Announcement
Argumentaire
Bien avant que les Lumières fassent coïncider de manière optimiste la raison avec la lumière, la pensée occidentale l’avait déjà identifiée avec le Soleil et le Bien, en s’auto-représentant comme lumineuse, libre et énergique, outre qu’unitaire et unifiante. Au moins à partir de Platon, il ne semble y avoir aucun doute sur le fait que la pensée est l’activité de l’esprit humain (considérée pendant des siècles seulement masculine), et que cette activité, en plus de participer du domaine divin, consiste dans la formation abstractive des idées et des concepts, grâce au régime souverain et transparent de la conscience ; même lorsque la pensée est accompagnée d’une faculté imaginative (par exemple la Einbildungskraft kantienne) et de la capacité critique (qui, toujours en termes kantiens, est, littéralement, puissance juridique : Urteilskraft), la cartographie catégoriale complexe de l’intellect n’arrivera pas à obscurcir la clarté simple et bénéfique de l’évidence ; même l’isolement dubitatif, l’enferment dans lequel Descartes a conçu le cogito – et qui germe lui-aussi à partir de l’hypothèse paranoïaque-hallucinatoire du malin génie – ne peut que renforcer l’identité intuitive, l’autorévélation de la pensée à elle-même. Seulement à partir de Freud, cette intériorité solitaire devient plus opaque et s’étend en profondeur, circule dans les méandres du temps et se décompose dans une gamme de processus plus ou moins inconscients, alors que la pluralité des représentations pulsionnelles remplit la dimension affective – c’est-à-dire passive, involontaire – du penser.
Loin d’être quelque chose de simple ou dont les contours sont tracés simplement (donc immédiatement intuitionnée), une brique qui rend possible la construction d’objets complexes et composés (systèmes, modèles, visions du monde), la, ou mieux une pensée comme matière première ou brute est en réalité (ou au fond) quelque chose qui résiste au regard, quelque chose d’opaque et de désordonné. Si en plus le penser comme peser, c’est-à-dire comme latin pendēre, renvoie au pondo, au poids, et donc à l’effort nécessaire dans l’activité de pesage – à la fatigue du concept –, l’autre verbe latin pendĕre renvoie à la passivité de l’être suspendu ou accroché, à ce qui se balance (aussi au cadavre d’un pendu : on peut penser à l’anglais to hang), voire au tomber, à la pensée comme ce qui pousse ou qui précipite de manière confuse, ou plutôt, aux pensées qui oscillent comme des pendentifs et qui roulent vers le bas, ou aux conjectures qui, comme une foule menaçante de mauvais présages, envahissent l’espace étroit de l’intériorité – la prison de l’esprit.
Pourtant, dans son immédiateté incorporelle, la pensée constitue une protestation formidable ou une négation volontaire de l’existant : si les Lumières ont désacralisé l’ancien régime avec une flamme satirique avant que la révolution ne le brise à coup de piques, pour celui ou celle qui est isolé du monde ou physiquement enchaîné, penser équivaut à fuir dans un ailleurs libre et à multiplier les images qui s’opposent à son propre état de misère et de constriction.
La réflexion sémantique-métaphorique sur l’activité et la passivité de la pensée s’accompagne à une méfiance malicieuse envers sa simplicité illusoire et un peu obtuse – en des termes lacaniens, vers le trait unaire du signifiant « cogito ». Que la pensée soit l’Un, le phallus, mais aussi la lumière et le bien, cela constitue en fin de compte une tautologie rassurante, axiomatique, que la philosophie elle-même, après la littérature et avec la psychanalyse, a commencé à éroder au siècle dernier, mais qui mérite encore d’être sapée et raillée : dans une époque de retour de fondamentalismes et de simplifications grossières, creuser dans la férocité du penser signifie d’une part le libérer du conformisme dominant, d’autre part fournir une généalogie souterraine de la perfidie.
En effet, les pensées indomptables de celui qui est emprisonné ou soumis sont souvent similaires à celles des geôliers et des puissants. Sans remonter au latin ecclésiastique médiéval et à l’expression captivus diabŏli, « prisonnier du diable » – puisque le diable s’insinue dans la tête des hommes en envahissant ce qui le contient –, on dirait que penser signifie occulter, cacher, rendre opaque, renfermer, mais aussi libérer, dissoudre ou anéantir (du moins dans l’imagination ou grâce au langage), et qu’il s’agisse de percevoir aujourd’hui, et sous des formes inédites , l’ombre du mal dans la lumière de l’abstraction, la récursivité paranoïaque de l’interaction conceptuelle, l’imperfection défectueuse et la dispersion chaotique dans l’ordre de la structure, outre que la prolifération démoniaque dans l’unité fausse et superficielle de la pensée. Si parfois penser équivaut à prophétiser, c’est-à-dire à imaginer ce qui n’existe pas encore (ou ce qui n’existe plus : on peut aussi prophétiser en regardant le passé) et qui se forme de manière plus ou moins spontanée dans l’enclos de l’esprit, il s’agit de « soupeser » et démêler le caractère hallucinatoire et potentiellement destructeur de ces formations, aussi et surtout lorsqu’elles peuplent l’espace philosophique : loin de pouvoir être étiquetée comme « forte » ou « faible », la pensée n’est pas seulement lumineuse et éclairante, mais intrinsèquement méchante et plurielle, ironique et corrosive.
La pensée est méchante – elle devient méchante – pas seulement lorsque et parce qu’elle est prisonnière, lorsqu’elle cherche de fuir et de détruire ce qui est « dehors » ; en tant qu’innervée d’émotions, elle est capturée par son activité même : dans le fond obscur de l’esprit, comme dans le périmètre d’une cellule d’isolément, l’attention et la concentration ne tendent pas seulement au dévoilement ou à la possession de la vérité, mais aussi à sa démolition violente, bien que silencieuse. On dirait que, plus elles sont étouffantes et étouffées, pour ne pas dire réprimées, plus les pensées se propagent indociles et rebelles, pour ne pas dire impitoyables, en dessous de la sonorité solaire du logos ; que plus l’esprit exerce la froide dureté de la logique, plus elle jouit de la souffrance de ceux qui, pour différentes raisons, succombent face à cette logique, même le penseur lui-même ; que, en somme, l’inquiétude et la volatilité du penser sont une seule chose avec sa matérialité lourde et avec sa cruauté (auto)dérisoire.
En tant que doublement « mauvaises » - prisonnières et en même temps méchantes, joyeusement féroces ou mystérieusement malheureuses, systématiquement négatives et pourtant dangereusement farceuses – les pensées seront donc les objets multiples du douzième numéro de la revue Kaiak. A philosophical journey, qui vise à enquêter de manière anarchique et imprévisible la portée ontologique outre que psychosociale de leur prétendue infériorité par rapport à la grandeur limpide de l’intellect, ainsi que leur pluralité silencieuse, leur inavouable et obsessive présence dans le monde de la culture.
Sujets :
- Fantasmes et hallucinations
- Obsessions et présages
- Proliférations et possessions
- Soupçons et jalousies
- Complots, tromperies, fakes
- Satires et dérisions
- Captivités et évasions
Modalités de contribution
Les propositions d'articles en Français, en Anglais ou en Italien devront être soumises sous la forme de résumés (max. 3000 caractères) avant le 28 février 2025 à l'adresse rivistakaiak@libero.it. Les décisions du comité éditorial seront communiquées le 15 mars 2025. Les articles complets (max. 50.000 caractères) devront être envoyés avant le 15 juin 2025 et ils seront soumis à une évaluation en double aveugle (double blind peer review).
Comité éditorial
Gael Caignard, Arianna Costa, Vincenzo Cuomo, Eleonora de Conciliis, Annamaria Pacilio, Marco Pavanini, Igor Pelgreffi, Luca Scafoglio.
Argument
Long before the Enlightenment optimistically made reason coincide with light, Western thought identified it with the Sun and the Good, representing itself as luminous, free and energetic, as well as unitary and unifying. At least from Plato onwards, there seems to be no doubt that thought is the activity of the human mind—and as such believed for centuries to be exclusively masculine—and that this activity, as well as participating in the divine, consists in the abstract formation of ideas and concepts, thanks to the sovereign and transparent regime of consciousness. Even when thought is accompanied by imaginative faculty (e.g., Kantian Einbildungskraft) and critical capacity (which again in Kantian terms is, literally, juridical power: Urteilskraft), the complex categorical mapping of the intellect is not able to obscure the simple and beneficial glimmer of evidence. Even the doubting isolation, the seclusion in which Descartes gave birth to the cogito—which still germinates from the paranoid-hallucinatory hypothesis of the evil genius—only strengthens the intuitive identity, the self-revelation of thought to itself. It is only from Freud onwards that this solitary interiority becomes opaque and expands in depth, flows into the meanders of time and breaks down into a range of more or less unconscious processes, while the plurality of drive representations goes on to crowd the affective—that is, passive, involuntary—dimension of thinking.
Far from being something simple or simply delimited (i.e., immediately intuited), a building block that makes it possible to construct complex and compound objects (systems, models, worldviews), the, nay, a thought as raw or rough material is actually—or after all—something that resists the gaze, something opaque and untidy—a dirty tangle of fluff that must be unravelled first and foremost with the hands. If, moreover, thinking as pendēre refers to the pondo, that is, to the weight and therefore to the effort necessary for the activity of weighing—to the fatigue of the concept, the other Latin verb pendĕre (which is found almost unchanged in Italian) refers to the passivity of being suspended or hung, to dangling (even of the corpse of a hanged man: think of the English “to hang”), if not to falling: to thought as that which pushes or precipitates confusedly, indeed, to thoughts that swing like pendants and roll downwards, or to conjectures that, like a menacing crowd of bad omens, invade the narrow space of interiority—the prison of the mind.
And yet, in its incorporeal immediacy, thought constitutes a formidable protest or voluntary negation of the existing: if the Enlightenment desecrated the ancien régime with the flame of satire before the Revolution brought it down with a pike, for those isolated from the world or physically in chains, thinking is equivalent to escaping into a free elsewhere and multiplying the images that oppose one’s state of misery or constraint.
The semantic-metaphorical reflection on the activity and passivity of thought is accompanied by a mischievous distrust of its illusory and somewhat obtuse simplicity—in Lacanian terms, of the unary trait of the signifier “cogito”. That thought is the One, the phallus, but also light and good, constitutes, in short, a reassuring, axiomatic tautology that philosophy itself, after literature and together with psychoanalysis, began to erode in the last century, but which still deserves to be undermined and mocked. In an era of fundamentalist revivals and crude simplifications, delving into the ferocity of thinking is, on the one hand, freeing it from prevailing conformism and, on the other hand, providing an underground genealogy of perfidy.
Indeed, the untameable thoughts of the recluse or submissive are often similar to those of the jailers and the powerful. Without going back to mediaeval ecclesiastical Latin and the expression captivus diabŏli, “prisoner of the devil”—for the devil insinuates himself into man’s head by invading that which encloses him, one would say that thinking means to conceal, hide, opacify, enclose but also to liberate, dissolve and annihilate (at least in the imagination or thanks to language) and that it is about perceiving today and in new guises the shadow of evil in the light of abstraction, paranoid recursiveness in conceptual iteration, defective imperfection and chaotic dispersion in the order of structure, as well as demonic proliferation in the false and superficial unity of thought. If at times thinking is tantamount to prophesying, that is, imagining what does not yet exist—or no longer exists: one can also prophesy with one’s face turned to the past—and which forms more or less spontaneously in the confines of the mind, it is a matter of “weighing” and untangling the hallucinatory and potentially destructive character of these formations, even and especially when they populate philosophical space. Far from being labelled “strong” or “weak”, thought is not only luminous and illuminating but also inherently evil and plural, ironic and corrosive.
Thought is wicked—it gets angry—not only when and because it is a prisoner, when it tries to escape and destroy what is “outside”. As it is innervated with emotions, it is captured by its own activity: in the dark depths of the mind, as in the perimeter of an isolation cell, attention and concentration do not aim solely at the unveiling or possession of the truth, but also at its violent yet silent demolition. Indeed, one might say that the more stifled and suffocated, not to say repressed, the more undocile and rebellious, not to say ruthless, thoughts flood below the sunny sonority of the logos; that the more the mind exercises the cold hardness of logic, the more it enjoys the suffering of those who succumb to that logic, in various ways, even the thinker himself; that, in short, the restlessness and volatility of thinking are at one with its crude materiality and its (self-)derisive cruelty.
As doubly “evil”—captive and at the same time wicked, joyfully heinous or mysteriously ominous, systematically negative yet dangerously prankish—thoughts will therefore be the multiple objects of the 12th issue of Kaiak. A philosophical journey, which intends to investigate, in an anarchic and unpredictable manner, the ontological as well as psychosocial scope of their presumed inferiority to the limpid greatness of the intellect, their mute plurality, their unspeakable and obsessive presence in the world of culture.
Topics
– Fantasies and hallucinations
– Obsessions and omens
– Proliferations and possessions
– Suspicions, envy, jealousies
– Plots, deceptions, “fakes”
– Satires and mockeries
– Imprisonments and escapes
Submission guidelines
Abstracts in English, French or Italian (max. 3000 signs) must be sent to the adress rivistakaiak@libero.it
by 28 February 2025.
The editorial board will express its judgement by 15 March 2025. Essays (max. 50.000 signs) must be submitted by 15 June 2025 to undergo the double blind peer review procedure.
Editorial board
Gael Caignard, Arianna Costa, Vincenzo Cuomo, Eleonora de Conciliis, Annamaria Pacilio, Marco Pavanini, Igor Pelgreffi, Luca Scafoglio.
Argomento
Ben prima che l’illuminismo facesse ottimisticamente coincidere la ragione con la luce, il pensiero occidentale l’ha identificata con il Sole e il Bene, autorappresentandosi come luminoso, libero ed energico, oltre che unitario e unificante. Almeno da Platone in poi, sembra non esserci alcun dubbio sul fatto che il pensiero è l’attività della mente umana (e in quanto tale ritenuta per secoli esclusivamente maschile), e che tale attività, oltre a partecipare del divino, consiste nella formazione astraente di idee e concetti, grazie al regime sovrano e trasparente della coscienza; anche quando il pensiero viene corredato dalla facoltà immaginativa (ad esempio la kantiana Einbildungskraft) e dalla capacità critica (che sempre in termini kantiani è, alla lettera, potenza giuridica: Urteilskraft), la complessa mappatura categoriale dell’intelletto non riuscirà a oscurare il semplice e benefico chiarore dell’evidenza; persino l’isolamento dubitativo, la clausura in cui Cartesio ha partorito il cogito – che pure germoglia dall’ipotesi paranoico-allucinatoria del genio maligno – non fa che rafforzare l’identità intuitiva, l’autorivelazione del pensiero a sé stesso. Soltanto a partire da Freud, questa interiorità solitaria si opacizza e si espande in profondità, fluisce nei meandri del tempo e si scompone in una gamma di processi più o meno inconsci, mentre la pluralità delle rappresentazioni pulsionali va ad affollare la dimensione affettiva – cioè passiva, involontaria – del pensare.
Lungi dall’essere qualcosa di semplice o semplicemente delimitato (cioè immediatamente intuito), un mattoncino che rende possibile costruire oggetti complessi e composti (sistemi, modelli, visioni del mondo), il, o meglio un pensiero come materia prima o grezza è in realtà (o in fondo) qualcosa che resiste allo sguardo, qualcosa di opaco e disordinato. Se inoltre il pensare come pesare, cioè come pendēre rinvia al pondo, al peso e quindi allo sforzo necessario all’attività della pesatura – alla fatica del concetto –, l’altro verbo latino pendĕre rimanda alla passività dell’essere sospeso o appeso, al penzolare (anche del cadavere di un impiccato: si pensi all’inglese to hang), se non al cadere: al pensiero come ciò che spinge o precipita confusamente, anzi, ai pensieri che oscillano come pendagli e rotolano verso il basso, o alle congetture che, come una folla minacciosa di cattivi presagi, invadono lo spazio angusto dell’interiorità – il carcere della mente.
Eppure, nella sua incorporea immediatezza il pensiero costituisce una formidabile protesta o una negazione volontaria dell’esistente: se gli illuministi hanno dissacrato l’ancien régime con la fiamma della satira prima che la rivoluzione lo abbattesse a colpi di picca, per chi è isolato dal mondo o fisicamente in catene, pensare equivale a fuggire in un libero altrove e moltiplicare le immagini che si oppongono al proprio stato di miseria o di costrizione.
La riflessione semantico-metaforica sull’attività e la passività del pensiero si accompagna ad una maliziosa diffidenza verso la sua illusoria e un po’ ottusa semplicità – in termini lacaniani, verso il tratto unario del significante ‘cogito’. Che il pensiero sia l’Uno, il fallo, ma anche la luce e il bene, costituisce insomma una rassicurante, assiomatica tautologia che la filosofia stessa, dopo la letteratura e insieme alla psicoanalisi, ha cominciato a erodere nel secolo scorso, ma che merita ancora di essere insidiata e irrisa: in un’epoca di revival fondamentalisti e rozze semplificazioni, scavare nella ferocia del pensare significa da un lato liberarlo dal conformismo imperante, dall’altro fornire una sotterranea genealogia della perfidia.
In effetti, i pensieri indomabili di chi è recluso o sottomesso sono spesso simili a quelli dei carcerieri e dei potenti. Senza risalire al latino ecclesiastico medievale e all’espressione captivus diabŏli, ‘prigioniero del diavolo’ – poiché il demonio s’insinua nella testa dell’uomo invadendo ciò che lo racchiude –, si direbbe che pensare significa occultare, nascondere, opacizzare, rinchiudere ma anche liberare, sciogliere e annientare (almeno nella fantasia o grazie al linguaggio), e che si tratta di percepire oggi, e in vesti inedite, l’ombra del male nella luce dell’astrazione, la ricorsività paranoica nell’iterazione concettuale, l’imperfezione difettosa e la dispersione caotica nell’ordine della struttura, nonché la proliferazione demoniaca nella falsa e superficiale unità del pensiero. Se a volte pensare equivale a profetizzare, cioè a immaginare ciò che non esiste ancora (o che non esiste più: si può anche profetizzare col viso rivolto al passato) e che si forma più o meno spontaneamente nel chiuso della mente, si tratta di ‘soppesare’ e districare il carattere allucinatorio e potenzialmente distruttivo di queste formazioni, anche e soprattutto quando esse popolano lo spazio filosofico: lungi dal poter essere etichettato come ‘forte’ o ‘debole’, il pensiero non è solo luminoso e illuminante, ma intrinsecamente malvagio e plurale, ironico e corrosivo.
Il pensiero è cattivo – s’incattivisce – non solo quando e perché prigioniero, quando cerca di evadere e distruggere ciò che sta ‘fuori’; in quanto innervato di emozioni, esso è catturato della sua stessa attività: nel fondo oscuro della mente, come nel perimetro di una cella d’isolamento, l’attenzione e la concentrazione non mirano soltanto al disvelamento o al possesso della verità, ma anche alla sua violenta ancorché silenziosa demolizione. Si direbbe anzi che, quanto più soffocanti e soffocati, per non dire repressi, tanto più i pensieri dilagano indocili e ribelli, per non dire spietati, al di sotto della solare sonorità del logos; che quanto più la mente esercita la fredda durezza della logica, tanto più essa gode della sofferenza di chi a tale logica, a vario titolo, soccombe, fosse pure il pensatore stesso; che insomma l’irrequietezza e la volatilità del pensare fanno tutt’uno con la sua greve materialità e con la sua (auto)derisoria crudeltà.
In quanto doppiamente “cattivi” – prigionieri e insieme malvagi, gioiosamente efferati o misteriosamente infausti, sistematicamente negativi eppure pericolosamente burloni – i pensieri saranno dunque i molteplici oggetti del dodicesimo numero di Kaiak. A philosophical journey, che intende indagare in modo anarchico e imprevedibile sulla portata ontologica oltre che psicosociale della loro presunta inferiorità rispetto alla limpida grandezza dell’intelletto, sulla loro muta pluralità, sulla loro inconfessabile ed ossessiva presenza nel mondo della cultura.
Topics:
- Fantasie e allucinazioni
- Ossessioni e presagi
- Proliferazioni e possessioni
- Sospetti, invidie, gelosie
- Complotti, inganni, fakes
- Satire e derisioni
- Prigionie ed evasioni
Modalità di partecipazione
Gli abstract in Italiano, Inglese o Francese (max. 3000 battute) dovranno pervenire in redazione tramite mail all'indirizzo rivistakaiak@libero.it
entro il 28 febbraio 2025.
Il comitato editoriale esprimerà il suo giudizio entro il 15 marzo 2025. I saggi (max. 50.000 battute) dovranno essere inviati entro il 15 giugno 2025, per essere sottoposti alla procedura di double blind peer rewiew.
Comitato Editoriale
Gael Caignard, Arianna Costa, Vincenzo Cuomo, Eleonora de Conciliis, Annamaria Pacilio, Marco Pavanini, Igor Pelgreffi, Luca Scafoglio.