Le genre discursif comme variable en linguistique du corpus
The genre as variable in corpus linguistics
Enquêtes sur le français d’hier et d’aujourd’hui
French language then and now
Publicado quarta, 08 de janeiro de 2025
Resumo
La rencontre se propose comme une réflexion méthodologique autour de l’opérationnalisation de la notion du genre dans les enquêtes linguistiques. Elle a, par ailleurs, l’ambition de renforcer le dialogue entre les chercheurs qui travaillent sur les états anciens de la langue française et ceux étudiant son état contemporain. Il s’agirait ainsi de mettre en évidence la variété de perception et de manière d’opérationnaliser le paramètre du genre discursif en fonction de la période chronologique, du niveau linguistique étudié, ainsi que de l’approche théorique adoptée.
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Argumentaire
S’appuyant sur des textes – écrits comme oraux – la linguistique de corpus opérationnalise leurs métadonnées telles que la date de composition/rédaction, l(es) auteur(s), la variété linguistique, ou encore le genre discursif.
La notion du genre a été théorisée à travers le 20ème siècle, depuis les travaux fondateurs de Bakhtine dans les années 20, en passant par Foucault et Barthes, puis, dans un esprit davantage ‘linguistique’, par les travaux en énonciation et analyse du discours de Benveniste, Adam, Charolles, Maingueneau, Rastier.
Dans le cadre de cette tradition théorique, essentiellement francophone, la notion du genre a reçu de nombreuses définitions ; en compilant librement, on peut dire que le genre est compris comme un ensemble de pratiques socio-discursives (Bakhtine) qui répond aux contraintes structurelle, thématique, interactionnelle, médiatique et de situation d’énonciation (Maingueneau 1996). Enfin, les « genres sont des régularités socio-historiques observables dans le champ pratique qui est le leur » (Adam 1997).
Or, en raison de ce dernier point, l’opérationnalisation du genre discursif en tant que variable d’analyse linguistique implique l’obligation de recourir à des classifications externes au niveau de la langue même. Par ailleurs, en pratique, la délimitation entre les divers genres discursifs se révèle quelquefois complexe ; les classifications par genres dépendent de la période étudiée et posent des problèmes variés aux chercheurs. Ainsi, un médiéviste devra recourir aux analyses littéraires et historiques afin de distinguer les chroniques légendaires du 12ème siècle des romans courtois (ex., Brut de Wace) ; un chercheur étudiant l’écriture sur les réseaux sociaux sera confronté à des entités en construction et devra construire des classifications ad hoc (ex. écriture sur TikTok). Par ailleurs, il s’avère difficile d’étudier les phénomènes linguistiques relatifs à tel ou tel genre en diachronie longue dans la mesure où la nature mêmes des genres change avec le contexte socio-historique (Ayres-Benett 2024).
Sans doute en raison de l’essence extra-linguistique du genre, malgré une forte tradition théorique, dans les enquêtes linguistiques sur corpus le terme ‘genre’ est souvent employé sans être défini, remplacé par d’autres termes tels que types de texte, types de discours, ou encore délaissé au profit d’autres variables descriptifs (p.ex., registre : écrit/oral ; narration/représentation de l’oral ; thème : discours féministe, écologique ; nature communicative : immédiat/distance etc.). Cela découle vraisemblablement de la variété de principes de catégorisation de textes par genres témoignée par les corpus électroniques mêmes qui, selon Ayres-Benett, reflète la nature problématique bien que nécessaire du genre comme variable d’analyse (Ayres-Benett 2024).
Dans le cadre de ces journées d’étude, nous voudrions, par conséquent, nous tourner vers l’aspect pratique de l’usage de la notion du genre en linguistique du corpus. La rencontre se propose ainsi comme une réflexion méthodologique autour de l’opérationnalisation de la notion du genre dans les enquêtes linguistiques. Elle a, par ailleurs, l’ambition de renforcer le dialogue entre les chercheurs qui travaillent sur les états anciens de la langue française et ceux étudiant son état contemporain. Il s’agirait ainsi de mettre en évidence la variété de perception et de manière d’opérationnaliser le paramètre du genre discursif en fonction de la période chronologique, du niveau linguistique étudié, ainsi que de l’approche théorique adoptée.
Nous invitons les propositions de communication présentant des analyses sur corpus de tout état de la langue française à tout niveau linguistique ; les études comparatives et plurilingues incluant le français sont également les bienvenues.
Les thématiques proposées sont les suivantes :
- genre(s) mouvant(s) : difficultés de délimitation de genres, nécessité de former une classification ad hoc en synchronie ou en diachronie ; implications pour la constitution des corpus et/ou les enquêtes linguistiques sur corpus ;
- genre(s) gênant(s) : le paramètre du genre comme obstacle à l'étude d'un phénomène linguistique ; les analyses qui invalident la pertinence du genre comme variable d’enquête linguistique.
Modalités de soumisson
Les propositions de 400 mots maximum (bibliographie non comprise) en français ou en anglais sont à envoyées aux deux organisatrices :
- zinaida.geylikman@gmail.com
- angelina.aleksandrova@u-paris.fr
pour le 15 février 2025.
À l’issue de la journée d’étude, une publication collective sous forme d’un numéro thématique est envisagée.
Comité d’organisation
- Zinaida Geylikman, EDA, Université Paris Cité
- Angelina Aleksandrova, EDA, Université Paris Cité
Les journées d’étude bénéficieront du financement issu de l’ANR Access ERC Starting 2023
Calendrier prévisionnel
- 15 février 2025 : date limite d’envoi de propositions
- 15 mars 2025 : notifications aux auteurs
- 30 avril 2025 : programme
- 16 et 17 juin 2025 : journées d’étude
Bibliographie indicative
- Adam J.-M. (1990) Éléments de linguistique textuelle. Bruxelles-Liège, Mardaga
- (1997) « Genres, textes, discours : pour une reconception linguistique du concept de genre ». Revue belge de philologie et d'histoire, tome 75, fasc. 3. P. 665-681. DOI : https://doi.org/10.3406/rbph.1997.4188
- Ayres-Bennett W. (1996) A History of the French Language through Texts. London, Routledge.
- (2024) “Text types and syntactic change in seventeenth-century French”, communication orale, Colloque Tracing the Curve of Evolution: Syntactic change through text types, Université Caen-Normandie, 28-29 mars 2024. https://www.youtube.com/watch?v=qdHmQt-7ueM
- Bakhtine M. (1978) Esthétique et théorie du roman. Paris, Gallimard.
- (1984) Esthétique de la création verbale. Paris, Gallimard.
- Barthes R. (1953) Le degré zéro de l’écriture. Paris, Le Seuil.
- (1973) Le plaisir du texte. Paris, Le Seuil.
- (1974) « Texte (théorie du) » dans Encyclopedia Universalis.
- (1975) Roland Barthes par Roland Barthes. Paris, Le Seuil.
- Benveniste E. (1966) Problèmes de linguistique générale, t. 1, Paris, Gallimard.
- (1974) Problèmes de linguistique générale, t. 2, Paris, Gallimard.
- Charolles (1988) « Les plans d’organisation textuelle : période, chaînes, portées et séquences ». Pratiques, 57, p. 3-43
- Ducrot O. et al (éds.). Les mots du discours. Paris, Les Éditions du Minuit.
- Ducrot O. (1989) Logique, structure, énonciation. Paris, Les Éditions du Minuit.
- Foucault M. (1969) L’archéologie du savoir. Paris, Gallimard.
- Guillot et al. (2015). « L’oral représenté dans un corpus de français médiéval (9e-15e) : approche contrastive et outillée de la variation diasystémique ». Dans K. Jeppesen Kragh and J. Lindschouw (éds), Les variations diasystémiques et leurs interdépendances dans les langues romanes. Actes du Colloque DIA II à Copenhague (19-21 nov. 2012), Éditions de linguistique et de philologie, p. 15-28.
- Maingueneau D. (1984) Genèse du discours. Bruxelles, Mardaga.
- (1996) Les termes clés de l’analyse du discours. Paris, Éditions du Seuil.
- Lagorgette D. et al. (2006). « Énonciation et pragmatique : approche diachronique ». Langue française, 149.
- Lefeuvre, F. & Parussa, G. (2020). « L’oral représenté en diachronie et en synchronie : une voie d’accès à l’oral spontané ? » Langages, N° 217(1), p. 9‑21.
- Kerbrat-Orecchioni C. (1980) L’énonciation. De la subjectivité dans le langage. Paris, Armand Colin.
- Koch, P. & Öesterreicher, W. (1985). « Sprache der Nähe — Sprache der Distanz. Mündlichkeit und
- Schriftlichkeit im Spannungsfeld von Sprachtheorie und Sprachgeschichte », Romanistisches Jahrbuch, 36.1, p. 15-43.
- Koch P. & Öesterreicher W. (1990). Gesprochene Sprache in der Romania: Französisch, Italienisch,
- Spanisch. Tübingen, Niemeyer.
- Koch P. (1993) « Pour une typologie conceptionnelle et médiale des plus anciens documents/monuments des langues romanes ». Dans M. Selig et al. (éds.) Le passage à l’écrit des langues romanes, Tübingen, Narr, p. 39-81.
- Rastier F. (1989) Sens et textualité. Paris, Hachette.
- Schaeffer J.-M. (1989) Qu’est-ce qu’un genre littéraire. Paris, Éditions du Seuil.
Categorias
- Linguagem (Categoria principal)
- Pensamento, comunicação e arte > Linguagem > Linguística
Locais
- Université Paris Cité
Paris, França (75)
Formato do evento
Evento apenas no local
Datas
- sábado, 15 de fevereiro de 2025
Ficheiros anexos
Palavras-chave
- linguistique de corpus ; langue française ; linguistique diachronique ; français contemporain ; méthodologie
Urls de referência
Fonte da informação
- Zinaida Geylikman
courriel : zinaida [dot] geylikman [at] gmail [dot] com
Licença
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Para citar este anúncio
« Le genre discursif comme variable en linguistique du corpus », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado quarta, 08 de janeiro de 2025, https://doi.org/10.58079/131ba

