Announcement
Colloque international 20-22 novembre 2025
Argumentaire
Manifestation première du langage humain, l’oral est omniprésent : spontané ou codifié, éphémère ou mémorable, intime ou public, il traverse tous les espaces de communication. Qu’il soit naturel ou travaillé, formel ou informel, en face-à-face ou médiatisé, il façonne les échanges quotidiens, tous les discours (académiques, culturels, politiques, etc.), les pratiques artistiques et les innovations technologiques.
Omniprésent, il demeure pourtant insaisissable, inscrit dans le flux du temps et voué à disparaître dès son énonciation (verba volant scripta manent). Contrairement à l’écrit, qui fixe et matérialise le langage, l’oral n’existe que dans la dynamique de son énonciation. L’analyser suppose donc de le traduire en termes d’espace : le transcrire, le segmenter, le figer dans une représentation graphique qui, inévitablement, altère sa nature fluide et spontanée.
En effet, le passage de l’oral à l’écrit ne se limite pas à une simple transcription, mais consiste en une véritable transformation, où chaque médium impose ses propres contraintes et redéfinit la structure même du langage. La différence entre oral et écrit n’est pas seulement fonctionnelle : elle est aussi matérielle et cognitive. L’oral est un flux sonore, immédiat et contextuel, soutenu par l’intonation (silences, variations de rythme…) et la multimodalité (regards, postures du corps, gestes… voir par exemple Jacques Cosnier 1996). Façonné en temps réel, il voit sa syntaxe se co-construire et s’ajuster (voir la notion de syntax on-line de Peter Auer 2000). L’écrit est une inscription spatiale, segmentée et indépendante de la situation d’énonciation. Il est censé traduire le flux temporel en progression structurale, lissant les hésitations, supprimant les redondances et brandissant une syntaxe auto-suffisante au niveau de l’énoncé et celui du texte.
Entre l’oral et l’écrit, il n’y a donc pas simple transcription, mais adaptation, parfois réinvention.
Les différences, d’abord médiales, entre oral et écrit, sont à distinguer de la manière dont ils sont perçus et représentés, aussi bien dans le champ de la grammaire, dans l’opinion commune que dans les productions littéraires, où l’oralité, loin d’être simplement transcrite, est souvent reconstruite, stylisée ou mise en scène selon les contraintes et les esthétiques propres à l’écrit. Les travaux de Peter Koch et Wulf Oesterreicher (2001) proposent d’envisager l’oral et l’écrit non comme une opposition binaire, mais comme un continuum communicatif structuré autour de deux pôles, i.e. la langue de la proximité, associée à l’oral, caractérisée par la spontanéité, l’interaction directe et une syntaxe souple, d’un côté, et la langue de la distance, associée à l’écrit, impliquant une structuration plus réfléchie et une autonomie discursive, de l’autre. Cette perspective permet de penser la diversité des relations entre oral et écrit selon les langues et les usages. En français, où l’oral spontané et l’écrit normé présentent des écarts syntaxiques marqués, la transition entre les deux suppose une reformulation significative. En arabe, seule la forme standard est écrite et enseignée, tandis que les variétés dites dialectales, essentiellement orales, restent socialement dévalorisées, créant une situation de diglossie, quelquefois conflictuelle. D’autres systèmes, comme le chinois, présentent une relative autonomie entre écriture et phonétique, tandis que certaines langues à forte tradition orale n’ont développé un système graphique que récemment.
C’est dans ce cadre que Langlois (2012 : 99) détecte une dualité et une forme de « compagnonnage » entre oralité et écriture depuis l’apparition de cette dernière. La parole est certes première, innée et définitoire à l’espèce humaine, mais le langage s’est perfectionné et a cheminé avec la technologie de l’écriture, tout comme il s’adapte aujourd’hui aux nouvelles technologies de communication (Hagège, 1985 : 89-91). Il y a donc une interdépendance inéluctable entre ces deux outils de la pensée. Si l’homme est un homo sapiens, agissant en conscience, il est avant tout un homo loquens « homme dialogal », qui semble prédisposé biologiquement à devenir un « homme de paroles », qui deviendra éventuellement mais pas nécessairement « un homme de l’écrit » (Hagège, 1985 : 198). En résumé, s’il n’y a pas eu une dichotomie radicale entre oralité et écriture, il y a cependant de réelles différences, à la fois en termes de valeur mais aussi de bénéfices cognitifs (cf. Langlois, ibid.).
Ces diverses modélisations de la différence entre oral et écrit se trouvent elles-mêmes aujourd’hui remises en cause par l’avènement des humanités numériques, qui redessinent les frontières entre les deux. Du point de vue des usages, les technologies numériques favorisent des formes hybrides de communication, comme les messages vocaux, les sous-titres automatiques ou les interfaces vocales, où l’oralité et l’écrit s’entrelacent en permanence. Sur le plan scientifique et méthodologique, les nouvelles approches computationnelles permettent d’analyser directement le signal sonore sans passer par la transcription, avec des modèles comme wav2vec 2.0 ou HuBERT. Ces avancées remettent en question la primauté de l’écrit dans l’étude du langage et ouvrent la voie à une meilleure prise en compte des langues peu dotées en ressources écrites.
Axes de réflexion
En plus d’accueillir des études portant sur l’oral, ce colloque invite à interroger les processus de transformation et d’interaction entre oralité et scripturalité à travers plusieurs axes :
1. Oralité et structuration du langage
Comment les caractéristiques propres à l’oral (prosodie, gestualité, variations rythmiques) influencentelles la construction du discours ? Comment l’oralité façonne-t-elle les structures syntaxiques et pragmatiques des langues ? Quelles sont les frontières entre oral et écrit dans les langues où ces distinctions sont particulièrement marquées (diglossie, plurigraphisme) ?
2. De l’oral aux corpus : transcription et annotation
L’annotation des données orales, dont la transcription est une composante essentielle (voir Abouda, Lefeuvre & Badin, à paraître), structure et interprète la parole pour en permettre l’analyse. Mais toute mise en texte suppose une sélection : quelle granularité adopter ? Comment concilier la mesure quantitative et le « grain » du langage (cf. Rastier, 2011) ?
L’oral, fluide et multidimensionnel, résiste à toute fixation complète. La transcription et l’annotation, en mettant en évidence certains phénomènes prosodie, syntaxe, interaction… sont autant de cartes du langage, chacune privilégiant une perspective. Mais la carte n’est pas le territoire : elle oriente l’interprétation autant qu’elle structure la donnée. Dès lors, comment penser ces choix pour une représentation la plus pertinente possible ?
3. Normes, représentations et hiérarchisation des formes langagières
Depuis des siècles, l’écrit a été érigé en modèle de légitimité linguistique, reléguant l’oral à une position secondaire. Comment cette hiérarchie s’est-elle constituée selon les contextes culturels et historiques ? Dans quelle mesure les locuteurs évaluent-ils leur propre usage oral et celui des autres usagers de la langue par rapport à la norme écrite ? Comment les institutions éducatives, académiques et médiatiques participent-elles à cette structuration ?
4. Oralité et technologies : hybridations et recompositions
Loin d’une opposition rigide entre oral et écrit, les pratiques numériques contemporaines révèlent un continuum entre ces deux modes d’expression. L’oral est aujourd’hui enregistré, transcrit automatiquement, archivé, rejoué, voire simulé par l’intelligence artificielle. Parallèlement, l’écrit emprunte des codes de l’oralité à travers les textos, les messages instantanés, les emojis ou les soustitres automatiques. Comment ces pratiques redéfinissent-elles les spécificités de l’oral et de l’écrit ? Quels enjeux posent-elles en termes de normativité linguistique, de mémorisation et d’authenticité du discours ? En quoi les humanités numériques remettent-elles en cause les distinctions traditionnelles entre ces deux modes d’expression ?
5. Oralité et création littéraire
Dans quelle mesure la littérature cherche-t-elle à capter l’oralité, à la styliser ou à la recomposer ? Quels procédés sont utilisés pour restituer la parole dans le texte, que ce soit dans la narration, le théâtre ou la poésie ? Comment la littérature joue-t-elle avec les frontières entre langue de la proximité et langue de la distance ? L’oralité y est-elle une contrainte, une ressource ou un artifice ?
Une dimension centrale de cette relation réside dans la représentation souvent fantasmée de la langue populaire, qui oscille entre fascination et mise à distance. Loin d’être un simple reflet des pratiques langagières, la transcription de l’oral en littérature participe souvent d’une reconstruction qui en accentue certains traits tout en en gommant d’autres, interrogeant ainsi les hiérarchies entre écrit et oral. Cette mise en scène de l’oralité s’inscrit dans une tension entre une approche légitimiste, cherchant à préserver les normes de l’écrit, et une démarche plus populiste, revendiquant l’expressivité d’une langue orale supposée plus authentique ou plus esthétique, plus propice à l’inventivité stylistique. Comment ces enjeux se manifestent-ils dans les choix stylistiques et esthétiques des auteurs ? Dans quelle mesure l’oralité littéraire reflète-t-elle des idéologies linguistiques et des représentations sociales de la langue ?
6. Diachronie de l’oral
Si William Labov décrit la linguistique historique comme “the great art of making the best use of bad data” (1994 : 11), c’est parce que « plus on remonte dans le temps, plus les données, nécessairement écrites, sont éparses, discontinues, peu diversifiées, et parfois mal documentées » Marchello-Nizia et al. (2020 : 34). S’initiant et se propageant essentiellement à l’oral, le changement linguistique paraît particulièrement difficile à documenter en diachronie longue qui ne dispose, dans le meilleur des cas, que de données écrites. D’où l’émergence du champ de l’oral représenté (Marchello-Nizia 2012 ; Lefeuvre & Parussa 2020), qui cherche à débusquer les marques d’oralité dans l’écrit disponible, et celui de la micro-diachronie de l’oral (Abouda & Skrovec, 2022) qui cherche à croiser la diachronie longue et la sociolinguistique variationniste. Quels indices permettent de reconstituer les formes orales disparues ? Dans quelle mesure les textes anciens stylisent-ils l’oralité plutôt qu’ils ne la reflètent ? Comment l’écart entre oral et écrit a-t-il évolué au fil du temps ? Comment la documentation du changement linguistique en temps réel sur des données orales récentes permet-elle de consolider les méthodes de la diachronie longue ? Cet axe invite à explorer les moyens d’analyser l’oral dans une perspective diachronique et micro-diachronique, entre documentation, reconstruction linguistique et mise en scène littéraire.
7. Didactique de l’oral
L’école est un lieu d’échange verbal constant (Langlois, 2012), mais l’oral y occupe un statut paradoxal : omniprésent dans les interactions, il est à la fois un outil et un objet d’apprentissage, sans pour autant s’imposer comme une discipline à part entière (Nonnon, 1994). Malgré sa reconnaissance dans les documents officiels, sa didactisation reste complexe, en raison notamment de la prééminence de l’écrit dans l’apprentissage scolaire (Gadet & Guérin, 2008).
Les études en sociolinguistique et sur la variation rappellent l’importance de prendre en compte la diversité des usages oraux et leurs actualisations en classe. L’oral doit-il être enseigné à travers des situations fonctionnelles précises, ou son acquisition repose-t-elle avant tout sur un apprentissage informel par l’interaction ? Ces questionnements s’étendent aussi bien à la langue maternelle qu’à l’apprentissage des langues étrangères, où la maîtrise des compétences orales est centrale.
Dans cette perspective, les recherches sur la grammaire de l’oralité (Weber, 2013) et sur les modes contemporains de communication (Weber, 2019) ouvrent de nouvelles pistes pour l’intégration de l’oral dans les apprentissages. L’articulation entre prosodie, communication non verbale et gestualité joue un rôle clé dans cet enseignement. Le concept de “corps apprenant” (Lapaire, 2022) et les approches enactives (Aden, 2016) soulignent l’importance des dimensions sensori-motrices dans l’appropriation des compétences orales. De même, les travaux sur le “geste pédagogique” (Tellier, 2013) montrent comment la gestualité de l’enseignant soutient la compréhension et l’appropriation du langage.
Comment articuler l’apprentissage de l’oral avec les autres compétences linguistiques ? Quels outils et dispositifs permettent une meilleure prise en compte de la communication non verbale ? Dans quelle mesure la multimodalité et les nouvelles formes de communication transforment-elles l’enseignement de l’oral ?
8. Traduction de l’oral : entre spontanéité, fidélité et technologies
« The conference interpreter must be able to provide an exact and faithful reproduction of the original speech. Deviation from the letter of the original is permissible only if it enhances the audience’s understanding of the speaker’s meaning » (Jones, 2002 : 4). La traduction de l’oral, qu’elle soit interprétative ou automatique, pose un défi constant entre la restitution fidèle du discours source et l’adaptation nécessaire à l’efficacité communicationnelle. Contrairement à la traduction écrite, qui permet un travail de reformulation approfondi, la traduction orale exige une restitution instantanée, fluide et adaptée au contexte, sans possibilité de révision.
L’interprétation simultanée, consécutive ou chuchotée mobilise des compétences spécifiques qui tiennent compte des contraintes temporelles et de la nature éphémère du discours oral. Mais qu’advient-il des spécificités orales du discours lorsqu’il est traduit en direct ? La spontanéité du locuteur est-elle préservée ou est-elle sacrifiée au profit d’une clarté et d’une efficacité accrues ? Dans quelle mesure le type de discours et le contexte de l’interprétation influencent-ils le traitement de l’oralité dans la langue cible ?
Par ailleurs, les avancées technologiques transforment les pratiques et les enjeux de la traduction orale. L’intelligence artificielle, la reconnaissance vocale et les outils de traduction automatique proposent de nouvelles approches qui redéfinissent les compétences requises pour les interprètes et traducteurs. Face à ces évolutions, comment adapter la formation des futurs professionnels ? Quels outils pédagogiques privilégier pour développer la rapidité d’analyse et la précision de restitution ? Jusqu’où les technologies peuvent-elles compléter, voire concurrencer, l’expertise humaine dans la médiation linguistique ?
Un colloque interdisciplinaire
Ce colloque s’adresse aux linguistes, littéraires, anthropologues, historiens du langage et spécialistes des médias, dans les langues du monde, souhaitant explorer ces problématiques dans toute leur diversité. Il invite à confronter différentes traditions linguistiques et littéraires, afin de penser les multiples façons dont l’oral et l’écrit interagissent, se transforment et se recomposent.
Nous encourageons des propositions adoptant une approche théorique, descriptive ou appliquée, ainsi que des études de cas illustrant la pluralité des relations entre oralité et scripturalité dans différentes langues et cultures.
Langues du colloque : français, arabe, anglais
Modalités de soumission
La durée de chaque communication sera de 20 minutes, suivie de 10 minutes de discussion.
Les propositions de communication, anonymes, doivent être déposées sur le site Sciencesconf,
avant le 15 juillet 2025 (inclus).
Elles ne devront pas dépasser 500 mots (hors bibliographie) et peuvent être rédigées en français, arabe ou anglais. Chaque proposition devra inclure un titre, préciser l’axe ou les axes concernés, et exposer clairement la problématique étudiée, le cadre théorique et la méthodologie employée.
Toutes les propositions feront l’objet d’une double évaluation à l’aveugle par des membres du comité scientifique.
Les communications pourront être présentées en français, arabe ou anglais. Afin de favoriser l’intercompréhension, les organisateurs recommandent la préparation de supports en français, quelle que soit la langue de présentation.
Dates clés
- Diffusion de l’appel : 01 avril 2025
- Réception des propositions de communication : jusqu’au 30 juin
- Notification d’acceptation ou de refus : 1er septembre
- inscription : jusqu’au 30 septembre
- Diffusion du programme : 7 octobre
- Colloque du 20 au 22 novembre
Frais d’inscription
- Doctorants, jeunes chercheurs étrangers : 60 € ; gratuit pour les doctorants locaux
- Chercheurs étrangers confirmés : 150 € ; tarifs pour locaux : 60 DT
- Les frais d’inscription couvrent les 3 déjeuners, les pause-café et les frais de gestion et de communication (abstracts, blocs notes…).
- Dîner de gala : vendredi 21 novembre (19h00) : 30 €
- Excursion (facultative, samedi 22 novembre après-midi, Takrouna, village berbère) : 20 € Ou Visite de la Médina et du musée de Sousse (frais d’entrée au musée)
Comité d’organisation
- ABOUDA Lotfi (Université d’Orléans, France)
- AZOUZI Ammar (Université de Sousse, Tunisie)
- BOUCHAREB Sonia (Université de Sousse)
- DO-HURINVILLE Danh-Thành (Université Marie et Louis Pasteur, France)
- CHEN Lian (Université d’Orléans, France)
- DAO Huy-Linh (Inalco, France)
- HACEN Aymen (Université de Monastir)
- HOCHLAF Sami (Université de Sousse)
- URSI Biagio (Université d’Orléans, France)
- ZELFANI Rim (Université de Sousse)
- ZRIGUE Anissa (Université de Kairouan)
Comité d’accueil
- BEN ZINEB Emna (Université de Sousse)
- CHALBI Soumer (Université de Sousse)
- CHOUAIEB Afef (Université de Sousse)
- GHRIB Siwar (Université de Sousse)
- IFAOUI Imen (Université de Sousse)
- ISSAOUI Yousra (Université de Sousse)
- MANSOURI Kawthar (Université de Sousse)
- REBHI Seif (Université de Sousse)
Conférenciers invités
- CANDEA Maria (Sorbonne Nouvelle, France)
- CHAKER Jamil (Université de Tunis, Tunisie)
- LEFEUVRE Florence (Sorbonne Nouvelle, France)
- محمد صلاح الدين الشريف (أستاذ متميز في اللسانيات، قسم العربية، جامعة منوبة، تونس)
Comité scientifique
- ABDELKEFI Hédia (Université d’El Manar, Tunisie)
- ABOUDA Lotfi (LLL, Université d’Orléans, France)
- AZOUZI Ammar (Université de Sousse, Tunisie)
- BAZANTAY Jean (Inalco, France)
- BEN SAAD Nizar (Université de Sousse, Tunisie)
- BLANCO-ESCODA Xavier (Université autonome de Barcelone, Espagne)
- BOUHLEL Ezzedine (Université de Sousse, Tunisie)
- BRIKI Radhouane (Université de Sousse-Tunisie)
- CARON Elsa (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- CHAKER Jamil (Université de Tunis, Tunisie)
- CHEN Lian (LLL, Université d’Orléans, France)
- CHIHA Monem (Université de Kairouan, département d’arabe, Tunisie)
- COSTA Rute (Université Nova de Lisbonne, CLUNL, Portugal)
- DAGHRIR Wassim (Université de Sousse, département d’anglais, Tunisie)
- DACIANA Vlad (Université d’Oradea, Roumanie)
- DAO Huy-Linh (CRLAO-CNRS, Inalco, France)
- DO-HURINVILLE Danh-Thành (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- DOSTIE Gaétane (Université de Sherbrooke, Canada)
- DUGUA Céline (LLL, Université d’Orléans, France)
- EQUOY-HUTIN Séverine (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- GÓMEZ FERNÁNDEZ Araceli (Université nationale d’enseignement à distance, Espagne)
- HAMZA Mohamed (Université de Sousse, FLSH)
- HIM AQUILLI Manon (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- KANAAN-CAILLOL Layal (Université d’Orléans)
- KLAI Lassaad (Université de Carthage, Tunisie)
- LABIDI Sami (Université de Tunis)
- LEFEUVRE Florence (CLESTHIA, Sorbonne Nouvelle Paris 3, France)
- LIU Michel (Plidam, Inalco, France)
- MASSOUD Iman (Plidam, Inalco, France)
- MEDHAT-LECOCQ Héba (Université Paris 3, France)
- MODICOM Pierre-Yves (Université Jean Moulin Lyon 3, France)
- NGUYEN Thuc-Thanh-Tin (Université de Pédagogie de HCM ville, Vietnam)
- OSU Sylvester (LLL, Université de Tours, France)
- PERBET Héloïse (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- PLOOG Katja (LLL, Université d’Orléans, France)
- RAY Alice (LLL, Université d’Orléans, France)
- SKROVEC Marie (LLL, Université d’Orléans, France)
- SCHANG Emmanuel (LLL, Université d’Orléans, France)
- SIMON Justine (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- SZENDE Thomas (Plidam, Inalco, France)
- THEOPHANOUS Olga (LNPL, Université Toulouse Jean Jaurès, France)
- TOUPIN Fabienne (LLL, Université de Tours, France)
- TRABELSI Mustapha (Université de Sfax, Tunisie)
- URSI Biagio (LLL, Université d’Orléans, France)
- VERON Laélia (POLEN, Université d’Orléans, France)
- WISSNER Inka (ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur, France)
- ZAIEM Farah (Université de la Manouba, Tunisie)
Bibliographie
ABOUDA L., LEFEUVRE F. & BADIN F. (2025), Langages, 238, numéro thématique « L’Annotation de l’oral », à paraître en juin 2025.
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International Conference - November 20–22, 2025
Argument
As the primary manifestation of human language, orality is omnipresent: spontaneous or codified, ephemeral or memorable, intimate or public, it permeates all communication spaces. Whether natural or refined, formal or informal, face-to-face or mediated, it shapes daily exchanges, all forms of discourse (academic, cultural, political, etc.), artistic practices, and technological innovations.
Despite its ubiquity, orality remains elusive, embedded in the flow of time and destined to vanish upon utterance (verba volant, scripta manent). Unlike writing, which fixes and materializes language, orality exists only in the dynamics of its enunciation. Analyzing it thus requires translating it into spatial terms: transcribing, segmenting, and freezing it into a graphic representation that inevitably alters its fluid and spontaneous nature.
Indeed, the transition from oral to written language is not merely a matter of transcription but a genuine transformation, where each medium imposes its own constraints and redefines the very structure of language. The difference between oral and written language is not only functional but also material and cognitive. Orality is a sonic flow, immediate and contextual, supported by intonation (pauses, rhythmic variations, etc.) and multimodality (gaze, body posture, gestures—see Jacques Cosnier, 1996). Shaped in real time, its syntax is co-constructed and adjusted (see Peter Auer’s concept of syntax on-line, 2000). Writing, on the other hand, is a spatial inscription, segmented and independent of the context of enunciation. It aims to translate the temporal flow into structural progression, smoothing out hesitations, eliminating redundancies, and presenting a self-sufficient syntax at both the sentence and text levels.
Between orality and writing, there is thus not mere transcription but adaptation, sometimes reinvention.
The differences between orality and writing, initially medial, must be distinguished from how they are perceived and represented, whether in grammar, public opinion, or literary productions, where orality is often reconstructed, stylized, or staged according to the constraints and aesthetics of writing. The work of Peter Koch and Wulf Oesterreicher (2001) proposes viewing orality and writing not as a binary opposition but as a communicative continuum structured around two poles: the language of proximity, associated with orality, characterized by spontaneity, direct interaction, and flexible syntax, and the language of distance, associated with writing, involving more deliberate structuring and discursive autonomy. This perspective allows for an exploration of the diverse relationships between orality and writing across languages and usages. In French, where spontaneous orality and standardized writing show marked syntactic gaps, the transition between the two requires significant reformulation. In Arabic, only the standard form is written and taught, while so-called dialectal varieties, primarily oral, remain socially undervalued, creating a diglossic situation that can sometimes be contentious. Other systems, such as Chinese, exhibit relative autonomy between writing and phonetics, while some languages with strong oral traditions have only recently developed writing systems.
[In this context, Langlois (2012: 99) identifies a duality and a form of "companionship" between orality and writing since the latter's emergence. Speech is indeed primary, innate, and defining for the human species, but language has been refined and has evolved alongside the technology of writing, just as it now adapts to new communication technologies (Hagège, 1985: 89–91). There is thus an inevitable interdependence between these two tools of thought. If humans are homo sapiens, acting consciously, they are first and foremost homo loquens, "dialogical beings," biologically predisposed to become "beings of speech," who may, but not necessarily, become "beings of writing" (Hagège, 1985: 198). In summary, while there is no radical dichotomy between orality and writing, there are real differences, both in terms of value and cognitive benefits (cf. Langlois, ibid.).]
These various models of the difference between orality and writing are themselves being challenged today by the advent of digital humanities, which redraw the boundaries between the two. In terms of usage, digital technologies foster hybrid forms of communication, such as voice messages, automatic subtitles, or voice interfaces, where orality and writing constantly intertwine. On a scientific and methodological level, new computational approaches allow for the direct analysis of sound signals without transcription, using models like wav2vec 2.0 or HuBERT. These advances challenge the primacy of writing in the study of language and pave the way for a better inclusion of languages with limited written resources.
Themes for Reflection
In addition to welcoming studies on orality, this conference invites an exploration of the processes of transformation and interaction between orality and writing through several themes:
1. Orality and Language Structure
How do the inherent characteristics of orality (prosody, gestures, rhythmic variations) influence discourse construction? How does orality shape the syntactic and pragmatic structures of languages? What are the boundaries between orality and writing in languages where these distinctions are particularly marked (diglossia, plurigraphism)?
2. From Orality to Corpora: Transcription and Annotation
The annotation of oral data, of which transcription is a key component (see Abouda, Lefeuvre & Badin, forthcoming), structures and interprets speech to enable analysis. But any textual representation involves selection: what granularity should be adopted? How can quantitative measurement and the "grain" of language (cf. Rastier, 2011) be reconciled?
Orality, fluid and multidimensional, resists complete fixation. Transcription and annotation, by highlighting certain phenomena—prosody, syntax, interaction—are like maps of language, each privileging a particular perspective. But the map is not the territory: it guides interpretation as much as it structures the data. How, then, can these choices be made to ensure the most relevant representation possible?
3. Norms, Representations, and Hierarchization of Language Forms
For centuries, writing has been upheld as the model of linguistic legitimacy, relegating orality to a secondary position. How has this hierarchy been established across cultural and historical contexts? To what extent do speakers evaluate their own oral usage and that of others in relation to written norms? How do educational, academic, and media institutions contribute to this structuring?
4. Orality and Technology: Hybridizations and Reconfigurations
Far from a rigid opposition between orality and writing, contemporary digital practices reveal a continuum between these two modes of expression. Orality is now recorded, automatically transcribed, archived, replayed, or even simulated by artificial intelligence. Meanwhile, writing borrows codes of orality through texts, instant messages, emojis, or automatic subtitles. How do these practices redefine the specificities of orality and writing? What challenges do they pose in terms of linguistic normativity, memorization, and discourse authenticity? How do digital humanities challenge traditional distinctions between these two modes of expression?
5. Orality and Literary Creation
To what extent does literature seek to capture orality, stylize it, or recompose it? What techniques are used to render speech in text, whether in narrative, theater, or poetry? How does literature play with the boundaries between the language of proximity and the language of distance? Is orality a constraint, a resource, or an artifice in literature?
A central dimension of this relationship lies in the often fantasized representation of popular language, which oscillates between fascination and distancing. Far from being a mere reflection of linguistic practices, the transcription of orality in literature often involves a reconstruction that accentuates certain traits while erasing others, thereby interrogating the hierarchies between writing and orality. This staging of orality reflects a tension between a legitimist approach, seeking to preserve written norms, and a more populist stance, advocating the expressiveness of an oral language deemed more authentic or aesthetic, more conducive to stylistic inventiveness. How do these issues manifest in authors' stylistic and aesthetic choices? To what extent does literary orality reflect linguistic ideologies and social representations of language?
6. Diachrony of Orality
As William Labov describes historical linguistics as "the great art of making the best use of bad data" (1994: 11), it is because "the further back in time we go, the sparser, more discontinuous,
less diverse, and sometimes poorly documented the data, necessarily written, become" (Marchello-Nizia et al., 2020: 34). Linguistic change, originating and spreading primarily orally, seems particularly difficult to document over the long diachrony, which, at best, has only written data. Hence the emergence of the field of represented orality (Marchello-Nizia, 2012; Lefeuvre & Parussa, 2020), which seeks to uncover traces of orality in available written texts, and that of micro-diachrony of orality (Abouda & Skrovec, 2022), which aims to bridge long diachrony and variationist sociolinguistics. What clues allow for the reconstruction of vanished oral forms? To what extent do ancient texts stylize orality rather than reflect it? How has the gap between orality and writing evolved over time? How does documenting linguistic change in real time on recent oral data consolidate methods of long diachrony? This theme invites an exploration of ways to analyze orality from a diachronic and micro-diachronic perspective, between documentation, linguistic reconstruction, and literary staging.
7. Teaching Orality
School is a place of constant verbal exchange (Langlois, 2012), but orality occupies a paradoxical status there: omnipresent in interactions, it is both a tool and an object of learning, without yet establishing itself as a discipline in its own right (Nonnon, 1994). Despite its recognition in official documents, its didacticization remains complex, notably due to the predominance of writing in school learning (Gadet & Guérin, 2008).
Studies in sociolinguistics and variation remind us of the importance of considering the diversity of oral usages and their actualizations in the classroom. Should orality be taught through specific functional situations, or does its acquisition primarily rely on informal learning through interaction? These questions extend to both the mother tongue and foreign language learning, where mastery of oral skills is central.
In this perspective, research on the grammar of orality (Weber, 2013) and contemporary communication modes (Weber, 2019) opens new avenues for integrating orality into learning. The interplay between prosody, nonverbal communication, and gestures plays a key role in this teaching. The concept of the "learning body" (Lapaire, 2022) and enactive approaches (Aden, 2016) underscore the importance of sensorimotor dimensions in the acquisition of oral skills. Similarly, work on "pedagogical gesture" (Tellier, 2013) shows how teachers' gestures support comprehension and language appropriation.
How can the learning of orality be articulated with other linguistic skills? What tools and frameworks allow for better consideration of nonverbal communication? To what extent do multimodality and new forms of communication transform the teaching of orality?
8. Translating Orality: Between Spontaneity, Fidelity, and Technologies
“The conference interpreter must be able to provide an exact and faithful reproduction of the original speech. Deviation from the letter of the original is permissible only if it enhances the audience's understanding of the speaker's meaning” (Jones, 2002: 4). The translation of orality, whether interpretative or automatic, poses a constant challenge between faithful reproduction of the source discourse and the necessary adaptation for communicative effectiveness. Unlike written translation, which allows for in-depth reformulation, oral translation requires instant, fluid, and context-adapted restitution, with no possibility of revision.
Simultaneous, consecutive, or whispered interpretation mobilizes specific skills that account for temporal constraints and the ephemeral nature of oral discourse. But what happens to the oral specificities of discourse when it is translated live? Is the speaker's spontaneity preserved or sacrificed for the sake of clarity and effectiveness? To what extent do the type of discourse and the context of interpretation influence the treatment of orality in the target language?
Moreover, technological advancements are transforming the practices and challenges of oral translation. Artificial intelligence, voice recognition, and machine translation tools offer new approaches that redefine the skills required of interpreters and translators. Faced with these developments, how can the training of future professionals be adapted? Which pedagogical tools should be prioritized to develop rapid analysis and precise restitution skills? To what extent can technologies complement, or even compete with, human expertise in linguistic mediation?
An Interdisciplinary Conference
This conference is aimed at linguists, literary scholars, anthropologists, historians of language, and media specialists working in the world's languages, who wish to explore these issues in all their diversity. It invites a confrontation of different linguistic and literary traditions to reflect on the multiple ways in which orality and writing interact, transform, and reconfigure themselves.
We encourage proposals adopting theoretical, descriptive, or applied approaches, as well as case studies illustrating the plurality of relationships between orality and writing in different languages and cultures.
Submission Guidelines
Each presentation will last 20 minutes, followed by 10 minutes of discussion. Anonymous proposals must be submitted on the Sciencesconf platform
by June 30, 2025 (inclusive).
Proposals should not exceed 500 words (excluding bibliography) and may be written in French, Arabic, or English. Each proposal must include a title, specify the relevant theme(s), and clearly outline the research question, theoretical framework, and methodology. All proposals will undergo double-blind peer review by the scientific committee.
Presentations may be delivered in French, Arabic, or English. To facilitate mutual understanding, organizers recommend preparing slides in French, regardless of the presentation language.
Calendar
- Call for papers released: April 1, 2025
-
Submission deadline: July 15, 2025
- Notification of acceptance or rejection: September 1, 2025
- Registration deadline: September 30, 2025
- Program release: October 7, 2025
- Conference dates: November 20–22, 2025
- Conference Languages: French, Arabic, English
Registration Fees
- PhD students and young foreign researchers: €60; free for local
- PhD students Established foreign researchers: €150; local researchers: 60 DT
- Fees cover three lunches, coffee breaks, and administrative and communication costs (abstracts, notepads, etc.).
- Gala dinner: Friday, November 21 (7:00 PM): €30
- Optional excursion (Saturday, November 22 afternoon, Takrouna, a Berber village): €20 Or visit to the Medina and Sousse Museum (museum entrance fees apply).
Organizing committee
- ABOUDA Lotfi (University of Orléans, France)
- AZOUZI Ammar (University of Sousse, Tunisia)
- BOUCHAREB Sonia (University of Sousse, Tunisia)
- DO-HURINVILLE Danh-Thành (University of Marie et Louis Pasteur, France)
- CHEN Lian (University of Orléans, France)
- DAO Huy-Linh (Inalco, France)
- HACEN Aymen (University of Monastir, Tunisia)
- HOCHLAF Sami (University of Sousse, Tunisia)
- URSI Biagio (University of Orléans, France)
- ZELFANI Rim (University of Sousse, Tunisia)
- ZRIGUE Anissa (University of Kairouan, Tunisia)
Welcome committee
- BEN ZINEB Emna (University of Sousse, Tunisia)
- CHALBI Soumer (University of Sousse, Tunisia)
- CHOUAIEB Afef (University of Sousse, Tunisia)
- GHRIB Siwar (University of Sousse, Tunisia)
- IFAOUI Imen (University of Sousse, Tunisia)
- ISSAOUI Yousra (University of Sousse, Tunisia)
- MANSOURI Kawthar (University of Sousse, Tunisia)
- REBHI Seif (University of Sousse, Tunisia)
Guest speakers
- CANDEA Maria (University of Sorbonne Nouvelle, France)
- CHAKER Jamil (University of Tunis, Tunisia)
- LEFEUVRE Florence (University of Sorbonne Nouvelle, France)
- Mohamed Salaheddine Cherif (Distinguished Professor of Linguistics, Department of Arabic, University of Manouba, Tunisia)
Scientific committee
- ABDELKEFI Hédia (University of El Manar, Tunisia)
- ABOUDA Lotfi (LLL, University of Orléans, France)
- AZOUZI Ammar (University of Sousse, Tunisia)
- BAZANTAY Jean (Inalco, France)
- BEN SAAD Nizar (University of Sousse, Tunisia)
- BLANCO-ESCODA Xavier (Barcelona Autonomous University, Spain)
- BOUHLEL Ezzedine (University of Sousse, Tunisia)
- BRIKI Radhouane (University of Sousse, Tunisia)
- CARON Elsa (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- CHAKER Jamil (University of Tunis, Tunisia)
- CHEN Lian (LLL, University of Orléans, France)
- CHIHA Monem (University of Kairouan, Department of Arabic, Tunisia)
- COSTA Rute (University Nova of Lisbon, CLUNL, Portugal)
- DAGHRIR Wassim (University of Sousse Department of English, Tunisia)
- DACIANA Vlad (University of Oradea, Romania)
- DAO Huy-Linh (CRLAO-CNRS, Inalco, France)
- DO-HURINVILLE Danh-Thành (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- DOSTIE Gaétane (University of Sherbrooke, Canada)
- DUGUA Céline (LLL, University of Orléans, France)
- EQUOY-HUTIN Séverine (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- GÓMEZ FERNÁNDEZ Araceli (National University of Distance Education, Spain)
- HAMZA MOHAMED (University of Sousse, Department of Arabic, Tunisia)
- HIM AQUILLI Manon (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- KANAAN-CAILLOL Layal (University of Orléans)
- KLAI Lassaad (University of Carthage, Tunisia)
- LABIDI Samir (University of Tunis, Tunisia)
- LEFEUVRE Florence (CLESTHIA, University of Sorbonne Nouvelle Paris 3, France)
- LIU Michel (Plidam, Inalco, France)
- MASSOUD Iman (Plidam, Inalco, France)
- MEDHAT-LECOCQ Héba (University of Sorbonne Nouvelle Paris 3, France)
- MODICOM Pierre-Yves (University of Jean Moulin Lyon 3, France)
- NGUYEN Thuc-Thanh-Tin (HCM University of Education, Vietnam)
- OSU Sylvester (LLL, University of Tours, France)
- PERBET Héloïse (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- PLOOG Katja (LLL, University of Orléans, France)
- RAY Alice (LLL, University of Orléans, France)
- SKROVEC Marie (LLL, University of Orléans, France)
- SCHANG Emmanuel (LLL, University of Orléans, France)
- SIMON Justine (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- SZENDE Thomas (Plidam, Inalco, France)
- THEOPHANOUS Olga (LNPL, University of Toulouse Jean Jaurès, France)
- TOUPIN Fabienne (LLL, University of Tours, France)
- TRABELSI Mustapha (University of Sfax, Tunisia)
- URSI Biagio (LLL, University of Orléans, France)
- VERON Laélia (POLEN, University of Orléans, France)
- WISSNER Inka (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
- ZAIEM Farah (University of Manouba, Tunisia)
French bibliography
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الشفوي في جميع حالاته عبر لغات العالم
التحدّيات اللغويّة والأدبيّة والاجتماعيّة الثقافيّة
20-22 نوفمبر 2025
جامعة سوسة / كلية الآداب والعلوم الإنسانية
ملتقى منظّم بالشراكة بين كلية الآداب والعلوم الإنسانية بسوسة، ومختبر LL بجامعة أورليان (Orléans) ومختبر ELLIADD (Université Marie et Louis Pasteur) et CRLAO-CNRS (Inalco)، ومركز (CRLAO-CNRS) بمعهد اللغات والحضارات الشرقية .(INALCO)
الورقة العلميّة
يتجلّى الشفوي، باعتباره مظهرا من مظاهر اللغة البشريّة، في أشكال عدّة؛ فقد يكون تلقائيّا أو منظّما، عابرا أو خالدا، حميما أو عامّا، عابرا لجميع فضاءات التواصل، وهو يشكّل جملة التبادلات اليوميّة سواء أكان هذا الشكل طبيعيّا أو مزخرفا، رسميّا أو مرتجلًا، مباشرا أو عبر الوسائط، ويحلّ في جميع الخطابات (الأكاديمية، الثقافية، السياسية، إلخ)، والممارسات الفنية والابتكارات التكنولوجية. وعلى الرغم من انتشاره، يبقى الشفوي بعيد المنال، منغمسًا في تدفق الزمن ومحكومًا بالاختفاء بمجرد النطق به، فالكلمات تطير والكتابة تبقى. وذلك عكس الكتابة التي تثبّت اللغة وتجسّدها. ولا جدال في أنّ الشفويّ لا يوجد إلا في ديناميكية النطق. لذلك يتطلب تحليله ترجمته إلى مصطلحات مكانية؛ عبر نقله إلى المكتوب، وتجزئته، وتثبيته في تمثيل مرسوم يحوّر بطبيعة الحال طبيعته المندفعة، والتلقائيّة.
ولا مراء في أنّ الانتقال من الشفوي إلى المكتوب لا يقتصر على مجرّد نقل، بل هو تحوّل حقيقي، يفرض فيه كل وسيط قيوده الخاصة، ويعيد تعريف بنية اللغة نفسها. فالفرق بين الشفوي والمكتوب ليس وظيفيًا فحسب، بل هو أيضًا مادي ومعرفي. ذلك أنّ الشفوي هو تدفق صوتي، فوري وسياقي، مدعم بتنغيم الصمت، تباينات الإيقاع... وتعدّد الوسائط (النظرات، وضعيات الجسم، الإيماءات... انظر على سبيل المثال جاك كوسنييه 1996). وهو يتشكّل في الوقت الفعلي، حيث يتم بناء تركيبه النحوي وتعديله (انظر مفهوم الصياغة النحوية في الوقت الحقيقي لبيتر آور 2000). أما المكتوب فهو تسجيل مكاني، مجزّأ ومستقل عن سياق النطق. من المفترض أن يحول التدفّق الزمني إلى تقدّم بنيوي، مما يزيل التردّدات، ويحذف التكرار، ويقدم تركيبًا مكتفيًا ذاتيًا على مستوى الجملة والنص. ويعني هذا أنّه لا يوجد بين الشفوي والمكتوب مجرد نقل، بل تكيّف، وأحيانًا إعادة ابتكار.
يجب تمييز الاختلافات بين الشفوي والمكتوب، وهي في البداية وسائطية، عن الطريقة التي يتم بها إدراكهما وتمثيلهما، سواء في مجال القواعد أو في الإنتاجات الأدبية، فالشفوية، بعيدة عن أن تكون منقولة ببساطة، إذ يُعاد بناؤها غالبًا، وتنميقها أو تمثيلها وفقًا للقيود والجماليات الخاصة بالمكتوب. تقترح أعمال بيتر كوخ وفولف أوسترايشر (2001) النظر في الشفوي والمكتوب ليس باعتبارهما تناقضا ثنائيّا، بل سلسلة تواصليّة تتمحور حول قطبين؛ لغة القرب، المرتبطة بالشفوي، والمميزة بالتلقائية، والتفاعل المباشر وبتركيب نحويّ مرن، من جهة، ولغة البعد، المرتبطة بالمكتوب، وتتضمن بنية أكثر تفكيرًا واستقلالية خطابية، من جهة أخرى.
ويسمح هذا المنظور بالتفكير في تنوّع العلاقات بين الشفوي والمكتوب حسب اللغات والاستخدامات. ففي الفرنسية، حيث الشفوي التلقائي والمكتوب المعياري يظهران فوارق تركيبية واضحة، يتطلّب الانتقال بينهما إعادة صياغة كبيرة. أمّا في العربية، فيعتبر الشكل المعياري فيها هو المكتوب والمُدرس، في حين تبقى الأصناف المسماة بالعامية، الشفوية في الغالب، منخفضة القيمة اجتماعيًا، مما يخلق وضعية ازدواج لغوي، أحيانًا صراعية. وفي أنظمة أخرى، مثل الصينية، التي تظهر فيها استقلالية نسبية بين الكتابة والصوتيات، في حين لم تطوّر بعض اللغات ذات التقاليد الشفوية القوية نظامًا كتابيًا إلا حديثًا.
في هذا المستوى، يلاحظ لانغلواز (2012: 99) ثنائيةً، وشكلًا، من "الترافق" بين الشفويّ والكتابة منذ ظهور الأخيرة. الكلام هو بلا شك أولي، فطري ومحدّد للجنس البشري، لكن اللغة تطورت وسارت جنبًا إلى جنب مع تكنولوجيا الكتابة، تمامًا كما تتكيّف اليوم مع تكنولوجيات التواصل الجديدة (هاجيج، 1985: 89-91). هناك إذن ترابط حتمي بين هذين الأداتين للفكر. إذا كان الإنسان العاقل[هومو سابيانس]، يتصرّف بوعي، فهو قبل كل شيء إنسان حواري [هومو لوكوينس] يبدو مهيّأ بيولوجيًا ليصبح "إنسان الكلمات"، وهو الإنسان الذي قد يصبح في النهاية، "إنسان الكتابة" (هاجيج، 1985: 198). باختصار، إذا لم يكن هناك انقسام جذري بين الشفوي والمكتوب، فهناك مع ذلك اختلافات حقيقية، سواء من حيث القيمة أو الفوائد المعرفيّة (انظر لانغلواز، نفس المرجع).
هذه النماذج المختلفة للفرق بين الشفوي والمكتوب تجد نفسها اليوم موضع تساؤل مع ظهور العلوم الإنسانية الرقمية، التي تعيد رسم الحدود بينهما. من حيث الاستخدامات، ذلك أن التقنيات الرقمية تعزز أشكالا هجينة من التواصل ، مثل الرسائل الصوتية، الترجمة التلقائية أو الواجهات الصوتية، حيث يتشابك الشفوي والمكتوب بشكل دائم. أمّا على المستوى العلمي والمنهجي، فتسمح المقاربات الحسابية الجديدة بتحليل الإشارة الصوتية مباشرة دون المرور عبر النقل الكتابي، بنماذج مثل (wav2vec 2.0 ) أو (HuBERT ) هذه التطورات تعيد النظر في أولوية الكتابة في دراسة اللغة وتفتح الطريق أمام اعتبار أفضل للغات ذات الموارد الكتابية المحدودة.
محاور التفكير
يدعو هذا الملتقى فضلا عن استقبال الدراسات التي تتناول الشفوي، إلى التساؤل حول عمليات التحوّل بين الشفوي والمكتوب، والتفاعل بينها عبر عدة محاور:
1. الشفوي وبنية اللغة
كيف تؤثر خصائص الشفوي (التنغيم، الإيماءات، التباينات الإيقاعية) في بناء الخطاب؟ وكيف تشكل الشفوية البنى النحوية والتداولية للغات؟ وما هي الحدود بين الشفوي والمكتوب في اللّغات التي تكون فيها الاختلافات واضحة (الازدواج اللغوي، تعدد الكتابات)؟
2. من الشفوي إلى المدونة: النقل الكتابي والتوصيف
يعدّ توصيف البيانات الشفوية الذي يشكل النقل الكتابي مكونًا أساسيًا منه (انظر عبودة، لوفيفر وبادان، قيد النشر)، هيكلة وتفسيرًا للكلام حتىّ نتمكّن من تحليله. لكن أي صياغة نصية تفترض الانتقاء؟ فما هي الدرجة الدقيقة التي يجب اعتمادها؟ وكيف يمكن التوفيق بين القياس الكمي و"جوهر" اللغة (انظر راستييه، 2011)؟
يقاوم الشفوي، المندفع ومتعدّد الأبعاد، أي تثبيت كامل. أمّا النسخ والتوصيف، فيمثّلان خرائط للّغة، من خلال تسليطهما الضوء على ظواهر بعينها - مثل علم العروض، والنحو، والتفاعل، وما إلى ذلك - وكل منهما يُفضل وجهة نظر معينة. بيد أنّ هذه الخرائط لا تمثّل كلّ المنطقة؛ فهي توجّه التفسير بقدر ما تنظم البيانات. فكيف يمكننا أن نفكر في هذه الاختيارات للحصول على التمثيل الأكثر ملاءمة قدر الإمكان؟
3. المعايير، التمثيلات والتسلسل الهرمي للأشكال اللغوية
تم إعلاء شأن المكتوب نموذجًا للشرعية اللغويّة، لقرون عديدة، مما أدى إلى إبعاد الشفوي إلى مرتبة ثانويّة. كيف تشكّل هذا التسلسل الهرمي حسب السياقات الثقافية والتاريخية؟ إلى أي درجة يقيّم المتحدثون توظيفهم للشفوي، وتوظيف الآخرين للّغة مقارنة بمعيار المكتوب؟ كيف تشارك المؤسسات التعليمية، والأكاديمية والإعلامية في هذا الهيكلة؟
4. الشفوي والتكنولوجيا: التهجين وإعادة التشكيل
بعيدًا عن التناقض الصارم بين الشفوي والمكتوب، تكشف الممارسات الرقمية المعاصرة عن سلسلة متّصلة بين هذين النمطين من التعبير. الشفوي اليوم يتم تسجيله، ونقله كتابيًا بطريقة تلقائيّة، ثمّ أرشفته، وإعادة تشغيله، بل وحتى محاكاته بواسطة الذكاء الاصطناعي. في المقابل، يقترض المكتوب رموز الشفوية في الرسائل النصية، والرسائل الفورية، والرموز التعبيرية أو الترجمة التلقائية. فكيف تعيد هذه الممارسات تعريف خصوصيات الشفوي والمكتوب؟ وماهي التحديات التي تطرحها من حيث المعيارية اللغوية، والحفظ وأصالة الخطاب؟ وكيف تعيد العلوم الإنسانية الرقمية النظر في التمييز التقليدي بين هذين النمطين من التعبير؟
5. الشفوي والإبداع الأدبي
إلى أي درجة يسعى الأدب إلى التقاط الشفويّ، وتنميقه أو إعادة تركيبه؟ وما هي الطرق الموظّفة لإعادة إنتاج الكلام في النص، في السرد، والمسرح أو الشعر؟ وكيف يتلاعب الأدب بحدود لغة القرب ولغة البعد؟ هل يكون الشفويّ في الأدب قيدًا، أو موردًا أو حيلة؟
6. التطور التاريخي للشفويّ
وصف ويليام لابوف اللسانيات التاريخية بأنها "فن استخلاص أفضل النتائج من البيانات غير الكاملة" (1994: 11)، وذلك لأنّه "كلما عدنا إلى الوراء في الزمن، أصبحت البيانات، المكتوبة بالضرورة، متفرقة، غير متصلة، قليلة التنوع، وأحيانًا غير موثقة جيدًا" (مارشيلو-نيزيا وآخرون، 2020: 34). نظرًا لأن التغيير اللغوي يبدأ وينتشر بشكل أساسي عبر الشفوي، ويصبح توثيقه صعبًا بشكل خاص في الدراسات التاريخية طويلة المدى التي لا تتوفر إلّا على بيانات مكتوبة. ومن هنا ظهر مجال "الشفوية الممثَّلة" (مارشيلو-نيزيا 2012؛ لوفيفر وباروسا 2020)، وهو مجال يسعى إلى اكتشاف علامات الشفويّة في النصوص المكتوبة المتاحة، علاوة على مجال "التاريخ الدقيق للشفوية" (عبودة و سكروفيك، 2022) الذي يهدف إلى الجمع بين الدراسات التاريخية الطويلة وعلم اللغة الاجتماعي التبايني.
ما هي الأدلّة التي تسمح بإعادة بناء الأشكال الشفوية المختفية؟ إلى أي حدّ تعكس النصوص القديمة الشفوية بدلاً من تنميقها؟ كيف تتطوّر الفجوة بين الشفوي والمكتوب بمرور الزمن؟ وكيف يسمح توثيق التغيير اللغوي في الوقت الفعلي بتوظيف بيانات شفوية حديثة وبتعزيز منهجيات الدراسات التاريخية الطويلة؟
يدعو هذا المحور إلى استكشاف سبل تحليل الشفوي من منظور تاريخي، وتاريخي دقيق، بين التوثيق، وإعادة البناء اللغوي والتمثيل الأدبي.
7. تعليم الشفويّ
تعتبر المدرسة فضاءً للتبادل اللفظي المستمر (لانغلواز، 2012)، بيد أنّ الشفوي يحتل فيها مكانة متناقضة؛ فهو حاضر في جميع التفاعلات، وفي ذات الوقت هو أداة وموضوع للتعلم، دون أن يصبح مادة مستقلّة (نونون، 1994). رغم الاعتراف به في الوثائق الرسمية، تبقى عملية تدريسه معقّدة، بسبب هيمنة المكتوب في التعليم المدرسي (غاديه وغيران، 2008).
تذكّر دراسات علم اللغة الاجتماعي والتباين اللغوي بأهمية مراعاة تنوع الاستخدامات الشفوية وتطبيقاتها في الفصل الدراسي. هل يجب تعليم الشفوية من خلال مواقف وظيفية محددة، أم أنّ اكتسابها يعتمد أساسًا على التعلّم غير الرسمي عبر التفاعل؟ تمتد هذه التساؤلات إلى تعليم اللغة الأم وكذلك تعلّم اللغات الأجنبية، حيث تُعد المهارات الشفوية عنصرًا أساسيًا.
في هذا السياق، تفتح الأبحاث في "نحو الشفويّة" (ويبر، 2013) وطرق التواصل المعاصرة (ويبر، 2019) آفاقًا جديدة لدمج الشفوية في التعلّم. ويلعب التكامل بين التنغيم، والتواصل غير اللفظي والإيماءات دورًا محوريًا في هذا التعليم. يُبرز مفهوم "الجسد المتعلم" (لابيكير، 2022) والمناهج القائمة على الفعل (آدن، 2016) أهمية الأبعاد الحسيّة-الحركية في اكتساب المهارات الشفوية. وبالمثل، تُظهر الدراسات حول "الإيماءة التعليميّة" (تيلير، 2013) كيف تدعم إيماءات المعلّم الفهم واستيعاب اللغة.
كيف يمكن ربط تعلّم الشفوية بالمهارات اللغويّة الأخرى؟ ما هي الأدوات والآليات التي تسمح بدمج أفضل للتواصل غير اللفظي؟ إلى أيّ حدّ تُحدث الوسائط المتعددة وأشكال التواصل الجديدة تحولًا في تعليم الشفوية؟
8. الترجمة الشفويّة: بين التلقائية، والأمانة والتقنيات
"يجب أن يكون المترجم الفوريّ قادرًا على تقديم نسخة دقيقة وموثوقة من الخطاب الأصلي. لا يُسمح بالانحراف عن نص الخطاب إلا إذا كان يعزز فهم الجمهور لمعنى المتحدّث" (جونز، 2002: 4). تُشكل الترجمة الشفوية، سواء كانت تفسيرية أو آلية، تحديًا دائمًا بين إعادة إنتاج الخطاب الأصلي بأمانة والتكيّف الضروري مع فعاليات التواصل. وذلك عكس الترجمة المكتوبة التي تتيح إعادة صياغة متأنية. تتطلب الترجمة الشفوية إعادة إنتاج فورية، سلسة ومتكيّفة مع السياق، دون إمكانية المراجعة.
تستدعي الترجمة الفورية، التتابعية أو الهمسيّة مهارات خاصة تراعي القيود الزمنية والطبيعة العابرة للخطاب الشفوي. لكن ما مصير خصائص الخطاب الشفوي عند ترجمته مباشرة؟ هل تُحفظ تلقائية المتحدّث أم نُضحى بها لصالح الوضوح والفعالية؟ إلى أي درجة يؤثر نوع الخطاب وسياق الترجمة على معالجة الشفوي في اللغة الهدف؟
من ناحية أخرى، تُحدث التطورات التكنولوجية تحولًا في ممارسات الترجمة الشفوية وتحدياتها. يقدم الذكاء الاصطناعي، والتعرف الصوتي وأدوات الترجمة الآلية مقاربات جديدة تعيد تعريف المهارات المطلوبة للمترجمين. في مواجهة هذه التطورات، كيف يمكن تكييف تكوين لمنهيي المستقبل؟ ما هي الأدوات التعليمية التي يجب اعتمادها لتنمية سرعة التحليل ودقة الإعادة؟ إلى أي مدى يمكن للتكنولوجيا أن تكمل، أو حتى تنافس، الخبرة البشرية في الوساطة اللغوية؟
ملتقى متعدّد التخصصات
يستهدف هذا الملتقى اللغويين، والأدباء، والأنثروبولوجيين، ومؤرخي اللغة ومتخصّصي الإعلام، في لغات العالم، الراغبين في استكشاف هذه الإشكاليات بتنوّعها. ويدعو إلى مواجهة التقاليد اللغويّة والأدبيّة المختلفة، للتفكير في الطرق المتعددة التي يتفاعل فيها الشفوي والمكتوب، ويتحوّلان ويعيدان تشكيل بعضهما البعض.
نشجّع على تقديم مقترحات تعتمد منهجيّة نظرية، وصفيّة أو تطبيقية، فضلا عن دراسة حالات توضّح تعدّد العلاقات بين الشفوي والمكتوب في لغات متنوّعة وثقافات مختلفة.
المراجع باللغة الفرنسية
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لجنة التنظيم
ABOUDA Lotfi (University of Orléans, France)
AZOUZI Ammar (University of Sousse, Tunisia)
BOUCHAREB Sonia (University of Sousse, Tunisia)
DO-HURINVILLE Danh-Thành (University of Marie et Louis Pasteur, France)
CHEN Lian (University of Orléans, France)
DAO Huy-Linh (Inalco, France)
HACEN Aymen (University of Monastir, Tunisia)
HOCHLAF Sami (University of Sousse, Tunisia)
URSI Biagio (University of Orléans, France)
ZELFANI Rim (University of Sousse, Tunisia)
ZRIGUE Anissa (University of Kairouan, Tunisia)
لجنة الاستقبال
BEN ZINEB Emna (University of Sousse, Tunisia)
CHALBI Soumer (University of Sousse, Tunisia)
CHOUAIEB Afef (University of Sousse, Tunisia)
GHRIB Siwar (University of Sousse, Tunisia)
IFAOUI Imen (University of Sousse, Tunisia)
ISSAOUI Yousra (University of Sousse, Tunisia)
MANSOURI Kawthar (University of Sousse, Tunisia)
REBHI Seif (University of Sousse, Tunisia)
الأساتذة المحاضرون
CANDEA Maria (University of Sorbonne Nouvelle, France)
CHAKER Jamil (University of Tunis, Tunisia)
LEFEUVRE Florence (University of Sorbonne Nouvelle, France)
Mohamed Salaheddine Cherif (Distinguished Professor of Linguistics, Department of Arabic, University of Manouba, Tunisia)
اللجنة العلمية
ABDELKEFI Hédia (University of El Manar, Tunisia)
ABOUDA Lotfi (LLL, University of Orléans, France)
AZOUZI Ammar (University of Sousse, Tunisia)
BAZANTAY Jean (Inalco, France)
BEN SAAD Nizar (University of Sousse, Tunisia)
BLANCO-ESCODA Xavier (Barcelona Autonomous University, Spain)
BOUHLEL Ezzedine (University of Sousse, Tunisia)
BRIKI Radhouane (University of Sousse, Tunisia)
CARON Elsa (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
CHAKER Jamil (University of Tunis, Tunisia)
CHEN Lian (LLL, University of Orléans, France)
CHIHA Monem (University of Kairouan, Department of Arabic, Tunisia)
COSTA Rute (University Nova of Lisbon, CLUNL, Portugal)
DAGHRIR Wassim (University of Sousse Department of English, Tunisia)
DACIANA Vlad (University of Oradea, Romania)
DAO Huy-Linh (CRLAO-CNRS, Inalco, France)
DO-HURINVILLE Danh-Thành (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
DOSTIE Gaétane (University of Sherbrooke, Canada)
DUGUA Céline (LLL, University of Orléans, France)
EQUOY-HUTIN Séverine (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
GÓMEZ FERNÁNDEZ Araceli (National University of Distance Education, Spain)
HAMZA MOHAMED (University of Sousse, Department of Arabic, Tunisia)
HIM AQUILLI Manon (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
KANAAN-CAILLOL Layal (University of Orléans)
KLAI Lassaad (University of Carthage, Tunisia)
LABIDI Samir (University of Tunis, Tunisia)
LEFEUVRE Florence (CLESTHIA, University of Sorbonne Nouvelle Paris 3, France)
LIU Michel (Plidam, Inalco, France)
MASSOUD Iman (Plidam, Inalco, France)
MEDHAT-LECOCQ Héba (University of Sorbonne Nouvelle Paris 3, France)
MODICOM Pierre-Yves (University of Jean Moulin Lyon 3, France)
NGUYEN Thuc-Thanh-Tin (HCM University of Education, Vietnam)
OSU Sylvester (LLL, University of Tours, France)
PERBET Héloïse (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
PLOOG Katja (LLL, University of Orléans, France)
RAY Alice (LLL, University of Orléans, France)
SKROVEC Marie (LLL, University of Orléans, France)
SCHANG Emmanuel (LLL, University of Orléans, France)
SIMON Justine (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
SZENDE Thomas (Plidam, Inalco, France)
THEOPHANOUS Olga (LNPL, University of Toulouse Jean Jaurès, France)
TOUPIN Fabienne (LLL, University of Tours, France)
TRABELSI Mustapha (University of Sfax, Tunisia)
URSI Biagio (LLL, University of Orléans, France)
VERON Laélia (POLEN, University of Orléans, France)
WISSNER Inka (ELLIADD, University of Marie et Louis Pasteur, France)
ZAIEM Farah (University of Manouba, Tunisia)
مواعيد مهمة
- نشر الدعوة: 1 أبريل 2025
- استقبال المقترحات: حتى 30 جوان
- إشعار القبول أو الرفض: 1 سبتمبر
- التسجيل: حتى 30 سبتمبر
- نشر البرنامج: 7 أكتوبر
- انعقاد الملتقى: 20-22 نوفمبر
لغات الملتقى: الفرنسية، العربية، الإنجليزية
شروط المشاركة
مدة كل مداخلة 20 دقيقة، تليها 10 دقائق للنقاش.
يجب أن تكون المقترحات لا تتجاوز 500 كلمة (باستثناء المراجع)، مع تحديد المحور/المحاور المستهدفة، والإطار النظري والمنهجية. تُرسل المقترحات عبر موقع Sciencesconf قبل 30 جوان 2025.
رسوم التسجيل
- طلبة الدكتوراة والباحثون الشباب الأجانب: 60 يورو (مجانًا للطلبة المحليين)
- الباحثون الأجانب: 150 يورو (60 دينارًا للباحثين المحليين)
- تشمل الرسوم: وجبات الغداء، الاستراحات وتكاليف التنظيم.