HomeL’intégration ouest-africaine : ajustements ou remise en cause ?

HomeL’intégration ouest-africaine : ajustements ou remise en cause ?

*  *  *

Published on Friday, March 22, 2024

Abstract

L’intégration des États ouest-africaine enregistre indiscutablement de véritables retombées dans plusieurs domaines. Ces satisfactions ne cachent pas pour autant de graves crises provoquées par des mésententes et divergences entre États membres. Au sein de la CEDEAO, le point culminant des divergences survint avec l’annonce du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger le 28 janvier 2024. Cette annonce provoqua non seulement des répercussions dépassant largement les frontières politiques, mais fit planer de sérieuses menaces sur les acquis de l’organisation notamment, la libre circulation des personnes, de leurs biens et le développement socioéconomique sous-régional. Cette décision de quitter la CEDEAO s’inscrit-elle dans la logique de rejets des instruments de gestion des crises ? Ne s’agit-il pas plutôt de fortes aspirations à des réajustements face aux nouveaux enjeux sécuritaires ? À quel type d’intégration les Ouest-africains aspirent-ils véritablement ?

 

Announcement

Argumentaire

L’idée de l’intégration communautaire, régionale et sous-régionale semble avoir de tout temps habitée les Africains en général et les Ouest-africains en particulier. La création d’empires à la dimension d’une grande partie de l’Afrique occidentale du XIIIe au XIXe siècle, est là pour le témoigner.

Du XIIIe au XVIe siècle, les empires du Mali et du Songhay ont illustré par leur dimension, l’idée de l’intégration des peuples. Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, de nouvelles formations socio-politiques et étatiques, comme les empires de Ségou, d’El hadj Omar Tall, le Wassoulou de Samory, le Kponguènè ou l’empire de Kong sont venues illustrer encore cette réalité, l’intégration des peuples et des territoires.

Cependant, toutes ces expériences africaines seront balayées par la colonisation européenne sans pour autant faire disparaître le principe de l’intégration. C’est ainsi qu’au XXe siècle, la colonisation va semer les germes d’une nouvelle intégration ouest-africaine avec la création de l’Afrique occidentale française (AOF) en 1958, du Franc CFA, de la Communauté franco-africaine en 1958, etc. La naissance de la CEDEAO est à situer dans cette volonté de rassemblement.

L’idée de la création d’une communauté de l’Afrique de l’ouest remonte à 1964. Suite aux efforts des Présidents du Liberia, William Tubman, du Nigeria, le Général Gowon et du Général Eyadema du Togo, 15 pays d’Afrique de l’ouest ont signé le Traité pour une Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (Traité de Lagos) le 28 mai 1975.

En Afrique, la politique de l’intégration des États a eu de véritables retombées dans plusieurs domaines. À titre d’illustration, la CEDEAO permit une liberté de circulation des biens et des personnes depuis 1986, et le droit de résidence se pratique maintenant dans plusieurs pays. Des médiations assez productives initiées par les chefs d’État de la CEDEAO ont permis d’atténuer les effets de plusieurs conflits dans la sous-région, à défaut de les résoudre totalement ; on note la condamnation unanime et la suspension de la CEDEAO des régimes anticonstitutionnels (issus de coups d’État), ce qui permet de ramener la stabilité politique et l’ordre constitutionnel. Sur le plan militaire, la CEDEAO est intervenue au Libéria, en Sierra Léone et en Côte d’Ivoire afin de contribuer à leur stabilisation.

Malgré ce bilan, les politiques d’intégration des États africains sont confrontées à de graves problèmes dont des mésententes et divergences entre États membres. Le summum de ces divergences a été atteint au sein de la Cedeao avec l’annonce de leur retrait « sans délai » de la part de trois de ses membres fondateurs, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger le 28 janvier 2024.

Le retrait annoncé du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO et les tensions nées de l’avènement de l’AES, suscitent des inquiétudes. La sortie de ces trois pays de la Communauté implique des répercussions qui dépassent largement les frontières politiques et affectent le commerce, la sécurité et le développement économique. Cette décision de quitter la CEDEAO s’inscrit- elle dans la logique de remise en cause de tous les instruments de gestion forgés depuis le début des années 90 et qui ont été jugés inaptes ? Ou bien s’agit-il de réajustements face aux nouveaux enjeux sécuritaires ? Les Africains veulent-ils encore de l’intégration ? Si oui, à quelle intégration aspirent-ils ? Si non, allons- nous vers de plus en plus de nationalisme ou de souveraineté avec des lois nationales ?

Objectifs du colloque

Les objectifs du colloque sont les suivants :

Objectif général

  • Promouvoir et améliorer les politiques d’intégration des États africains.

Objectifs spécifiques

  • Expliquer les fondements, enjeux et motivations des politiques d’intégration des Etats africains,
  • Indiquer les réalisations des politiques d’intégration des Etats africains,
  • Analyser les limites des mécanismes nés des politiques d’intégration des Etats africains,
  • Définir l’importance et les limites du processus démocratique dans les espaces intégrés (élections, les changements inconstitutionnels, les 3e mandat et coups d’Etat, )
  • Analyser la question et les enjeux de la monnaie dans les espaces intégrés en Afrique (pluralité monétaire, unité monétaire, le franc CFA, etc).
  • Comprendre l’impact des relations entre les espaces intégrés et le monde extérieur,
  • Comprendre le rôle des masses populaires et des intellectuels dans la vie politique dans les espaces intégrés

Axes du colloque

Les réflexions que vous inspire cette problématique doivent être organisées autour des axes ci-dessous :

  • Axe 1. Les enjeux de l’intégration sous-régionale africaine
  • Axe 2. Les fondements historiques et actuels de l’intégration sous-régionale africaine
  • Axe 3. L’avenir de la démocratie en Afrique
  • Axe 4. Les élections en Afrique d’hier à aujourd’hui
  • Axe 5. Les changements inconstitutionnels en Afrique : les 3e mandat et coups d’Etat
  • Axe 6. L’intégration économique : fondements et enjeux
  • Axe 7. La monnaie en Afrique : entre pluralité monétaire et unité monétaire Axe 8. Les masses populaires et la vie politique en Afrique
  • Axe 9. Les intellectuels africains : entre contestation politique et soutien aux pouvoirs en place
  • Axe 10. Intégration sous régionale et insécurité
  • Axe 11. Intégration sous régionale et ingérence extérieure dans les affaires africaines
  • Axe 12. Intégration sous régionale et politiques sécuritaires

Modalités de soumission

Les propositions (résumés) doivent être rédigées en français et en anglais et envoyées par mail aux adresses suivantes :

  • larsocuao@gmail.com
  • kouaemoise@gmail.com

avant le 15 mai 2024

Chaque proposition doit contenir :

  • Un titre de communication (maximum 15 mots).
  • Nom de l’auteur(e), statut professionnel, principal établissement ou organisme d’attache et l’adresse mail.
  • Un résumé (maximum 1500 caractères, espaces compris) en français et en
  • Tous les résumés de communication seront évalués par un comité scientifique composé de professeurs, chercheurs et professionnels issus d’universités et institutions des quatre coins du Les auteurs dont le comité scientifique retiendra les soumissions seront invités après le colloque à soumettre un texte complet de pas plus de 30 pages, en vue de leur publication dans une revue ou dans un ouvrage collectif. Ces textes complets seront révisés par le même comité.

Règlement du colloque

  • Les résumés peuvent être présentés en français ou en anglais. Une personne ne peut présenter qu’un résumé à titre d’auteur(e) principal(e). Si une proposition est refusée, la décision est sans appel.

Public cible :

  • Le colloque a pour public cible : universitaires ivoiriens et étrangers (enseignants, chercheurs, doctorants), hommes politiques, jeunes leaders, économistes, ONG, société civile, témoins de l’action des acteurs de l’intégration des pays africains en général.

Ce colloque se déroulera sous forme de communications en ligne

Pour la présentation des communications, se conformer aux normes du CAMES (www.lecames.org)

Après le colloque, les communications rédigées doivent retourner au Secrétariat du colloque pour publication au courriel suivant : larsocuao@gmail.com

La langue de travail lors du colloque est le français. Cependant, des communications en anglais sont acceptées.

Calendrier

  • 01 mars 2024 : Lancement de l’appel à colloque
  • 15 mai 2024 : Date limite de réception des propositions de communications
  • 30 juin : Notification d’acceptation ou de rejet des propositions de communications
  • 15 octobre 2024 : Date limite d’envoi des communications entièrement rédigées
  • 26 et 27 novembre 2024 : Tenue du colloque
  • 30 décembre 2024 : Envoi des communications revues et corrigées
  • Avril 2025 : Publication des Actes du colloque.

Comité scientifique 

Président : Pr David Moussa Soro, Université Félix Houphouët-Boigny

  • Pr Simon-Pierre Ekanza, historien, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Ousseynou Faye, Université Cheik Antar Diop
  • Pr Siméon Kouakou Kouassi, Université de San Pedro
  • Pr Emil Brou, Université Alassane Ouattara, Bouaké
  • Pr Antoine Golé Koffi, Université Alassane Ouattara, Bouaké
  • Pr David Musa Soro, philosophe, Université Alassane Ouattara, Bouaké
  • Pr Séraphin Prao Yao, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Jean-Noël Loucou, historien, Fondation Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Moumouni Seyni, IRSH, Niamey
  • Pr Ferdinand Tiona Ouattara, historien, Université Félix Houphouët- Boigny
  • Pr Joachim Kouamé Aka, historien, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Moritié Camara, historien, Université Alassane Ouattara
  • Pr Bamba Mamadou, Université Alassane Ouattara
  • Pr Daouda Coulibaly, Université Alassane Ouattara
  • Pr Ramsès Boa Thiémélé, philosophe, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr René Kouamé Allou, historien, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Tanoh Bekoin, historien, Université Alassane Ouattara
  • Pr Pélagie Amenan Kra Tehoua, Université Alassane Ouattara
  • Pr Séraphin Néné Bi, Université Alassane Ouattara
  • Pr David Mokam, Université de N’Gaoundéré, Cameroun
  • Pr Souleymane Sangaré, historien, Université Alassane Ouattara
  • Pr Mahomed N’Guessan, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Ahuie Chantal, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Pr Joseph Assi Kaudjhis, Université Alassane Ouattara
  • Dr Binaté Issouf, Université Alassane Ouattara
  • Dr Moussa Paré, historien, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Dr Komenan Houphouët, historien, Université Jean Lorougnon Guédé,
  • Dr Laurent N’dri Kouakou, Université Alassane Ouattara
  • Dr Soualiouo Ben Méité, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Dr Archer Maurice, École Normale Supérieur d’Abidjan

Secrétariat du Comité

  • Dr Brou Alphonse, Université Alassane Ouattara
  • Dr Moise Kouamé Gnamien, Université Alassane Ouattara
  •  Dr Henriette Okobé Kré, Université Alassane Ouattara
  • Dr Diabaté Pori, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Dr Sévérin Konin, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Dr Ouattara Issouf, UPGC, Korhogo
  • Dr Atchie Amon Serges, UPGC, Korhogo
  • Dr Bamba Fatoumata, Université Jean Lorougnon Guédé
  • Dr Koné Yacouba, Université Jean Lorougnon Guédé

Comité d’organisation

Président : Dr Siaka Traoré, Université Alassane Ouattara

  • Dr Mitanhantcha Yéo, Université Alassane Ouattara
  • Dr NAMOI Ahiza Célestine, Université Félix Houphouët-Boigny
  • Dr Djro Bilestone Roméo Kouamenan, Université Alassane Ouattara
  • Dr Thiery Fulgence Yapi, Université Alassane Ouattara
  • Dr Elisabeth Yao, Université Alassane Ouattara
  • Dr Landry Charles Koffi, Université Alassane Ouattara
  • Dr Gilbert Ekou Assoumou, Université Alassane Ouattara
  • Dr Léon Yao Koffi, Université Alassane Ouattara
  • Dr Massandjé Fadiga, Université Alassane Ouattara
  • Dr Anzoumana Sylla, Université Alassane Ouattara
  • Dr Fabrice Oulai, Université Alassane Ouattara
  • Dr Djardjaye Issoufou Malam, Université André Salifou (UAS), Zinder

Places

  • Campus 2 - Ahougnassou, route de Béoumi
    Bouaké, Côte d'Ivoire (BP V 18 01, Bouaké)

Event attendance modalities

Full online event


Date(s)

  • Wednesday, May 15, 2024

Keywords

  • intégration communautaire, empire ouest-africain, colonisation européenne

Contact(s)

  • Siaka TRAORÉ
    courriel : shacool1976 [at] gmail [dot] com
  • Moise GNAMIEN
    courriel : kouaemoise [at] gmail [dot] com

Information source

  • Siaka TRAORÉ
    courriel : shacool1976 [at] gmail [dot] com

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Souleymane Sangaré, « L’intégration ouest-africaine : ajustements ou remise en cause ? », Call for papers, Calenda, Published on Friday, March 22, 2024, https://doi.org/10.58079/w2h5

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search