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Sobriété numérique

« Humanités numériques », n°11, 2025

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Published on Wednesday, March 27, 2024

Abstract

L’objectif de cet appel à contributions est de renforcer les travaux existants sur l’impact environnemental du numérique, de deux manières : d’une part, en contribuant au développement d’un cadre théorique permettant de penser la sobriété comme un élément fondamental dans la définition des disciplines et champs de recherche concernés ; d’autre part, en faisant émerger des synergies entre pratiques de quantification et stratégies de pérennisation. Avec cet appel, nous souhaitons rendre visibles des recherches abordant l’impact environnemental du numérique, en particulier dans les domaines des lettres, langues et sciences humaines.

Announcement

Argumentaire

Humanités numériques est une revue francophone publiée en libre accès et consacrée aux usages savants du numérique en sciences humaines et sociales. Éditée par l’association francophone Humanistica et diffusée sur la plateforme OpenEdition Journals, elle offre un lieu de réflexion, de débat scientifique et d’expression aux chercheurs et enseignants dont les travaux s’inscrivent dans ce champ. La revue s’adresse ainsi aux spécialistes des sciences humaines, des sciences sociales et des disciplines liées aux technologies de l’information, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par les transformations numériques des savoirs.

Le numéro 11 de la revue sera intitulé « Sobriété numérique ». Sa publication est prévue au printemps 2025.

Les crises environnementales, et en particulier la crise climatique, ont un impact sur les ressources disponibles à l’échelle planétaire et vont entraîner des évolutions sensibles dans l’ensemble des secteurs professionnels. Si certaines disciplines ont déjà mis en place des feuilles de route pour une transition vers la sobriété (dans le sens que lui donne The Shift Project dans son rapport « Déployer la sobriété numérique »), c’est loin d’être le cas de manière systématique dans l’enseignement supérieur et la recherche (Hardy et Noûs 2023). Des disciplines, notamment celles dont l’impact est quantifiable et massif, ont commencé à remettre en question leurs pratiques – c’est le cas de l’astrophysique (Vargas-Ibáñez et al. 2024) ou de l’informatique par exemple (Lefèvre et al. 2022). Les sciences humaines et sociales restent paradoxalement en retrait dans cette démarche, arguant en général de leur empreinte écologique comparativement faible. Pourtant, elles seraient tout à fait à même, parallèlement à la modification de leurs pratiques, d’élaborer le cadre épistémologique de cette nécessaire adaptation.

L’usage des technologies numériques est envisagé ici comme un enjeu transversal. Il s’agit à la fois d’une pratique commune à l’ensemble des disciplines de recherche – puisque même celles et ceux qui se défendent d’avoir une pratique numérique de recherche utilisent des ordinateurs et des bases de données au quotidien –, d’un domaine dans lequel la recherche de la sobriété bute sur le manque de référentiels clairs – les facteurs à prendre en compte dans les mesures d’impact n’étant pas toujours standardisés – et d’un catalyseur d’inégalités à l’échelle mondiale.

Ces questions ont déjà été abordées par deux groupements de recherche français : Labos 1point5, dont l’objectif est de réduire l’empreinte de la recherche en général et de sensibiliser les communautés de recherche (Blanchard et al. 2022), et EcoInfo (CNRS), qui entend favoriser une approche écoresponsable de l’usage des outils informatiques aussi bien dans la recherche que dans les autres secteurs d’activité à forte composante numérique (Larger et al. 2022). L’un et l’autre ont développé des dispositifs de sensibilisation, mais la communauté des spécialistes de l’impact environnemental du numérique dans la recherche reste resserrée – ou du moins peu visible.

Le rôle des humanités numériques dans cette réflexion a vocation à être central. Les initiatives visant à réinterroger le champ des humanités numériques dans la perspective d’une réduction des ressources consommées, et donc d’une approche sobre, n’ont pas acquis une grande visibilité, mais elles existent bien, du manifeste « Digital Humanities and the Climate Crisis » (2020, prix de la meilleure exploration des échecs/limitations des humanités numériques 2021) au Digital Humanities Climate Coalition Toolkit (depuis 2021), en passant par le groupe de travail de l’association germanophone des humanités numériques (DHd AG « Greening DH », depuis 2021).

L’objectif de cet appel est donc de renforcer les travaux existants sur l’impact environnemental du numérique, de deux manières : d’une part, en contribuant au développement d’un cadre théorique permettant de penser la sobriété comme un élément fondamental dans la définition des disciplines et champs de recherche concernés ; d’autre part, en faisant émerger des synergies entre pratiques de quantification et stratégies de pérennisation. Avec cet appel, nous souhaitons rendre visibles des recherches abordant l’impact environnemental du numérique, en particulier dans les domaines des lettres, langues et sciences humaines.

Il s’agit aussi de susciter et de mettre en valeur des travaux collaboratifs entre chercheuses et chercheurs en informatique, en informatique durable ou en lettres, langues et sciences humaines, pour améliorer l’état de l’art sur les mesures d’empreinte et pour interroger à plusieurs voix les évolutions disciplinaires qui s’imposent dans ce contexte de crise. Tout autant, nous espérons faire émerger les réflexions et retours d’expériences des personnels d’appui à la recherche, car ces personnels sont le plus souvent au plus proche de la pratique de recherche et de son intrication dans un contexte institutionnel contraignant. Les réflexions issues du milieu des infrastructures de recherche sont aussi vivement encouragées.

Les articles proposés pourront en particulier porter sur les thèmes suivants :

  • Empreinte environnementale des activités fondamentales de la recherche sur données (collecte, archivage, publication, diffusion ; Baillot 2023) et rôle que peut jouer l’outillage théorique des sciences humaines pour aborder les changements à venir
  • Scénarios de partage et de réutilisation des données de la recherche, notamment dans la perspective des infrastructures
  • Stratégies de sobriété dans la définition des projets de recherche (critères des cahiers des charges, minimal computing) ou dans les politiques de recherche des institutions, y compris leurs difficultés et leurs ambivalences
  • Mesures d’empreinte et stratégies de réduction d’empreinte dans l’usage des données de la recherche en humanités numériques, en traitement automatique des langues ou en lettres, langues et sciences humaines (Strubell et al. 2019)
  • Réflexions théoriques sur la nature de la transition à mettre en œuvre (ruptures systémiques, continuités historiques, modalités d’action à l’échelle individuelle ou collective, inscription dans les mouvements d’écologie politique)
  • Intégration des enjeux écologiques dans l’enseignement des humanités numériques

Modalités de contribution

Pour ce numéro, dont toutes les contributions feront l’objet d’une évaluation conforme aux pratiques de la revue Humanités numériques, sous la responsabilité des éditrices invitées, nous vous prions de soumettre vos propositions sous la forme d’articles complets, rédigés en français, sur la plateforme OJS de la revue : https://revue-humanites-numeriques.humanisti.ca.

pour le 8 juillet 2024.

  • Bien que la longueur des articles ne soit pas prédéfinie, nous considérons que 50 000 signes, espaces et notes comprises, représentent une limite courante et appropriée à la plupart des propos.
  • Les fichiers doivent être transmis au format ODT ou DOCX et respecter les consignes aux auteurs de la revue.
  • Les auteurs et autrices conservent leurs droits sur les articles, mais la publication dans la revue Humanités numériques se fait sous une licence Creative Commons.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter les éditrices invitées de ce numéro : Anne Baillot (anne.baillot@dariah.eu) et Anne-Laure Ligozat (anne-laure.ligozat@lisn.upsaclay.fr).

Éditrices invitées

  • Anne Baillot (professeur des universités, Le Mans Université, France)
  • Anne-Laure Ligozat (professeur, ENSIIE, université Paris-Saclay, France)

Comité de direction

  • Clarisse Bardiot (professeure des universités, université Rennes II, France)
  • Aurélien Berra (maître de conférences, université Paris-Nanterre, France) – rédacteur en chef
  • Aurélien Giovacchini Aurélien (ingénieure de recherche, CNRS, France)
  • Servanne Monjour (maîtresse de conférences, Sorbonne Université, France)
  • Sébastien Poublanc (docteur en histoire moderne, laboratoire Framespa, université Toulouse – Jean-Jaurès, France)
  • Nicolas Thély (professeur des universités, université Rennes II, France)

Comité de rédaction

  • Anne Baillot (professeur des universités, Le Mans Université, France)
  • Clarisse Bardiot (professeure des universités, université Rennes II, France)
  • Marie-Claire Beaulieu (assistant professor, université Tufts, États-Unis)
  • Aurélien Berra (maître de conférences, université Paris-Nanterre, France)
  • Aurélien Bénel (maître de conférences, université de technologie de Troyes, France)
  • Jean-Baptiste Camps (responsable pédagogique du master « Humanités numériques », École nationale des chartes, France)
  • Emmanuel Château-Dutier (professeur adjoint, université de Montréal, Canada)
  • Frédéric Clavert (senior research scientist, université du Luxembourg, Luxembourg)
  • Björn-Olav Dozo (premier logisticien de recherche et maître de conférences, université de Liège, Belgique)
  • Julie Giovacchini (ingénieure de recherche, CNRS, France)
  • Martin Grandjean (assistant diplômé, université de Lausanne, Suisse)
  • Fatiha Idmhand (professeur des universités, université de Poitiers, France)
  • Mareike Koenig (directrice du département Digital Humanities et directrice de la bibliothèque, Institut historique allemand, Paris, France et Allemagne)
  • Servanne Monjour (maîtresse de conférences, Sorbonne Université, France)
  • Pierre Mounier (ingénieur de recherche, École des hautes études en sciences sociales, Paris, France)
  • Enrico Natale (directeur, Infoclio.ch, le portail professionnel des sciences historiques en Suisse, Suisse)
  • Sofia Papastamkou (ingénieur d’études, IRHiS, CNRS et université de Lille, France)
  • Sébastien Poublanc (docteur en histoire moderne, laboratoire Framespa, université Toulouse–Jean-Jaurès, France)
  • Yannick Rochat (premier assistant, université de Lausanne, Suisse)
  • Elifsu Sabuncu (Deuxième labo, Paris, France)
  • Christof Schöch (professeur, université de Trèves, Allemagne)
  • Nicolas Thély (professeur des universités, université Rennes II, France)
  • Seth Van Hooland (associate professor, université libre de Bruxelles, Belgique)

Comité scientifique

  • Bridget Almas (software architect, The Alpheios Project, États-Unis)
  • Paul Bertrand (professeur, université catholique de Louvain, Belgique)
  • Florence Clavaud (conservateur en chef du patrimoine, Archives nationales, Paris, et Centre Jean-Mabillon, École nationale des chartes, France)
  • Claire Clivaz (head of digital enhanced learning, Institut suisse de bio-informatique, Vital-IT, Lausanne, Suisse)
  • Marin Dacos (ingénieur de recherche, Cléo et OpenEdition, CNRS, Marseille, France)
  • Milad Doueihi (professeur des universités, université Paris-Sorbonne, et Labex OBVIL, France)
  • Jean-Daniel Fekete (directeur de recherche, Institut national de recherche en informatique et en automatique, Paris, France)
  • Christian Jacob (directeur de recherche, CNRS, et directeur d’études, École des hautes études en sciences sociales, Paris, France)
  • Thomas Lebarbé (professeur des universités, université Grenoble-Alpes, France)
  • Damon Mayaffre (chargé de recherche HDR, UMR Bases, Corpus, Langage, CNRS, Nice, France)
  • Claudine Moulin (professeur, université de Trèves, et directrice, Trier Center for Digital Humanities, Allemagne)
  • Serge Noiret (information specialist, bibliothèque de l’Institut universitaire européen, Florence, Italie)
  • Elena Pierazzo (professeur des universités, université de Tours, France)
  • Laurent Romary (directeur de recherche, Institut national de recherche en informatique et en automatique, Paris, France)
  • Dominique Roux (responsable éditorial, Presses universitaires de Caen, France)
  • Michael Sinatra (professeur des universités, université de Montréal, Canada)
  • Dominique Stutzmann (chargé de recherche, Institut de recherche et d’histoire des textes, CNRS, Paris, France)

Bibliographie

  • Baillot, Anne. 2023. From Handwriting to Footprinting. Text and Heritage in the Age of Climate Crisis. Cambridge : Open Book Publishers. https://doi.org/10.11647/obp.0355.
  • Blanchard, Marianne, Milan Bouchet-Valat, Damien Cartron, Jérôme Greffion et Julien Gros. 2022. « Concerned Yet Polluting : a Survey on French Research Personnel and Climate Change ». PLOS Climate 1 (9) : e0000070. https://doi.org/10.1371/journal.pclm.0000070.
  • Freitag, Charlotte, Mike Berners-Lee, Kelly Widdicks, Bran Knowles, Gordon S. Blair et Adrian Friday. 2021. « The Real Climate and Transformative Impact of ICT : a Critique of Estimates, Trends, and Regulations ». Patterns 2 (9) : 100340.  https://doi.org/10.1016/j.patter.2021.100340.
  • Hardy, Antoine et Camille Noûs. 2023. « Quantifier la frugalité de la recherche ? » Socio. La nouvelle revue des sciences sociales 17 : 83‑117. https://doi.org/10.4000/socio.14157.
  • Larger, Simon, David Rongeat, Benjamin Ninassi, Didier Mallarino, Adrien Luxey-Bitri et Bertrand Mocquet. 2023. « Urgence sur les sobriétés numériques ! » La Collection numérique de l’Agence de mutualisation des universités et établissements d’enseignement supérieur 29. https://hal.science/hal-04269072.
  • Lefèvre, Laurent, Anne-Laure Ligozat, Denis Trystram, Sylvain Bouveret, Aurélie Bugeau, Jacques Combaz, Emmanuelle Frenoux, Gaël Guennebaud, Julien Lefèvre et Jean-Philippe Nicolaï. 2022. « Proposition de document de cadrage. Évaluation environnementale de projets impliquant des méthodes d’IA ». EcoInfo. https://hal.science/hal-03853135.
  • Strubell, Emma, Ananya Ganesh et Andrew McCallum. 2019. « Energy and Policy Considerations for Deep Learning in NLP ». Dans Proceedings of the 57th Annual Meeting of the Association for Computational Linguistics, édité par Anna Korhonen, David Traum et Lluís Màrquez, 3645‑3650. Florence : Association for Computational Linguistics. https://doi.org/10.18653/v1/P19-1355.
  • The Shift Project. 2020. « Déployer la sobriété numérique ». Paris : The Shift Project. https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2020/10/Deployer-la-sobriete-numerique_Rapport-complet_ShiftProject.pdf.
  • Vargas-Ibáñez, Leidy T., Kumiko Kotera, Odile Blanchard, Peggy Zwolinski, Alexis Cheffer, Mathieu Collilieux, Paul Lambert, Quentin Lefèbvre et Thomas Protois. 2024. « Life Cycle Analysis of the GRAND Experiment ». Astroparticle Physics 155 : 102903. https://doi.org/10.1016/j.astropartphys.2023.102903.

Date(s)

  • Monday, July 08, 2024

Keywords

  • sobriété numérique, empreinte écologique, humanités numériques, données de la recherche

Information source

  • Florence Daniel
    courriel : florence [dot] daniel [at] mshb [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Sobriété numérique », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, March 27, 2024, https://doi.org/10.58079/w44s

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