Abstract
Cette table ronde sera l’occasion de contraster les pratiques muséographiques afin d’évaluer les évolutions, les résistances, les critiques des institutions issues des sociétés américaines ayant pratiqué l’esclavage sur leur territoire. Elle cherchera à dégager le rôle et la portée de l’outil muséal en tant que fortement intégré aux dispositifs de production de l’histoire au sein de la modernité.
Announcement
Table ronde orgabisée par le réseau de recherche international MCTM (Mondes de la Colonialité et TransModernités)
Présentation
Depuis les années 2010 avec l’ouverture du Mémorial Act en Guadeloupe en 2015, puis du National Museum of African-American History and Culture à Washington en 2016, les institutions muséales états-uniennes et caribéennes (musées et plantations-musées) ont intensifié leurs actions pour représenter l'histoire de l'esclavage selon une visée qu’elles voudraient mettre au service d’une narration plus complète et nuancée. Elles cherchent à intégrer un espace moral où il est question de rétablir la dignité des victimes en faisant entrer dans les musées des récits jusqu'alors marginalisés tout en abordant les conséquences sociales et économiques de cette période sombre. Ces institutions développent ainsi des expositions immersives, collaborent avec des historiens et des artistes descendants de personnes mises en esclavage, et créent des programmes éducatifs pour encourager une réflexion sur ce qui est conçu comme un « héritage » persistant de l'esclavage dans les sociétés contemporaines.
Cette table ronde sera l’occasion de contraster les pratiques muséographiques afin d’évaluer les évolutions, les résistances, les critiques des institutions issues des sociétés américaines ayant pratiqué l’esclavage sur leur territoire. Elle cherchera à dégager le rôle et la portée de l’outil muséal en tant que fortement intégré aux dispositifs de production de l’histoire au sein de la modernité : le musée peut-il participer à une conscientisation amenant à reformuler les termes de rapports sociaux déjà informés par cette production de l’histoire ? Participe-t-il d’une contre-histoire ou vient-il prolonger, par-delà ses objectifs tournés vers la restauration de vérités, une fabrique renouvelée de la continuité où la « reconnaissance morale » exposée serait requise en tant que facteur d’une cohésion structurelle ancienne ? Entre ces deux pôles, d’autres voies d’interprétation sont-elles envisageables pour considérer l’institution muséale comme transformative, voire émancipatrice ?
Programme
9h30 Accueil café
9h45-11h15 Présentations :
- Christine Chivallon, anthropologue, chercheuse au CNRS. La plantation transformée en musée d'art : mémoires de l'esclavage détournées et malmenées
- Androula Michael, historienne de l’art, Université Picardie Jules Verne et Anne-Claire Faucquez, historienne des Etats-Unis, Université Paris 8. Retour d’expérience : visiter les musées états-uniens traitant de l’histoire de l’esclavage
- Mélaine Harnay, Docteur, Sorbonne Nouvelle. "A Journey to River Road" Représentation et mémorialisation de l’esclavage dans les plantations touristiques de Louisiane"
11h15-11h30 pause café
11h30-13h discussion/table ronde
Entrée libre.
Places
- Fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH) - Salle B1-01 - 1er étage - 54 bd Raspail
Paris, France (75006)
Event attendance modalities
Hybrid event (on site and online)
Keywords
- représentation, esclavage, musée, États-Unis, Antilles
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« Représenter l’esclavage dans les musées américains : États-Unis/Antilles », Study days, Calenda, Published on Tuesday, November 19, 2024, https://doi.org/10.58079/12pq1
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