L’habiter post-urbain
Colonialité du modèle métropolitain : imaginaires de l’aménagement et modes de vie urbains
Published on Monday, March 24, 2025
Abstract
Cette première journée vise à explorer la « colonialité » intérieure au territoire national, inhérente au modèle capitaliste métropolitain dans l’organisation urbaine du territoire national, en particulier à travers les dynamiques de métropolisation. Il s’agira plus largement d’évaluer la pertinence du concept et des théories de la (dé)colonialité lorsqu’elles sont appliquées aux champs de l’urbanisme (et son idéologie de l’aménagement urbain), de la sociologie (et ses modes urbanisés de vie en société) et de l’anthropologie (et ses conceptions narcissiques de l’individu-sujet).
Announcement
Présentation
Cette première journée vise à explorer la « colonialité » intérieure au territoire national, inhérente au modèle capitaliste métropolitain dans l’organisation urbaine du territoire national, en particulier à travers les dynamiques de métropolisation (Faburel, 2023 ; Claret, 2024). Il s’agira plus largement d’évaluer la pertinence du concept et des théories de la (dé)colonialité lorsqu’elles sont appliquées aux champs de l’urbanisme (et son idéologie de l’aménagement urbain), de la sociologie (et ses modes urbanisés de vie en société) et de l’anthropologie (et ses conceptions narcissiques de l’individu-sujet). Cette réflexion s’inscrit dans un contexte où la métropole (par ses politiques de concentration et d’expansion, entre autres) est présentée comme la solution (et rarement la cause) aux crises climatiques et écologiques, et plus largement existentielles de notre civilisation. À travers le concept de colonialité, il s’agira plus avant de questionner quelques mythes fondateurs, qu’ils soient de l’abondance ou de la délivrance (Berlan, 2021).
Ainsi, quelle(s) conception(s) et définition(s) retenir de la colonialité appliquée au sein du territoire national ? Dans quelle mesure la métropolisation s’impose-t-elle comme modèle hégémonique d’aménagement et d’habiter, structurant et homogénéisant les lieux et formes de vie, bien au-delà des périmètres administratifs des grandes agglomérations ? (Lerbet et Lévêque, 2021) Quelles formes concrètes et symboliques instaure-t-elle ? Dans quelles mesures les politiques d’aménagement, les programmes d’État ou les modes de vie diffusés en sont-ils les véhicules premiers ? Quels acteurs en sont les principaux intercesseurs ? Les concepts ici mobilisés sont généralement issus des théories décoloniales, particulièrement pensées dans les pays des Suds (Mignolo, 2021). Sa filiation avec les résistances paysannes face à l’imposition forcée à la modernisation de l’agriculture sur les « sauvages contrées de l’intérieur » (Weber, 1983) au sein des États occidentaux sera également rappelée (Dupont et Bitoun, 2016). Il s’agira dès lors de questionner la fécondité et la pertinence critique du concept de « colonialité », de même sans doute que celui de « centre/périphérique », lorsqu’il est appliqué au processus de métropolisation, pensé comme une expansion entrainant dépossession et restructuration des relations aux lieux et des formes d’habiter et assujettissement des formes de vie, converties aux desseins capitalistes de marchandisation et de croissance de la « métropole » (terme renvoyant à la cité-mère à l’origine de la fondation de plusieurs colonies).
À cette aune, quelles résistances, directes ou discrètes, au cœur ou à l’extérieur, s’organisent pour résister à cette hégémonie ? Comment s’organisent-elles, que ce soit dans des marges des grandes villes contre l’exploitation forcée des précaires et exilé·e·s, à leurs lisières contre l’extension sans fin (méga-projet urbain, infrastructures), ou dans les petites villes, laissées pour compte, contraintes à l’intégration à l’idéologie métropolitaine par les programmes d’État, ou dans les ruralités éloignées, contre les représentations urbaines fantasmées de la vie “à la campagne“ ? Quelles méthodes et postures engagées pour faire entendre des territoires et formes de vie convertis de force, à bas bruits ? Dans quelle mesure le concept de subalternité peut-il être opérant pour mieux comprendre les effets de l’habiter métropolitain sur les campagnes ?
Programme
9h00 : accueil
Temps 1 : métropolisation des territoires et colonialité de l'habiter, en France et en Italie : concepts, marges, luttes
- Modération : Guillaure Faburel
9h30 - 10h45 : la colonialité métropolitaine comme gouvernement des milieux et des subjectivités
- Fabian Lévêque, doctorant en géographie & aménagement, UMR Triangle, université Lyon 2 : la colonialité métropolitaine à l’œuvre dans l’expansion du Grand Paris, entre dislocation de l’habiter et idéologie de l’occupation : le cas du plateau de Saclay
- Hugo Claret, docteur en économie : métropolisation et production de subjectivités narcissiques : un enjeu de la survie du capitalisme
10h45 - 11h00 : pause
11h00 - 12h30 : décoloniser les imaginaires de mythes fondateurs : les métropoles comme espaces d’émancipation et d’hospitalité
- Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherche émérite au CNRS, HDR en sociologie, Triangle, ENS Lyon : la ville indécente : migration, subalternité et hospitalité
- Armelle De Guibert, association Aurore : des ruralités intolérantes, vraiment ? Les actions de l’association Aurore pour l’accueil des personnes migrantes dans une petite ville de Loire-Atlantique
12h30 - 14h : pause déjeuner
Temps 2 : Décoloniser les habitudes et manières de faire urbaines : décentrement et humilité au cœur des démarches méthodologiques
Modération : Ewa Chuecos
14h-17h : table ronde, projection et discussion
- Fanny Ehl, designer et doctorante en géographie & aménagement, UMR Triangle, université Lyon 2 et Fabian Lévêque, doctorant en géographie & aménagement, UMR Triangle, université Lyon 2 : entre grandes et petites villes, des cultures écologiques en tension ? Le cas de Rochefort en Charente-Maritime
- Annaïg Plassard, autrice de BD fiction et non fiction, réalisatrice du documentaire - « Retour à Plabennec » (52 minutes) sur ses aspirations climatiques à revenir dans sa ville natale (petite ville de proximité) et son souhait d’animer le dialogue citoyen afin de chercher des horizons politiques communs au niveau local
- Emma Conquet, journaliste, membre du collectif Champs Libres, sur la question de « l’Urban Gaze » ou la ruralité soumise au regard médiatique urbain
- Yvonne Debeaumarché, réalisatrice du documentaire « Les Jeunesses » (90 minutes) sur les sociabilités ordinaires d’un groupe de jeunes d’un village des Ardennes éloigné des grandes agglomérations
Inscriptions
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Subjects
- Geography (Main category)
- Society > Sociology
- Society > Political studies > Political science
- Society > Ethnology, anthropology
- Society > Geography > Urban geography
- Society > Geography > Rural geography
- Society > History > Rural history
- Society > Urban studies
Places
- Salle Marc Bloch - Maison des sciences de l'Homme, 14 avenue Berthelot
Lyon, France (69)
Event attendance modalities
Hybrid event (on site and online)
Date(s)
- Wednesday, April 16, 2025
Attached files
Keywords
- écologie, géographie rurale, métropolisation, colonialité, imaginaire, politique, aménagement
Contact(s)
- Ewa Chuecos
courriel : ewa [dot] chuecos [at] gmail [dot] com
Reference Urls
Information source
- Ewa Chuecos
courriel : ewa [dot] chuecos [at] gmail [dot] com
License
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To cite this announcement
« L’habiter post-urbain », Seminar, Calenda, Published on Monday, March 24, 2025, https://doi.org/10.58079/13k42

