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Université d’été d’EPSI

Deuxième édition

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Published on Tuesday, July 08, 2025

Abstract

Après une première édition très réussie organisée à Louvain-la-neuve en août 2024, c’est le moment de la deuxième édition de l’université d’été d’EPSI - Études pluridisciplinaires sur l'ingénieurie.

Announcement

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Dates et lieu

du 27 au 29 août

Dans la Métropole Lilloise

  • Les deux premiers jours à l’Ecole Nationale des Arts et Industrie du Textile (ENSAIT Roubaix)
  • Le troisième à Polytech’ Lille sur le campus Cité scientifique de l’Université de Lille (Villeneuve d’Ascq)

Programme

Jour 1. L’atelier de lecture collective/arpentage 

Le 27 août matin

  • à l’ENSAIT de Roubaix (salle de co-working), uniquement en présentiel
  • Libre et gratuit sur inscription 
  • Inspiré des méthodes d’arpentage (plus d’informations sur la page dédiée)
  • lien vers la page dédiée

La première journée de l’université d’été du collectif EPSI (Etudes pluridisciplinaires sur l’ingénierie) sera consacrée à la (re)découverte de textes marquants que l’on peut associer au courant des Engineering Studies. Inspiré de la technique de l’arpentage, cet atelier nous  permettra collectivement de prendre connaissance d’une littérature étendue avec un regard motivé par nos réflexions sur les ingénieurs de la sphère francophone. La matinée sera animée par trois membres du collectif à partir de textes traduits en français. Il s’adresse à un  public large d’enseignant.e.s et de chercheur.euse.s non expert.e.s mais intéressé.es par les mondes de l’ingénierie.  Si l’on fait parfois remonter l’origine des ES aux travaux de l’historien Edwin T. Layton et son livre The revolt of the engineers; social responsibility and the American engineering profession publié en 1971, ce champ thématique de recherche se structure dans les années 90, principalement dans le monde anglo-saxon, avec l’idée que l’ingénierie n’est pas réductible aux sciences et aux techniques qu’elle mobilise. Les Engineering Studies gagnent ainsi à être comprises comme un espace de rencontre entre différentes approches, en particulier entre les Science and technology studies(STS) et les travaux en éthique professionnelle. Malgré  quelques travaux notables sur les ingénieurs (André Grelon, Catherine Marry, Antoine Picon,  Hélène Vérin...), il semble que ce courant n’ait jamais développé d’ancrage durable dans le paysage des recherches francophones et soit resté relativement méconnu. De là est née notre envie de proposer cet atelier de découverte du courant des Engineering Studies, afin d’identifier ses apports possibles pour nos travaux. Nous nous intéresserons en particulier à trois thématiques : - Les ingénieur.e.s en formation (place des enjeux sociotechniques, engagement étudiant,  enseignement de l’éthique, ouverture sociale des écoles...) - Les ingénieur.e.s en activité (trajectoires et bifurcations professionnelles, transition écologique, enjeux de genre, rapport à la puissance publique, être ingénieur autrement...) - Les ingénieries en contextes (aires culturelles, territoires, périodes historiques, secteurs d’activités...)

Jour 2. Le séminaire régulier Cultures d’Ingénieur·es et Formations (CI&F) sur le thème “Ingénieries et fascismes”

Le 28 août après-midi,

  • à l’ENSAIT de Roubaix (amphi d’honneur), en co-modalité
  • Libre et gratuit
  • Programme précis en cours de finalisation
  • lien vers la page dédiée

Cette séance, qui s’appuie sur l’argumentaire ci-après (cf. argumentaire), se veut un moment d’échange permettant tant d’éclairer le rôle qu’ont pris les ingénieurs dans des régimes fascistes historiques (en l’espèce, l’Estado Novo de Salazar au Portugal et de Vargas au Brésil) comme celui qu’ils occupent dans le processus de fascisation actuel aux Etats-Unis.

  • Tiago SARAIVA présentera l’ouvrage Inventing a European Nation – Engineers for Portugal, from Baroque to Fascism (2021), écrit avec Maria Paula DIOGO, et plus particulièrement le chapitre Engineering the Fascist New State. L’Estado novo s’envisage alors comme un moment de modernisation qui va remodeler le Portugal à travers des grands projets d’aménagement du territoire : barrages, quartiers d’habitations… Les ingénieurs se voient alors attribuer un véritable « rôle social ».
  • Ana Paula FRAGA, doctorante à l’EHESS, travaille sur la centralisation étatique au Brésil entre 1930 et 1945 à travers une analyse prosopographique des interventores, figures clés de l’administration varguiste. À partir de ses travaux sur la mutation des relations entre élites politiques centrales et régionales, elle éclairera le rôle joué par les ingénieurs dans les projets d’infrastructure, de territorialisation et de bureaucratisation du régime.
  • Olivier ALEXANDRE, dont les travaux portent sur le milieu de la « tech » américaine, reviendra sur les idéologies qui ont alimenté et alimentent encore les entrepreneurs, chercheur·es et ingénieur·es de la Silicon Valley (voir notamment La Tech. Quand la Silicon valley refait le monde, 2023), parfois qualifiés de « technofascistes ».
  • Après un échange destiné à souligner la spécificité de ces deux moments historiques, les intervenant·es seront invité·es à dialoguer de façon transversale sur le rôle de l’ingénieur.e, sa relation à l’ordre social et à la norme ou encore la question de sa formation.

Ce premier temps sera suivi d’un atelier de discussion collective en format participatif. L’objectif sera d’ouvrir un espace de réflexion partagé autour des perspectives de recherche et d’enseignement que soulève cette thématique. À partir d’un travail en sous-groupes structuré par des questions transversales, les participant·es seront invité·es à croiser regards empiriques, postures d’enseignant.e.s et hypothèses de recherche, pour faire émerger des lignes d’analyse communes, comme de potentielles pistes à approfondir collectivement dans les prochains mois.

avec la participation de :

  • Tiago SARAIVA, Professeur, dpt. histoire, Université Drexel, Institut des sciences sociales, Univ. de Lisbonne. Il est spécialiste de l’histoire des techniques et du fascisme et Maria Paula DIOGO, Professeure en histoire des sciences, Nouvelle Univ. de Lisbonne. C’est une pionnière de l’histoire de la technologie au Portuga.
  • Alexandre OLIVIER, docteur en sociologie, chargé de recherche au CNRS, membre du Centre Internet et Société (directeur nadjoint depuis le 1er janvier 2025). Ses travaux portent sur la culture et le numérique. Son dernier ouvrage est La Tech. Quand la Silicon valley refait le monde (Seuil 2023).  
  • Ana Paula FRAGA, doctorante à l’EHESS (Paris), sous la co-tutelle de l’Université fédérale du Rio Grande do Sul (Brésil) et de l’Université Paris 8. Ses recherches portent sur les processus de construction de l’État et de centralisation au Brésil. Elle a été lauréate en 2023 du Prix Francesco Kjellberg de l’International Political Science Association (IPSA) pour son article intitulé « Out of the Curve: Comparing Right-Wing Extremism in Latin America and Europe (1999-2017) »

Argumentaire 

Le rapport des ingénieurs au politique les prédispose-t-ils à l’autoritarisme – voire au fascisme ? Le surgissement sur la scène politique étatsunienne d’une forme de techno-fascisme incarnée par des figures des industries de haute technologie qui se mettent en scène comme ingénieurs incite à interroger les relations entre l’ingénierie et les politiques réactionnaires autoritaires, comme y invitait l’éditorial d’un récent numéro d’Engineering Studies (Smith et al., 2025). Au-delà des légitimes controverses sur les usages du terme « fascisme » pour désigner tel ou tel mouvement ou moment politique, nous proposons de réfléchir aux relations que les ingénieurs entretiennent avec des mouvement politiques caractérisés par une conception réactionnaire radicale, autoritaire et viriliste de la société. Ces relations s’inscrivent dans la longue durée : on peut ainsi penser à la place d’ingénieurs dans l’Allemagne nazie (Taylor, 2010), la France de Vichy (Brisset et Fèvre, 2021) ou les dictatures d’extrême droite de la péninsule ibériques (Camprubi, 2014 ; Saraiva et Diogo, 2023). Elles s’inscrivent aussi dans différents contextes socio-culturels, comme l’ont montré Diego Gambetta et Steffen Hertog à propos de la représentation forte des ingénieurs dans les mouvements djihadistes contemporains (Gambetta et Hertog, 2009). Historiquement comme dans l’actualité politique, les ingénieurs ont pu être partie prenante d’une politique réactionnaire violente.

La diversité des ingénieurs rend délicat le fait de leur attribuer telle ou telle orientation politique. Néanmoins, on peut observer des affinités avec certains mouvements politiques et des modalités d’action et d’engagement propres aux ingénieurs, comme, de manière très différente, dans les mouvements écologistes (Bouzin et Coutant, 2023). Les ingénieurs partagent certaines caractéristiques qui peuvent les rendre disponibles à des idéologies politiques réactionnaires radicales. On peut ainsi noter leur tendance à un certain conservatisme social et un refus assez largement partagé d’une vision conflictuelle du social qui peut en faire des partisans d’une conception unitaire et ordonnée de la société. Ceci peut se combiner à leur tendance à concevoir le social sous l’angle d’une ingénierie sociale faite de problèmes à résoudre qui supporte mal la délibération et le caractère agonistique de la politique démocratique ou socialiste. On peut également penser au caractère largement masculin de la profession, sa valorisation d’une masculinité certes pas nécessairement agressive[1] mais qui peut rentrer en résonnance avec un entre-soi masculin qu’on retrouve dans les mouvements fascistes. Goût pour l’ordre social, conservatisme et masculinité peuvent – entre autres – participer à faire le lien entre l’ethos d’ingénieur et une offre politique fasciste, lien qui mérite plus amples explorations.

[1] On peut cependant penser à la tuerie de l’école polytechnique de Montréal en 1989, attentat masculiniste majeur commis dans une école d’ingénieurs, par un élève contre des étudiantes.

Jour 3. “Journée des recherches en cours”

Le 29 août toute la journée

  • à Polytech’ Lille, sur le campus de l’Université de Lille-Cité scientifique à Villeneuve d’Ascq (amphi Chappe)
  • Libre et gratuit sur inscription pour les auditeurs, sur sélection par le comité scientifique pour les intervenant·es
  • lien vers la page dédiée et l’appel à communication

Inscriptions et contacts

Un seul et même formulaire a été créé pour vous inscrire à tout ou une partie de l’Université d’été : 

Inscription.

  • comme participant·e à l’atelier de lecture/arpentage “un pont entre deux rives : Engineering Studies et Epsi”
  • comme auditeur·ice à l’occasion du séminaire “ingénierie et fascisme”
  • comme auditeur·ice lors de la journée des recherches en cours

Les communicant·es de la 3e journée seront sélectionné·es sur base de la réponse à l’appel à communication (dans le même formulaire)

Informations et contact : collectif_epsi@protonmail.com

Places

  • ENSAIT - 2 Allée Louise et Victor
    Roubaix, France (59)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Wednesday, August 27, 2025
  • Thursday, August 28, 2025
  • Friday, August 29, 2025

Keywords

  • ingénierie, ingénieur, engineering studies

Information source

  • Emilien Jacob
    courriel : emilien [dot] jacob [at] unicaen [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Université d’été d’EPSI », Summer School, Calenda, Published on Tuesday, July 08, 2025, https://doi.org/10.58079/14ane

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