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Écritures en conflits : produire des savoirs sur la Palestine

« Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée » (REMMM)

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Published on Wednesday, July 10, 2024

Abstract

Ce numéro de la REMMM vise à engager une réflexion collective sur la production des savoirs sur la Palestine, ainsi que sur les étapes et modalités de leur circulation, de leur réception et de leur conservation. Pour ce faire, il propose un pas de côté réflexif par rapport aux travaux qui ont auparavant porté sur les dynamiques qui traversent la société palestinienne, pour revenir sur les implications théoriques, méthodologiques ou même éthiques et politiques qui accompagnent toute production de savoirs dans ce contexte particulier. Nous poserons également la question des frontières entre les écritures académiques et d’autres formes d’écritures – produites par des écrivains, des artistes, des activistes, des experts, des journalistes… –, ainsi que celle des interactions, des concurrences et des hybridations qui peuvent exister entre elles depuis les terrains palestiniens.

Announcement

Argumentaire

Depuis le 7 octobre 2023, la Palestine occupe à nouveau le devant de l’actualité publique internationale. Le nombre exponentiel de publications, de reportages et de débats organisés, y compris en France, témoigne des besoins de commenter, de comprendre, de se positionner. En proie aux émotions, aux interrogations aussi profondes que soudaines et aux injonctions politico-médiatiques, la recherche universitaire a également pris part aux débats pour tenter d’apporter ses éclairages. Les difficultés sont apparues nombreuses, et d’abord celles de devoir produire des analyses savantes dans le vif d’une guerre qui s’annonçait particulièrement meurtrière et douloureuse.

En France, des universitaires spécialistes des études palestiniennes ont aussi fait l’objet d’opérations de délégitimation voire de mise au silence. De nombreux travaux ont déjà traité des enjeux tant scientifiques qu’extrascientifiques qui peuvent accompagner la conduite de recherches en terrain sensible ou en situation de conflit (Ayimpam et Boujou, 2015 ; Boumaza et Campana, 2007 ; Calmels et al., 2024 ; Hadj-Moussa, 2019) et particulièrement en Palestine (Abdelnour et Abu Moghli, 2021 ; Lamarche, 2015 ; Romani, 2007). Dans le contexte des études palestiniennes s’ajoute cependant le fait que la sensibilité et la conflictualité se poursuivent jusque dans le champ universitaire français. Des professeurs ont été accusés d’antisémitisme ou d’apologie du terrorisme, des étudiants mobilisés contre la guerre ont été sanctionnés, voire arrêtés, et des événements scientifiques ont été annulés.

Les espaces de débats et de formation se sont paradoxalement rétrécis au moment où ils étaient probablement le plus nécessaires. Cette actualité met les universitaires face au défi de défendre les conditions d’exercice de leur métier et de s’interroger sur le statut dévolu aux savoirs scientifiques dans l’espace public, en particulier quand ils ont la Palestine pour objet. En dépit d’appels à défendre les libertés académiques[1] et d’initiatives collectives pour faire connaître les travaux académiques sur la Palestine[2], la recherche et l’enseignement doivent désormais se déployer dans de nouvelles conditions politiques, institutionnelles, voire également sécuritaires, en France, mais aussi bien sûr sur le terrain palestinien (Lynch, 2024).

Le sort des populations et la dégradation de la situation sur les terrains d’enquête, et tout particulièrement dans la bande de Gaza, constituent une réelle préoccupation pour les chercheurs qui travaillent sur la région, sur le plan humain d’abord, mais aussi sur le plan scientifique. La guerre qui se poursuit frappe aussi les étudiants, les enseignants et les lieux de savoirs palestiniens à Jérusalem, en Cisjordanie et en Israël. Aussi, la mise en péril des conditions les plus élémentaires de la production et de la transmission des savoirs renvoie à des questions sur le caractère fondamental que peuvent avoir la recherche et l’enseignement, ou même l’information, le témoignage et l’archive en temps de guerre.

La Palestine offre un champ d’études où les questions d’ordre épistémologique et éthique se posent avec une force toute particulière. De même, les études palestiniennes sont un observatoire privilégié des rapports de pouvoir et des conflits de sens qui conditionnent et instruisent toute écriture académique et scientifique (Massad, 2005). La formulation des hypothèses de recherche, l’inscription dans des controverses théoriques, le choix des approches méthodologiques ou encore le partage et la discussion des résultats ont ici des incidences et prennent des significations, allant bien au-delà des frontières du domaine scientifique, qu’il est urgent de documenter et de réfléchir.

Ce numéro de la REMMM vise à engager une réflexion collective sur la production des savoirs sur la Palestine ainsi que sur les étapes et modalités de leur circulation, de leur réception et de leur conservation. Pour ce faire, il propose un pas de côté réflexif par rapport aux travaux qui ont auparavant porté sur les dynamiques qui traversent la société palestinienne (Bontemps et al., 2020 ; Alsajdeya, Ceccaldi et Dabed, 2021 ; Guignard et Seurat, 2020) pour revenir sur les implications théoriques, méthodologiques ou même éthiques et politiques qui accompagnent toute production de savoirs dans ce contexte particulier. Nous poserons également la question des frontières entre les écritures académiques et d’autres formes d’écritures – produites par des écrivains, des artistes, des activistes, des experts, des journalistes… – ainsi que celle des interactions, des concurrences et des hybridations qui peuvent exister entre elles depuis les terrains palestiniens (France, 2018).

Axes

Axe 1 – Un champ d’études particulier ? Concepts, théories et frontières des études palestiniennes

Cet axe propose d’examiner les grilles de lecture développées et mobilisées pour interpréter le terrain palestinien. Les études palestiniennes sont régulièrement traversées par des débats concernant les paradigmes et les concepts (state-buildingapartheidsettler colonialism…) mobilisés pour décrire au mieux les contextes palestiniens et les éclairer (Al-Hardan, 2014 ; Amoruso, Pappe et Richter-Devroe, 2019 ; El-Sakka, 2022 ; Salamanca et al., 2012 ; Roy, 2012). Dans un contexte où les frontières politiques sont contestées et en constante évolution, la fixation même des frontières de l’objet étudié et sa désignation (Cisjordanie avec ou sans Jérusalem-Est, territoires occupés, Palestine/Israël…) sont sujets de questionnements et de désaccords (El Sakka, 2022 ; Sorek et Ghanim, 2024 ; Latte Abdallah et Parizot, 2017). De même, on interrogera les effets que peuvent avoir sur la recherche et sur les écritures des postulats et des hypothèses issus des registres diplomatique (solution à 1 ou 2 États), juridique (droit international), économique (libre-échange, développement).

Ces débats participent à ancrer une spécificité des études palestiniennes ou, au contraire, à ouvrir des comparaisons ou des contextualisations plus larges. Il conviendra à cet égard de s’interroger sur ce qui amène les universitaires à appréhender la Palestine comme un objet à part. Cela pourra conduire à examiner ce qui fait ou non la spécificité des études palestiniennes et à revenir sur leur structuration en tant que champ, notamment dans le paysage académique français. Quels espaces (séminaires, revues, instituts…) permettent la structuration de ce champ, y compris au niveau transnational ? Quelle(s) sont leur(s) évolution(s) ? Quel rôle spécifique des chercheurs et institutions de la diaspora palestinienne ? Une réflexion pourra être menée sur les enjeux scientifiques et/ou institutionnels que soulève une telle spécificité.

Il s’agira aussi d’interroger les causes de l’exceptionnalisme académique qui prévaut souvent vis-à-vis de la Palestine (Kagan, 2009) et de sa relation avec une supposée exceptionnalité politique. Face à ce constat, on assiste depuis un peu plus d’une décennie à un renouvellement des études palestiniennes qui pousse dans le sens de leur désenclavement (Bontemps et al., 2020). Cela se traduit entre autres par une importance croissante de travaux menés au prisme du colonial, et ce, plus particulièrement dans le monde anglo-saxon (Barakat, 2018 ; Sabbagh-Khoury, 2021 ; Veracini, 2013) et dans une moindre mesure en France (Labadi, 2020). Ces travaux accompagnent une réflexion sur les enjeux de l’inscription des études palestiniennes dans d’autres champs disciplinaires (Collins, 2011 ; Hanieh, 2013 ; Shweiki et Turner, 2014). Quelles comparaisons sont possibles pour analyser et étudier des phénomènes qui se déroulent sur le terrain palestinien ? Quelles problématisations permettent de réinscrire la Palestine dans son contexte régional et global ? Les contributions réfléchiront enfin à l’évolution des concepts, théories et frontières des études palestiniennes à la lumière de la guerre en cours.

Axe 2 – Écrire depuis, écrire avec les terrains palestiniens

Le deuxième axe se propose de questionner ce que cela fait au chercheur d’écrire depuis et avec le terrain palestinien (Marzo et Gomez-Perez, 2020 ; Massicard 2002). Il s’agira aussi de réfléchir à ce que ce terrain fait au sujet traité et aux méthodes déployées pour arriver au bout de l’enquête (Aldrin et al., 2022 ; Hennequin et Condomines, 2022). Quelles considérations éthiques et liées au positionnement axiologique sont soulevées par la production d’écritures à partir de ce terrain particulier ? Comment ces considérations épistémologiques sont affectées par l’évolution de la situation politique et sécuritaire (accords d’Oslo, Intifadas, division politique palestinienne…) ? Comment sont-elles affectées au fil des expériences et des rencontres et comment cela affecte-t-il en retour l’objet et le terrain de l’enquête ? De quelle façon les chercheurs sont amenés à se confronter à leurs émotions (Abdallah et Yousfi, 2020) et les sentiments d’appartenance, d’altérité, d’empathie, de neutralité, d’animosité ou encore de solidarité ?

Dans un contexte de fragmentation, à la fois territoriale et narrative, on a assisté à une circonscription de plus en plus étroite des objets et des terrains de recherches tandis que d’autres ont été négligés, voire ont constitué un angle mort des études et des écritures (Bier, 2017 ; Tabar et al., 2015). Cela s’explique également par les difficultés d’accès (bande de Gaza, nord de la Cisjordanie), mais aussi par leur marginalisation politique et médiatique (Palestiniens en Israël dits « de l’intérieur », camp de réfugiés hors de Palestine). Comment ces difficultés affectent la construction des objets de recherche et la fabrication des écritures, ou encore la façon de mener des enquêtes et de collecter des données ? Les contributions poseront également la question des inégalités qui existent face à ces difficultés et aux enjeux épistémologiques que celles-ci soulèvent.

À la difficulté d’accéder au terrain s’ajoute celle d’accéder aux sources, particulièrement les sources écrites. Les archives palestiniennes, quand elles existent, souffrent d’une extrême dispersion tandis que l’accès aux sources primaires auprès des acteurs ou des conservateurs demeure difficile voire impossible. Cette difficulté est encore renforcée par l’appropriation, le réagencement voire la destruction de documents par les acteurs étatiques israéliens depuis 1948. Aussi la mémoire des documents, des archives ou encore des textes littéraires est-elle particulièrement menacée (Nakhlé-Cerruti, 2020 ; Sfeir, 2014 ; Sleiman, 2016). Dans ces conditions, comment documenter la Palestine ? Comment les chercheurs contribuent-ils aux opérations de patrimonialisation ou la fabrication des archives ? Quels outils et quelles stratégies peuvent permettre d’accéder et de rendre accessible les ressources documentaires et patrimoniales ? Comment appréhender les défis nouveaux posés par la guerre en cours ?

Axe 3 – Les écritures au cœur de conflits

Dans un troisième axe, il s’agira de réfléchir aux enjeux éthiques et politiques soulevés par l’acte d’écrire sur la Palestine et les Palestiniens, ou quand on est Palestinien. À la lumière d’un vaste champ sur la violence symbolique et la conflictualité des savoirs (Ajari, 2019 ; Bourdieu, 2001 ; Mignolo, 2013), nous questionnons les pratiques d’écriture et ce que celles-ci font à leurs objets et aux différents publics qui les reçoivent. Dans un contexte de conflit sur le récit (Bourmaud, 2002 ; Masalha, 2012 ; Picaudou, 2006), et où l’invisibilisation du récit palestinien participe de son invisibilisation politique (Qutami et Zahzah, 2020), comment les écritures participent d’une normalisation de la violence ou d’une réduction au silence des populations étudiées ? De quelle façon l’écriture peut conduire à une reproduction ou à une contestation des rapports de pouvoir ? Et comment ces questionnements affectent les pratiques de savoir et d’écritures ?

Les universitaires palestiniens sont eux même au cœur du conflit (Bruhn, 2006 ; Jebril, 2023 ; Romani, 2016). La destruction de la quasi-totalité des universités et la disparition de la communauté scientifique dans la Bande de Gaza se présentent comme l’illustration la plus récente de l’éducide en cours mené par Israël (Habash et Rabaia, 2024). Que signifie faire de la recherche dans le contexte palestinien alors que les producteurs de savoirs sont directement ciblés par la répression et la guerre ? Que fait l’écriture face à la destruction ? Quelle place donner aux écritures palestiniennes et/ou aux producteurs de savoirs palestiniens ? Que peuvent apporter les autres formes d’écriture (littéraire, curatoriale, journalistique…) à l’écriture académique dans un tel contexte ? Quels espaces permettent de discuter des orientations et des enjeux de la recherche dans ce contexte ? Cela pose la question de la nature des relations entretenues par le chercheur non pas seulement avec le terrain, et les « enquêtés », mais aussi avec le milieu universitaire palestinien.

Il s’agira de s’arrêter sur la façon dont ces pratiques de savoir se font aussi l’écho d’enjeux politiques qui débordent les milieux universitaires et sont employées, reçues ou réappropriées par-delà le champ académique. Comment ces pratiques de savoir interviennent dans le conflit ? Dans ce contexte, quelles significations spécifiques l’acte d’écrire prend-il ? Ces mêmes réflexions sont-elles marquées par le contexte propre du champ politique français ? Comment se positionner dans une actualité, avec une temporalité qui diffère de celle de l’écriture ? De quelles manières les injonctions du débat public impactent les écritures ? Les contributions pourront aborder des questionnements aussi bien méthodologiques que thématiques concernant la diversité des modes d’appropriation de ces savoirs. Elles pourront envisager comment ceux-ci sont travaillés, reconfigurés, ou affectés de nouvelles significations.

Responsables du numéro

  • Taher Labadi (IFPO)
  • Najla Nakhlé-Cerruti (IREMAM, Cnrs, Aix-Marseille Université)

Modalités de soumission

Les propositions d’article (4000 signes maximum), accompagnées d’une courte notice biographique, sont à envoyer à :

  • t.labadi[at]ifporient.org
  • najla.nakhle-cerruti[at]cnrs.fr

avant le 1er octobre 2024. 

  • Les auteurs seront contactés avant la fin du mois suivant.
  • Les articles, rédigés en français ou en anglais, et d’un volume maximal de 45 000 signes, devront être soumis au plus tard le 1er mars 2025. Pour plus d’informations concernant les règles de rédaction et le processus éditorial, voir ici : https://journals.openedition.org/remmm/3004
  • La parution du numéro est prévue pour le début de l’année 2026. 

Processus d’évaluation

Aujourd’hui hébergée par l’IREMAM, la REMMM s’est dotée d’instances scientifiques indépendantes. Les projets de thématiques qui lui sont proposés sont systématiquement soumis à l’approbation d’un Comité scientifique international ; de même, tous les articles publiés par la REMMM sont évalués, qu’il s’agisse de contributions aux dossiers ou de propositions spontanées (Etudes libres). Il s’agit d’une évaluation anonyme effectuée par deux lecteurs extérieurs au Comité de rédaction de la revue. Ces procédures d’évaluation, conformes aux standards internationaux, lui valent de figurer dans la liste des revues reconnues par l’AERES. Elle est considérée comme revue de rang « A » par le CNRS et bénéficie de son label scientifique.

Bibliographie

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Notes

[1] https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/151123/defendre-les-libertes-dexpression-sur-la-palestine-un-enjeu-academique

[2] https://cles.hypotheses.org/


Date(s)

  • Tuesday, October 01, 2024

Keywords

  • Palestine ; Gaza ; sciences humaines et sociales ;

Contact(s)

  • Najla Nakhlé-Cerruti
    courriel : najla [dot] nakhle-cerruti [at] cnrs [dot] fr
  • Taher Labadi
    courriel : t [dot] labadi [at] ifporient [dot] org

Information source

  • Najla Nakhlé-Cerruti
    courriel : najla [dot] nakhle-cerruti [at] cnrs [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Écritures en conflits : produire des savoirs sur la Palestine », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, July 10, 2024, https://doi.org/10.58079/11zn9

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