HomeAutorités féminines. Reconsidération du pouvoir des femmes durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (IVe-VIIIe siècle)

HomeAutorités féminines. Reconsidération du pouvoir des femmes durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (IVe-VIIIe siècle)

Autorités féminines. Reconsidération du pouvoir des femmes durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (IVe-VIIIe siècle)

Konfigurationen weiblicher Autorität. Neue Perspektiven auf die Macht von Frauen in Spätantike und Frühmittelalter (4.-8. Jahrhundert).

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Published on Monday, March 04, 2024

Abstract

Selon le juriste romain Paul, les femmes ne peuvent exercer de charges publiques, non à cause de leur manque de jugement mais selon le mos maiorum. Cet écartement du pouvoir ne date pas de la période romaine et est encore visible aujourd’hui. Cependant, cela n’a pas empêché aux femmes d’exercer une autorité dans différentes sphères, accompagnées d’un homme ou seule. L’histoire des femmes et du genre ont justement permis de mettre en lumière cette agency féminine et il est nécessaire de poursuivre les recherches pour dégager toute la teneur de la capacité d’action de ces femmes au sein de différentes configurations sociales, politiques et religieuses. Dans ce contexte, ce colloque se consacrera aux autorités féminines dans l’Europe latine durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge. Il vise à faire dialoguer des chercheurs des espaces francophones et germanophones ainsi que des sous-disciplines de l’histoire ancienne et médiévale.

Announcement

 IFRA, Francfort-sur-le Main, le 14 et 15 novembre 2024

Argumentaire

D’après la définition donnée dans le Vocabulaire juridique, l’autorité se définit tout d’abord comme « le pouvoir de commander appartenant aux gouvernants et à certains agents publics ». L’auteur nous explique qu’il s’agit d’un pouvoir, soit d’une capacité détenue par l’individu qui exerce cette autorité. Celle-ci peut être naturelle, provenant de sa personnalité ou héréditaire, confiée par des parents. Le pouvoir peut également avoir été octroyé par d’autres puissants ou avoir été pris par la force. De ce fait, ce pouvoir peut revêtir plusieurs formes. Il peut être lié à une charge politique, administrative ou religieuse qui met la personne en position de force. La possession d’un patrimoine et de capitaux économiques représente également un moyen d’assurer sa condition. Cela peut s’acquérir par le travail et les opportunités mais surtout par le biais de sa famille qui octroie un statut social et les privilèges qui en découlent. L’emploi du verbe « commander » renvoie à l’utilisation de l’autorité sur autrui. Il est nécessaire qu’elle soit reconnue par l’autre et la société, amenant à des rapports de force et à une hiérarchisation des personnes. Ici, il est question de « gouvernants » et de « certains agents publics »,considérant que l’autorité doit être publique et donc comme une position officielle liée à une charge. Dans ce cadre, à l’époque qui nous intéresse, les femmes ne pouvaient détenir un office dans le gouvernement mais par sa position, la reine réussit à diriger notamment au nom de son fils, lors des périodes de minorité. Le cas de l’abbesse est tout aussi intéressant détenant une autorité à la fois politique mais aussi spirituelle. Il faut aussi souligner que durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, les sphères publiques et privées ne sont pas strictement séparées mais au contraire, connaissent des interpénétrations.

Dans un second temps, l’autorité renvoie à « l’organe investi de ce pouvoir ». La mention « d’organe » met l’accent sur la collectivité. Certes, un individu peut exercer seul une autorité mais aussi la partager avec d’autres. Cela peut être de manière hiérarchisée comme dans le cas de l’administration mais également de façon conjointe. L’autorité parentale est parfois présentée de cette manière dans les sources en indiquant la volonté ou le consentement des parents mais la réalité diffère très souvent, laissant le pouvoir décisionnaire final au père. Enfin, cela peut également être une « valeur attachée àcertains actes ». L’autorité n’est pas uniquement une position mais est visible à travers des gestes. La notion de « valeur » révèle l’aspect personnel de l’autorité, la reliant à sa perception et à sa légitimité.

Le choix du terme « autorités » n’est pas anodin. Le délaissement du substantif « pouvoirs » s’explique par sa définition trop générale. L’autorité renvoie à l’obéissance et à une position de force plus perceptible. L’utilisation du pluriel est aussi réfléchie, voulant mettre en avant la diversité au niveau de la forme, des moyens, des représentations, etc. Cette hétérogénéité est encore plus marquée en allemand où existent plusieurs mots pour transcrire cette autorité : « die Autorität » est le plus général mais des réalités différentes sont données par l’emploi de « die Behörde », « die Macht », « die Herrschaft », « das Ansehen », « die Maßgeblichkeit », etc. Cette réflexion se transpose également dans le latin, langue utilisée dans nos sources. Nous pouvons notamment citer les termes auctoritas, imperium, potentia, potestas, regnum, etc. Il est nécessaire de questionner ce vocabulaire et de le mettre en lien avec la situation des femmes décrites dans les textes.

La réflexion se concentrera autour des axes suivants :

  • La manifestation des pouvoirs des femmes. Comment ces personnes féminines affirment-elles leur autorité ? S’intéresser au milieu politique semble être le plus évident que ce soit au niveau local mais aussi national notamment via le Queenship mais l’environnement religieux et celui familial tiennent une place importante à ne pas négliger tout comme celui économique. Les figures d’autorité impériales et royales sont les plus visibles mais ne sont pas les seules. Lesfemmes de l’élite exercent également une influence. Les notions de sphère publique et privée sont relatives à cette période et connaissent des interpénétrations. Dans ce cadre d’affirmation de l’autorité féminine, pourront être évoqués des cas particuliers tout comme des études plus globales ;
  • L’étude des autorités féminines ne peuvent se réaliser sans la prise en compte du genre et des rapports entre les hommes et femmes dans des sociétés patriarcales où les pouvoirs sont accaparés par les hommes. Les femmes exerçaient-elles l’autorité en tant que membres de groupes ou de collectifs ? Disposent-t-elles des mêmes moyens que les hommes ? Ou possèdent-elles des outils qui leur sont propres ? De même, dans l’affirmation de leur puissance, sont-elles sujettes à des attentes qui pourraient être limitantes ? Arrivent-elles à les dépasser et par quels moyens ? La représentativité du pouvoir peut être également abordée notamment par des approches archéologiques ou iconographiques ;
  • Le questionnement des sources semble également indispensable étant donné qu’elles sont quasi-exclusivement rédigées par des hommes. Comment ces actes sont-ils décrits et perçus par les auteurs antiques et altimédiévaux ? Est-il possible de dessiner des évolutions globales ou les perceptions sont-elles spécifiques à l’auteur ?

Cette manifestation s’adresse en priorité, mais pas exclusivement, aux jeunes chercheurs et chercheuses (doctorant·e·s et post-doctorant·e·s). Les langues de travail seront le français et l’allemand mais l’anglais sera toléré pour les échanges hors conférence.

Modalités de contribution

Cette journée d’étude se tiendra le 14 et le 15 novembre 2024 à l’Université Goethe de Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Les frais de transport et d’hébergement (1 nuit) seront pris en charge (sous conditions de financement) par les institutions organisatrices. Les propositions de communication sont à adresser à Manon Raynal (manon.raynal@univ-lorraine.fr)

avant le 8 mars 2024.

Elles peuvent être soumises en français ou en allemand et ne doivent pas excéder 500 mots. Merci d’y joindre un CV avec mention des éventuelles publications et des compétences linguistiques. Un comité scientifique participera à la sélection des propositions. Les attributions seront envoyées avant le 15 mars 2024.

Comité d'organisation

  • Manon RAYNAL (SAMA, Université de Lorraine/IFRA-SHS Frankfurt-am-Main) 
  • Sita STECKEL (Goethe Universität, Frankfurt-am-Main)

Places

  • Theodor-W.-Adorno-Platz 1
    Frankfurt, Federal Republic of Germany (60323)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Friday, March 08, 2024

Keywords

  • autorité féminine, pouvoir, femme, antiquité tardive, haut moyen âge, empire romain, royaume barbare, franc, wisigoths, ostrogoth, burgonde, lombard, occident

Contact(s)

  • Manon Raynal
    courriel : manon [dot] raynal [at] univ-lorraine [dot] fr
  • Sita Steckel
    courriel : steckel [at] em [dot] uni-frankfurt [dot] de

Information source

  • Manon Raynal
    courriel : manon [dot] raynal [at] univ-lorraine [dot] fr

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Manon Raynal, Sita Steckel, « Autorités féminines. Reconsidération du pouvoir des femmes durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (IVe-VIIIe siècle) », Call for papers, Calenda, Published on Monday, March 04, 2024, https://doi.org/10.58079/vy62

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