HomeL’ONU et l’Afrique. Scènes, intérêts et représentations d’un multilatéralisme

L’ONU et l’Afrique. Scènes, intérêts et représentations d’un multilatéralisme

Numéro spécial de la « Polis. Revue camerounaise de science politique »

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Published on Friday, October 11, 2024

Abstract

L’Organisation des Nations Unies (ONU), créée le 26 juin 1945, a 80 ans en 2025. Et, malgré les défis qui lui ouvrent toujours de nouvelles perspectives et qui occasionnent des remaniements sur le plan des objectifs présentés, elle est devenue ces huit dernières décennies le principal espace de définition de l’agenda international de la paix et du développement. Par ailleurs, bien qu’en son sein se cristallisent continuellement la recherche de coopérations et les rapports de pouvoir ou de concurrence, elle est le produit d’une histoire collective des guerres du XXe siècle, qui a progressivement rendu sa place indispensable dans la gouvernance mondiale. Dans cet esprit, les 80 ans d’existence de l’ONU sont alors aussi 80 ans d’expérience mis au service de cette fin. Ces coordonnées institutionnelles n’éclairent néanmoins pas les enjeux spécifiques de la pratique et de l’usage de cette institution internationale par et en Afrique.

Announcement

Argumentaire

L'appel à contribution est l'argumentaire de lancement d'un numéro thématique de Polis/Revue camerounaise de science politique en vue des 80 ans de l'Organisation des Nations Unies (ONU) 

L’Organisation des Nations Unies (ONU), créée le 26 juin 1945, a 80 ans en 2025. Et, malgré les défis qui lui ouvrent toujours de nouvelles perspectives et qui occasionnent des remaniements sur le plan des objectifs présentés, elle est devenue ces huit dernières décennies le principal espace de définition de l’agenda international de la paix et du développement (Boutros-Ghali, 1993). Par ailleurs, bien qu’en son sein se cristallisent continuellement la recherche de coopérations et les rapports de pouvoir ou de concurrence, elle est le produit d’une histoire collective des guerres du XXe siècle, qui a progressivement rendu sa place indispensable dans la gouvernance mondiale. Dans cet esprit, les 80 ans d’existence de l’ONU sont alors aussi 80 ans d’expérience mis au service de cette fin. Ces coordonnées institutionnelles n’éclairent néanmoins pas les enjeux spécifiques de la pratique et de l’usage de cette institution internationale par et en Afrique.

En prenant la cohérence de la politique africaine de l’ONU comme fil conducteur, le double quarantenaire permet de raconter l’institution par l’Afrique. D’hier à aujourd’hui, l’histoire de la relation s’est structurée autour d’une interdépendance entre consolidation onusienne de l’État en Afrique et institutionnalisation de l’organisation par l’Afrique. En dépit de la plasticité interprétative de ce qui peut composer la réalité de leur relation, ces deux pôles de lectures permettent de figurer la présence agissante de cette institution internationale en Afrique (Novosseloff, 2016b) d’une part, et celle de l’Afrique aux Nations Unies (Jouve, 1986) d’autre part. Cela décrivant aussi la manière dont les pratiques établies de la politique africaine des Nations Unies transforment ou non l’Afrique et comment l’Afrique, en intégrant les jeux bureaucratiques internes de l’ONU, contribue à l’évolution de la doctrine interne de cette bureaucratie internationale (Lewin, 2006). L’acuité des problèmes africains entraine une créativité d’instruments de régulation des préoccupations continentales. Elle place l’ONU en situation d’interlocuteur privilégié de l’Afrique quant à ce qui est de la définition et de la prise en charge de ses difficultés sur le long terme (Novosseloff, 2016b). Durant la colonisation, il s’est agi de la lutte pour l’autodétermination. Les indépendances ont été suivies d’une prolifération de conflits armés – guerres civiles – qui ont nécessité quelques fois une mobilisation unilatérale du Conseil de sécurité (Novosseloff, 2016b) pour la promotion de la paix positive (Bengobeyi, 2019). Concomitamment aux conflits armés s’est implanté le sous- développement qui évolue de pair avec de nombreux autres problèmes qui ressortent des domaines anciens comme la santé, les migrations, l’environnement, mais aussi des domaines plus ou moins récents comme le terrorisme et le développement durable. Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) auxquels ont succédé les Objectifs du développement durable (ODD) illustrent de cette prépondérante présence. Ils densifient les échanges entre l’ONU et l’Afrique en même temps qu’ils objectivent la logique de consolidation progressive de leur déploiement commun concomitamment à la logique de correction, voire d’ajustement, des dispositifs d’opérationnalité en déphasage conjoncturel et causal. Ceux-ci se révèlent aussi multiples en raison de la variété des interlocuteurs onusiens. C’est soit le Conseil de sécurité, en tant que lieu de la toute-puissance (Novosseloff, 2016a) décisionnelle concernant le déploiement des Casques bleus ; soit les organes spécialisés pour les enjeux non militarisés, à l’instar du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), du FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), de l’ONUDI (Organisation des Nations Unies pour le développement industriel), de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement), etc.

Au-delà d’être un espace décisionnel où il est possible d’observer l’Afrique se déployer, dans sa multiplicité (Martin et West, 1999) étatique et son unicité institutionnelle (Sindjoun, 2002b), pour préserver ou pas ses intérêts en termes de droit des peuples à l’autodétermination durant la période coloniale (Flory, 1959 ; Eyenga, 1984 ; Guillen, 1986 ; Michel, 1986 ; Mbembe, 1996 ; Onana, 2004), de puissance (Morgenthau, 1948 ; Aaron, 1962) ou de sécurité (Waltz, 1979) suite aux vagues de décolonisation d’avant, pendant et après 19602, l’ONU est aussi un acteur international (Hoffmann et Keohane, 1991 ; Moravcik, 1993 ; Lequesne, 1996 ; Damien et Petiteville, 2004 ; Richard et Van Hamme, 2013). En tant que telle, elle est une institution porteuse de rationalité d’action. En adaptant Michel Crozier et Erhard Friedberg (1977) à propos de l’acteur, elle serait capable de concevoir une stratégie qui lui est propre et d’agir de façon autonome afin d’atteindre des objectifs qu’elle se serait fixés. Cette rationalité est inévitablement interrogée ici dans son rapport à celles des États d’Afrique ou de ses institutions internationales. Prises enchâssées, les rationalités par leurs visées multilatérales donnent à la relation entre l’ONU et l’Afrique une stabilité. Elles institutionnalisent un « régime international » (Krasner, 1983 : 1) restreint à un espace géographique, voire géopolitique, confronté à des enjeux dont la prise en charge ne saurait s’y réduit pour autant.

La politique internationale qu’objective la relation ONU-Afrique est néanmoins révélatrice d’une fragilité, voire même d’une impuissance, parce que dépendante des processus intersubjectifs constitutifs des intérêts et identités des parties (Onuf, 1989 ; Wendt, 1992). La rationalité multilatérale soutenue par l’idéal de solidarité est aussi travaillée par les intérêts étatiques (Haas, 1975). Il ne s’agit pas pour autant de céder le pas à une exclusive étatisation de la politique internationale dans le sens d’Alexander Wendt (1992), pour qui elle serait principalement ce que les États en font. Une fois qu’est envisagé le multilatéralisme onusien en lien avec l’Afrique, il est indispensable de considérer que les États africains peuvent se détourner des principes universels à l’instar de la sécurité collective pour privilégier une rationalité individuelle de sécurité dans un rapport bilatéral avantageux. Il n’est par conséquent pas incongru de penser les échecs du multilatéralisme dans un environnement international où la performance des régimes est aussi liée aux croyances des États en leur capacité réciproque à pouvoir contribuer à une autoréalisation de leurs attentes (Wendt, 1992). Ces croyances étatiques déterminant la politique internationale sont fortement articulées par les processus de politique interne (Rosenau, 1969), notamment les rapports entre l’exécutif et le parlement, mais aussi la réception sectorielle des engagements internationaux des gouvernements (Tchingankong Yanou, 2022).

Dans cette perspective, la question suivante s’avère inévitable pour guider cette réflexion : comment 80 années peuvent-elles constituer le prétexte d’étude de la relation entre l’ONU et l’Afrique à partir du triptype scène, intérêts et représentations en tant que dynamiques complexes de leur multilatéralisme ?

Nous faisons donc l’hypothèse ici que le multilatéralisme entre l’ONU et l’Afrique est pluriel dans le temps. Il est premièrement configurationnel en ce sens qu’elle est délimitée par des positions occupées à la fois par l’ONU et l’Afrique des institutions, par l’ONU et les États africains et par l’ONU et les individus ressortissants de l’Afrique. Ce qui confère une rationalité plutôt composite à l’action en même temps qu’elle objective une multiplicité de représentations. Il est deuxièmement flexible dans l’espace. Il se constitue tant sur le continent africain qu’au siège des Nations Unies à New York. Le corollaire est la circulation des lieux décisionnels et la mobilité au sein desdits lieux pour la production des instruments d’intervention internationaux localisés, ce qui confère un aspect multiniveau et multisitué aux scènes d’échanges. Le multilatéralisme entre l’ONU et l’Afrique est troisièmement agissant et aléatoire, performatif et impuissant, à la fois sur les transactions et face aux problèmes pour lesquels la synergie s’est instituée comme mode opératoire. Quatrièmement, il est l’expression d’une complexité théorique. Les catégories d’acteurs en interaction sont hétérogènes – institutions internationales, États, individus – isolant tant des dynamiques de l’ordre du multilatéralisme que du transnationalisme.

L’hypothèse sus énoncée concernant le multilatéralisme octogénaire entre l’ONU et Afrique fait le choix méthodologique de l’analyse bijective et relativiste (Sindjoun, 2002a, 2002b) pour éviter deux écueils. Le premier est le risque de l’analyse unidirectionnelle. Le jeu de force objectivée par la relation est oscillatoire entre les deux protagonistes. Le second est le risque de l’analyse ethnocentriste. La relation ne saurait se réduire à ce qu’en pensent les Africains, principalement universitaires, politiques et diplomates. La posture en termes d’ « ONU vue d’Afrique » - par les Africains3 – dans la perspective d’études postcoloniales voilées et visant à donner la voix aux subalternes (Spivak, 2009), l’Afrique, est par conséquent déclassée. La première précaution rend l’analyse exclusivement injective inopérante alors que la seconde rend l’analyse ethnocentriste de peu d’intérêt pour saisir le déterminisme entre multilatéralisme onusien et anarchie en Afrique. L’explication et la compréhension de la plénitude du multilatéralisme dans le temps long de l’existence des Nations Unies en relation avec l’Afrique sont par conséquent globales et universelles.

Pour démontrer cette hypothèse, les contributions pourront s’articuler autour des trois axes (non exhaustifs) suivants :

L’ONU, lieu de déploiement de l’Afrique

Il convient au sein de cet axe de prendre au sérieux la présence des États africains au sein des instances onusiennes. Il est avéré déjà que les « petits États » (Albaret et Placidi-Frot, 2016 : 19) prennent la parole au sein d’univers multilatéraux et que cette parole est performative (Austin, 1952), au vu de la complexité des dynamiques à l’œuvre pour la production des réformes internationales (Klotz et al., 1999) – institutions internationales, idées et intérêts. Même s’il est indispensable de tenir compte à la suite de constructivistes internationalistes, tels John Ruggie (1982), Alexander Wendt (1983) et Nicolas Onuf (1989) du contexte pour comprendre ce poids des États africains. Le corollaire est la sortie de l’Afrique par ces succès ponctuels du stigmate de « paria de la scène internationale (Batchom, 2017 : 1). Mais, il est aussi indispensable de prendre au sérieux la présence des individus ressortissants de l’Afrique au sein des instances onusiennes. C’est d’ailleurs eux les premiers à l’investir, puisque leur mobilité a précédé la naissance de la majorité des États africains. Elle s’inscrivait plus exactement dans le cadre de pétitions défendues à la tribune des Nations Unies pour revendiquer le droit des peuples du continent africain à l’autodétermination dans le cadre d’États indépendants. Leur présence se poursuit avec l’avènement de l’État indépendant, davantage cette fois-ci, pour la revendication et la promotion d’idées (Alder, 1991 ; Afom, 2018) et normes (Klotz, 1995) humanistes. Ils sont ainsi institués comme « courtiers internationaux » (Dezalay, 2004) de leur continent, voire des entrepreneurs des problèmes (Kingdon, 1984) de ce dernier par leur capacité à effectivement travailler à la diffusion des connaissances (Barnes, 1988) de ces problèmes pour finalement constituer une communauté multilatérale épistémique (Haas, 1989) plus ou moins étatisée. L’entrée par les figures africaines ayant occupé des positions importantes comme celle de secrétaire général de l’organisation pourrait aussi être envisagée. Boutros Boutros-Ghali entre 1992 et 1996, Koffi Annan de 1997 à 2006. Mais, l’impact d’autres figures par leur management, cette fois-ci, d’organes spécialisés ne sont pas à exclure tant les expériences sont nombreuses.

L’Afrique change-t-elle l’ONU ?

Les débats autour de la réforme de l’ONU n’ont pas tari depuis leur émergence au début des années 2000. Ils s’exacerbent même davantage avec les transformations permanentes de la géopolitique mondiale, bien que sa possibilité soit questionnée (Moreau-Defarges, 2006). Il peut se révéler particulièrement pertinent, dans ce « XXIe siècle […], nouveau système international » dont Bertrand Badie (2006) s’interroge sur des possibles craintes qu’il susciterait pour certains États, de s’intéresser à la part de l’Afrique dans ce mouvement contestataire étatisé. Se pose-t-elle en « hégémon » (Gilpin, 1981) au sens de se donner les capacités de conduire la rupture du consensus établi au terme de la Deuxième Guerre mondiale, en 1945 ? Ou son assignation plus ou moins de fait, à la position de « figurant » (Albert et Placidi-Frot, 2016), mais pas forcément figurée – impuissant – l’impose-t-elle à se résigner à être « passager clandestin » (Olson, 1965) d’un enjeu qui ne se réduit cependant pas sa seule situation ? Il y a du moins fort à comprendre, car à l’échelle régionale – panafricaine – ce leadership a pu être observable (Nye, 1965) dans le cadre de l’OUA (l’Organisation de l’unité africaine) puis l’UA (Union africaine) avec l’Afrique du Sud (Le Père, 1998 ; Sindjoun et Vanesson, 2000). Au niveau sous régional de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) aussi avec le Cameroun (Ntuda Ébode, 2004) et de le BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) avec la Guinée équatoriale (Batchom, 2012). La problématique de la réforme est loin d’être une préoccupation nouvelle5 (Chetail, 2006). Le questionnement à partir de l’Afrique en termes de positionnement collectif dans le cadre d’une de ses institutions globales comme l’UA, ou de positionnement individuel, par des États revendiquant le leadership régional, pourrait cependant permettre de produire des connaissances nouvelles concernant le sujet.

Sens, puissance et impuissance du multilatéralisme onusien en Afrique

Par-delà les tergiversations sur l’utilité de l’ONU (Bérard, 1979 ; Vaïsse, 2006), du fait de l’épreuve aux enjeux présents (Guéhenno, 2003 ; Chétail, 2006) – retour des guerres interétatiques, survivance des conflits armés intraétatiques, persistance de la pauvreté dans le monde, propagation continuelle du VIH-SIDA (Virus de l’immunodéficience humaine- Syndrome d’immunodéficience acquise), consolidation du changement ou dérèglement climatique, montée des discriminations raciales et genrées – sa matérialité en Afrique ne laisse pas indifférente quant à la pertinence constante et la complexité de son multilatéralisme (Devin et Badie et Devin, 2007). À cet effet, il peut toujours s’avérer pertinent de saisir les dynamiques cognitives (Alder, 1991 ; Muller et Surel, 1998), voire discursives (Majone, 1989 ; Zittoun, 2013 ; Tchingankong Yanou, 2019), ainsi qu’opérationnelles (Wildawrsky, 1964 ; Lipsky, 1980) qui mettent en jeu des représentations et des identités déterminant les transactions en et avec l’Afrique. Il se cristallise effectivement des configurations internationales d’action multilatérale – d’institution internationale à institution internationale (ONU-UA par exemple), d’institution internationale à État (PNUD-État, FAO-État, ONUDI-État, UNESCO-État, PNUE-État, etc.) – dont les logiques s’articulent à la mise en problème et une prise en charge plutôt ancienne par l’organisation onusienne (Moreau-Defarges, 2004), mais conformément aux priorités étatiques africaines aussi (Tchingankong Yanou, 2019). Il est parfaitement connu que le multilatéralisme tout en étant l’expression d’une synergie d’actions (Mitrany, 1968) n’exclut aucunement la réalisation des finalités étatiques (Haas, 1975). Si, ce sont les intérêts des États du Conseil de sécurité qui sont de prime à bord perçus, ceux des États africains peuvent aussi être entrevus dans cette transaction multilatérale.

L’ouverture aux objets internationaux d’autres branches de la science politique comme l’anthropologie a permis par exemple de montrer que les politiques environnementales onusiennes ont entrainé l’irruption de la question indigène (minorités et autochtones dans le cadre du global-politique) sur la scène internationale et à l’intérieur des États issus du monde colonial. Dans le même ordre d’idées, les études d’anthropologie des organisations internationales et des politiques publiques ont montré comment, pensée dans le cadre de la division Nord-Sud, la question du « développement » préemptée par les institutions onusiennes s’est transformée dans ses contenus au fil du temps. Elle a en effet évolué d’un objectif de « modernisation » de l’Afrique, à travers la construction d’États, d’économies nationales et de services de protection sociale, vers des plans d’« ajustement structurel » à partir des années 1980, plans qui demandaient à ces États de renoncer à leurs prérogatives de développement et d’administration de sa population, en s’ouvrant ainsi à la gouvernance néolibérale (Atlani-Duault et Dozon, 2011). Il pourrait ainsi être pertinent de s’intéresser à la façon donc ce travail organisationnel s’inscrit dans la continuité de celui d’États donc la puissance repose sur la défense de ces valeurs au sein du Conseil de sécurité.

De même, les opérations de maintien de la paix peuvent aussi être questionnées pour saisir le type de rapport dans lequel elles engagent l’Afrique avec l’ONU (Morin, 2011 ; Ndiaye, 2014). Est-ce une dynamique d’équilibrage des forces mondiales par une contribution à la mise au terme de la dépendance sécuritaire ? Ou la diffusion de valeurs attachées à l’idéal porté par les États ayant œuvré à sa mise en place de l’institution internationale au terme de la Deuxième Guerre mondiale. La collaboration est perceptible au niveau des institutions internationales pour amorcer un début de réponse à la première interrogation. C’est le cas avec l’UA, ce qui contribue à une concrétisation du principe de subsidiarité par lequel l’Afrique est partie prenante des opérations (Esmenjaud et Franke, 2009 ; Liégeois, 2011 ; Bamba, 2013 ; Mandjem, 2016). Par contre pour ce qui est de la seconde interrogation, il ne serait pas sans intérêt pour tenter d’y répondre de prendre individuellement les États pour comprendre les dynamiques de résistance que ces derniers manifestent à cette initiative multilatérale, en défi aux velléités hégémoniques des puissances du Conseil de sécurité. Cela dit, il conviendrait par ces nouvelles ouvertures de dépasser la connaissance acquise concernant ces missions onusiennes destinées à la construction de la paix en Afrique et donc aussi de l’État. Depuis 1960, 30 opérations de maintien de la paix ont été déployées en Afrique6 sur 70 opérations déployées par l’ONU dans le monde à partir de 19487. À ce jour, 5 opérations y sont encore activent : République centrafricaine (MINUSCA8), République démocratique du Congo (MONUSCO9), Sahara occidental (MINURSO10), Soudan du Sud (UNMISS11) et Abiyé12 (UNISFA13). La dynamique des opérations de maintien de la paix montre bien que le continent africain demeure au centre des préoccupations du multilatéralisme onusien, le corollaire étant la légitimation de questionnements en termes de performance et inversement en termes de perversion ou de faillite.

Conditions de soumission

Les propositions d’articles (1 page au plus) sont à envoyer aux deux coordonnateurs du dossier (yanoumoise@yahoo.fr et chrisfrand85@yahoo.fr)

d’ici au 15 janvier 2025.

Calendrier

  • 1er octobre 2024 : publication de l’appel à contribution
  • 15 janvier 2025 : délai d’envoi des propositions de contribution aux coordonnateurs

  • 31 janvier 2025 : notification aux auteurs des propositions contributions retenues et non retenues
  • 30 juin 2025 : envoi des textes retenus (une rubrique Varia contiendra un ou deux articles) au comité de rédaction de la revue (50 000 signes, espaces et notes de bas de page compris)
  • 31 juillet 2025 : retour aux auteurs retenus de la première évaluation des textes
  • 30 septembre 2025 : renvoi des textes corrigés suite à la première évaluation
  • 31 octobre 2025 : retour aux auteurs de la seconde évaluation
  • 31 novembre 2025 : renvoi des textes corrigés après la seconde évaluation
  • 20 décembre 2025 : publication du numéro thématique

Coordination scientifique

  • Moïse Tchingankong Yanou
  • Christel Frank Afom Ndong

Comité scientifique

  • Luc Sindjoun, Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Yves Poirmeur, Université de Versailles, France
  • Auguste Nguelieutou, Université de Douala, Cameroun
  • Nadine Machikou, Université de Yaoundé, Cameroun
  • Yves-Paul Mandjem, Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Paul Elvic Batchom, Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Joseph Ketcheu, Université de Dschang, Cameroun
  • Hygin Faust Kakai, Université d’Abomay-Calavi, Benin
  • Christel Frank Afom Ndong, Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Ruth Mireille Manga Edimo, Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Patrice Bigombe Logo, GRAPS, Cameroun

Notes

1 Depuis les travaux de Luc Sindjoun portant sur la sociologie des relations internationales africaines, le doute est levé quant à la possibilité d’envisager l’étude de la puissance en Afrique sans besoin d’y adjoindre un qualificatif (Sindjoun, L. (2002b). Sociologie des relations internationales africaines. Paris : Karthala). La science des relations internationales s’est effectivement constituée au sein d’un précarré occidental qui instituait les autres aires géographiques comme apolitique internationale (Sindjoun, L. (1999). « L’Afrique dans la science des Relations internationales. Notes introductives et provisoires pour une sociologie de la connaissance internationale », Revue africaine de sociologie, 2(3), 142-160).

2 Une capacité de puissance qui est refusée aux États africains sous prétexte de sa dépendance internationale suite à une occidentalisation approximative de l’ordre politique qui ne serait en définitive qu’une perversion du modèle originel occidental (Badie, B. (1992), L’État importé. L’occidentalisation de l’ordre politique. Paris : Fayard).

3 Le 60e anniversaire, en 2005, avait déjà été l’occasion de l’expérimentation sur le continent africain du projet (Pondi, J. (2005). L’ONU vue d’Afrique. Paris : Maisonneuve & Larose/Afredit).

4 Il est cependant important de mentionner que l’Égypte, l’Éthiopie et le Liberia sont membres fondateurs de l’ONU.

5 Le 60e anniversaire, en 2005, avait aussi été l’occasion de se pencher sur l’enjeu de la démocratie au sein des Nations unies. Questions internationales, une revue bimestrielle de géopolitique initiée par La documentation française deux ans plus tôt, en 2003, y consacrera un numéro spécial. Y figureront des articles traitant de l’enjeu de la réforme des Nations Unies.

6 La toute première opération de maintien de la paix déployée par l’ONU sur le continent africain fut en République du Congo en 1960. L’ONUC (Opération des Nations Unies au Congo) visait à permettre le retrait des forces belges et soutenir le gouvernement congolais à rétablir l’ordre public à travers une assistance technique.

7 La toute première opération de maintien de la paix déployée par l’ONU fut en Palestine. L’ONUST (Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve) avait pour mandat de surveiller la cessation des hostilités et les Conventions d’Armistice général, de circonscrire les incidents isolés, de les empêcher de dégénérer en conflit généralisé, et d’aider les autres opérations de maintien de la paix.

8 MINUSCA : Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine.

9 La mission est passée de MONUC (Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo) à MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo) en 2010.

10 Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental.

11 UNMISS : United Nations Mission in South Sudan.

12 Abiyé est une région que se disputent le Soudan et le Soudan du Sud. Elle est située entre les deux pays.

13 UNISFA : Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abiyé.

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Places

  • GRAPS - Université de Yaoundé II
    Yaoundé, Cameroon (18 Soa)

Date(s)

  • Wednesday, January 15, 2025

Keywords

  • ONU, Afrique, scènes, intérêts, repésentations, multilatéralisme

Contact(s)

  • Moïse TCHINGANKONG YANOU
    courriel : yanoumoise [at] yahoo [dot] fr
  • Christel Frank Afom Ndong
    courriel : chrisfrand85 [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Moïse TCHINGANKONG YANOU
    courriel : yanoumoise [at] yahoo [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« L’ONU et l’Afrique. Scènes, intérêts et représentations d’un multilatéralisme », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 11, 2024, https://doi.org/10.58079/12gei

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