AccueilUne architecture nommée désir … ?

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Une architecture nommée désir … ?

« Exercice(s) d’architecture » #12

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Publié le mardi 26 mars 2024

Résumé

En matière d’architecture, si l’on se fie aux traités inauguraux tels que ceux écrits par Vitruve et Alberti, le désir s’incarne dans l’expérience esthétique et la recherche d’une harmonie qui transcende la simple fonction utilitaire ou la rationalité constructive. Un édifice bien conçu incite le spectateur à désirer l’ordre et la vertu, contribuant ainsi à l’amélioration morale de la société. Au cours de l’histoire cependant, ce désir fondateur n’a eu de cesse de changer de forme. À l’austère sévérité de la Réforme s’oppose la volupté baroque. Face au « grand récit » des Modernes, l’ironie et l’humour postmoderne pèsent de tout leur poids. Aujourd’hui, le sentiment dominant de l’urgence climatique nous met en demeure d’agir paradoxalement avec « mesure » ; l’austérité sobre et frugale semble constituer une réponse immédiate, presque évidente, à l’insécurité de notre monde sous le signe de la catastrophe.

Annonce

Argumentaire

En matière d’architecture, si l’on se fie aux traités inauguraux tels que ceux écrits par Vitruve[1] et Alberti[2], le désir s’incarne dans l’expérience esthétique et la recherche d'une harmonie qui transcende la simple fonction utilitaire ou la rationalité constructive. Un édifice bien conçu incite le spectateur à désirer l'ordre et la vertu, contribuant ainsi à l'amélioration morale de la société. Au cours de l’histoire cependant, ce désir fondateur n’a eu de cesse de changer de forme. A l’austère sévérité de la Réforme s’oppose la volupté Baroque. Face au « grand récit » des Modernes, l’ironie et l’humour postmoderne pèsent de tout leur poids. Aujourd’hui, le sentiment dominant de l’urgence climatique nous met en demeure d’agir paradoxalement avec « mesure » ; l’austérité sobre et frugale semble constituer une réponse immédiate, presque évidente, à l’insécurité de notre monde sous le signe de la catastrophe.

Aussi, à l’heure de l’instabilité permanente, du désordre et de la crise perpétuelle, en quoi discuter du « désir » peut inviter à renouveler notre regard sur l’architecture aujourd’hui ?

Car si notre époque tâche de faire de son mieux (mais toujours avec moins) dans une soumission presque contrite à la « frugalité », au nom de la raison climatique, du refus de l’excès, elle ne parvient pas tout à fait à dissimuler, son exact opposé : le désir du débordement, de la volupté et de l’extravagance. Il semble que l’éviction du désir ainsi que la contraction de l’architecture à une pure réponse fonctionnelle-constructive, évident l’architecture de toute signification.

Mais comment qualifier ce désir ? S’agit-il d’une force d’attraction, d’une attente, dont le contact avec le réel pourrait engendrer une certaine satisfaction, une forme d’accomplissement, ou tout au contraire une source de souffrance et de frustration ? Ce désir-là se réduirait-il alors à une tentative d’apaisement des tensions issues de nos pulsions les plus intimes ?Ou bien est-il question d’un mouvement psychique qui nous pousse inexorablement vers un objet-désir qui, s’il est sans rapport avec nos besoins, nous anime avec assez de passion pour tout emporter sur son trajet par la force de son élan vital ?

À moins qu’il ne s’agisse de marcher au bord d’une « architecture nommée désir », à la marge, le long d’une ligne de crête fragile à la manière d’un équilibriste ? Est-ce que la tension fondamentale impulsée par le désir, suspendue entre espérance et exaucement, pourrait révéler l’essence même de la création ?

Et si nous décidions de relancer enfin le désir, comme une aspiration au beau, à la fête et à la volupté créatrice ?Peut-être devrions-nous alors « opposer la réalité du désir, à la fiction du besoin[3] », pour nous faire les interprètes d’un langage inconscient à même de sublimer la matière tangible, afin d’en révéler les formes (positives comme négatives) dans le théâtre du monde ?

Ouvrons donc le débat !

Les contributions pourront s'inscrire dans les axes suivants :

  • Quelles sont les sources du désir de l’architecture et de la ville ? Ou qu’est-ce qui provoque le désir d’architecture ? (Approche esthétique, formelle, technique, technologique, etc.)
  • Quelles pratiques de l’architecture désire-t-on ? (Formes de collaboration, d’exercice du métier, de renouvellement, etc.)
  • Quels désirs nourrissent l’architecture ? (Vivre ensemble, évènements festifs, etc.)

Modalités de soumission

Réception d'une proposition d'article à communication@rennes.archi.fr

au plus tard le 21 mai 2024. 

La proposition doit comprendre un titre provisoire, un résumé (500 à 1 000 caractères maxi, espaces comprises), un angle défini, les coordonnées des auteurs et un visuel libre de droits au format paysage

  • A partir du 21 mai 2024: acceptation ou non des propositions sur recommandation du comité de rédaction.
  • LUNDI 2 SEPTEMBRE 2024 (au plus tard): soumission des articles. Jusqu'en octobre 2024, des corrections pourront être effectuées en accord avec les auteurs.
  • Fin décembre 2024/Janvier 2025: parution prévue du numéro 12 de la revue Exercice(s) d'architecture.

Comité de sélection

  • Valérian AMALRIC, Architecte DPLG, fondateur et gérant de l'agence ilimelgo, enseignant TPCAU 
  •  Priscilla BITTENCOURT BIASSI, Architecte et Urbaniste Msc., Doctorante et enseignante 
  • Laetitia BOUVIER, Responsable du développement, de la recherche et des partenariats ; Didier BRIAND, Directeur de l'ENSAB
  • Amandine DIENER, diplômée d’État en Architecture et docteure en histoire de l’architecture, enseignante en Histoires et Cultures architecturales 
  • Claire-Chantal FOUQUET, Responsable du centre de documentation, Coordinatrice du réseau ArchiRès 
  • Sophie JEGAT, Chargée de communication
  • Carole LOISEL, responsable communication
  • Julie MEYER, diplômée de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, enseignante ATR
  • Miquel PEIRO, Ingénieur Civil, enseignant STA

Notes

[1] Vitruve, De l’Architecture, (De architectura, -15 av. J.-C.), trad. fr. par Pierre Gros, Paris, Les Belles Lettres, 2015.

[2]  Leon Battista Alberti, L’art d’édifier, (De re aedificatoria, 1485), trad. fr. par Françoise Choay et Pierre Caye, Paris, Seuil, 2004.

[3] Lukacsz Staneck, «Introduction. Un manuscrit trouvé à Saragosse : vers une architecture», in Henri Lefebvre, Vers une architecture de la jouissance, Paris, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2023, p. 60.

Catégories


Dates

  • mardi 21 mai 2024

Mots-clés

  • architecture, désir, ville, pratiques,

URLS de référence

Source de l'information

  • Carole LOISEL-SOYER
    courriel : carole [dot] loisel [at] rennes [dot] archi [dot] fr

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« Une architecture nommée désir … ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 26 mars 2024, https://doi.org/10.58079/w41w

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