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Veröffentlicht am Dienstag, 21. Mai 2024

Zusammenfassung

L’objectif de ce colloque est de s’interroger sur le concept de médiation, à même de fédérer de manière pertinente et innovante un ensemble de travaux de recherche qui traversent aujourd’hui le champ de la géographie dans sa diversité. Il propose d’inscrire les échanges autour de sept éléments de contexte, non exclusifs, et dans l’objectif de susciter le croisement de regards, tant sur le plan conceptuel et empirique que sur l’aspect opératoire des médiations : médiation·s et mondialité ; médiation·s et anthropocène ; médiation·s et intelligence artificielle, algorithmique, cybernétique ; médiation·s, reconnaissance et pluralités des modes d’existence ; médiation·s, épistémologie et théorie ; médiation·s, instruments et pratiques démocratiques ; médiation·s, intelligence spatiale, intelligence géographique.

Inserat

Le colloque Médiation·s, qui se tiendra les 22, 23 et 24 janvier 2025 à Paris, est porté par le laboratoire de géographie “Médiations - Sciences des lieux, sciences des liens (Sorbonne Université)”.

Argumentaire

L’objectif de ce colloque est de s’interroger sur le concept de médiation, à même de fédérer de manière pertinente et innovante un ensemble de travaux de recherche qui traversent aujourd’hui le champ de la géographie dans sa diversité.

La médiation résonne comme un des fondements de la vie en société. Invoquée, convoquée, la médiation permettrait de surmonter les crises, même les plus extrêmes. Elle s’est spécialisée et professionnalisée pour gagner toutes les sphères de la société, passant de la diplomatie internationale à la gestion des conflits privés ou à la transmission de connaissances.

Or, le terme de médiation ouvre des horizons scientifiques plus larges ; ils permettent de penser les relations entretenues entre des communautés humaines mais aussi avec leurs environnements dans le temps et l’espace afin d’établir des relations permettant de faire collectivement face à l’incertitude. Ici, nous souhaitons interroger la médiation et les médiations (d’où le choix du point médian) au prisme de la dimension profondément spatiale de ce concept.

Le colloque Médiation·s propose ainsi d’inscrire les échanges autour de sept éléments de contexte, non exclusifs, et dans l’objectif de susciter le croisement de regards, tant sur le plan conceptuel et empirique que sur l’aspect opératoire des médiations :

  • Médiation·s et mondialité
  • Médiation·s et anthropocène
  • Médiation·s et Intelligence Artificielle, algorithmique, cybernétique
  • Médiation·s, reconnaissance et pluralités des modes d’existence
  • Médiation·s, épistémologie et théorie
  • Médiation·s, instruments et pratiques démocratiques
  • Médiation·s, intelligence spatiale, intelligence géographique

De la médiation en géographie

Deux horizons a minima sont ouverts par la « médiation ». L’histoire du mot renvoie dès le départ, aux XIIIe et XIVe siècles, à deux acceptions assez différentes pour ne pas être confondues : la division par deux, et l’intercession/interprétation.

La première acception, qui est aussi la plus courante et la plus développée dans l’étude des sociétés, conçoit la médiation comme relation de l’individu à son environnement, soit l’identification et la reconnaissance des éléments de cette relation. La racine “med” renvoie ainsi aux milieux et aux environnements, à l’habitat humain dans toutes ses dimensions. La médiation peut être considérée, dans une acception large, comme un processus fondamental du réel, opérant une mise en relation entre des réalités qui ne peut être considérée comme un phénomène spontané. La médiation suppose une « force » tierce, elle dépasse ce qui est médié. Elle devient ainsi “ce qui fait être” et non seulement “ce qui est”, au cœur d’un système complexe de relations. A contrario, elle s’oppose à l’immédiateté, voire à l’immédiat. L’immédiat est très fortement connoté comme un terme temporel, et très peu comme un terme spatial, au contraire du « média », qui « sonne » spatial, voire géographique, surtout quand il est associé à l’idée de diffusion massive d’information à l’échelle mondiale. Elle a pris la forme d’une technique procédurale (supposant l’écoute positive et attentive des parties et la neutralité entre les parties). Elle est même constituée en discipline, soit une règle de conduite commune. Elle peut être même érigée en éthique.

Le second horizon de la médiation la comprend dans une définition actorielle, soit son aboutissement qui est la conciliation et l’accommodement, autrement dit un processus de résolution des conflits faisant intervenir un tiers de confiance. Cette opération peut être considérée comme un moment de culmination si elle aboutit. Si la médiation est tellement importante et valorisée, c’est qu’elle peut être considérée, quand elle aboutit, comme un moment de culmination dans la négociation, la résolution de conflit et la construction d’un terrain d’entente. Cependant, dans un contexte géographique, sa portée s’étend bien au-delà. La médiation implique une interaction dynamique avec l’espace, où les relations humaines, les objets, l’environnement, et même les idées, sont constamment négociés et reconfigurés. Elle façonne la manière dont les individus et les collectivités perçoivent, interagissent avec, et transforment leur environnement. Cette dimension de la médiation souligne une relationnalité profonde avec l’espace, où chaque interaction laisse une empreinte et modifie le paysage, tant au sens littéral que métaphorique.

Dans une perspective spécifique à la géographie, la médiation peut être appréhendée en tant que modalité d’organisation de la dimension spatiale des sociétés, incluant la nature. Il s’agira de questionner ici les processus et les enjeux liés aux espaces et aux spatialités, de comprendre les interdépendances et la production des lieux. La notion d’acteurs est aussi centrale quand il s’agit d’aborder les arbitrages spatiaux, les mécanismes qui y conduisent, mais aussi d’apprécier les rapports aux lieux. D’un côté une science des lieux, de l’autre une science de liens.

Le colloque Médiation·s propose ainsi d’inscrire les échanges autour de sept éléments de contexte, non exclusifs, et dans l’objectif de susciter le croisement de regards, tant sur le plan conceptuel et empirique que sur l’aspect opératoire des médiations.

Médiation·s et mondialité

Dans le domaine de la géographie, les notions de « médiations » et « mondialités » entretiennent des liens historiques. Les géographes par leur capacité à décrire la planète Terre ont joué et jouent encore un rôle essentiel pour donner à comprendre les dynamiques des espaces et des sociétés à l’échelle globale. Aux grandes géographies universelles, s’ajoutent de multiples travaux géographiques tentant de décoder les complexités du monde actuel. Le concept de mondialités se réfère notamment à la compréhension et à l’expérience de la globalité. Dans un monde de plus en plus interconnecté, la mondialité met en lumière les interdépendances complexes et les réseaux transnationaux qui façonnent les réalités géographiques. Elle inclut la manière dont les processus globaux — qu’ils soient économiques, culturels, politiques, ou écologiques — influencent et sont influencés par des contextes locaux et régionaux. La mondialité invite à une réflexion sur les manières dont les échelles globales et locales s’interpénètrent, remettant en question les frontières administratives et favorisant une compréhension plus nuancée des espaces et des places.

Examinées conjointement, médiation·s et mondialité offrent un cadre riche pour analyser les interactions spatiales dans un monde globalisé. La médiation dans ce contexte ne se limite pas à résoudre des conflits, mais devient un outil pour naviguer et comprendre les complexités du monde global – un monde où les espaces sont constamment redéfinis par des réseaux et flux de personnes, d’informations, de capitaux, etc. De même, la mondialité, en tenant compte des diverses échelles d’interaction, enrichit notre compréhension des processus de médiation en révélant comment les dynamiques globales façonnent et sont façonnées par les spécificités locales et régionales.

Ici, pourront être discutées les nouvelles relations basées sur le sentiment de l’accessibilité, de l‘immédiateté de lieux particulièrement éloignés mis en scènes comme disponibles à tout un à chacun à grand renfort de moyens technologiques, logistiques, informationnels. A contrario, pourront être discutés les phénomènes de brouillage, de mise en invisibilité ou de dilution de la réalité matérielle des phénomènes mondialisés. De même, face à ces interactions généralisées et ces médiations trans-scalaires, il est possible d’interroger le retour des logiques de fermeture et d’exclusion à la circulation des êtres humains mais aussi des informations amenant au déploiement de zone méconnues voire inaccessibles pour un nombre croissant d’individus.

Médiation·s et anthropocène

La médiation comprend la multitude de façons dont les humains interagissent avec, interprètent, et modifient leur environnement. Ainsi, les médiations incluent la manière dont les cultures, les technologies, et les systèmes économiques influencent et transforment les espaces biophysiques sur des temporalités plus ou moins longues. Par ce prisme, elle devient une lentille à travers laquelle on peut observer comment les actions humaines façonnent et sont façonnées par l’environnement, dans un échange constant et dynamique. Au cœur de ce questionnement, l’évènement anthropocène (notion contestée par les géologues) peut être défini comme le moment de prise de conscience du rôle déterminant des activités humaines dans l’accélération des transformations environnementales – changement climatique, perte de biodiversité, pollutions, et transformation des écosystèmes –. Ce contexte ouvre deux défis. Le premier est une perte des grands principes climatiques sur lesquels se sont constituées les relations entre les sociétés et leurs environnements, il en découle alors un effondrement des logiques de garantie et d’assurance basées sur des probabilités désormais dépassées. L’aléa prend désormais une dimension de plus en plus catastrophique venant nourrir les récits d’effondrement dans un contexte d’incertitude. Le second est la nécessité de faire œuvre de médiation entre les rythmes complexes des existants interagissant dans une même atmosphère, décliner cette médiation à des échelles fines, interroger les temporalités, les liens entre l’ensemble des forces en présence, pour dessiner des horizons communs que cela soit lors des grands sommets mondiaux ou encore lors des multiples catastrophes localisées. Les questions environnementales s’invitent de plus en plus structurellement dans le débat politique, entrant en interférence avec d’autres agendas politiques mais aussi économiques, conduisant souvent à des conflits de légitimité et de responsabilité. La multiplicité des combinaisons réalisées, faisant varier les échelles des problèmes, leur “nature” même, les processus de légitimation, les catégories d’acteurs, les styles de représentation ou d’autres dimensions encore, exigent que les géographes puissent faire preuve d’un degré élevé d’expertise afin d’intégrer des analyses de complexité croissante émargeant par nécessité à des spécialités extraordinairement diverses. Un tel contexte s’impose à nombre d’analyses et pose le défi d’une médiation entre des mondes cognitifs et opérationnels parfois aux antipodes les uns des autres.

Ici, pourront être discutées les nouvelles relations entretenues par des communautés face aux défis écologiques que sont les aléas climatiques (canicules, pluies diluviennes), l’effondrement de la biodiversité, l’injustice environnementale liée à une inégale et mauvaise gestion des ressource, mais aussi les modalités de prise de conscience de l’ampleur des difficultés, les actions de transmission des connaissances dans des contextes complexes de contestation des faits, mais aussi les nouvelles modalités d’organisation collective pour surmonter les défis actuels et à venir.

Médiation.s et Intelligence Artificielle, algorithmique, cybernétique

L’apparition d’une nouvelle génération d’outils particulièrement performants - et invasifs - vient redéfinir les processus d’acquisition et de traitement des données. En quelques décennies, les êtres humains sont devenus des nouveaux “cyborgs” délégant de nombreuses tâches intellectuelles à des machines et en tout premier lieu celle de l’orientation et de la circulation. Désormais, la performance des algorithmes et la puissance de calcul des machines permettent de proposer des interprétations probables et surtout d’orienter les individus dans un nombre croissant de tâches. La discipline géographique est parmi celle qui ont été au cœur de cette révolution technique. Les systèmes d’information géographique ont révolutionné et révolutionnent les quotidiens. Les métiers de géographes et la discipline en sont profondément transformés. La reconnaissance de ces médiateurs – et de leurs limites – aide les géographes à comprendre comment leurs propres perspectives et les outils qu’ils utilisent façonnent leurs interprétations de l’espace géographique. L’IA peut agir comme un médiateur hyper-efficient, capable de traiter des volumes de données inaccessibles à l’humain, de reconnaître des modèles complexes et de prendre des décisions ou des recommandations en temps réel. Dans un monde où l’information actualisée occupe une place centrale et massive dans le quotidien de milliards d’individus, les processus algorithmiques changent la donne dans un nombre croissant de domaines. Particulièrement développée par des plateformes de livraisons de plats à domicile ou de transport urbain, elle a déjà révolutionné le quotidien de nombreux urbains. Elle se diffuse désormais très rapidement dans des champs tels que l’expertise, la recherche et l’innovation. L’impact de l’IA sur la médiation est particulièrement évident dans des domaines tels que la communication, l’éducation, le design urbain et la gestion des systèmes complexes. Les villes sont ainsi au cœur de ces nouveaux processus en étant affublées elles-mêmes du qualificatif d’intelligentes. Mais il convient de mettre en perspective que ces dispositifs techniques portent avec eux les biais de leurs initiateurs, ainsi que les biais des données sur lesquelles ils sont entraînés. Ils viennent renouveler des rapports de pouvoir à même d’accroître les rapports d’injustice et d’exclusion.

Dans ce contexte, des réactions divergentes apparaissent. Nombre de scientifiques réfléchissent à leurs outils pour éviter l’hégémonie des approches mécaniques des nouvelles technologies dont les effets sont particulièrement fort sur ce qui établit l’humanité (l’affaiblissement du sens de l’orientation par exemple) mais aussi une approche de plus en plus médiée par l’interface simplifiée qui amène à une réduction des champs sensoriels et aux processus de constitution de rapport compréhensif à la réalité. En effet, la cartographie par exemple n’est pas une simple représentation de la réalité mais une construction qui comporte des choix sur ce qui est inclus ou exclu, sur la manière dont les informations sont hiérarchisées et présentées. Dès lors, il apparaît un grand retour du sensible comme base de l’intelligible et l’alliance renouvelée avec des artistes pour offrir des horizons d’analyse divergents.Ici, pourront être discutés aussi bien le développement de ces outils de médiation et leurs effets sur le quotidien spatial des individus que dans la recherche scientifique. Il sera possible de souligner les processus d’adhésion et les perspectives d’innovation offertes que les réactions d’évitement voire d’opposition à leur emprise grandissante. Il sera à la fois possible de discuter sur les méthodes scientifiques que sur les résultats obtenus. Médiation.s, reconnaissance et pluralités des modes d’existence

La médiation scientifique a accompagné les grandes transformations au nom du paradigme de la modernisation incarnée par la figure du modèle de développement. Les dispositifs de médiation sont alors au service de l’ingénierie pour construire du consentement autour du principe univoque de l’intérêt général calculé sur des critères économiques et financiers. Ces projets, décidés par une minorité d’experts aux profils particulièrement uniformes ont eu des effets délétères volontairement minorés voire ignorés. Les oppositions ou les laissés-pour-compte ont été discrédités ou rendus inaudibles. Le XXe siècle a été ainsi traversé par des tensions particulièrement fortes au sein même du monde scientifique, entre les approches performatives de la standardisation nécessaire au déploiement accéléré des réseaux et les approches critiques défendant la pluralité des alternatives. Ces dernières, bien que fondées sur un même constat de l’exclusion d’un nombre croissant de laissés-pour-compte, ont été souvent méprisées. Elles ont alors été souvent réduites à un plaidoyer à destination de situations considérées comme minoritaires même si elles interrogent des situations statistiquement majoritaires.

Dans ce contexte, la géographie dite humaine s’est déployée en portant de plus en plus attention à la diversité des expériences selon les conditions de genre, d’origine, d’âge, de capacité (physique, intellectuelle, monétaire) pour refonder des horizons de justice. Ces recherches ont permis un important travail d’identification des inégalités et de reconnaissance des marginalisations sociospatiales. Aujourd’hui, elles sont rejointes par des recherches sur une nouvelle géographie plus qu’humaine qui vise à faire émerger une polyphonie des réalités terrestres par l’analyse de la pluralité des existants, humains et non humains, mais aussi la pluralité des modes d’existence. L’entrée par le corps, illustre la multiplicité des horizons qui s’ouvrent aux géographes. Le corps est médiations, coproduit en permanence : d’une part il est à la fois objet et sujet d’une “écologie humaine” impliquant une relation systémique à son milieu de vie ainsi qu’aux micro-organismes qui y résident ; d’autre part, en tant que “fait social total” selon l’expression de Marcel Mauss, il est marqué par des normes, des codes sociaux, des cultures et des pratiques, lui conférant une dimension identitaire. Ces approches s’agrègent pour ouvrir sur la complexité des attachements fondant la condition environnementale. Elles interrogent non seulement les rapports de domination mais aussi ceux de solidarité et de coexistence entre les humains et entre humains et non humains. Elles posent aussi le débat sur la nécessité de repenser les modes d’attention et de soins. Les grands travaux géographiques historiques faisaient déjà converser éléments géologiques, atmosphériques, plantes, animaux et humains autour d’un ruisseau, d’une montagne. Désormais, de nombreux travaux contemporains renouvellent ces réflexions notamment en ayant recours à de nouvelles approches pour rendre intelligibles les relations sensibles. Ils refondent de nouvelles cartographies mais aussi de nouveaux récits permettant alors d’offrir un contrechamp aux visions dominantes.

Ici pourront être discutés divers aspects de l’interaction entre le corps humain et les micro-organismes qui le peuplent, l’incorporation (embodiment), l’intelligence, la commensalité, les relations avec d’autres espèces vivantes, les questionnements identitaires, culturels et d’appartenance sociale, le rôle du corps dans l’autonomie et l’identité humaine, avec des implications notables dans la perception de l’espace.Médiation.s, épistémologie et théorie

Se tenir au milieu pour servir d’intermédiaire entre deux réalités, et en tirer une forme d’autonomie, est une idée qui a une portée générale et très puissante, notamment quand on en envisage la dimension géographique (qu’il s’agisse des espaces ou des spatialités). La lecture systémique est ici centrale comme ensemble d’éléments en interaction. Ce qui suppose que les éléments ne sont pas plus importants que les relations entre les éléments. Cela conduit à une focalisation sur la dimension relationnelle du réel. Cette formulation radicale exprime en réalité assez bien le fondement épistémologique de travaux qui définissent leur objet via la notion de relation. On peut penser par exemple à la définition des aires d’attraction des villes (y compris au plan statistique et officiel, et in fine normatif), qui utilise pour délimiter ces dernières les relations entre communes. Mais en réalité, en cherchant bien, on retrouve des réalisations de cette base épistémologique dans des approches beaucoup moins formelles, quand par exemple l’on centre le travail de recherche sur une relation fondamentale, telle que celle entre humains et non-humains. Ainsi les médiations comme contexte épistémologique de la géographie méritent d’être mieux explorées et reconnues, notamment pour interroger la production du savoir géographique.

Ici pourront être discutés les champs théoriques et épistémologiques associés aux médiations. Les productions et les entrechocs conceptuels seront particulièrement bienvenus. Les présentations pourront être accompagnées de productions graphiques et gagneront à être étayées sur un support empirique à toutes les échelles.

Médiation.s, instruments et pratiques démocratiques

Aujourd’hui, la production scientifique est appelée à s’établir dans le nouveau contexte éthique de la science ouverte, qui explicite ses hypothèses et ses protocoles de recherche, et de la science participative, qui intègre les parties prenantes à l’ensemble des étapes de la recherche. Cette dynamique concerne et implique tout particulièrement les géographes qui entretiennent de longue date des relations privilégiées avec de nombreuses parties prenantes que cela soit des administrations, des entreprises privées ou des collectifs associatifs mais aussi de plus en plus des collectivités territoriales du fait de la diversité de leurs pratiques et de leur appétence pour une recherche en lien avec l’action. La géographie est donc aujourd’hui plutôt bien armée pour répondre pertinemment à la demande sociale de médiation, dans toute sa diversité. Elle agit comme un pont entre la théorie et la réalité, entre la planification et son exécution, et entre les différents acteurs impliqués dans l’organisation spatiale et la gestion des territoires. Dans cette perspective, il faut souligner l’injonction adressée aux scientifiques de médier leur recherche a priori, pour qu’elle soit comprise – et donc acceptée et financée – par ces parties prenantes multiples. Cette nouvelle modalité apparaît alors comme la mise en place de systèmes d’évaluation préalable à l’évaluation entre pairs établies généralement a posteriori. Si cette dynamique vient renforcer les liens étroits entre la géographie et ce qu’elle nomme le “terrain”, renforçant alors l’engagement des géographes dans des actions de recherche au contact des sociétés, et dans des situations de médiation, elle génère une pression sur la production de savoirs scientifiques, qui requiert une part de “retrait”, de délais, de mise à distance et de mise en perspective pour ouvrir les possibilités d’explication (contraire d’implication). L’événement “démocratique” qui a atteint la recherche pose donc la question des arbitrages possibles entre l’autorité conférée par la chose sue (l’argument d’autorité est au fondement du recours à l’expertise) et l’exercice de la science dans une dialogie avec la société.

Ici pourront donc être abordés des champs très variés. Il apparaît d’autant plus important de discuter sur toutes les nouvelles étapes induites par cette dynamique, leurs temporalités et leurs impacts sur la recherche.

Médiation.s, intelligence spatiale, intelligence géographique

Trois composantes sont particulièrement embrassées ici :

  • L’enseignement
  • Les géographes “professionnels” (géographes hors du monde universitaire) : conseil, ingénierie, cartographie (cf. les types de géographes du papier Profession géographe)
  • Intelligences (théorie, expertise, méthodes, données). Question de la technologie (au sens très général, incluant l’enseignement)

Les géographes s’inscrivent aussi dans un continuum complexe allant de la production de savoirs scientifiques à la production de savoirs scolaires mais aussi de savoirs professionnels. Cette dynamique a la particularité désormais d’être à la fois au fondement d’une culture commune à même de comprendre les grandes dynamiques planétaires mais aussi de s’incarne très localement sur la possible discussion d’objets aussi singulier que des plans d’aménagements et d’urbanisme dont les codes (carte légendée) et les outils (Géoportail) sont présentés aux enfants dès le plus jeune âge. Il semble donc nécessaire d’interroger la circulation de ces savoirs, leurs supports, leurs pédagogies, leurs méthodes entre les sphères académiques, professionnelles, didactiques mais aussi civiques.

Dans une perspective plus générale, les médiations géographiques de la géographie, avec la géographie et in fine dans la géographie s’opèrent par tout l’écheveau de liens qui unissent le monde des idées (la recherche notamment) et le monde de l’action, via la technologie et ce qu’on peut appeler des “intelligences”. Ce sont particulièrement ces aspects qui pourront être abordés ici.

Modalités de soumission

Les propositions sont soumises uniquement via la plateforme mediation-s.sciencesconf.org en suivant le lien : Soumission d’une proposition 

avant le 30 juin 2024

  • Les propositions de contributions peuvent être faites sous la forme de : Communications individuelles ou collectives
  • Table-rondes ou propositions de participation à une table ronde
  • Posters
  • Présentation de tout autre document ou production artistique (vidéo, audio, etc.).

Une attention particulière sera portée à la capacité de la proposition à contribuer à la définition du concept de médiation et à sa mobilisation dans le champ de la géographie. La proposition devra discuter un ou plusieurs contextes définis dans l’appel à communication.

Calendrier

  • 30 juin 2024 : dernier délai d’envoi des propositions
  • 30 septembre 2024 : réponse du comité scientifique après sélection des propositions
  • 15 décembre 2024 : pour les propositions sélectionnées, envoi d’une version écrite de la communication

Un processus éditorial est prévu à la suite du colloque.

Comité scientifique

  • Alexandra Baudinault, Sorbonne Université
  • Nicolas Baumert, Université de Nagoya
  • Xavier Bernier, Sorbonne Université
  • François Bétard, Sorbonne Université
  • Sophie Blanchard, Université Paris Est Créteil
  • Eléa Boënnec, Sorbonne Université
  • Sarah Bortolamiol, CNRS Paris
  • Philippe Boulanger, Sorbonne Université
  • Sylvaine Boulanger, Sorbonne Université
  • Florence Brondeau, Sorbonne Université
  • Thibault Carcano, Sorbonne Université
  • Alain Cariou, Sorbonne Université
  • Irène Carpentier, CIRAD, Tunis
  • Amaël Cattaruzza, Université Paris 8
  • Pierre-Marie Chauvin, Sorbonne Université
  • Armelle Choplin, Université de Genève
  • Marianne Cohen, Sorbonne Université
  • Xavier Desjardins, Sorbonne Université
  • Stéphane Desruelles, Sorbonne Université
  • Hadrien Dubucs, Sorbonne Université
  • Philippe Duhamel, Université Angers
  • Catherine Fournet-Guérin, Sorbonne Université
  • Virginia Garcia-Acosta, CIESAS, Mexico
  • Sabine Girard, INRAE, Université Grenoble Alpes
  • David Goeury, Sorbonne Université
  • Delphine Gramond, Sorbonne Université
  • Anouar Hechmi, Sorbonne Université
  • Violaine Jolivet, Université de Montréal
  • Maliheh Hashemi Tilenoi, Sorbonne Université
  • Sylvie Joublot-Ferre, Université du Québec à Montréal
  • Régis Keerle, Université Rennes 2
  • Lilia Khelifi, Sorbonne Université
  • Aude Le Gallou, Université de Genève
  • Gaelle Lacaze, Sorbonne Université
  • Caroline Leininger-Frézal, Université Paris Cité
  • Maciej Nowak, Université de Poznań
  • Marie-Alix Molinié Andlauer, Sorbonne Université
  • Lucas Marolleau, Sorbonne Université
  • Charles Marques, Sorbonne Université
  • Anne-Cécile Mermet, Sorbonne Université
  • Olivier Milhaud, Sorbonne Université
  • Marie-Alix Molinié-Andlauer, Sorbonne Université
  • Lionel Pancrazio, Sorbonne Université
  • Luca Pattaroni, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
  • Patrick Pigeon, Université Savoie Mont-Blanc
  • Patrick Poncet, Sorbonne Université
  • Camille Schmoll, EHESS, Paris
  • Francesco Torrisi, Sorbonne Université
  • Laurent Viala, Ecole d’Architecture de Montpellier

Kategorien

Orte

  • Site des Cordeliers de Sorbonne Université, - 15 rue de l'École de médecine
    Paris, Frankreich (75006)

Veranstaltungsformat

Veranstaltung vor Ort


Daten

  • Sonntag, 30. Juni 2024

Schlüsselwörter

  • médiation, géographie, mondialité, anthropocène, intelligence artificielle, intelligence spatiale, intelligence géographique, démocratie, reconnaissance, pluralité, épistémologie, théorie

Informationsquelle

  • David Goeury
    courriel : david [dot] goeury [at] gmail [dot] com

Lizenz

CC0-1.0 Diese Anzeige wird unter den Bedingungen der Creative Commons CC0 1.0 Universell .

Zitierhinweise

« Médiation·s », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Dienstag, 21. Mai 2024, https://doi.org/10.58079/11otp

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