HomePenser et agir autrement avec l’intelligence artificielle ?
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Published on Monday, February 03, 2025

Abstract

Ce séminaire interroge ce qu’apporte l’intelligence artificielle à la recherche. Ce sujet est multidimensionnel, abordant non seulement le domaine numérique, mais également les innovations, la médecine, la didactique... Les questions soulevées pendant ce séminaire seront organisées en six sessions de février à juin 2025.

Announcement

Programme prévisionnel des séances du séminaire 2025 du Centre d’Alembert

Argumentaire

L’Intelligence Artificielle (IA) est parfois présentée comme la solution à venir pour des problèmes trop complexes pour être adéquatement appréhendés par l’être humain, ou bien considérée comme une façon d’échapper à des tâches rébarbatives et inutilement couteuses, y compris dans les activités de recherche. L’IA serait aussi une aide à la décision performante, capable d’accélérer nos choix, indispensable pour réduire les hésitations inutiles et les erreurs dangereuses, comme dans le domaine médical. Elle ouvrirait la voie à de nouvelles façons d’appréhender les données nombreuses et disparates.

Inversement, l’IA est aussi source de craintes multiples et de critiques sérieuses. Elle est accusée d’être une source de destruction d’emplois, de générer un travail avilissant pour entrainer l’apprentissage de ce type d’outil. Des études ont montré que l’IA perpétuait souvent les stéréotypes et favorisait donc la reproduction de tendances critiquables, voire les amplifiait. En plus de son cout social, elle aurait un cout environnemental non négligeable du fait des nombreux serveurs nécessaires pour son entrainement et son fonctionnement. La diffusion de l’IA dans le milieu académique, comme dans la vie de tous les jours, interroge.

L’utilisation croissante de l’Intelligence Artificielle dans la société et dans le monde de la recherche conduit-elle à des changements de pratiques profonds et à des méthodes de validation nouvelles ? En recherche, n’est-elle qu’un moyen d’accéder plus facilement à des financements ou un outil fécond pour élaborer des connaissances avec des approches différentes ? Quelles incertitudes, quelles reproductibilités, quels impacts environnementaux directs et indirects, quelles responsabilités, quels droits d’auteur découlent de l’usage de l’IA ? L’IA est-elle un pas en direction de l’affaiblissement de la réduction des libertés, de la reproduction amplifiée des stéréotypes et des pratiques préexistantes, de la diminution de la créativité ou une révolution qui améliorera les conditions de vie de tous ?

Les séminaires du Centre d'Alembert sont ouverts à toutes les communautés disciplinaires et à tous les établissements, ainsi qu'à tout public intéressé, y compris les étudiants.

Les intervenants sollicités viennent de disciplines aussi variées que la philosophie, l'informatique, la sociologie, la médecine, la didactique des sciences.

Participation

En présentiel ou distanciel sur inscription (gratuit)

Email : centredalembert@sciencesconf.org

Inscription 

Open Agenda 

Programme 

Les questions soulevées pendant ce séminaire seront organisées en six sessions de février à juin

Séance 1 : 13 Février

de 14h à 16h

Qu'est-ce que l’IA ? Définition et matérialité : 

Intervenants :

  • Daniel Andler est professeur émérite de l'Université de la Sorbonne, il a été titulaire de la chaire de philosophie des sciences et d’épistémologie de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV). Il est membre honoraire de l’Institut universitaire de France. En décembre 2016, il a été élu à l’Académie des sciences morales et politiques. L’intelligence artificielle : ce qu’elle vise, ce qu’elle fait

Après avoir connu des hauts et des bas, l’intelligence artificielle semble inscrite désormais sur une trajectoire victorieuse : rien ne semble pouvoir lui échapper. Non seulement elle conquiert, l’un après l’autre, des domaines — les échecs, le jeu de go, la science, l’organisation du quotidien, la gestion des villes, la diffusion de l’information, l’art de la guerre — qui ont longtemps semblé réservés à l’intelligence humaine, mais avec ChatGPT et l’IA générative, elle semble en mesure de la rattraper d’un coup d’un seul.

L’intelligence artificielle oscille depuis l’origine entre trois conceptions. Selon la première, aujourd'hui minoritaire, elle est liée à l’intelligence humaine à la manière dont une copie est liée à ce dont elle est copie ; selon la deuxième, plus largement acceptée, elle n’a pour ambition que de se substituer peu à peu à l’intelligence humaine, permettant peut-être à terme de s’en passer complètement. Ces conceptions reposent sur une méprise : les produits de l’IA n’appartiennent pas à la même catégorie d’entités que l’intelligence humaine. Ils sont impressionnants, ils peuvent être utiles et dangereux. Mais ce sont des outils, ce ne seront jamais des collègues : cette troisième conception nous met à l’abri d’illusions qui constituent elles-mêmes un danger.

  • Fabrice Flipo est ingénieur, philosophe, spécialiste des questions d'écologie du numérique. Il suit la question depuis plus de 20 ans. Ecologie de l'infrastructure numérique

Alors que Google avait un objectif de neutralité carbone, l'IA a fait grimper ses émissions de 50%. Le secteur du numérique est aujourd'hui celui qui a la pire trajectoire de tous, en termes de GES. Il pourrait tripler ses émissions d'ici 25 ans, voire davantage si l'efficacité énergétique ralentit. Alors que les catastrophes climatiques se multiplient, l'intervention brossera un tableau rapide de la situation, en posant une question : les "bienfaits" de l'IA valent-ils réellement le coût ainsi engagé ?

Séance 2 : 18 mars. L'impact de l'IA sur le travail

14 h à 16 h à l'Institut Pascal

Cette séance sera organisée en trois parties :

  1. D'où vient l'IA ? Le travail mondialisé derrière l'automation, présentée par Paola Tubaro, directrice de recherche au CNRS et enseignante à l’ENSAE.
  2. Le travail à l’épreuve de l’IA, co-présentée par Flore Barcellini, professeure des Universités en Ergonomie au Cnam et directrice du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement et Moustafa Zouinar, professeur associé en ergonomie au CNAM-CRTD et chercheur ergonome dans le département de recherche en sciences humaines et sociales d’Orange (SENSE).
  3. Les présentations seront ensuite suivies d'un débat animé par Julien Gargani, Directeur du Centre d’Alembert.

Pour plus d’informations sur le contenu de la séance et pour vous inscrire, veuillez consulter le lien suivant : https://seminaire-ia-2.sciencesconf.org

Séance 3 : 31 mars. Impact de l’IA sur la recherche en médecine

de 10 h à 12 h à l'Institut Pascal

L’Intelligence Artificielle (IA) est parfois présentée comme la solution à venir pour des problèmes trop complexes pour être adéquatement appréhendés par l’être humain, ou bien considérée comme une façon d’échapper à des tâches rébarbatives et inutilement coûteuses, y compris dans les activités de recherche. L’IA serait aussi une aide à la décision performante, capable d’accélérer nos choix, indispensable pour réduire les hésitations inutiles et les erreurs dangereuses, comme dans le domaine médical. Elle ouvrirait la voie à de nouvelles façons d’appréhender les données nombreuses et disparates.

Inversement, l’IA est aussi source de craintes multiples et de critiques sérieuses. Elle est accusée d’être une source de destruction d’emplois, de générer un travail avilissant pour entrainer l’apprentissage de ce type d’outil. Des études ont montré que l’IA perpétuait souvent les stéréotypes et favorisait donc la reproduction de tendances critiquables, voire les amplifiait. En plus de son coût social, elle aurait un coût environnemental non négligeable du fait des nombreux serveurs nécessaires pour son entrainement et son fonctionnement. La diffusion de l’IA dans le milieu académique, comme dans la vie de tous les jours, interroge.

L’utilisation croissante de l’Intelligence Artificielle dans la société et dans le monde de la recherche conduit-elle à des changements de pratiques profonds et à des méthodes de validation nouvelles ? En recherche, n’est-elle qu’un moyen d’accéder plus facilement à des financements ou un outil fécond pour élaborer des connaissances avec des approches différentes ? Quelles incertitudes, quelles reproductibilités, quels impacts environnementaux directs et indirects, quelles responsabilités, quels droits d’auteur découlent de l’usage de l’IA ? L’IA est-elle un pas en direction de l’affaiblissement de la réduction des libertés, de la reproduction amplifiée des stéréotypes et des pratiques préexistantes, de la diminution de la créativité ou une révolution qui améliorera les conditions de vie de tous ?

Intervenants

  • Stéphanie Allassonnière, Professeur de mathématiques appliquées à l’UFR de médecine de l’université Paris Cité et Vice-Présidente en charge de l’innovation et la valorisation.
  • Pierre-Antoine Gourraud, Professeur des universités en médecine à Nantes Université et praticien- hospitalier au CHU de Nantes. Enseignant versé dans la bio-informatique et la biologie cellulaire, il pratique les ressources éducatives libres depuis plus de 10 ans.
  • Suivi d'un débat animé par Julien Gargani, Directeur du Centre d’Alembert et Pierre Nicolas, Directeur de Recherche, INRAE.

Pour plus d’informations sur le contenu de la séance et pour vous inscrire, veuillez consulter le lien suivant : https://seminaire-ia-3.sciencesconf.org/ 

Séance 4 : 29 avril. L'IA est-elle discriminante : sexiste, raciste, inégalitaire ?

Institut Pascal, 91400 Orsay, 14 h à 16h

  • Patrice Bertail, Directeur de l'unité MODAL'X, UMR 9023 CNRS et professeur de Mathématiques (spécialité statistique et probabilité) à l'université Paris Nanterre. Biais en apprentissage statistique : une revue et une approche semi-paramétrique par calibration
  • Pauline Gourlet, Designer et chercheuse en sciences sociales, Pauline Gourlet travaille sur les technologies numériques : à travers des enquêtes participatives, elle tente de pluraliser et de politiser les opérations de documentation, de classification, de calcul. Racisme, sexisme et inégalités : IA et dépossession

Les présentations seront suivies d'un débat animé par Hélène Gispert, Université Paris Saclay, Samuel Roturier, UVSQ et Julien Gargani, Directeur du Centre d’Alembert.

Inscription Contact : centre.dalembert@universite-paris-saclay.fr

Les résumés des interventions et pour plus d’informations sur la séance : https://seminaire-ia-4.sciencesconf.org/

Séance 5 : 28 mai. Et si les imaginaires de l’IA étaient des antidotes à ses poisons ?

Institut Pascal, 91400 Orsay, de 14 h à 15 h30, également diffusée en visioconférence.

  • Ariel Kyrou, Essayiste philofictionnel, journaliste et enseignant

Ariel Kyrou utilise les œuvres de l’imaginaire, qu’il mêle à des sources philosophiques ou artistiques, pour penser et panser notre aujourd’hui sous un regard qui se voudrait terrestre, solidaire voire libertaire.

Aujourd’hui omniprésente, l’intelligence artificielle mérite à la fois d’être expérimentée, critiquée et mise à bonne distance. Recourir à ses imaginaires, qui datent d’au moins le Dieu forgeron Héphaïstos dans l’Iliade, est une première clef. Autre sésame essentiel : revenir aux sources des inspirations de celles et ceux qui nous imposent désormais leurs dites intelligences artificielles. Saviez-vous, par exemple, que l’implant neural dont rêve Elon Musk avec sa société Neuralink, permettant dans ses songes du futur de connecter nos cerveaux directement à nos IA, a été inventé de façon beaucoup plus critique par l’écrivain de science-fiction Iain M. Banks dans sa série de romans de La Culture ? Enfin, penser et agir autrement avec l’IA suppose des œuvres de philofiction, c’est-à-dire de fictions qui ouvrent plutôt qu’elles ne ferment nos devenirs, ainsi que des dispositifs mettant en boîte les algorithmes tels ceux des artistes contemporains Hito Steyerl ou Grégory Chatonsky. Soyons tout contre l’IA dans tous les sens du terme.

La présentation sera suivie d'un débat animé par Julien Gargani, Directeur du Centre d'Alembert et Gianni Giardino, Physicien, Enseignant-Chercheur à l’UVSQ.

Pour plus d’informations sur le contenu de la séance et pour vous inscrire, veuillez consulter le lien suivant : https://indico.ijclab.in2p3.fr/event/11871/

La séance est ouverte à toutes et à tous.

Séances à venir juin 2025

  • Juin : De l'histoire passée aux perspectives futures : quel rôle pour l’IA ?

Places

  • Institut Pascal - 530 Rue André Rivière
    Orsay, France (91)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Thursday, February 13, 2025
  • Tuesday, March 18, 2025
  • Monday, March 31, 2025
  • Tuesday, April 29, 2025
  • Wednesday, May 28, 2025

Keywords

  • intelligence artificielle, IA, stéréotype, reproductibilité, critique, médecine, didactique, discrimination

Contact(s)

  • Pascale Nowacki
    courriel : pascale [dot] nowacki [at] universite-paris-saclay [dot] fr

Information source

  • Pascale Nowacki
    courriel : pascale [dot] nowacki [at] universite-paris-saclay [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Penser et agir autrement avec l’intelligence artificielle ? », Seminar, Calenda, Published on Monday, February 03, 2025, https://doi.org/10.58079/13835

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