Publicado el martes 02 de diciembre de 2025
Resumen
La cinquième édition de la journée d’étude des jeunes chercheur·euses du laboratoire EDA (Éducation, Discours, Apprentissages) a pour objectif d’offrir un espace d’échange et de réflexion autour de la circulation des savoirs et des compétences informelles, dans le double cadre des sciences du langage et des sciences de l’éducation.
Anuncio
5e journée d’étude des jeunes chercheur·euses du laboratoire EDA - Semaine du 6 au 10 octobre 2025 (jour à déterminer)
Argumentaire
La cinquième édition de la Journée d’étude des jeunes chercheur·euses du laboratoire EDA (Éducation, Discours, Apprentissages) a pour objectif d’offrir un espace d’échange et de réflexion autour de la circulation des savoirs et des compétences informelles, dans le double cadre des sciences du langage et des sciences de l’éducation.
Nous proposons d’articuler le thème autour de trois axes de recherche qui tracent un aller-retour des savoirs entre les sphères scolaires et universitaires et le reste de la société. Il s’agit tout d’abord de questionner le concept de « savoir informel » et ses caractéristiques (axe 1). Nous invitons ensuite les chercheur·euses à réfléchir à la mobilisation, en théorie et en pratique, des savoirs et compétences informelles dans des contextes d’éducation formels (axe 2). Enfin, dans une réciprocité, nous souhaitons interroger les possibilités et les modalités de la diffusion et de la vulgarisation des savoirs et des connaissances apprises et produites à l’école ou à l’université (axe 3).
Les participant·es pourront présenter leur corpus, leurs méthodologies et leurs résultats d’analyses, ainsi que, plus largement, toute réflexion épistémologique, théorique ou éthique sur la place des savoirs et des compétences informelles et la diffusion des savoirs dans leurs propres pratiques de recherche.
Axe 1 – Définir le savoir informel en tant que savoir : le défi de saisir le hors-cadre
Ce qui est « informel » est défini par la négative : est informel ce qui n’est pas officiel, sans règles préétablies. En tant que concept, « savoir informel » n’a donc aucune consistance, et il peut être difficile de s’y retrouver. Cet axe vise à y regarder de plus près, quitte à ouvrir une boîte de Pandore dans laquelle il faudra mettre de l’ordre pour espérer saisir ce que signifie cette expression (Schugurensky, 2007). Pour le saisir par la positive, on pourrait dire que ce qui est informel advient spontanément. On peut alors distinguer deux types de savoirs informels : ceux provoqués par une situation, induits par un environnement, et ceux qui proviennent d’une motivation personnelle et contrôlée sur son apprentissage (Marsick & Watkins, 1997 ; Cofer, 2000).
« Saisir » l’informel, c’est aussi tenter de l’appréhender par le cadre auquel il se dérobe. Peut-on évaluer ces savoirs, à la manière des ingénieur·es diplômé·es par l’État, des VAP (validation des acquis professionnels) et VAE (validation des acquis de l’expérience) (Prot, 2007) ? Les faire entrer en contact avec leur pendant formel, à l’image des réflexions visant à didactiser divers savoirs informels (Mangrulkar, Whitman & Posner, 2001 ; Fierro Porto & Schofield, 2022) ? Les contributions visant à déterminer l’éventuelle nature informelle de certaines pratiques en marge des codes de transmission formelle auront également leur place dans cet axe. Ainsi, qu’en est-il des apprentissages liés à l’imagination, à la création, à l’écriture d’invention (Galluzzo-Dafflon, 2011) ? De ceux qui prennent appui des ressources essentiellement adidactiques (médias, technologies), comme dans les cas de la littératie numérique (Combe, 2021) ?
Derrière ces enjeux subsiste la question de la frontière, parfois poreuse, entre les savoirs formels et informels, quitte à venir toucher du doigt le sens même de cet effort de définition (Brougère & Bézille, 2007). Et si le savoir informel constituait un espace dont les incursions de la recherche ne font qu’effleurer la surface, tentant vainement de typologiser ce qui échappe aux catégories ? Les travaux s’inscrivant dans cet axe tenteront de répondre à certaines de ces questions, autour d’une grande thématique : appréhender le savoir informel.
Axe 2 – Mobiliser les savoirs et compétences informelles en contexte formel : un défi entre curricula et pratiques
Cet axe propose de questionner la mobilisation des savoirs et compétences informelles dans les lieux d’enseignement formel.
Du point de vue curriculaire, on pourra étudier si, et le cas échéant comment, des savoirs et compétences informelles peuvent être transformées en savoirs et compétences scolaires. Il s’agira ici de questionner les conditions nécessaires (ou suffisantes) à la transposition didactique (Chevallard, 1985) – celle-ci concernant alors non pas les savoirs savants mais bien les savoirs informels. On pourra aussi se demander si la formalisation des savoirs implique leur dénaturation et si certains savoirs, par exemple essentiellement oraux (Salaün, 2016 sur les savoirs autochtones), sont à cet égard spécifiques. Au-delà de cette réflexion sur des conditions de possibilité, on pourra s’interroger sur le choix des savoirs et compétences objets de cette transposition : comment l’institution scolaire détermine-t-elle celles qu’elle souhaite intégrer dans les programmes scolaires et instructions officielles ?
Cet axe pourra également donner lieu à des communications centrées sur les acteurs de la communauté éducative – dont notamment les enseignants ou les élèves et leurs familles. Les communicant·es pourront ainsi étudier le rôle joué par les savoirs et compétences extra-scolaires des élèves dans la résolution de tâches scolaires : comment peuvent-elles favoriser la réussite, ou, au contraire, y faire obstacle (Sander, 2019 en mathématiques) ? On pourra également se questionner sur les variabilités de ce rôle en fonction de la nature des savoirs et compétences informelles en jeu (par exemple selon leur proximité aux savoirs et compétences scolaires – Bonnéry & Joigneaux, 2015 pour la lecture en famille ; Sockett & Kusyk, 2013 pour l’apprentissage de l’anglais grâce aux séries télévisées) ou des publics qui les mobilisent (Cordier, 2016). On pourra aussi s’interroger sur les pratiques enseignantes créant (Pulido, 2012) ou visant à créer du lien entre savoirs et compétences informelles et savoirs et compétences scolaires : comment celles-ci peuvent-elles soutenir les apprentissages des élèves (Traoré, 2024) ou des étudiant·es (Fierro Porto & Schofield, 2022) ? Enfin, les communicant·es pourront s’intéresser à la construction de savoirs populaires, produits par des « non-savant·es » (militant·es, enfants) en contextes formels et informels (Paveau, 2008, 2020 ou Meunier & Rosier, 2014, pour la linguistique folk).
Axe 3 – Diffuser et vulgariser : le défi de partager les savoirs
Cet axe propose de réfléchir à la possibilité d’une vulgarisation ou d’une « médiation scientifique » (Reboul-Touré, 2012) des travaux en sciences de l’éducation et en sciences du langage – et plus largement en sciences humaines et sociales – ainsi que la place accordée à celle-ci par l’Université. D’une part, il pourra s’agir de déterminer le(s) but(s) de « [c]ette opération de diffusion qu’on a longtemps appelée vulgarisation scientifique [qui] consiste à répandre les savoirs, à les partager, à les faire circuler » (Fraysse & de Bideran, 2017, §2) : vise-t-elle à informer les citoyen·nes, à valoriser la recherche d’un point de vue politique, associatif, militant (Allemand, 2016) ? D’autre part, il conviendra de définir les publics visés (Fraysse & de Bideran, 2017) : amateur·ices, passionné·es, professionnel·les, étudiant·es, collègues d’autres disciplines… À cet égard, la question de la réception de ces discours vulgarisés et de leur diffusion au grand public, en dehors de la sphère académique et en dehors du domaine scolaire, pourra être soulevée.
Les communicant·es pourront par exemple analyser les modalités des discours de transmission des connaissances en ligne et hors-ligne (Reboul-Touré, 2004) et les reconfigurations de « discours-limites » (Beacco & Moirand, 1995), qui produisent des connaissances en même temps qu’ils les diffusent (cf. la circulation de la recherche sur des plateformes en open access). Comment crée-t-on une crédibilité et une légitimité scientifique face à une audience (Allemand, 2016), comment incarne-t-on les discours vulgarisés (Goux & Véron, 2021) et à quels risques peut-on faire face (Véron, 2021) ?
Enfin, les communications pourront porter sur les supports de vulgarisation et de diffusion de la recherche : carnets de recherche en ligne (notamment Hypothèses, Rahal, 2019) et blogs, réseaux sociaux numériques (Twitter/X, Instagram, TikTok), chaînes YouTube ou Twitch, podcasts. Ces « journaux intimes ou carnets de bord » (Fraysse & de Bideran, 2017, p. 10) permettent-ils une réflexion éthique, méthodologique et épistémologique sur la position de chercheur·euse ? Si ces supports favorisent l’accessibilité de la recherche et garantissent une certaine liberté aux chercheur·euses, il pourra faire sens de questionner les limites de la diffusion des savoirs dans les espaces qui y ont peu ou pas accès (Suds globaux, prisons, censures politiques, etc.).
Soumission des propositions
Les jeunes chercheur·euses qui le souhaitent sont invité·es à soumettre une proposition de communication de 5 000 signes maximum (bibliographie comprise), à l’adresse suivante : jejc.eda@gmail.com,
avant le 4 avril 2025.
Les propositions devront être anonymisées et s’inscrire clairement dans l’un ou plusieurs des trois axes présentés.
La notification des acceptations est fixée au 6 juin 2025.
Information pratique
- L’événement se déroulera au format hybride : en présentiel au sein des locaux de l’Université Paris Cité (45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris) et en visioconférence.
Comité d’organisation
- Rémi Barrès
- Juliette Fanjat
- Selene Monfort
- Noémie Trovato
Comité scientifique
- Angelina Aleksandrova (EDA) Morgane Beaumanoir-Secq (EDA) Margaret Bento (EDA)
- Marianne Doury (EDA) Arnaud Dubois (EDA) Cristina Figueiredo (EDA)
- Rémi Goasdoué (EDA) Caroline Lachet (EDA) Sophie Lerner Seï (EDA) Patricia von Münchow (EDA) Éric Roditi (EDA)
- Lily Schofield (LIDILE)
Bibliographie
Allemand, L. (2016). Vulgariser pour valoriser les sciences humaines et sociales. Mélanges de la Casa de Velázquez. Nouvelle série, 46(1), 251-255. https://journals.openedition.org/mcv/7010
Beacco, J.-C., & Moirand, S. (1995). Autour des discours de transmission des connaissances. Langages, 117, 32-53. https://doi.org/10.3406/lgge.1995.1704
Bonnéry, S., & Joigneaux, C. (2015). Des littératies familiales inégalement rentables scolairement. Le français aujourd’hui, 190(3), 23-34. https://doi.org/10.3917/lfa.190.0023
Brougère, G., & Bézille, H. (2007). De l’usage de la notion d’informel dans le champ de l’éducation. Revue française de pédagogie, 158, 117-160. https://doi.org/10.4000/rfp.516
Chevallard, Y. (1985). La transposition didactique : Du savoir savant au savoir enseigné. La Pensée Sauvage.
Cofer, D. A. (2000). Informal Workplace Learning. Practice Application Brief No. 10, Educational Resources Information Centre.
Combe, C. (2021). Former à la littératie numérique de futurs enseignants de FLE : Une approche par genres numériques.
Lidil, 63. https://doi.org/10.4000/lidil.8959
Cordier, A. (2016). Agir contre la (re)production de « distinctions ». Diversité, 185(1), 33-37. https://doi.org/10.3406/diver.2016.4290
Fierro Porto, M., & Schofield, L. (2022). Proposition d’un cadre pour la didactique intégrant les pratiques informelles dans un cours d’anglais LANSAD en ligne. Recherches en didactique des langues et des cultures, 20(1). https://doi.org/10.4000/rdlc.11545
Fraysse, P., & de Bideran, J. (2017). Publiciser la recherche : Témoignage et réflexions à propos des carnets de recherche en ligne. In P. Fraysse, C. Gardiès, & I. Fabre (Éds.), Sur les sciences de l’information et de la communication : Contributions hybrides autour des travaux de Viviane Couzinet. Cépaduès Éditions. https://hal.science/hal-02476838/document
Galluzzo-Dafflon, R. (2011). Projet d'écriture théâtrale et mises en œuvre de l'écriture d'invention au lycée. Recherches en didactiques, 12(2), 85-101. https://doi.org/10.3917/rdid.012.0085.
Goux, M., & Véron, L. (2021). Écriture scientifique et support numérique. Formes et effets du discours scientifique sur Twitter. Publifarum, 36(2). https://riviste.unige.it/index.php/publifarum/article/view/2063
Mangrulkar L., Whitman C. V., Posner M. (2001). Lifeskills approach to child and adolescent healthy human development. Pan American Health Organization. https://hhd.org/sites/hhd.org/files/paho_lifeskills.pdf
Marsick, V. J., & Watkins, K. E. (1997). Lessons from informal and incidental learning. In J. Burgoyne & M. Reynolds (Eds.),
Management learning: Integrating perspectives in theory and practice (pp. 295-311). Sage.
Meunier, D., & Rosier, L. (2014). Quand le savoir s’emmêle… La construction discursive de la norme chez les locuteurs non experts. Les carnets du Cediscor, 12, 99-113. https://doi.org/10.4000/cediscor.943
Paveau, M.-A. (2008). Les non-linguistes font-ils de la linguistique ? Une approche anti-éliminativiste des théories folk.
Pratiques, 139-140, 93-109. https://doi.org/10.4000/pratiques.1200
Paveau, M.-A. (2020, mars). Nouvelles propositions sur la linguistique populaire. Métadiscours militants et enfants-linguistes. Linguística popular/Folk Linguistics. Práticas, proposições e polêmicas. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03328498
Prot, B. (2007). Pour sortir des idées fixes sur l'évaluation. La Revue de l'Ires, 55(3), 101-122. https://doi.org/10.3917/rdli.055.0101
Rahal, M. (2019). Le carnet de recherche. Un nouvel outil dans l’écriture d’une histoire du temps présent. Le Mouvement Social, 269-270(4), 133-148. https://doi.org/10.3917/lms.269.0133.
Reboul-Touré, S. (2004). Écrire la vulgarisation scientifique aujourd'hui. In Sciences, médias, société. http://sciences-medias.ens-lyon.fr/article.php3?id_article=65
Reboul-Touré, S. (2012). De la vulgarisation scientifique à la médiation scientifique. Des changements entre discours, langue et société. In Regards croisés sur la langue française : Usages, pratiques, histoire (p. 143-155). Presses Sorbonne Nouvelle.
Salaün, M. (2016). La culture autochtone est-elle soluble dans la forme scolaire ? Réflexions à partir de quelques expériences pédagogiques (Hawai’i, Nouvelle- Calédonie). Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, 15, 217-236.
Sander, E. (2018). Une perspective interprétative sur la résolution de problèmes arithmétiques : Le cadre A-S. In J. Pilet & C. Vendeira (Éds.), Actes du séminaire de didactique des mathématiques de l’ARDM (p. 122-141). IREM de Paris. https://bibnum.publimath.fr/IPS/IPS19029.pdf
Schugurensky, D. (2007). « Vingt mille lieues sous les mers » : les quatre défis de l’apprentissage informel, Revue française de pédagogie, 160, 13-27. https://doi.org/10.4000/rfp.583
Sockett, G., & Kusyk, M. (2013). L’apprentissage informel en ligne : Nouvelle donne pour l’enseignement-apprentissage de l’anglais. Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité - Cahiers de l’APLIUT, XXXII(1), 75-91. https://doi.org/10.4000/apliut.3578
Traoré, K. (2024). Comment la prise en compte des savoirs mathématiques locaux pourrait-elle contribuer à l’amélioration de l’enseignement et de l’apprentissage des mathématiques ? In Conférence de consensus « Enseignement et apprentissage des mathématiques au primaire » : Notes des experts (p. 79-90). Confemen, Cnesco-Cnam.
Véron, L. (2021). « Twitta », « influenceuse », « intellectuelle », « communicante » ? Être enseignante-chercheuse sur Twitter. Tracés. Revue de Sciences humaines, 21, 29-50. https://journals.openedition.org/traces/13173
Categorías
- Epistemología y métodos (Categoría principal)
- Pensamiento y Lenguaje > Lenguaje > Lingüística
- Pensamiento y Lenguaje > Educación > Ciencias de la educación
Lugares
- 45 rue des Saint-Pères
París, Francia (75006)
Formato del evento
Evento híbrido (en línea y presencial)
Fecha(s)
- viernes 04 de abril de 2025
Archivos adjuntos
Palabras claves
- éducation, langage, discours, didactique, savoir informel, compétence informelle, vulgarisation, langage
Contactos
- Selene Monfort
courriel : selene [dot] monf [at] gmail [dot] com
URLs de referencia
Fuente de la información
- Noémie Trovato
courriel : noemie [dot] l [dot] trovato [at] gmail [dot] com
Licencia
Este anuncio está sujeto a la licencia Creative Commons - Reconocimiento 4.0 Internacional - CC BY 4.0.
Para citar este anuncio
Selene Monfort, Noémie Trovato, Rémi Barrès, Juliette Fanjat, « La circulation des savoirs et des compétences informelles : perspectives éducatives, didactiques et langagières », Convocatoria de ponencias, Calenda, Publicado el martes 02 de diciembre de 2025, https://doi.org/10.58079/13gd1

