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People and Places

Who Cares ? Psychiatry in the English-speaking world

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Publié le mercredi 22 mai 2024

Résumé

« Who cares ? » est un groupe de chercheuses nouvellement constitué au sein du département d’études anglophones de l’Université Paris Nanterre. Nous travaillons sur l’histoire de la psychiatrie dans le monde anglophone et souhaitons encourager les échanges sur ce sujet et en développer la dimension internationale. Notre objectif est également de favoriser l’émergence de liens et de comparaisons entre les perspectives historiques sur la psychiatrie telles qu’elles existent dans les aires francophone et anglophone. Ce colloque international accueillera  toutes les contributions qui, dans une approche historique de la psychiatrie et plus généralement du traitement de la maladie mentale, porteront sur la question « People and Places » du Moyen-Âge à la fin du XXe siècle dans les pays anglophones.

Annonce

Colloque international 

Université Paris Nanterre

6-7 février 2025

Argumentaire

Who Cares ? De la psychiatrie dans l’aire anglophone est un groupe de chercheuses nouvellement constitué au sein du département d’études anglophones de l’Université Paris Nanterre, affilié au CREA EA 370.

Nous travaillons sur l’histoire de la psychiatrie dans le monde anglophone et souhaitons encourager les échanges sur ce sujet et en développer la dimension internationale. Notre objectif est également de favoriser l’émergence de liens et de comparaisons entre les perspectives historiques sur la psychiatrie telles qu’elles existent dans les aires francophone et anglophone. 

Dans le cadre de notre projet, nous organisons notre première conférence internationale sur l’histoire de la psychiatrie dans le monde anglophone, à l’Université de Paris Nanterre. Elle portera spécifiquement sur le thème « People and places » (6-7 février 2025) et inaugurera une série de trois : « People and places » (6-7 février 2025), « Theories and policies » (février 2026) et « Circulations and transfers » (février 2027).

L’histoire de la psychiatrie est caractérisée par l’étendue de son champ disciplinaire, que Jan Goldstein attribuait à la nature même de la psychiatrie, discipline ancienne qui curieusement « manquerait de la stabilité que l’âge confère en général ». Si cette histoire a d’abord été écrite par des psychiatres et des professionnels de la santé (les plus connus étant Ida Macalpine et Richard Hunter), depuis les années 1970-1980 elle fait également l’objet d’un intérêt croissant de la part des spécialistes d’histoire sociale, culturelle et intellectuelle, ainsi que des historiens des sciences et de la médecine.

Le terme « psychiatrie » doit être entendu dans son acception la plus large, tel que défini par l’historien Roy Porter : une discipline « vieille comme le monde si on la considère comme un terme générique désignant toute tentative de secourir les esprits atteints par la maladie ». Cette approche est en parfaite adéquation avec la définition qu’en propose l’Oxford English Dictionary, qui décrit la psychiatrie comme la « branche de la médecine s’intéressant aux causes, au diagnostic, au traitement et à la prévention des maladies mentales ». Bien que le terme « psychiatre » ait été utilisé en français dès 1802, le mot psychiatrist n’est apparu que bien plus tard dans la langue anglaise, en 1875, alors que celui de psychiatry semble être utilisé depuis 1846. Ces usages asynchrones ne signifient pas pour autant que l’expression « histoire de la psychiatrie » ne doive s’appliquer qu’à partir du 19e siècle, et son emploi est pleinement justifié dans toute recherche historique portant sur le traitement et la prise en charge des malades mentaux. Le cas de Bedlam à Londres, fondé en 1247 en tant que monastère, puis transformé en hôpital et considéré aujourd’hui encore comme le plus ancien « hôpital psychiatrique » au monde, est une illustration parfaite de l’existence de pratiques psychiatriques avant même que le terme n’ait été inventé. 

Au-delà d’un simple jeu de mots, la polysémie du titre de notre projet Who cares ? pose la question de l’attention portée au patient dans la relation thérapeutique, ou de la négligence de ce dernier par le soignant. Porteuse du sentiment d’incompréhension, de mépris ou d’indifférence que le patient peut parfois ressentir au cours de la thérapie, elle met en évidence le décalage entre la perspective du médecin, souvent centrée sur la pathologie, et l’expérience subjective du patient. D’autre part, en interrogeant la notion même de soin, elle évoque également l’échec possible des soignants dans leur prise en charge de certains aspects de la maladie, jugés secondaires ou négligeables. Elle interroge également l’attention accordée aux malades mentaux et le respect (ou le manque de respect) dont ils font l’objet de la part du grand public, attitude intimement liée aux perceptions et aux mentalités d’une société donnée à une époque donnée, ce qui en fait un véritable enjeu social et historique. La question « Who cares ? » conduit par ailleurs à réfléchir à la place, au rôle et à la reconnaissance de l’histoire de la psychiatrie dans le champ plus large de l’histoire sociale et politique du monde anglophone.

Le lieu de prise en charge de la maladie mentale, dans son sens littéral mais aussi métaphorique, ainsi que le rôle des personnes impliquées dans les soins aux malades mentaux (qu’il s’agisse des patients eux-mêmes, de leurs familles, des médecins, des soignants ou des communautés locales), ont fait l’objet de recherches et d’études d’une grande variété. Dans la continuité des travaux fondateurs de Gerald Grob, des chercheurs comme Kathleen Jones, Andrew Scull, Roger Smith, Jonathan Andrews ou Peter Bartlett ont ancré leurs études sur les institutions psychiatriques dans l’histoire institutionnelle, sociale et politique. Des générations d’historiens ont considérablement enrichi leur approche des lieux de soins en psychiatrie par la prise en compte de facteurs tels que le genre, l’appartenance ethnique et/ou la colonisation (par exemple Elaine Showalter, Joan Busfield, Hilary Marland, Catharine Coleborne, Angela McCarthy, Leonard Smith, Waltraud Ernst, Dinesh Bhugra, Roland Littlewood). Sous l’influence majeure de Roy Porter dans les années 1970-1980, l’historiographie de la maladie mentale a également tenté de décentrer l’histoire des maladies mentales en prenant en compte non plus le cadre des institutions psychiatriques mais celui des communautés mêmes, et ce à une époque de désinstitutionalisation grandissante (Akihito Suzuki, Peter Bartlett, David Wright, Rob Ellis). Cette tendance s’est poursuivie ces dernières années, notamment avec l’essor de la microhistoire qui s’intéresse aux expériences individuelles de la maladie mentale, que ce soit dans le cadre familial ou institutionnel, les historiens s’attachant, par des approches diverses, à donner une voix aux patients comme Porter les y incitait (Jonathan Andrews, Rob Ellis, Leonard Smith, Rory du Plessis, Jane Hamlett).

Au début des années 2000, le « tournant spatial » (spatial turn) a donné lieu à des travaux portant spécifiquement sur la question du soin en institutions ou en dehors et qui étudient en profondeur le langage géographique convoqué dans l’analyse de l’histoire des maladies mentales (Chris Philo). Dans l’historiographie récente, les études transnationales ouvrent également de nouvelles voies de recherche en histoire de la psychiatrie (Waltraud Ernst, Thomas Mueller).

Ce colloque international, qui se tiendra à l’Université Paris Nanterre les 6 et 7 février 2025, accueillera donc toutes les contributions qui, dans une approche historique de la psychiatrie et plus généralement du traitement de la maladie mentale, porteront sur la question People and Places du Moyen-Âge à la fin du XXe siècle dans les pays anglophones.

Les thématiques suivantes pourront être abordées : 

  • Études des lieux et des espaces thérapeutiques (institutions privées/publiques, familles, soins de proximité)
  • Études historiques des patients en psychiatrie et de leurs relations avec leur lieu de soins/confinement
  • Activités individuelles et collectives au sein de l’institution 
  • L’art à l’hôpital 
  • Classification nosographique / Désignation des patients et des lieux de soins
  • Institutionnalisation / démantèlement des hôpitaux psychiatriques ou désinstitutionnalisation 
  • Mouvement des communautés thérapeutiques (années 1960)
  • Pratique du soin dans la communauté (années 1980)
  • Le rôle des soignants dans des lieux spécifiques
  • L’importance de la localisation, de l’architecture, de la géographie spécifiques dans la détermination / le choix / la mise en place des soins
  • Circulation des patients/ des soignants 
  • Approches historiographiques des personnes et des lieux en rapport avec les questions de santé mentale.

Modalités de soumission

Nous vous invitons à soumettre vos propositions sur « People and places »

avant le 30 juin 2024.

Les propositions de communication (pour des présentations de 20 minutes), rédigées en anglais (environ 250 mots) et accompagnées d’une courte notice biographique dans un document Word unique, doivent être envoyées à l’adresse suivante :  whocaresconference@gmail.com

Veuillez noter que les interventions se feront uniquement en présentiel et en anglais.

Comité d’organisation

Cécile Birks, Claire Deligny, Laurence Dubois (Observatoire de l’aire britannique), Elisabeth Fauquert (Politiques américaines) and Laetitia Sansonetti (Confluences)

Bibliographie sélective

  • ALLEN, David (ed.) . Les carnets asilaires : James Frame. Une figure oubliée de la psychothérapie institutionnelle écossaise. Paris : Editions Nouvelles du Champ Lacanien, 2024
  • ANDREWS, Jonathan, DIGBY, Anne. Sex and Seclusion, Class and Custody: Perspectives on Gender and Class in the History of British and Irish Psychiatry. Amsterdam, New York: Rodopi, 2004
  • BARTLETT, Peter. The Poor Law of Lunacy: The Administration of Pauper Lunatics in Mid-Nineteenth Century England. London: Leicester University Press, 1999
  • BHUGRA, Dinesh, RANJITH, Gopinath, PATEL, Vikram (ed.). Handbook of Psychiatry: A South Asian perspective. Turnbridge Wells, Kent: Anshan Limited, 2005.
  • COLEBORNE, Catharine. Insanity, Identity and Empire. Immigrants and institutional confinement in Australia and New Zealand, 1873-1910. Manchester: Manchester University Press, 2015
  • COX, Catherine, MARLAND, Hilary. Disorder contained: mental breakdown and the modern prison in England and Ireland, 1840-1900. Cambridge: Cambridge University Press, 2022
  • DELIGNY, Claire. “Le modèle asilaire : applications et limites dans les asiles de Lancaster, Prestwich et Rainhill, (c. 1845-1880).” Revue de la Société française d’histoire des hôpitaux, 2021, 166, pp.54-61
  • DUBOIS, Laurence. L’Asile de Hanwell : un modèle utopique dans l’histoire de la psychiatrie anglaise. Paris : Presses Sorbonne Nouvelle, 2017
  • DU PLESSIS, Rory. Pathways of Patients at the Grahamstown Lunatic Asylum, 1890 to 1907. Pretoria: Pretoria University Law Press, 2020
  • EDWARDS-GROSSI, Elodie. Mad with Freedom. The Political Economy of Blackness, Insanity, and Civil Rights in the U.S. South, 1840–1940. Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2022
  • ELLIS, Rob. London and its Asylums, 1888-1914, Politics and Madness, Palgrave: London, 2020.
  • ELLIS, Rob, KENDAL, Sarah, TAYLOR, Steven J. (ed.). Voices in the History of Madness. Personal and Professional Perspectives on Mental Health and Illness. London: Palgrave Macmillan, 2021
  • ERNST, Waltraud. Colonialism and Transnational Psychiatry:The Development of an Indian Mental Hospital in British India, c. 1925–1940, London: Anthem Press, 2013
  • ERNST, Waltraud, MUELLER, Thomas (ed.), Transnational Psychiatries: Social and Cultural Histories of Psychiatry in Comparative Perspective c. 1800-2000, London: Cambridge Scholars Publishing, 2010
  • GOLDSTEIN, Jan. “Psychiatry”, in Bynum and Porter, eds., Companion Encyclopedia of the History of Medicine, Vol II, London: Routledge, 1993, p. 1368
  • GOLDSTEIN, Jan. The Post-Revolutionary Self. Politics and Psyche in France, 1750-1850, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2005
  • GROB, Gerald N.  The Mad among Us: a History of the Care of America’s Mentally Ill. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1994
  • HAMLETT, Jane. At Home in the Institution: Material Life in Asylums, Lodging Houses and Schools in Victorian and Edwardian England. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2015
  • HUNTER, Richard A., Mac ALPINE, Ida. Three Hundred Years of Psychiatry 1535- 1860: a History Presented in Selected English Texts. Oxford: Oxford University Press, 1963
  • JONES, Kathleen. Lunacy, Law and Conscience, 1744-1845: The Social History of the Care of the Insane (1955). Londres: Routledge, 1998
  • JONES, Kathleen. Mental Health and Social Policy, 1845-1959 (1960). London: Routledge, 1998
  • LE BRAS, Anatole. Aliénés. Une histoire sociale de la folie au XIXe siècle. Paris : CNRS Éditions, 2024
  • LITTLEWOOD, Roland, LIPSEGE, Maurice. Aliens and Alienists: Ethnic Minorities and Psychiatry, revised edition (1989). London, Routledge, 2005
  • MARIN, Claire. “Who cares ?  L’attention au malade dans la relation thérapeutique”, in La Philosophie du soin (2010), pp. 127-140
  • MARLAND, Hilary. Dangerous Motherhood: Insanity and Childbirth in Victorian Britain. Basingstoke, U.K.: Palgrave Macmillan, 2004.
  • McCARTHY, Angela, COLEBORNE, Catharine (ed.) Migration, Ethnicity, and Mental Health International Perspectives, 1840-2010. London: Routledge, 2012
  • McCRAE, Niall, NOLAN, Peter. The Story of Nursing in British Mental Hospitals: Echoes from the Corridors. London & New York: Routledge, Taylor & Francis Group, 2016
  • MELLING, Joseph and FORSYTHE, Bill (eds.), Insanity, institutions, and  society, 1800-1914. London: Routledge, 1999
  • PHILO, Chris. “‘Fit localities for an asylum’: the historical geography of the nineteenth-century ‘mad-business’ in England as viewed through the pages of the Asylum Journal.” Journal of Historical Geography, 1987, vol. 13, n° 4, pp. 398-415
  • PHILO, Chris. A Geographical History of Institutional Provision for the Insane from Medieval Times to the 1860s in England and Wales. Lewiston: Edward Mellen Press, 2004
  • PORTER, Roy. Mind-Forg’d Manacles. A History of Madness in England from the restoration to the Regency (1987). London : Penguin, 1990
  • PORTER, Roy. “History of psychiatry in Britain.”History of Psychiatry, September 1991, n° 2, pp. 271-279
  • PORTER, Roy. Madness: A brief History. Oxford: Oxford University Press, 2002
  • SCULL, Andrew.  “Psychiatry and social control in the nineteenth and twentieth centuries”. History of Psychiatry, June 1991, n° 2, pp. 149-169
  • SCULL, Andrew. The Most Solitary of Afflictions: Madness and Society in Britain, 1700-1900. New Haven, London: Yale University Press, 1993
  • SCULL, Andrew. The Insanity of Place/The Place of Insanity: Essays on the History of Psychiatry. Londres : Routledge, 2006
  • SCULL, Andrew. Madness: A Very Short Introduction. Oxford: Oxford University Press, 2011
  • SHEPHARD, Ben. A War of Nerves. London: Jonathan Cape, 2000
  • SHORTER, Edward. A History of Psychiatry: From the Age of the Asylum to the Age of Prozac. New York: John Wiley, 1997
  • SHOWALTER, Elaine. The Female Malady. Women, Madness and English Culture,  1830-1980. London: Virago Press, 1987
  • SMITH, Leonard. Insanity, Race and Colonialism: Managing Mental Disorder in the Post-Emancipation British Caribbean, 1838-1914. Basingstoke, UK: Palgrave Macmillan, 2014
  • SMITH, Leonard. Private Madhouses in England, 1640–1815. Commercialised care for the Insane. London:  Palgrave Macmillan, 2020
  • SMITH, Roger. Trial by Medicine: Insanity and Responsibility in Victorian Trials. Edinburgh: Edinburgh University Press, 1981
  • SUZUKI, Akihito. Madness at Home: the Psychiatrist, the Patient and the Family in England, 1820-1860. Berkeley, London: University of California Press, 2006
  • SZASZ, Thomas. Coercion as Cure: A Critical History of Psychiatry. New Brunswick, New Jersey: Transaction Publishers, 2007
  • TAYLOR, Barbara. “The demise of the asylum in late twentieth-century Britain : a personal history”. Transactions of the Royal Historical Society, December 2011, vol. 21, pp. 193-215
  • TAYLOR, Barbara. The Last Asylum: A Memoir of Madness in our Times. London: Penguin Books, 2015

Lieux

  • Université Paris Nanterre - Campus - Bâtiment Weber - 200 Avenue de la République
    Nanterre, France (92)

Format de l'événement

Événement uniquement sur site


Dates

  • jeudi 06 février 2025

Mots-clés

  • history; psychiatry; social history; institutions

Contacts

  • Adresse générale Who cares
    courriel : whocaresconference [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Claire Deligny
    courriel : c [dot] deligny [at] parisnanterre [dot] fr

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« People and Places », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 22 mai 2024, https://doi.org/10.58079/11pe5

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