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Le plateau arménien, terre ancestrale de la vitiviniculture

Le vin comme élément de la communication interculturelle aux carrefours des sciences

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Published on Thursday, June 06, 2024

Abstract

En raison de sa signification aux multiples facettes, le vin fait aujourd’hui l’objet d’études dans différents domaines disciplines. La viticulture, avec son importance en termes de valeur, est étudiée dans le champ de diverses disciplines : géologie, archéologie, histoire, arts, littérature, linguistique, sémiologie, ainsi que l’économie, le droit et d’autres domaines scientifiques. Ce colloque interdisciplinaire vise à réunir des spécialistes de différents domaines – archéologie, histoire, linguistique, sémiologie, littérature, art, architecture, économie, droit, marketing – autour de la même thématique pour éclairer les problématiques de communication interculturelle à la fois nationale et universelle.

Announcement

Colloque international pluridisciplinaire 29-30-31 octobre 2024, Erevan

29/10/2024 – Université d’État d’Erevan (ouverture)

30/10/2024 – «Armenia Wine» company / Musée de l’histoire du vin

31/10/2024 – Matenadaran, Institut de recherche sur les manuscrits anciens (clôture)

Argumentaire

Le vin est tellement mêlé au patrimoine historique et culturel de l’humanité et, en termes d’usages, il est tellement enraciné dans la mémoire universelle qu’il a acquis une signification archétypale. D’après Carl Jung, l’archétype signifie la reproduction subconsciente du modèle initial, de la matière qui façonne a priori l’activité de l’imagination. Il se manifeste à travers les traditions et les croyances, les œuvres littéraires et les œuvres d’art. Le vin apparaît dans le subconscient universel de l’humanité sous la forme de modèles mystiques ou de thèmes universels, et peut être divisé en plusieurs sous-classes archétypales. Des archétypes de glorification, de célébration, de création, de libération des inhibitions, de créativité, d’abondance, de fertilité, de transformation et d’autres encore peuvent être associés au vin. Depuis l’Antiquité, le vin a également joué un rôle cérémonial, aussi bien dans le domaine laïc que religieux étant associé à des rituels religieux et des symboles de purification, de communion ou de transcendance.

En raison de sa signification aux multiples facettes, le vin fait aujourd’hui l’objet d’études dans différents domaines disciplines. La viticulture, avec son importance en termes de valeur, est étudiée dans le champ de diverses disciplines : géologie, archéologie, histoire, arts, littérature, linguistique, sémiologie, ainsi que l’économie, le droit et d’autres domaines scientifiques.

Dans les perceptions spirituelles arméniennes, le vin et la vigne représentent aussi des valeurs uniques. Les plus anciens artéfacts qui témoignent de l’utilisation de la vigne datent de la première moitié du VIe millénaire avant J.-C. (site néolithique d’Aratashen). Les plus récentes découvertes archéologiques dans la grotte Areni-1 (région de Vayots Dzor) apportent des preuves tangibles relatives à la culture du vin vieille de 6 100 ans.

Le haut niveau de développement de la culture vinicole dans les aires de peuplement des Arméniens a été attesté depuis des temps immémoriaux par de nombreuses sources cunéiformes locales et étrangères. Les fouilles systématiques des capitales de l’Arménie « hellénistique » (IVe siècle avant J.-C. – IVe siècle de notre ère) apportent un éclairage nouveau sur le haut niveau de la vitiviniculture de ces contrées. Tout cela est complété par les témoignages précieux d’historiens arméniens et gréco-romains comme Khorenatsi, Buzand, Xénophon, Hérodote, Strabon et bien d’autres.

La viticulture et la viniculture ont connu un fort développement au Moyen Âge. Les inscriptions lithographiques découvertes sur les frontons des complexes monastiques médiévaux avancés représentent des sources inestimables sur la culture du vin de l’époque, notamment en ce qui concerne les vignobles, les règlements et les lois les concernant.

L’histoire millénaire de la viticulture en Arménie et ailleurs a laissé des traces abondantes dans l’architecture aussi bien religieuse que civile (bas-reliefs, mosaïques, etc.), et ce jusqu’à nos jours. Des objets de l’industrie artisanale, d’usage courant et pour les besoins ménagers (jarres, amphores, coupes, rhytons, etc.) sont découverts pratiquement sur tous les sites archéologiques connus. La thématique du vin et de la viticulture se retrouve aussi dans de nombreuses œuvres d’art. À cet égard, il est intéressant d’étudier les points communs existants, d’en discuter sous l’angle des valeurs universelles et, en parallèle, d’étudier les caractéristiques conditionnées par des facteurs géopolitiques.

L’approche sémiologique considère le vin comme un système de signes et de symboles qui portent des significations culturelles, sociales et individuelles. La sémiologie s’intéresse aux façons dont les symboles et les signes sont utilisés pour communiquer et créer du sens. De même, le contexte socioculturel dans lequel le vin est utilisé et consommé est pris en compte dans la sémiologie. Les significations et connotations attribuées ou associées au vin peuvent varier selon les sociétés, les époques et contextes culturels différents. Dans ce sens, il est intéressant d’étudier comment le vin fonctionne en tant que système de signes complexe et comment il participe à la construction de la culture et de l’identité dans une société donnée.

Ces approches jouent également un rôle important dans l’image, la présentation iconographique du vin, qui est un facteur important en économie en ce qui concerne le marketing, la création de publicités, etc. Les images de vignobles, de verres de vin, de tonneaux, etc., peuvent être considérées comme des signes qui évoquent des connotations spécifiques liées au vin. Les rituels et les pratiques associés au vin, tels que les cérémonies de dégustation, les mariages, les fêtes et les célébrations, peuvent aussi être analysés comme des systèmes de signes qui véhiculent des significations sociales et symboliques particulières.

L’approche linguistique est également étroitement liée aux études sémiotiques du concept de vin. La linguistique étudie non seulement l’origine des termes liés au vin et à la viniculture, les nouveaux concepts qui s’y rapportent, qui sont créés et évoluent parallèlement à la vie sociale, mais aussi les problèmes lexicaux et leurs équivalents dans différentes langues. L’utilisation du mot « vin » dans les proverbes et les dictons présente, sans aucun doute, un certain intérêt. Dans ce contexte, il est intéressant d’étudier si le même système sémiologique opère dans telle ou telle langue. Les études parémiologiques liées au vin pourraient aussi élucider les significations culturelles et sociales en ce qui le concerne. Quelles sont les approches linguistiques universelles et quelles sont les raisons des écarts et des différences qui existent certainement dans les différentes langues ?

Le vin est une source d’inspiration pour les écrivains et les poètes depuis des millénaires. De l’Antiquité, de l’Épopée de Gilgamesh, de la poésie de Baudelaire à la littérature moderne, il a inspiré des chefs-d’œuvre. Dans les œuvres d’Homère, le vin est considéré comme une offrande envoyée par les dieux, tandis que Platon, dans ses dialogues, souligne qu’il constitue un élément indispensable dans les discussions philosophiques. De nombreuses odes artistiques ont été dédiées au vin. Il a été utilisé dans la littérature comme métaphore et symbole de l’amour, de la passion, de la libération des inhibitions, de la mort et de la destruction, de l’esprit qui transforme la réalité. Les contradictions de la nature humaine ont souvent été analysées à travers le vin, en particulier, et l’ivresse, en général. Un certain nombre d’écrivains et d’artistes ont effectivement abusé du vin, ce qui permet de s’interroger sur l’impact d’un tel mode de vie sur leurs écrits. Le thème du vin est également revisité aujourd’hui dans les supports d’expression artistiques modernes (bandes dessinées, mangas), ainsi que dans les feuilletons.

Le vin peut être utilisé pour exprimer des contradictions et des tensions, peut symboliser l’ivresse et la sobriété, la camaraderie et la solitude, la création et la destruction. Ainsi, les rapports ambivalents avec le vin ont toujours suscité des fantasmes et des interprétations diverses. Tout cela s’est matérialisé dans des études différentes, notamment médicales, mais aussi dans la publicité.

Il va de soi que le thème du vin a été largement utilisé dans la musique aussi bien populaire que classique. La présence des airs à boire dans l’opéra, les scènes où l’on boit dans le cinéma sont souvent des moments culminants qui dénouent les nœuds en révélant les secrets ou en conciliant les protagonistes. L’impact peut être transcendant et concerner également l’exécution musicale, notamment dans la musique vocale. De ces points de vue, il sera intéressant d’entendre les analyses des musicologues.

Le vin est une industrie extrêmement compétitive en termes de ventes qui voit également surgir de nouveaux consommateurs. Dans ce cadre, l’étude de l’évolution du marché du vin est importante, et elle peut prendre en compte les divers enjeux commerciaux du vin entre les grands pays producteurs, d’une part, et les nouvelles régions viticoles ou avec d’anciennes traditions vitivinicoles mais peu connues sur le marché mondial (notamment ceux se situant dans la zone de la CEI), de l’autre. Une approche diachronique du commerce du vin permettra de faire des liens avec la période plus récente afin de suivre les similitudes des pratiques, les enjeux des exportations et importations, etc. L’impact des facteurs politiques sur le commerce du vin via des sanctions imposées à des pays producteurs sera un autre élément intéressant à considérer, de même que l’émergence d’une économie du vin, où la labellisation et les guides des vins sont susceptibles d’influencer le prix des grands crus.

Depuis les années 1970-80, les liens entre terroir et commerce du vin ont été renforcés par le lancement de l’œnotourisme. Les pays développés tout comme les pays émergents se sont lancés dans le tourbillon des « Routes des vins », ce qui permet non seulement de découvrir les productions vinicoles, les caves et les terroirs mais aussi les patrimoines matériels et naturels des régions de passage, apportant ainsi sa contribution au développement durable. À l’heure actuelle, dans quelle mesure l’œnotourisme renforce-t-il les circuits commerciaux, fidélise-t-il la clientèle et contribue-t-il au développement du tourisme régional et des territoires de passage des itinéraires en général ? Une telle perspective peut-elle engendrer des conflits d’intérêt, aussi avec des dessous politiques, entre différentes communautés, régions et États de passage ? Dans quelle mesure la promotion de l’œnotourisme impacte-t-elle la consommation du vin quand la plupart des États luttent contre la consommation excessive des boissons alcoolisées en général.

Il serait également pertinent d’analyser comment les défis climatiques, les contraintes socio-économiques et l’évolution des représentations sur le local, le terroir et le bio, impactent le secteur du vin et le commerce international entre les pays. La labellisation, une stratégie de valorisation des produits vinicoles, est aussi à prendre en compte.

Au plan juridique, l’exploitation des vignes et le commerce du vin soulèvent de nombreuses questions, notamment en droit de la propriété immobilière, des successions, de la propriété intellectuelle, de la consommation et plus particulièrement en droit de la concurrence. La vente du vin est soumise à des règlementations particulières selon les pays, qui sont complétées par les décisions de la jurisprudence.

L’apparition de nouveaux vignobles dans des pays qui ne sont pas traditionnellement viticoles soulève un certain nombre de questions. On se demande d’abord si ce nouveau phénomène est lié au réchauffement climatique, mais aussi pourquoi ce phénomène semble plus important dans une région que dans l’autre. Dans quels contextes politiques et historiques la viticulture a-t-elle pris son élan dans différentes régions du monde ? Enfin, comment la structure géologique – la composition des terres, la présence de roches calcaires et volcaniques, etc. – influence la culture de la vigne ? Ainsi, l’impact géologique des sols de différentes régions sur la production du vin peut être naturellement questionné.

Ce colloque interdisciplinaire vise à réunir des spécialistes de différents domaines – archéologie, histoire, linguistique, sémiologie, littérature, art, architecture, économie, droit, marketing – autour de la même thématique pour éclairer les problématiques de communication interculturelle à la fois nationale et universelle.

Axes principaux

  1. La portée symbolique de la vigne et du vin
  2. La culture vinicole sur le Plateau arménien
  3. Le vin et la spiritualité
  4. La sémiologie du vin
  5. Le vin dans les études linguistiques
  6. Les présentations iconographiques du vin
  7. Les représentations lexico-culturelles de la vigne et du vin
  8. Le vin comme source d’inspiration artistique
  9. L’éthique de l’usage du vin
  10. Les enjeux contemporains de l’œnotourisme
  11. Les enjeux commerciaux de l’économie du vin à l’époque actuelle
  12. Les anciennes régions viticoles versus les nouvelles

Contacts

  • Garik Galstyan : garik.galstyan@univ-lille.fr
  • Gayane Sargsyan : g.sargsyan@ysu.am
  • Taguhi Blbulyan : taguhib@yahoo.fr
  • Hayk Gyulamiryan : gyulamiryan@gmail.com

Modalités de soumission

Les propositions de communication de 300 mots, en français et en anglais, accompagnées d’un CV succinct (150 mots max.) de l’auteur de la communication, seront envoyées

au plus tard le 25 juin 2024 :

  • pour les participants étrangers : à Garik Galstyan (galstyan@univ-lille.fr),
  • pour les participants arméniens : à Gayane Sargsyan (sargsyan@ysu.am), Hayk Gyulamiryan (gyulamiryan@gmail.com), Taguhi Blbulyan (taguhib@yahoo.fr).
  • Copie à : colloques.recherche.innovation@gmail.com

Le comité scientifique communiquera l’acceptation des propositions sélectionnées avant le 15 jullet 2024. Les participants pourront alors s’inscrire avant le 15 septembre 2024.

La langue de travail principale est le français. Les communications en anglais ou en arménien peuvent également être acceptées.

Frais de participation

La participation est à hauteur de 100 EUR qui couvre les frais d’inscription et de publication d’une sélection de communications.

Les frais de déplacement et de séjour sont à la charge des participants.

 Comité d’organisation

  • Gevorg BARSEGHYAN, Université d’État d’Erevan
  • Liana BAGHDASARYAN, Université d’État d’Erevan
  • Taguhi BLBULYAN, Université d’État d’Erevan
  • Garik GALSTYAN, Université de Lille
  • Ruzanna GHALTAKHCHYAN, Campus numérique arménien de Francophonie (AUF)
  • Hayk GYULAMIRYAN, Institut d’archéologie de l’ANS de la RA, musée de l’Histoire du vin
  • Narine HARUTYUNYAN, Université d’État d’Erevan
  • Karolina KHACHATRYAN, Université d’État d’Erevan
  • Armen MKRTCHYAN, Institut de recherche sur les manuscrits anciens « Matenadaran »
  • Guillaume NARJOLLET, Ambassade de France en Arménie/Institut français en Arménie
  • Gayane SARGSYAN, Université d’État d’Erevan
  • Kristine VARDANYAN, Armenia Wine Company

 Comité scientifique

  • Gurgen AYRAPETOV, Université d’État de Pyatigorsk (Russie)
  • Gevorg BARSEGHYAN, Université d’État d’Erevan (Arménie)
  • Yasmine BARSOUM, Université française d’Égypte (Égypte)
  • Taguhi BLBULYAN, Université d’État d’Erevan (Arménie)
  • Stéphane CERMAKIAN, Aix-Marseille Université (France)
  • Louise DALINGWATER, Sorbonne Université (France)
  • Taniel DANELIAN, Université de Lille (France)
  • Ileana EIBEN, Université de l’Ouest de Timişoara (Roumanie)
  • Alice FABRE, Aix-Marseille Université (France)
  • Boris GAINA, Académie des Sciences de Moldova (Moldova)
  • Garik GALSTYAN, Université de Lille (France)
  • Boris GASPARYAN, Institut d’archéologie et d’ethnographie de l’ANS (Arménie)
  • Laurent GAUTIER, Université de Bourgogne (France)
  • Renata GEORGESCU, Université Babeș-Bolyai de Cluj Napoca (Roumanie)
  • Olivier GERGAUD, KEDGE-Bordeaux Business School (France)
  • Hayk GYULAMIRYAN, Institut d’archéologie de l’ANS, musée de l’Histoire du vin (Arménie)
  • Armand HEROGUEL, Université de Lille (France)
  • Arayik KHZMALYAN, Institut de recherche sur les manuscrits anciens « Matenadaran » (Arménie)
  • Guilherme MARTINS, Université de Bordeaux, INRAE, Bordeaux Sciences Agro, Bordeaux INP (France)
  • Antonella MAURI, Université de Lille (France)
  • Khachatur MELIKSETYAN, Institut des sciences géologiques de l’ANS d’Arménie (Arménie)
  • Laurence PÉRU-PIROTTE, Université de Lille (France)
  • Gayane SARGSYAN, Université d’État d’Erevan (Arménie)
  • Ludmila ZBANŢ, Université d’État de Moldova (Moldova)
  • Walter ZIDARIČ, Nantes Université (France)

Subjects

Places

  • 1 Alek Manukyan St
    Yerevan, Armenia (0025)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Tuesday, June 25, 2024

Attached files

Keywords

  • vin, viticulture, viniculture, vigne, Arménie, représentation du vin, sémiologie du vin, économie du vin

Contact(s)

  • Garik Galstyan
    courriel : garik [dot] galstyan [at] univ-lille [dot] fr

Information source

  • Garik Galstyan
    courriel : garik [dot] galstyan [at] univ-lille [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Le plateau arménien, terre ancestrale de la vitiviniculture », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, June 06, 2024, https://doi.org/10.58079/11rv8

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