HomeSoigner et prendre soin du corps vivant, altéré et mort dans l’Antiquité
*  *  *

Abstract

Questionnant l’individu mais aussi la construction de l’identité individuelle et sociale, le corps tend à devenir une thématique de recherche à part entière dans les sciences historiques. Au travers de cette journée d’étude pluridisciplinaire, l’objectif est de réunir des doctorants, doctorantes, jeunes chercheurs et jeunes chercheuses pour un temps d’échange sur la question du soin sous toutes ses formes (médical, esthétique, hygiénique, etc.) et les conceptions associées sur le corps sous tous ses états (vivant, altéré et mort) au cours de l'Antiquité, toutes aires culturelles confondues. 

Announcement

Le 28 mai 2025 à Lille, Université de Lille, Campus Pont de Bois

Argumentaire

Qu’il soit perçu comme un objet physique relevant de l’esthétique, comme un marqueur pouvant matérialiser le lien entre le monde terrestre et le monde céleste, ou utilisé comme un instrument sensible permettant l’expression de qualités internes ou de valeurs sociales et culturelles, le corps recouvre de nombreuses définitions. Ces multiples usages du corps soulignent l’importance de ce que les anthropologues nomment « la corporéité » dans les rapports humains et son apport dans la construction de l’image du soi véhiculée à autrui.  Le corps n’est ainsi pas simplement une enveloppe de chair mais est aussi un support de l’identité personnelle comme sociale ou encore ethnique. 

Premièrement étudié par les anthropologues et les sociologues dans un contexte contemporain, le corps est devenu un objet central dans l’étude des individus, de la construction de leur identité et de leurs relations sociales. Autant de questionnements que les historiens et les archéologues tendent depuis peu à soulever dans l’étude des populations passées. Toutefois, ce n’est que récemment que le corps est véritablement devenu un objet historique autonome et il est nécessaire d’approfondir les questionnements qu’il soulève dans les cultures historiques. C’est dans ce cadre que nous souhaitons développer notre intérêt sur la place du corps dans l’Antiquité et plus précisément, sur les soins apportés à ce dernier pour le protéger, le conserver ou le guérir.  

La journée d’étude proposée « Soigner et prendre soin du corps vivant, altéré et mort dans l’Antiquité » vise à réunir des doctorant.es spécialisé.es sur l’Antiquité – toute aire chrono-culturelle confondue – pour un temps d’échange sur les conceptions, figurations et pratiques liées au soin du corps. Le thème choisi permet de développer notamment les pratiques sur le corps dans tous ses états : le corps vivant avec les soins cosmétiques, mesures d’hygiènes, diététique, etc. ; le corps mort avec les soins et pratiques liés à sa préservation (l’embaumement par exemple) ainsi que le corps « altéré » (malade, blessé, souffrant…) à travers les soins médicaux. Cette notion du soin est large et recouvre principalement deux concepts, fortement liés mais toutefois bien distincts : le soin quotidien et préventif (prendre soin, ou care en anglais) qui protège et renforce le corps voire prévient un mal et le traitement (magico-)médical dont l’acte ponctuel ou régulier limite la propagation d’un mal ou le guérit pleinement. 

Loin d’opposer ces deux concepts – dont les définitions ne sont pas hermétiques –, cet échange sur les soins du corps sous tous ses états a l’objectif de questionner la notion de corps « sain » et la place du corps dans les différentes cultures antiques. En plus des communications portant directement sur les pratiques, nous souhaitons également encourager les communications portant sur les objets du soin esthétique comme médical et funéraire (instruments d’embaumement, objets cosmétiques, instruments liés aux tatouages…) ou encore les communications portant sur des représentations de scènes de soin. Plusieurs axes de réflexions pourront être étudiés au cours de cette journée d’étude : 

  • Conceptions : comment est défini le corps « sain » ? Comment est définit le corps « altéré » ? Comment se conçoit le corps mort ? Comment se conçoivent les maladies ? Les maladies mentales sont-elles également définies ? Qui donne ces définitions ? 
  • Pratiques : quelles sont les mesures mises en place pour prendre soin du corps (hygiène, diététique, esthétique…) ? Quels sont les objets liés au soin et/ou à l’esthétique du corps ? Quels sont les types de soins réalisés et pour quels maux ? Soigne-t-on tous les maux ? Les pratiques sont-elles accessibles à tous ? Qui sont les praticiens ? 
  • Figurations : comment est imagé le corps « sain » et qui est représenté avec un corps « sain » ? Comment est imagé le corps « altéré » et qui est représenté comme tel ? Trouve-t-on des représentations de scènes de soins esthétiques ou médicaux ?   

Modalités de contribution

Tout.e doctorant.e intéressé.e est invité.e à soumettre un titre et un résumé (300 mots max.) de sa proposition de communication à Lola Mohimont (lola.mohimont.etu@univ-lille.fr) et Léa Henrich (lea.henrich@univ-lille.fr)

pour le 31 janvier 2025 dernier délai.

Nous donnerons la réponse définitive de participation vers le début du mois de mars. Le temps d’intervention sera limité à 30 min (20 min de communication et 10 min de discussion). Le repas de midi, les pauses-cafés et l'hébergement seront pris en charge. En revanche, les frais de déplacement seront à la charge des établissements d'inscription des intervenants. Les informations plus précises telles que les horaires et la salle seront annoncées dans un second temps.

Comité scientifique

  • Sylvie Donnat, professeur d’égyptologie, UMR 8164 – HALMA, Université de Lille
  • Caroline Husquin, maîtresse de conférences en histoire ancienne, UMR 8164 – HALMA, Université de Lille
  • Julien Devinant, maître de conférences en philosophie et histoire de la médecine, UMR 8163 – STL, Université de Lille
  • David Le Breton, professeur de sociologie et d'anthropologie, UMR 7069 – LinCS, Université de Strasbourg
  • Markham Geller, professeur d’histoire des sciences, Université de Berlin (détachement de l’University College London, UCL)
  • Anne-Caroline Rendu-Loisel, maîtresse de conférences en assyriologie, UMR 7044 – Archimède, Université de Strasbourg

Places

  • Maison de la recherche (Bâtiment F) - Salle des colloques - Domaine Universitaire du Pont de Bois, 3 rue du Barreau
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Keywords

  • corps, soin, médecin antique, esthétisme, hygiène, présentation de soi, anthropologie du corps, histoire du corps, histoire de la médecine

Contact(s)

  • Léa Henrich
    courriel : lea [dot] henrich [at] univ-lille [dot] fr
  • Lola Mohimont
    courriel : lola [dot] mohimont [dot] etu [at] univ-lille [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Soigner et prendre soin du corps vivant, altéré et mort dans l’Antiquité », Call for papers, Calenda, Published on Monday, January 13, 2025, https://doi.org/10.58079/132ez

Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search