Published on Thursday, February 27, 2025
Abstract
Ce colloque, organisé par les doctorant·e·s du GRESCO, a pour ambition de s’interroger sur les interactions entre la sociologie et le reste du monde social (l’espace médiatique, l’espace des autres emplois des « sociologues » et l’espace des sciences). En effet, la sociologie, qui occupe déjà une position subalterne dans la hiérarchie académique, est l’objet ces dernières années de polémiques par médias interposés, qui vont parfois jusqu’à la désigner comme « discipline à abattre ». Ce constat peut mener à se questionner sur le rapport entre cette « science qui dérange », pour reprendre les mots de Pierre Bourdieu et le reste du monde social, sur le rôle qu’elle y joue : Comment la sociologie véhicule-t-elle la connaissance qu’elle produit en dehors de son champ de production ? Quelles sont les pratiques adoptées par les sociologues ou ex-sociologues dans ces différents espaces ? De quelle manière la sociologie est appropriée par d’autres champs, académiques et non-académiques ? Quels sont les enjeux, les apports et les limites de ces circulations et de ces appropriations pour la sociologie, et pour le reste du monde social ?
Announcement
Argumentaire
La sociologie, qui occupe déjà une position subalterne dans la hiérarchie académique (Renisio, 2015), est l’objet ces dernières années de polémiques par médias interposés, qui vont parfois jusqu’à la désigner comme « discipline à abattre » (Lagrave, 2022, p. 19). Ce constat peut mener à se questionner sur le rapport entre cette « science qui dérange », pour reprendre les mots de Pierre Bourdieu (Bourdieu, 1984, p. 19), et le reste du monde social, sur le rôle qu’elle y joue. Comment la sociologie interagit-elle avec le reste du monde social ? Quels sont les enjeux de ces interactions ?
Un premier type d’interactions est celui dans lequel se sont opposés, au fil des polémiques, critiques et défenseur·e·s de la sociologie critique. Mais la sociologie se donne aussi à voir sous d’autres formes et dans d’autres espaces sociaux. Par exemple, à l’occasion de la diffusion de savoirs sociologiques dans des revues de vulgarisation, dans la presse ou via les réseaux sociaux et/ou dans sa pratique en dehors du monde académique : au sein d’une collectivité territoriale, d’une association, ou en tant qu’expert·e. Enfin, la sociologie interagit avec d’autres disciplines scientifiques, qui peuvent utiliser ou s’approprier des notions ou concepts sociologiques pour leurs recherches, ou à l’inverse, nourrir les travaux sociologiques.
Dès lors, l’objectif de ce colloque est de questionner ces rencontres, ces croisements : comment la sociologie véhicule-t-elle la connaissance qu’elle produit en dehors de son champ de production ? Quelles sont les pratiques adoptées par les sociologues ou ex-sociologues dans ces différents espaces ? De quelle manière la sociologie est appropriée par d’autres champs, académiques et non-académiques ? Et dans le sens inverse, comment la sociologie s’approprie-t-elle d’autres savoirs produits hors de son champ disciplinaire ? Quels sont les enjeux, les apports et les limites de ces circulations et de ces appropriations pour la sociologie, et pour le reste du monde social ? Existe-t-il de potentiels dangers pour la sociologie comme discipline à part entière, et pour son autonomie ?
Ce colloque se déroulera ainsi selon trois axes, correspondant à trois types possibles d’espaces d’interactions entre la sociologie et le reste du monde social : l’espace médiatique, l’espace des autres emplois de « sociologues » et l’espace des sciences.
- Axe 1 – La sociologie dans l’espace médiatique : critiques, réponses et enjeux de la diffusion de la connaissance sociologique.
- Axe 2 - Pluralité et déclinaisons des emplois de « sociologues » : enjeux des pratiques et des usages de la sociologie dans d’autres champs professionnels.
- Axe 3 – La sociologie dans l’espace académique : apports et limites de la (pluri- et inter-) disciplinarité.
Cet appel à communications est largement ouvert aux chercheur·se·s, titulaires et non titulaires, aux étudiant·e·s et doctorant·e·s de toutes disciplines confondues ainsi qu’aux « professionnel·le·s de terrain » ayant réalisé un cursus de sociologie et/ou se saisissant de la discipline dans leurs pratiques quotidiennes.
Axe 1 - La sociologie dans l’espace médiatique : critiques, réponses et enjeux de la diffusion de la connaissance sociologique
En 1996, Pierre Bourdieu expliquait à la télévision qu’il fallait généraliser les conditions d’accès aux savoirs sociologiques en diffusant la connaissance savante en dehors de l’univers académique, par exemple dans le champ médiatique. On assiste depuis à une accélération de la dynamique de partage des connaissances sociologiques auprès de publics profanes, que ce soit dans des médias traditionnels (la télévision, la presse, la radio) ou dans des médias numériques, via la bande dessinée, les documentaires, les réseaux sociaux, les blogs ou les podcasts. Cet axe a ainsi pour objectif de traiter l’intervention des sociologues dans l’espace médiatique comme un objet sociologique.
En réponse aux critiques portées par certain·e·s responsables politiques, nombre de sociologues comme Gisèle Sapiro, Bernard Lahire ou encore Gérard Mauger, ont pris la parole pour défendre la démarche sociologique (Sapiro, 2021 ; Lahire, 2016 ; Mauger, 2021). Rose-Marie Lagrave a de son côté montré, dans une analyse portant sur ces polémiques, certaines des divisions qui traversent la discipline, entre les « défenseur·e·s académiques d’une sociologie aseptisée », et les chercheur·se·s ayant une approche d’avantage critique (2022, p. 21). Inès Bouzelmat a poursuivi ce travail en prenant pour objet les positions différenciées des chercheur·se·s sur la question raciale. Elle montre notamment qu’ « il faut être établi·e – bénéficier d’une position professionnelle et/ou institutionnelle solide ou avoir acquis une légitimité scientifique – pour se permettre une production péri-académique importante » (Bouzelmat, 2019).
À la suite des travaux de ces deux chercheuses, il est question dans cet axe d’opérer une tentative de compréhension de l’espace des prises de positions des sociologues dans l’espace médiatique. Il s’agit en effet de comprendre qui intervient dans les médias (caractéristiques sociales, positions académiques, etc.), dans quels types de médias, avec quelles approches ou pratiques de la sociologie, en vue de diffuser des savoirs sociologiques.
Au-delà de ces polémiques, il existe par ailleurs nombre d’initiatives de chercheur·se·s qui visent à diffuser des savoirs scientifiques vers un public élargi, dans des médias intéressés par le raisonnement sociologique (Le Monde Diplomatique, Mediapart, Alternatives Economiques, etc). De plus, Internet évolue rapidement, avec l’émergence de médias alternatifs ou indépendants qui cumulent parfois supports écrits et audiovisuels (LVSL, Blast, Frustration, Contretemps, The Conversation…), ou dont la ligne éditoriale est directement contrôlée par des chercheur.ses, voire par des sociologues (AOC, La Vie des Idées…). Enfin, ces dernières années ont vu émerger de nouveaux médiums, comme la bande dessinée (collection Sociorama chez Casterman, Delcourt, Futuropolis, Steinkis…), les podcasts, les réseaux sociaux, ou les documentaires sociologiques diffusés en ligne gratuitement ou sur de nouvelles plateformes (Cinémutins, Tënk…). Ce qui pose la question des conditions que ces nouveaux médias, médiums et plateformes offrent à la production et à la diffusion de la connaissance sociologique.
Dans le champ journalistique, la polémique qui a opposé Pierre Bourdieu à Daniel Schneidermann suite à la diffusion de l’émission de télévision « Arrêt Sur Images », a montré que les interactions entre sociologues et journalistes peuvent, en raison d’intérêts contradictoires, et d’un champ médiatique de plus en plus régi par la mesure de l’audimat (Bourdieu 1996), conduire à des rapports conflictuels. Dans le sillage de cette polémique, et parfois en réponse aux prises de position de Pierre Bourdieu, des sociologues contemporain·e·s se sont interrogé·e·s, à l’occasion d’un retour sur leurs pratiques, sur les conditions de production de l’information journalistique - dans le contexte de l’accélération de la marchandisation de l’information depuis l’irruption d’internet - et sur la manière de travailler un propos sociologique vulgarisé qui les prennent en compte sans lui faire perdre son caractère scientifique (Lemieux, Mucchielli, Neveu, Van de Velde, 2010).
Dans le champ de la production documentaire, l’exercice de diffusion de la sociologie a été inauguré au début des années 2000 avec deux films concurrents (Truc, 2004) consacrés à Pierre Bourdieu et à Alain Touraine. La forme documentaire est depuis directement appropriée par les sociologues pour diffuser des enquêtes sociologiques. Ce fût par exemple le cas du couple de sociologues formé par les époux Pinçon-Charlot. Mais c’est aussi le cas de sociologues bénéficiant d’une notoriété plus faible, et parfois même d’étudiant·e·s en master ou en doctorat, en particulier dans le cadre du développement des formations à la sociologie visuelle, et dont certain·e·s n’hésitent pas à revenir sur les enjeux de ces nouvelles pratiques de production et de restitution des travaux sociologiques (Tilman, 2018).
Dans le champ éditorial, enfin, les dix dernières années ont été marquées par le développement rapide de la bande dessinée sociologique, qui connaît parfois un grand succès auprès du public profane. Une nouvelle manière d’écrire la sociologie qui n’est pas elle non plus sans enjeux, en particulier méthodologiques, jusqu’à parfois conditionner en amont les pratiques de l’enquête de terrain lorsque celle-ci a dès le départ vocation à être restituée via ce support (Nocerino, 2016).
Un panorama de ces nouveaux médiums et de ces médias émergents, et des retours sur leurs impacts sur les conditions de production et de diffusion de la connaissance sociologique seraient les bienvenus.
Ainsi, les communications attendues pourraient, à titre d’exemples et de manière non exhaustive, porter sur :
- Un travail d’objectivation du rapport des médias à la sociologie (entre polémiques et demande d’expertise), et du rapport des sociologues à cet espace (positions et prises de positions, raisons et enjeux de l’intervention hors de l’espace académique, retours sur expériences, risques encourus, bénéfices et rétributions).
- La pluralité et les évolutions des médias et des médiums (formats, souci d’audience et de rentabilité) à travers lesquels les chercheur·se·s peuvent intervenir, et leurs conséquences sur la diffusion des savoirs (enjeux de traduction et de valorisation de la sociologie et de leurs diffuseurs académiques et non académiques).
- Les différentes pratiques des chercheur·se·s pour diffuser de la connaissance sociologique (formats, médiums), leurs enjeux (comment transmettre concrètement ces savoirs ?), les avantages et inconvénients (par exemple la BD) à la fois pour le public élargi mais également en retour réflexif sur la pratique sociologique académique.
Axe 2 – Pluralité et déclinaisons des emplois des « sociologues » : enjeux des pratiques et des usages de la sociologie dans d’autres champs professionnels
« À quoi sert la sociologie ? Quelles sont ses finalités pratiques ? Les sociologues ont-ils une utilité en dehors de leur vocation à proposer un maniement de l’esprit critique ?. Telles sont les questions que se posent des sociologues comme Michel Crozier, Gilles Herreros [et] Bernard Lahire » (Bernardeau Moreau, 2014, p. 2).
En effet, les pratiques et les usages de la sociologie étant aujourd’hui multiples et variés, questionner son utilité revient à réfléchir sur ses différentes postures et missions. Au-delà de la recherche désintéressée du chercheur tentant d’adopter « une posture distante voire critique, à l’égard des affaires du siècle », il existe « une tendance plus particulariste ou utilitariste, recherchant dans la pratique sociologique un moyen de contribuer à l’éclairage des problématiques sociales tout en étant force de propositions et d’actions » (Bertrand, Gaussot, 2021). Outre les sociologues qui se reconvertissent dans l’enseignement secondaire ou qui partagent leur temps entre l’université et l’entreprise par exemple, nous pourrions évoquer ceux et celles qui, n’étant pas ou plus affilié·e·s statutairement au monde académique, s’investissent dans différents champs professionnels, ayant pour mission l’aide à la décision politique et/ou sociale. Certain.es diplômé·e·s d’un cursus de sociologie, ayant donc quitté la sphère académique, se professionnalisent dans des domaines extra-universitaires (collectivités territoriales/administrations, associations à but non lucratif, entreprises, organisations syndicales et militantes, organismes de sécurité sociale, centres de formation, centres d’études et/ou statistiques etc.). Ces pratiques et ces usages différenciés de la sociologie en dehors du secteur académique ouvrent le champ au développement de nouvelles compétences et attentes (Piriou, 2008) envers les sociologues et les professionnel·le·s de terrain qui se l’approprient. Cette extension de la sociologie pose alors la question de ses réceptions et ses usages effectifs par ces professionnel·le·s et militant·e·s (non-)sociologues, entre désintérêt, appropriations et désarmement de la critique.
Nous retrouvons ici deux des trois figures de sociologues mises en avant par Bernardeau-Moreau Denis : le·la sociologue opérationnel·le et le·la sociologue critique. La première est un·e praticien·ne qui maîtrise les outils et savoirs de la sociologie et qui s’en sert pour répondre à une demande sociale. Dès lors, il·elle révèle des mécanismes et des problèmes et tente d’y apporter des solutions (Alter, 1995, p 143-144). Pour Odile Piriou, le·la sociologue dit académique est fortement diplômé·e et n’est pas sorti·e de l’université tandis que le·la praticien·ne a davantage d’expériences professionnelles dans lesquelles il·elle a pu mobiliser à la fois des savoirs théoriques et pratiques (Piriou, 2006). Quant à la deuxième, il s’agit d’un·e militant·e engagé·e qui assume ses jugements de valeurs au nom de la défense d’une cause (Bernardeau Moreau, 2014, p. 2-3). Cette frontière serait aussi intéressante à questionner en ce qu’elle n’est pas si évidente que cela.
L’extension de la sociologie en dehors de ses frontières académiques est donc un enjeu majeur de la professionnalisation de la discipline. Néanmoins, la présence de la sociologie dans les milieux extra-universitaires peut entraîner des tensions objectives chez les professionnel·le·s issu·e·s d’un cursus de sociologie, sommé·e·s de composer avec d’autres professionnel·le·s qui ne sont pas nécessairement des initié·e·s de la discipline (Piriou, 2022). L’application de la sociologie et de ses catégories d’analyse peut alors entraîner des tensions entre d’une part la discipline et les savoirs critiques qu’elle produit, et d’autre part les enjeux et intérêts économiques, sociaux, politiques et institutionnels des milieux dans lesquels elle se trouve appliquée. Nous pouvons penser aux thèses financées par des conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE) dont les objectifs poursuivis se situent à l’intersection entre l’accompagnement du changement organisationnel et son analyse critique (Hellec, 2014), pouvant entraîner des « frictions » (Soulard, 2007) entre le·la doctorant·e et son terrain de recherche. Quelle place occupent ces sociologues de formation dans ces espaces spécifiques ? Comment se matérialisent ces tensions entre le·la sociologue et les milieux spécifiques dans lesquels la sociologie est appliquée ?
Cet axe convie donc à penser les réceptions et la diversité des usages de la sociologie dans des pratiques quotidiennes de professionnel·le·s qui ne se définissent pas nécessairement comme des sociologues (Bertrand, Gaussot, 2021). Il vise aussi à interroger la circulation et l’appropriation des catégories et des pratiques de la sociologie (les méthodes de recueil de données, par exemple) en dehors du monde académique, incarné par la figure du chercheur. Au-delà, il interroge la définition même de la sociologie en ce qu’il (re)questionne le « dilemme » de ses usages professionnels (Uhalde, 2016) : « comment et pourquoi conserver une définition traditionnelle de la sociologie (comme « l’art pour l’art » ), lorsque l’on on est tenu de la mettre au service de l’éclairage ou de l’accompagnement de l’action et quand les travaux académiques se sont multipliés, réinterrogeant la neutralité axiologique et « l’engagement sociologique » (Bertrand, Gaussot, 2021, p. 17) ?
Ainsi, les communications attendues pourraient, à titre d’exemples et de manière non exhaustive, porter sur :
- Les conditions nécessaires pour que les savoirs sociologiques puissent être effectivement pratiqués et entendus en dehors des murs académiques, sans compter le fait qu’être sociologue ne signifie pas forcément la même chose pour tou·te·s.
- Le lien, souvent questionné, entre sociologie et utilité pratique.
- Les différents types de réception, d’appropriation et d’usage des savoirs sociologiques dans des pratiques professionnelles quotidiennes. Comment qualifier le « désir de sociologie » (Ould-Ferhat, 2008) parmi les acteur·rice·s locaux·cales ? Comment se traduit la demande sociale (Ibid, 2008) envers la sociologie et quelles sont les places et les enjeux de celles et ceux qui en font l’usage ? Ces sociologues de formation parviennent-ils·elles à produire des savoirs critiques (est-ce d’ailleurs l’objectif et/ou est-ce que cela est possible ?), et le cas échéant, dans quelles conditions ?
- Ce que l’extension de la sociologie en dehors du champ académique fait à la discipline. Cette dernière doit-elle remettre en cause les conditions de production des résultats de la recherche sociologique ou au contraire n’est-elle pas un moyen de (re)légitimer les sciences sociales (Bernardeau Moreau, 2014, p. 14) ?
Axe 3 - La sociologie dans l’espace académique : apports et limites de la (pluri- et inter‑)disciplinarité
La sociologie est une science à part entière, pourtant la délimitation de ses frontières n’a pas toujours été claire tant ses précurseurs étaient issus de multiples disciplines. Si les champs sont aujourd’hui académiquement distincts, ils n’en restent pas moins complémentaires pour étudier les réalités du monde social. À tel point qu’Edgar Morin prônait l’interdisciplinarité pour éviter une automatisation et une stérilisation disciplinaire (Morin, 1994). Pierre Bourdieu, quant à lui, militait pour « une science sociale unifiée » (Bourdieu, 1995) que les historien·ne·s présentent comme « la rencontre de l’histoire et de la sociologie » (Noiriel, 2008).
La sociologie offre des outils méthodologiques et conceptuels d’analyse aux appropriations différenciées. Pour ne citer que quelques exemples indicatifs : la géographie sociale, - dans l’esprit de la « géographie humaine » (Falardeau, 1950) - reprend des concepts sociologiques pour les repenser ; la philosophie sociale est dépendante d’autres disciplines, dont la sociologie ; l’anthropologie du proche (Gardou, 2010) passe « d’horizons lointains à des mondes plus “proches” de l’observateur » et questionne notamment les « proximités » (Fournier, 2021). Cependant, les rapprochements de la sociologie avec d’autres disciplines ne se limitent pas aux sciences humaines et sociales, même si les recherches pluridisciplinaires y sont plus nombreuses et plus visibles. Des programmes de recherche, comme le programme RÉSEAU (Étude de la contamination chimique des RESsources en EAU) ou le projet GENDHI (Gender and Health Inegalities), associent régulièrement sociologues et chercheur·se·s des sciences exactes. Le premier regroupe des sociologues et chimistes quand le second fait travailler ensemble des sociologues, économistes et épidémiologistes.
Cette liste non-exhaustive donne un aperçu des différentes disciplines adoptant une approche sociologique et démontre les apports aussi bien théoriques, épistémologiques que méthodologiques de ce type de projet (Roggero, 2006). À tel point que Bernard Lahire a récemment émis le souhait que « dans un avenir peut-être pas si lointain, les biologistes, les psychologues et les sociologues travailleront de concert à l’écriture de l’histoire du vivant, des mécanismes psychiques individuels (cognitifs ou émotionnels) et des mécanismes sociaux en offrant à l’humanité la possibilité d’être davantage maîtresse de sa destinée qu’elle ne l’est aujourd’hui » (Lahire, 2023, p. 932). En attendant, il existe également d’autres usages, parfois plus ponctuels ou plus ténus, qui forment des brassages ou des brouillages disciplinaires (Delas, Milly, 2015), pouvant aller jusqu’à une indisciplinarité (Loty, 2005).
Si certain·e·s militent pour en « finir avec les bataillons universitaires » (Besnier, 2013) ou pour une dispersion académique (Aubin, 2013), d’autres avancent que « la connaissance ne peut progresser que si elle est disciplinée » (Lévy-Leblond, 2013). Au sein des institutions universitaires, dominent les représentations « hyper-disciplinaires » (Fabiani, 2006, p. 34). Pluri- et interdisciplinarités viennent alors alimenter les inquiétudes de dissolution disciplinaire même si elles permettent plutôt des réagencements et l’émergence de nouvelles disciplines (Abbott, 2001). Les inquiétudes portent également sur les injonctions à l’interdisciplinarité qui « proviennent le plus souvent des pouvoirs administratifs et économiques, relayés par les pouvoirs politiques » (Resweber, 2011) avec in fine, une disciplinarisation de l’interdisciplinarité (Fleury, Walter, 2011).
Le·la chercheur·se qui utilise ce type d’approche doit accepter de prendre le risque d’être « plus que d’habitude, incertain des résultats à venir » (Sibertin-Blanc et al., 2010) et « ne pas savoir avant d’y aller voir » (Dubar, 2003) mais il·elle ne se soustrait pas pour autant aux exigences éthiques et scientifiques de toute recherche. Les chercheur·se·s qui pratiquent l’interdisciplinarité adoptent une posture réflexive sur l’éthique, la déontologie, les difficultés et les raisons de leur approche. Ils·elles en rappellent les inconvénients comme une possible reproduction des « défauts des disciplines mères (…) en vertu du même principe d’autorité » (Apter, 2010), des approximations voire des erreurs dans l’utilisation de certains outils d’analyse (Boullet, 2019) ou encore, la solitude du chercheur et de la chercheuse interdisciplinaire face à des champs académiques spécialisés et cloisonnés.
L’objectif de cet axe sera non seulement de présenter des résultats de recherche pluri- ou interdisciplinaire en soulignant les apports scientifiques de mêler une approche sociologique à d’autres approches, mais aussi les démarches qui amènent les chercheur·se·s d’autres disciplines à utiliser la sociologie comme outil de compréhension et d’appréhension de leur objet de recherche. Seront donc bienvenues des communications s’intéressant aux « migrations » parfois complexes vécues par les chercheur·se·s en mobilisant plus d’une discipline dans leurs travaux.
Ainsi, les communications attendues pourraient, à titre d’exemples et de manière non exhaustive, porter sur :
- Les appropriations de notions et méthodes sociologiques par d’autres disciplines. Pourquoi et comment s’approprier concepts et notions sociologiques pour enrichir ses travaux de recherche ? Quelles précautions prendre dans l’utilisation de ces concepts ?
- Les rapports pluridisciplinaires à la sociologie. Qu’est-ce que peut apporter la pluridisciplinarité à l’analyse scientifique ? Comment méthodologiquement mettre en place des recherches pluridisciplinaires ? Quelles difficultés les chercheur·se·s rencontrent-ils·elles pour associer des concepts venant de différentes disciplines ?
- Les risques et les limites de l’interdisciplinarité. Toutes les notions et méthodes sont-elles transposables ou existe-t-il des limites ? Quels effets peut avoir l’interdisciplinarité sur la sociologie en tant que discipline à part entière ?
- Les obstacles à l’interdisciplinarité. « Les contraintes académiques », « l’autonomie intellectuelle » et « l’investissement en temps » qu’exige la collaboration peuvent être autant d’obstacles à l’interdisciplinarité (Prud’homme, Gingras, 2015). Comment y faire face ? Existe-t-il d’autres obstacles ? Comment est-il possible de les dépasser ?
Modalités de soumission
Les propositions de communication indiqueront les noms, prénoms, et adresses mail des auteur·rice·s. Elles devront comporter un résumé de 3000 signes maximum, espaces et titre compris. Il faudra veiller à présenter distinctement la problématique et la méthodologie. Une bibliographie sommaire sera également exposée en sus. Ces propositions seront à envoyer
avant le 30 avril 2025,
et les réponses seront envoyées courant juin.
Merci de déposer vos propositions sur la plateforme « sciencesconf », disponible à l’adresse https://cdgresco.sciencesconf.org/ ou par ce QR code :
Pour toutes questions ou difficultés, vous pouvez également nous contacter à : colloquedesdoctos@gmail.com
Comité d’organisation
- Bania Mélanie, Université de Limoges, GRESCO
- Chauré Séléna, Université de Limoges, GRESCO
- Daligault Tatiana, Université de Limoges, GRESCO
- Marolleau Elian, Université de Poitiers, GRESCO
- Menigot Laura, Université de Poitiers, GRESCO
- Ogor Alexis, Université de Limoges, GRESCO
- Renier Romain, Université de Limoges, GRESCO
- Simonnet Adélaïne, Université de Poitiers, GRESCO
Comité scientifique
- Bernardeau-Moreau Denis, Université de Lille, SHERPAS.
- Brun Solène, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), IRIS, CNRS
- Duval Julien, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), CESSP, CNRS.
- Gaussot Ludovic, Université de Poitiers, GRESCO.
- Kaluszynski Martine, Sciences Po Grenoble, Pacte, CNRS.
- Lahire Bernard, École normale supérieure de Lyon (ENSL), Centre Max Weber, CNRS.
- Monchatre Sylvie, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber.
- Neveu Erik, Sciences Po Rennes, ARÈNES.
- Pouly Marie-Pierre, Université de Limoges, GRESCO.
- Pudal Romain, Université Paris Cité et Université Sorbonne Nouvelle, CERLIS, CNRS.
- Renisio Yann, Sciences Po Paris, CRIS, CNRS.
- Sapiro Gisèle, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), CESSP, CNRS.
Articles de presse
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Blin Simon, « Après “l’islamo-gauchisme”, vous prendrez bien un peu de “wokisme” », Libération, 22 juillet 2021.
Bouzelmat Inès, « Le sous-champ de la question raciale dans les sciences sociales françaises. Pour une approche sociologique des procès en légitimité scientifique », Mouvements, 12 février 2019.
Delaporte Lucie, « En France, les recherches sur la question raciale restent marginales », Mediapart, 8 février 2021.
Durupt Frantz, « Quand le genre et la race divisent le milieu universitaire », Libération, 28 février 2019.
Lebaron Frédéric, Fanny Jedlicki et Laurent Willemez, « La sociologie, ce n’est pas la culture de l’excuse ! », Le Monde, 14 décembre 2015.
Morin Edgar, « Sur l’interdisciplinarité », Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études transdisciplinaires, n° 2, Juin 1994.
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Subjects
- Sociology (Main category)
- Society > Ethnology, anthropology
- Society > Urban studies
- Society > Geography
- Society > History
- Society > Economics
- Society > Political studies
- Society > Law
Places
- Faculté des Lettres et Sciences Humaines - 39E rue Camille Guérin. 87 000 Limoges.
Limoges, France (87)
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Wednesday, April 30, 2025
Keywords
- sociologie, monde social, interaction, circulation, appropriation, interdisciplinaire, média, sciences, histoire, géographie, droit, travail social, statistique, association
Contact(s)
- Comité d'organisation du colloque
courriel : colloquedesdoctos [at] gmail [dot] com
Reference Urls
Information source
- Adélaïne Simonnet
courriel : adelaine [dot] simonnet [at] univ-poitiers [dot] fr
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« La sociologie hors de ses murs : circulations, pratiques et appropriations », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, February 27, 2025, https://doi.org/10.58079/13dy0

