires, expressions culturelles et récits. L’évolution d’une société questionne par conséquent les choix de patrimonialisation qui ont pu être opérés par le passé et le rôle contemporain du patrimoine. À cet égard, l’affirmation progressive de groupes sociaux exclus des systèmes de reconnaissance, de protection et de gestion du patrimoine – désignés dans cet appel par le terme d’« invisibles » – nourrit des réflexions fondamentales sur les fonctions politiques, sociales et citoyennes du patrimoine. L’exclusion dont ils font l’objet, résultant notamment d’injustices historiques ou d’inégalités structurelles, engendre d’ailleurs des revendications et des contestations. Ainsi, l’image souvent donnée d’un patrimoine plus participatif, traduisant une volonté politique internationale et nationale, se complexifie à mesure qu’une analyse plus fine est établie en fonction de ces acteurs et de ces collectifs moins visibles que d’autres.
Le présent appel souhaite mettre en lumière ces invisibles du patrimoine.
Patrimoines et inclusion
Le premier axe porte sur les moyens qui, en termes de politiques publiques, pourraient ou devraient être mis en œuvre pour assurer une plus grande reconnaissance des invisibles. Comment le principe d’inclusivité est-il intégré aux processus patrimoniaux et à l’accès au patrimoine ? Comment les dynamiques de construction, de publicisation ou de valorisation du patrimoine peuvent-elles favoriser l’inclusion d’un groupe social ? Ces questions interrogent tant des réflexions sociologiques sur la pratique de patrimonialisation que politiques quant aux actions publiques à mettre en œuvre, voire juridiques s’agissant de l’approche par les droits fondamentaux de toute personne au patrimoine culturel.
La multiplication des catégories patrimoniales aboutit-elle à une plus grande inclusion ? L’évolution des cadres normatifs permet-elle une meilleure prise en compte des groupes sociaux ?
Patrimoines et représentativité
Le second axe porte sur les moyens et modalités permettant d’atteindre un équilibre pour éviter une surreprésentation d’un type de patrimoine7 ? Les mesures prises pour mettre en valeur des groupes sociaux (renforcement des capacités, expositions thématiques, enquêtes-collectes…) sont-elles davantage efficaces que symboliques ? Quelles sont les conditions de réussite ou d’efficacité symbolique des mesures mises en œuvre ?
Comment assurer une harmonie dans une polyphonie de récits dissonants, voire irréconciliables ? L’ouverture à une diversité de subjectivités aboutit-elle à une fragmentation ou à une image plus représentative de la société contemporaine ? Ces questions appellent des réflexions d’ordre historique, philosophique, mais aussi socio-anthropologique liées aux enjeux de représentativité dans la diversité.
Ouvert à toutes les sciences sociales et humaines, le champ d’études de cet appel à contributions est mondial et tous les types de patrimoines – matériel, immatériel, naturel, sensoriel, etc. – peuvent être convoqués. L’appel à contributions s’adresse aux chercheurs, aux praticiens et aux professionnels du patrimoine.
Propositions de contributions
Les articles proposés devront contenir une part inédite de recherche, d’hypothèse ou de mise à jour ; ils ne sauraient reprendre la totalité d’un texte déjà paru.
Les contributions seront étudiées en conformité avec la politique d’évaluation de la revue. Si vous souhaitez contribuer à ce numéro, nous vous remercions d’envoyer un résumé de votre proposition de 1 500 signes au maximum, ainsi qu’un court CV
avant le 8 mars 2024
- par courriel :
- ou par voie postale :
Ministère de la Culture Direction générale des Patrimoines et de l’Architecture Revue In Situ. Au regard des sciences sociales
à l’attention de Nathalie Meyer
182, rue Saint-Honoré
75001 Paris
Les textes des articles correspondants aux propositions retenues sont attendus pour le 15 septembre 2024.
Vous pourrez rédiger votre contribution en français ou dans votre langue d’usage. Elle sera publiée dans sa version originale et dans sa traduction française. La taille des articles sera comprise entre 15 000 et 35 000 signes, espaces, notes et bibliographie compris.
Coordination scientifique
- Marie-Sophie de Clippele, professeure en droit à l’UCLouvain Saint-Louis - Bruxelles, avec une chaire en droit de la nature et droit de la culture auprès du Centre d’étude en droit de l’environnement (CEDRE)
- Lily Martinet, chargée de mission pour le patrimoine culturel immatériel et l’ethnologie de la France, Département de la recherche, de la valorisation et du patrimoine culturel immatériel, ministère de la Culture, co-rédactrice en chef de la revue In Situ. Au regard des sciences sociales
Catégories
- Représentations (Catégorie principale)
- Sociétés > Sociologie
- Esprit et Langage > Représentations > Histoire culturelle
- Sociétés > Ethnologie, anthropologie
- Esprit et Langage > Représentations > Histoire de l'art
- Esprit et Langage > Représentations > Patrimoine
- Sociétés > Géographie
- Esprit et Langage > Représentations > Architecture
Lieux
- Ministère de la Culture - 182 rue Saint-Honoré
Paris, France (75)
Format de l'événement
Événement uniquement en ligne
Dates
- vendredi 08 mars 2024
Fichiers attachés
Mots-clés
- patrimoine, minorité, visibilité, reconnaissance, femme, peuple, immigration
Contacts
- Nathalie Meyer
courriel : insitu [dot] patrimoines [at] culture [dot] gouv [dot] fr
URLS de référence
Source de l'information
- Nathalie Meyer
courriel : insitu [dot] patrimoines [at] culture [dot] gouv [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Les invisibles du patrimoine. Quel(s) patrimoine(s) et pour qui ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 30 janvier 2024, https://doi.org/10.58079/vpnj

