Announcement
Coordination du numéro
- Teoman Gönen, politiste, doctorant, Sciences Po Aix – Mesopolhis
- Lucas Faure, politiste, post-doctorant à l’Université Libre de Bruxelles au laboratoire Germe
- Nathalie Ferrière, économiste, maîtresse de conférences, Sciences Po Aix – AMSE
- Simon Mangon, politiste, docteur ATER, Sciences Po Aix – Mesopolhis
- Dilek Yankaya, politiste, maîtresse de conférences, Sciences Po Aix – Mesopolhis
Argumentaire
Le deuxième mandat de Donald Trump peut-il sonner la fin de l’aide internationale ? Au mois de février 2025, le président Trump a annoncé le gel des programmes de développement américains ainsi que la fermeture, d’abord provisoire puis définitive, de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID). Cette décision ébranle le secteur de l’humanitaire et du développement, d’autant plus qu’elle fait suite à de précédentes annonces de réduction des budgets consacrés à l'aide au développement de plusieurs pays européens – la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne, et surtout la France, qui se distingue avec une baisse record de 34 % prévue en 2025. La nouvelle administration étatsunienne a justifié cette décision par un répertoire d’arguments à la fois politiques, économiques et idéologiques : stratégie de réduction brutale des dépenses publiques, remise en cause de l’efficacité, l’utilité et la transparence d’un type de politique publique orientée vers l’étranger, et volonté de reprendre le contrôle sur des organisations accusées de « wokisme ».
La suspension des programmes américains réactive ainsi des débats récurrents sur les politiques d’aide internationale. Aux États-Unis, cette décision a suscité des mobilisations de soutien à l’agence de développement, avec pour mot d’ordre « USAID Saves Lives, Save USAID ». À l’inverse, des figures politiques de régimes autoritaires, parfois bénéficiaires de l’aide américaine – notamment au Salvador, en Biélorussie ou en Azerbaïdjan – ont salué cette décision, y voyant le démantèlement d’un instrument de l’impérialisme américain. Ces controverses autour de l’aide internationale ne datent pourtant pas d’hier : à titre d’exemple, les budgets alloués à l’agence USAID et ses programmes d’aide ont régulièrement suscité de vifs débats entre Républicains et Démocrates depuis la fin de la Guerre froide (Fleck & Kilby, 2001).
Ce numéro thématique de la Revue internationale des études du développement ambitionne ainsi de s’emparer des discours sur la fin de l’aide internationale pour étudier les controverses, les conflits et les luttes politiques, passés comme contemporains, qui concourent à l’élaboration de celle-ci. En effet, l’aide internationale, dont le volume a connu une quasi constante progression depuis le début du XXIème siècle (OCDE, 2024), est inhérente à la fabrique de la gouvernance du monde contemporain. Elle occupe une place importante dans le développement des États modernes, non seulement de ceux dits « sous régime d’aide », mais aussi de leurs bailleurs. Une littérature désormais bien établie montre comment les rapports conflictuels hérités des colonisations ont perduré à travers les politiques d’aide. Tandis que d’anciens gouverneurs coloniaux ont occupé des responsabilités politiques, techniques et administratives dans les États du Nord et dans les organisations multilatérales, notamment dans l’Union européenne (Dimier, 2014 ; Dimier & Stockwell, 2020 ; Atlani-Duault & Dozon, 2011), les États sans passé colonial, comme les États scandinaves, ont inventé d’autres récits de légitimation pour se faire reconnaître comme bailleurs auprès des pays du Sud (Motte, 2010). Il semble alors pertinent d’interroger les effets concrets des mutations des politiques d’aide sur les États contemporains bénéficiaires et donateurs, sur les hiérarchies internationales et sur les effets de ces dernières sur les modalités de fonctionnement des institutions intergouvernementales.
En effet, la « crise » actuelle que traverse le secteur de l’aide internationale concerne principalement les donateurs du Nord, tandis que ceux dits « émergents » (Chine, Turquie, Qatar et autres) se positionnent comme les nouveaux financeurs et opérateurs des projets de développement (Carbonnier, 2012 ; Dreher et al., 2022), tout en se faisant les promoteurs d’une dynamique « Sud-Sud » se voulant plus horizontale et équitable. Ces dynamiques témoignent des configurations relationnelles de l’aide internationale dans lesquelles entrent en conflit – ou en complémentarité – les logiques des gouvernements nationaux et les politiques mondiales. De nombreux travaux ont montré que la fabrique et la mise en œuvre de ces dispositifs font l’objet de luttes locales, à la fois dans les pays « bailleurs » et « bénéficiaires » (Appe & Pallas, 2018 ; Busnel, 2022).
Les critiques faites à l’aide internationale sont donc à réinscrire dans le temps long, en tenant compte des configurations intersectorielles et transnationales, afin de mieux comprendre les transformations contemporaines d’un secteur en pleine mutation, les débats qui le régissent et les luttes qui l’animent. Pour ce faire, nous adoptons une approche orientée vers la « configuration développementiste », selon la formule d’Olivier de Sardan (2001), autrement dit en prenant en compte l’ensemble des acteurs de l’aide : celles et ceux qui en vivent, la financent, la mettent en œuvre, en bénéficient ou la mettent en défi. Observer les formes variées de luttes de ce monde social transnational appelle à une démarche d’enquête multi-située et symétrique, tournée à la fois vers les pays donateurs et bénéficiaires (Atlani-Duault, 2005), en analysant les différentes arènes dans lesquelles se discute, se dispute et se décide l’aide : bailleurs de fonds, organisations internationales, intermédiaires et opérateurs de l’aide, ONG, associations locales, etc.
Dans la continuité de récentes initiatives visant à étudier l’aide comme un objet politique (Grajales & Saiget, 2022 ; Al Dabaghy et al., 2024), ce numéro thématique est ouvert aux propositions de contributions s’inscrivant dans une approche pluridisciplinaire privilégiant la démarche empirique sur l’aide internationale, utilisant les outils d’analyse de la science politique, de l’économie, de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, de la géographie, etc. Nous proposons d’interroger l’aide internationale selon trois axes principaux : les mises en controverses de l’aide internationale, l’aide internationale comme un espace transnational de luttes et, enfin, les reconfigurations du champ de l’aide.
Axe 1 - Mises en controverses de l’aide internationale
Un premier axe porte sur les processus de mises en controverses des politiques d’aide internationale. Aussi anciennes que l’aide elle-même, ces controverses impliquent une pluralité d’acteurs – professionnels de l’aide, experts, élites, militants, acteurs politiques – et portent autant sur ses objectifs que sur les modalités de son déploiement. Historiquement, l’aide internationale a d’abord fait l’objet de rapports de force internationaux entre bailleurs du Nord pour faire perdurer les relations économiques et politiques du passé colonial (Atlani-Duault & Dozon, 2011 ; Dimier, 2014). Des pays émergents, dits des « Suds », sont venus concurrencer les bailleurs traditionnels en présentant un nouveau discours de développementalisme solidaire, orienté vers d’autres spécialités sectorielles et traversé par des ambitions d’implantation géographique (Bergamaschi et al., 2017 ; Dreher et al., 2022).
Ainsi, le débat porte régulièrement sur le fait que l’aide soit « politisée ». Or, si l’aide est en effet éminemment politique, cette accusation de politisation est généralement mobilisée par ceux à qui elle ne convient pas, soit du fait de son existence même, soit du fait de ses lieux d’intervention. Selon Donald Trump et d’autres représentants de gouvernements européens de droite et d’extrême droite, l’aide internationale serait aujourd’hui le vecteur d’une idéologie « woke ». Ces attaques s’inscrivent dans la continuité de critiques historiques (Taffet, 2021) : l’aide comme instrument d’un « agenda occidental », d’une « idéologie des droits de l’homme », d’une « théorie des genres », voire de promotion d’une certaine « vérité » sur le monde. Nous pourrons revenir sur les ambivalences des critiques faites à l’aide internationale, parfois accusée d’être le bras armé des gouvernements occidentaux, outil impérialiste censé prolonger l’exercice d’une hégémonie mondiale, ou au contraire, perçue comme un secteur échappant au contrôle des gouvernements nationaux, dirigée par des organisations jugées trop indépendantes. Ces débats donnent l’occasion de repenser les dynamiques paradoxales, mais souvent synchrones, de politisation et de dépolitisation qui régissent les processus de l’aide internationale (Ferguson, 1990 ; Marieke & Martens, 2020 ; Grajales & Saiget, 2022).
Parmi les controverses les plus fréquentes, se trouvent également les questions relatives à l’efficacité de l’aide et à ses effets. Les débats autour du manque de transparence et de redevabilité de programmes de développement ont conduit à l’émergence de nouvelles normes et pratiques parmi les acteurs de l’aide. Ainsi, les ONG sont soumises à une injonction constante d’évaluation de leurs activités, à la « capitalisation » de leurs expériences (Enten et al., 2020), à la mise en place « d’outils qualité » (Núñez Regueiro, 2020) et à la mesure de leur « impact » sur la société – l’outil statistique occupant ici un rôle central (Cusso, 2012 ; Parizet, 2015 ; Samuel & Nubukpo, 2020). Ces dynamiques donnent à voir la managérialisation croissante des ONG (Le Naëlou, 2004), le secteur de l’aide n’échappant pas aux logiques du New Public Management (Doligez, 2020). À l’instar d’autres administrations publiques, celle de l’aide internationale est accusée de lourdeur bureaucratique, d’inertie institutionnelle et d’une incapacité à se réformer (Easterly, 2002). Selon le discours néolibéral aujourd’hui dominant, il conviendrait de la rendre plus flexible, souple et efficace. Par ailleurs, plusieurs travaux ont justement démontré la capacité des organisations internationales à se transformer pour survivre (Nay & Petiteville, 2011), à faire preuve d’autocritique pour repenser leurs pratiques (Rambaud, 2009) et à initier un tournant participatif pour s’ouvrir aux « sociétés civiles » (Lagrange et al., 2022 ; Guilbaud, 2022).
Le premier axe cherche à apporter des réponses à ces questions à l’aune des conflictualités et divisions de l’aide, que celles-ci viennent des pays donateurs ou bénéficiaires, de l’extérieur ou des acteurs du secteur, du monde académique ou du champ politique. Comment ces mises en défi et les ajustements qu’elles suscitent circulent-ils entre les espaces sociaux et transforment-ils les représentations de l’aide ? Il s’agira donc d’interroger le degré d’autonomie et d’hétéronomie de l’aide internationale, d’observer ses interactions avec le champ politique et les différents usages qui en sont faits selon les contextes historiques et nationaux.
Axe 2 - L’aide internationale comme espace de luttes
Le deuxième axe propose d’étudier les luttes en rapport avec les recompositions institutionnelles, matérielles et symboliques de l’aide internationale. Nous invitons ici à une prise de recul sur les discours autour de la « crise » que traverse actuellement le champ de l’aide internationale, ainsi que d’une éventuelle fin de celle-ci, pour les considérer comme le produit des luttes d’acteurs concernés de loin ou de près par des politiques d’aide.
L’aide au développement est une catégorie d’action internationale elle-même conçue comme une politique de lutte(s) : contre la pauvreté, les catastrophes, la famine, les épidémies, les inégalités, les instabilités ; en somme, autant de « bonnes » causes qui devraient être portées par les communautés internationales. Or, au-delà des fondations morales de ces discours universalisants, la genèse de l’aide internationale s’ancre dans des inégalités sociales structurées par le maintien des hiérarchies internationales. Dans la continuité d’autres travaux, il paraît alors intéressant d’analyser les mondes de l’aide internationale comme un espace fragmenté et traversé par des rapports de force locaux et transnationaux, par des conflits protéiformes ainsi que par des logiques d’interdépendance (Hibou & Bono, 2017 ; Lavigne Delville & Fresia, 2018).
L’un des objets majeurs de conflit est celui de l’accès aux financements, qui resurgit aujourd’hui après l’annonce du gel de l’aide du premier donateur mondial et la réduction du budget de nombreux États européens. Si les politiques de l’aide passent également par des menaces d’arrêt des financements, ces logiques de mise au pas des acteurs de l’aide internationale témoignent souvent d’une critique plus frontale de l’aide et d’une volonté de contrôle, voire de criminalisation du monde associatif. Inversement, émergent des luttes militantes pour soutenir ou dénoncer les politiques d’aide, qui encouragent plus largement les articles à s’intéresser aux mobilisations locales autour de l’aide (Saiget, à paraître 2025). La baisse des financements entraîne un ajustement des stratégies de captation des fonds et une modification des rapports de force au sein du secteur. Cela laissera-t-il une place plus importante aux acteurs dits « émergents » (que l’on ne peut plus vraiment considérer comme « émergents » aujourd’hui), tels que la Chine, la Turquie, le Brésil ou les Émirats arabes unis ? Une telle tendance va-t-elle également accélérer le processus de privatisation de l’aide internationale, voire sa marchandisation, renforçant ainsi les acteurs privés ?
Les articles veilleront donc à montrer de quelle manière l’aide internationale est prise dans des luttes politiques et partisanes. Du côté des pays dits « bénéficiaires », plusieurs gouvernements des Suds rejettent désormais l’assistance proposée par d’autres États, comme l’illustre le cas du refus de l’aide française par les autorités marocaines après le séisme de septembre 2023. Du côté des pays donateurs, de plus en plus de gouvernements libéraux, de droite ou d’extrême droite, remettent explicitement en question le bien-fondé de l’aide internationale, notamment dans ses dimensions égalitaires, écologiques et humanitaires, souvent pour promouvoir d’autres normes, sécuritaires par exemple (Brown & Grävingholt, 2016). Ces critiques se doublent d’attaques plus violentes et directes à l’égard de l’organisation de l’aide, ses institutions nationales et transnationales devenant alors les espaces de production, d’expression et de circulation de ces luttes politiques. Un cas récent et explicite est, par exemple, celui du gouvernement israélien, qui multiplie les accusations contre les agences onusiennes, et notamment l’UNRWA, allant jusqu’à considérer l’organisation comme complice du Hamas. En plus des organisations internationales, deux composantes fondamentales de l’aide – le personnel humanitaire et le droit humanitaire – sont la cible d’attaques physiques et symboliques, comme l’illustrent le blocage de l’aide dans la bande de Gaza et les frappes de l’armée israélienne ayant causé la mort de plus de 300 travailleurs humanitaires. Ce cas de controverse, qui renvoie à l’historicité de l’aide internationale dans les territoires palestiniens, présente un intérêt heuristique tout particulier. Il nous incite en effet à interroger les ancrages formels et informels des acteurs mondiaux de l’aide internationale et les éventuels rôles politiques qu’ils assument progressivement dans les configurations sociopolitiques institutionnelles locales en situation de violence politique enracinée.
L’aide vient aussi s’inscrire au cœur de luttes politiques nationales, par exemple au sein des appareils bureaucratiques dans les pays « sous régime d’aide ». La réception de l’aide étrangère devient ainsi un enjeu de pouvoir, opposant alors différents ministères ou groupes de hauts fonctionnaires-courtiers, qui rivalisent les uns avec les autres au sein d’un champ national de l’aide internationale (Diallo, 2022 ; Groc, 2025). Ces conflits pour la captation, l’attribution et la mise en œuvre de l’aide échappent parfois aux canaux étatiques, donnant lieu à l’émergence d’espaces autonomes qui se constituent en parallèle de la puissance publique, voire en concurrence avec cette dernière. À titre d’exemple, plusieurs cas de catastrophes naturelles ont vu naître des réseaux de solidarité contestataire – parfois soutenus par l’aide internationale – pour pallier les manques de l’État.
Enfin, nous souhaitons également explorer ce que ces luttes font concrètement aux modalités de gouvernement des publics « vulnérables » (Faure & Parizet, 2024). Ces remises en question participent à de nouvelles mises en problèmes publics des populations tributaires de l’aide, alors que celles-ci se trouvent souvent dans des situations de grande précarité sociale. Cette stigmatisation semble opérer de manière globale : par ces reproches au système de l’aide, ce sont en réalité les politiques publiques et sociales qui sont remises en cause, que ce soit pour des populations défavorisées à l’étranger ou sur le territoire national (Fassin, 2010). Que nous disent les luttes autour de l’aide internationale sur le traitement des vulnérabilités, réelles ou possibles, dans nos sociétés ?
Ces interrogations actuelles incitent autant à explorer de nouveaux terrains qu’à réinvestir des terrains classiques de l’ethnographie de l’aide internationale. Les contributions pourront, entre autres, porter sur les rapports entre politiques partisanes, politiques publiques et politiques d’aide internationale; les modalités et les effets d’interdépendance des acteurs de l’aide internationale (ONG, organisations internationales, associations) et des catégories d’élites nationales (politiques, économiques, experts) ; les rapports de pouvoir structurant les pratiques concrètes de l’aide internationale (gros/petits et anciens/nouveaux donateurs, intermédiaires, bénéficiaires, etc.)
Axe 3 - Une analyse historique et localisée des reconfigurations de l’aide internationale
Ce troisième axe réinscrit l’étude des reconfigurations du champ de l’aide internationale dans le temps long, par la mise en perspective des récents bouleversements avec d’autres événements historiques ayant touché le secteur, notamment du point de vue des reconfigurations socio-institutionnelles des contextes des Suds. Dépasser le discours sur la « crise » actuelle permet de comprendre plus finement les transformations de l’aide internationale à l’aune de dynamiques politiques historiques (Al Dabaghy et al., 2024). Ainsi, les contributions pourront s’intéresser à des épisodes ayant constitué des « ruptures » pour le secteur, à l’échelle nationale comme internationale, comme le déclenchement (ou la fin) d’un conflit, un changement de régime politique, un mouvement social d’ampleur, une catastrophe naturelle ou une épidémie internationale. Dans quelle mesure ces événements ont-ils (ou non) transformé le champ de l’aide, les rapports de force qui le traversent, les normes et pratiques professionnelles qui l’animent, les organisations qui le structurent ?
Loin d’une lecture mécanique et homogénéisante de la « crise » de l’aide internationale, nous encourageons plutôt à observer les transformations à l’œuvre, en ancrant l’analyse dans des configurations locales (Olivier de Sardan, 2014). La focale thématique de ce troisième axe se double d’un parti pris méthodologique en faveur d’une analyse localisée et comparée des reconfigurations de l’aide : à la fois depuis les pays bailleurs et bénéficiaires, les administrations qui la mettent en œuvre et celles qui la reçoivent, les organisations associatives qui en dépendent, les communautés professionnelles qui vivent de – et font vivre – l’aide. Les contributions veilleront donc à restituer les multiples manières dont les acteurs, au sein de ces administrations publiques, ONG, associations et autres, réagissent aux évolutions sectorielles de l’aide.
Les reconfigurations de l’aide internationale sont d’ordres multiples et touchent autant les bénéficiaires que les professionnels du secteur ou les bailleurs de fonds. À cet égard, le cas du gel de l’aide américaine semble provoquer un certain nombre de reconfigurations à différentes échelles. Les organisations non étatiques tributaires de l’aide internationale sont évidemment particulièrement concernées puisque cette décision a provoqué l’arrêt de programmes, la suppression de postes et même la disparition de certaines structures. En parallèle, d’autres organisations ont dû repenser leurs activités et leur modèle économique. Lorsque le gel de l’aide américaine suscite de fortes inquiétudes au sein du secteur associatif, du côté des ONG comme des bénéficiaires, il fait l’objet d’un travail d’euphémisation au sein de certaines organisations multilatérales, comme l’OCDE notamment.
Les attaques directes ou indirectes contre l’aide publique au développement ne sont pas sans effets sur les administrations de mise en œuvre qui tentent, par le biais de leurs agents, de justifier leurs activités et de se maintenir, dans un contexte d’hostilité grandissante à leur égard. À ces fins, elles adoptent de nouveaux registres de légitimation et d’action qui ne visent plus uniquement à démontrer leur impact sur les populations dites « bénéficiaires » à l’étranger, mais qui consistent plutôt à faire de l’aide un outil de stabilisation, de maintien de la sécurité, voire un instrument de réduction des flux migratoires (Dreher et al., 2019). Les évolutions récentes peuvent laisser imaginer une progressive « nationalisation » de l’aide, au sens d’une réorganisation de cette politique publique selon des intérêts politiques nationaux, voire nationalistes, – sécuritaires ou économiques – plutôt que selon une logique transnationale ou internationale. Dans le même temps, et de façon possiblement contradictoire, le désengagement de l’aide publique américaine, auquel on a assisté récemment, suscite, en retour, l’émergence d’initiatives régionales visant à offrir des alternatives (exemple des annonces pour une politique européenne ambitieuse en matière d’aide publique au développement). Les autorités politiques (des États bailleurs et « bénéficiaires ») usent donc de différentes stratégies pour s’adapter dans ces moments de rupture et tenter d’orienter les reconfigurations du secteur.
Enfin, les contributions pourront se pencher sur les reconfigurations de l’aide dans leur dimension géographique, en analysant les effets des récentes décisions sur la distribution de l’aide par pays (Ferrière, 2024). Si certaines régions se sont vu couper les financements qui leur étaient réservés, d’autres espaces concentrent toujours une bonne partie de l’aide. L’émergence cyclique de « hubs » de l’aide internationale est une réponse aux changements du secteur ainsi qu’à certains évènements (comme les catastrophes naturelles, les guerres ou les déplacements de populations), ou encore aux stratégies des autorités politiques nationales pour attirer ou, au contraire, freiner les dispositifs internationaux.
Modalités de contribution
Les auteur·e·s s’engagent à respecter le calendrier indiqué par la rédaction.
Les propositions d’articles sont à soumettre aux adresses ci-dessous :
- graideinter@gmail.com
- revdev@univ-paris1.fr
avant le 19 septembre 2025.
Les auteur·e·s s’engagent à lire la ligne éditoriale de la Revue internationale des études du développement et s’engagent à respecter la charte éthique. Le processus de sélection se déroule comme suit selon les dates indiquées dans le calendrier de production ci-dessous. Les auteur·e·s envoient un résumé, en français, anglais ou espagnol, présentant le projet d’article en environ 4 000 signes, espaces comprises, soit environ 500 mots ou une page.
Le fichier Word du résumé, intitulé « NOM DE L’AUTEUR-Proposition-262 », comprend :
- Le titre : court et précis, de 70 signes maximum (avec possibilité d’ajouter un sous- titre)
- La question de recherche, le cadre théorique, le terrain étudié, les principaux résultats
- Une bibliographie (hors du décompte des signes).
Un second fichier Word, intitulé « NOM DE L’AUTEUR-Infos » indique de manière exhaustive les noms et prénoms des auteur·e·s, leur discipline, statut, rattachement institutionnel, adresses courriel, l'indication de l'auteur correspondant.
Ces éléments sont indispensables à l’examen de la proposition d’article. L’adéquation de la proposition à l’appel à contributions est vérifiée par les coordinateurs·trices et la rédaction en chef de la revue.
Les auteur·e·s dont les propositions d’article ont été sélectionné·e·s à l'étape précédente s'engagent à envoyer une première version de leur article qui doit impérativement correspondre aux normes de la revue, indiquées à cette page : consignes aux auteurs (disponible en français, anglais, espagnol).
Les articles (de 45 000 signes environ, espaces comprises, hors résumé et bibliographie), pourront être rédigés en français, anglais ou espagnol. Ils doivent être originaux. Ils pourront toutefois avoir fait l’objet de communications à un colloque (avec actes), à condition d’être réadaptés au format exigé par la Revue internationale des études du développement.
Les articles sont alors soumis à une lecture en double-aveugle auprès de deux évaluateurs spécialistes et extérieurs à la revue.
Les références citées doivent être présentées selon le format indiqué à cette page : Normes bibliographiques (format APA).
Calendrier
Les auteur·e·s présélectionné·e·s par les coordinateur.ice.s et le comité de rédaction seront prévenu·e·s par l’équipe de la revue la semaine du 25 septembre 2025.
Les premières versions des articles, conformes aux consignes aux auteur·e·s de la revue, seront envoyées par les auteur·e·s aux courriels précités avant le 14 novembre 2025.
Le processus d’évaluation durera quelques mois, chaque article - anonyme - sera soumis à une double lecture aveugle par des relecteurs extérieurs à la revue, experts sur le sujet traité, et la sortie en librairie de ce n°262 2026-3 est prévue pour novembre 2026.
Guest editors
- Teoman Gönen, political scientist, doctoral student, Sciences Po Aix - Mesopolhis
- Lucas Faure, political scientist, post-doctoral fellow at the Université Libre de Bruxelles, Germe laboratory
- Nathalie Ferrière, economist, lecturer, Sciences Po Aix - AMSE
- Simon Mangon, political scientist, Doctor ATER, Sciences Po Aix - Mesopolhis
- Dilek Yankaya, political scientist, Associate Professor, Sciences Po Aix – Mesopolhis
Argument
Could Donald Trump's second mandate spell the end of international aid? In February 2025, President Trump announced a freeze on U.S. development programs and the closure, first temporary and then permanently, of the U.S. Agency for International Development (USAID). This decision has shaken the humanitarian and development sector, especially as it follows previous announcements of cuts to development aid budgets in several European countries—Sweden, the Netherlands, Germany, and especially France, which stands out with a record 34% drop forecast for 2025. The new U.S. administration justified this decision with a repertoire of political, economic and ideological arguments: a strategy of drastically reducing public spending— questioning the effectiveness, usefulness and transparency of a type of public policy oriented towards foreign countries—and a desire to regain control over organizations accused of “wokism”.
The suspension of American programmes has reactivated recurring debates on international aid policies. In the United States, the decision has prompted rallies in support of the development agency, under the slogan ‘USAID Saves Lives, Save USAID’. On the other hand, political figures from authoritarian regimes that are sometimes recipients of US aid—notably El Salvador, Belarus and Azerbaijan—welcomed the decision, seeing it as the dismantling of an instrument of US imperialism. However, these controversies surrounding international aid are not new: the budgets allocated to the USAID agency and its aid programmes have regularly given rise to intense debates between Republicans and Democrats since the end of the Cold War (Fleck & Kilby, 2001).
The aim of this special issue of the Revue internationale des études du développement is to take seriously the discourse on the end of international aid in order to study the controversies, conflicts and political struggles, both past and contemporary, that contribute to its development. International aid, the volume of which has increased almost constantly since the beginning of the twenty-first century (OECD, 2024), is inherent in the governance of the contemporary world. It plays an important role in the development of modern states, not only those that are “aid-reliant”, but also their donors. A well-established body of literature shows how the conflictual relationships inherited from colonisation have persisted through aid policies. While former colonial governors have held political, technical and administrative positions in Northern states and multilateral organisations, notably the European Union (Dimier, 2014; Dimier & Stockwell, 2020; Atlani-Duault & Dozon, 2011), states without a colonial past, such as the Scandinavian states, have invented other narratives of legitimisation to gain recognition as donors from Southern countries (Motte, 2010). It therefore seems appropriate to examine the practical effects of changes in aid policies on contemporary recipient and donor states, on international hierarchies and on the effects of the latter on the way intergovernmental institutions operate.
The current “crisis” in the international aid sector mainly concerns donors in the North, while so-called “emerging” donors (China, Turkey, Qatar and others) are positioning themselves as the new financiers and operators of development projects (Carbonnier, 2012; Dreher et al., 2022), while promoting a “South-South” dynamic that is intended to be more horizontal and equitable. These dynamics reflect the relational configurations of international aid in which the rationales of national governments and global policies conflict - or complement each other. Numerous studies have shown that the design and implementation of these mechanisms are the subject of local struggles, in both “donor” and “recipient” countries (Appe & Pallas, 2018; Busnel, 2022).
The criticisms levelled at international aid therefore need to be reinscribed in the long term, taking account of intersectoral and transnational configurations, in order to gain a better understanding of the contemporary transformations of a sector that is in the throes of change, the debates that govern it and the struggles that drive it. To do this, we are adopting an approach based on the “developmental configuration”, as Olivier de Sardan (2001) puts it, in other words taking into account all those involved in aid: those who live off it, finance it, implement it, benefit from it or challenge it. Observing the varied forms of struggle in this transnational social world calls for a multi-sited and symmetrical approach to research, looking at both donor and recipient countries (Atlani-Duault, 2005), analysing the various arenas in which aid is discussed, disputed and decided: donors, international organisations, aid intermediaries and operators, NGOs, local associations, etc.
Following on from recent initiatives to study aid as a political object (Grajales & Saiget, 2022; Al Dabaghy et al., 2024), this thematic issue is open to proposals for papers that take a multidisciplinary approach, favouring an empirical approach to international aid and using the analytical tools of political science, economics, history, sociology, anthropology, geography and so on. We propose to examine international aid from three main angles: the controversies surrounding international aid, international aid as a transnational space of struggle, and the reconfigurations of the aid field.
Theme 1 - Controversies surrounding international aid
The first thematic area focuses on the processes that give rise to controversy surrounding international aid policies. As old as aid itself, these controversies involve a wide range of actors – aid professionals, experts, elites, activists, political actors – and concern both the objectives of aid and the ways in which it is deployed. Historically, international aid was initially the subject of international power struggles between donors in the North to perpetuate the economic and political relations of the colonial past (Atlani-Duault & Dozon, 2011; Dimier, 2014). Emerging countries, known as the ‘South’, have come to compete with traditional donors by presenting a new discourse of solidarity-based development, oriented towards other sectoral specialities and driven by ambitions for geographical expansion (Bergamaschi et al., 2017; Dreher et al., 2022).
Thus, the debate regularly focuses on the fact that aid is ‘politicised’. Indeed, international aid is eminently political, but it is accused of being ‘politicised’ particularly when it does not suit those who engage in this debate. According to Donald Trump and other representatives of right-wing and far-right European governments, aid is now a vehicle for ‘woke’ ideology. These attacks are in line with historical criticisms (Taffet, 2021): aid as an instrument of a ‘Western agenda’, a ‘human rights ideology’, a ‘gender theory’, or even the promotion of a certain ‘truth’ about the world. We can revisit the ambivalence of criticism levelled at international aid, which is sometimes accused of being the armed wing of Western governments, an imperialist tool designed to prolong global hegemony, or, conversely, perceived as a sector beyond the control of national governments, led by organisations deemed too independent. These debates provide an opportunity to rethink the paradoxical but often synchronous dynamics of politicisation and depoliticisation that govern international aid processes (Ferguson, 1990; Marieke & Martens, 2020; Grajales & Saiget, 2022).
Among the most frequent controversies are also questions relating to the effectiveness of aid and its effects. Debates surrounding the lack of transparency and accountability in development programmes have led to the emergence of new standards and practices among aid actors. As a result, NGOs are subject to constant demands to evaluate their activities, to “capitalise” on their experiences (Enten et al., 2020), to implement 'quality tools ‘ (Núñez Regueiro, 2020) and measuring their ’impact" on society – with statistics playing a central role here (Cusso, 2012; Parizet, 2015; Samuel & Nubukpo, 2020). These dynamics reveal the increasing managerialisation of NGOs (Le Naëlou, 2004), with the aid sector not escaping the logic of New Public Management (Doligez, 2020). Like other public administrations, international aid is accused of bureaucratic red tape, institutional inertia and an inability to reform (Easterly, 2002). According to the currently dominant neoliberal discourse, it should be made more flexible, agile and efficient. Furthermore, several studies have demonstrated the ability of international organisations to transform themselves in order to survive (Nay & Petiteville, 2011), to engage in self-criticism in order to rethink their practices (Rambaud, 2009), and to initiate a participatory shift in order to open up to ‘civil societies’ (Lagrange et al., 2022; Guilbaud, 2022).
The first axis seeks answers to these questions in light of the conflicts and divisions in aid, whether they come from donor or recipient countries, from outside or from actors in the sector, from academia or from the political sphere. How do these challenges, and the adjustments they prompt, circulate between social spaces and transform representations of aid? We will therefore examine the degree of autonomy and heteronomy of international aid, observe its interactions with the political sphere and the different uses made of it according to historical and national contexts.
Theme 2 - International aid as a space for struggle
The second axis proposes to study the struggles related to the institutional, material and symbolic recompositions of international aid. Here, we invite you to take a step back from the discourse surrounding the current ‘crisis’ in the field of international aid, as well as its possible end, and consider it as the product of struggles by actors directly or indirectly involved in aid policies.
Development aid is a category of international action that is itself conceived as a policy of struggle(s): against poverty, disasters, famine, epidemics, inequalities, instability—in short, all the ‘good’ causes that should be championed by the international community. However, beyond the moral foundations of these universalising discourses, the origins of international aid are rooted in social inequalities structured by the maintenance of international hierarchies. In line with other work, it therefore seems interesting to analyse the world of international aid as a fragmented space traversed by local and transnational power relations, multifaceted conflicts and interdependence (Hibou & Bono, 2017; Lavigne Delville & Fresia, 2018).
One of the major sources of conflict is access to funding, which has resurfaced following the announcement of a freeze on aid from the world's leading donor and budget cuts in many European countries. While aid policies also involve threats to cut funding, these attempts to bring international aid actors into line are accompanied by more direct methods of controlling aid and criminalising the voluntary sector. Conversely, militant struggles are emerging to support or denounce aid policies, which are encouraging articles to focus more broadly on local mobilisations around aid (Saiget, forthcoming 2025). The decline in funding is leading to an adjustment in fundraising strategies and a shift in the balance of power within the sector. Will this leave more room for so-called ‘emerging’ actors (which can no longer really be considered ‘emerging’ today), such as China, Turkey, Brazil and the United Arab Emirates? Will such a dynamic also accelerate the process of privatisation of international aid, or even its commodification, thereby strengthening private actors?
The articles will therefore seek to show how international aid is caught up in political and partisan struggles. On the side of the so-called ‘beneficiary’ countries, several governments in the Global South now reject assistance offered by other states, as illustrated by the Moroccan authorities' refusal of French aid after the earthquake in September 2023. On the donor side, more and more liberal, right-wing or far-right governments are explicitly questioning the validity of international aid, particularly in its egalitarian, ecological and humanitarian dimensions, often in order to promote other norms, such as security (Brown & Grävingholt, 2016). These criticisms are coupled with more violent and direct attacks on the organisation of aid, with national and transnational institutions becoming the spaces where these political struggles are produced, expressed and circulated. The most recent and explicit case is certainly that of the Israeli government, which has stepped up its accusations against UN agencies, particularly UNRWA, going so far as to accuse the organisation of being complicit with Hamas. In addition to international organisations, two fundamental components of aid – humanitarian personnel and humanitarian law – are the target of physical and symbolic attacks, as illustrated by the blockade of aid in the Gaza Strip and the Israeli army strikes that have killed more than 300 humanitarian workers. This controversial case, which reflects the history of international aid in the Palestinian territories, is of particular heuristic interest in that it prompts us to question the formal and informal roots of global international aid actors and the potential political roles they are gradually assuming in local institutional socio-political configurations in situations of entrenched political violence.
Aid also becomes central to national political struggles, for example within the bureaucratic apparatus of countries ‘under aid regimes’. The receipt of foreign aid thus becomes a power issue, pitting different ministries or groups of senior civil servants and brokers against each other as they compete within a national field of international aid (Diallo, 2022; Groc, 2025). These conflicts over the capture, allocation and implementation of aid sometimes escape state channels, giving rise to the emergence of autonomous spaces that are formed in parallel with, or even in competition with, public authorities. For example, several natural disasters have seen the emergence of protest solidarity networks – sometimes supported by international aid – to compensate for the shortcomings of the state.
Finally, we also wish to explore the concrete impact of these struggles on the governance of ‘vulnerable’ populations (Faure & Parizet, 2024). These challenges contribute to new public debates about populations dependent on aid, who often find themselves in situations of great social precariousness. This stigmatisation seems to operate globally: through these criticisms of the aid system, it is in fact public and social policies that are being called into question, whether for disadvantaged populations abroad or within the country (Fassin, 2010). What do the struggles surrounding international aid tell us about the treatment of real or potential vulnerabilities in our societies?
These current questions encourage us to explore new areas and to revisit traditional areas of international aid ethnography. Among other things, contributions may focus on the relationship between partisan politics, public policy and international aid policy; the modalities and effects of interdependence between international aid actors (NGOs, international organisations, associations) and categories of national elites (political, economic, experts); the power relations that structure the concrete practices of international aid (large/small and old/new donors, intermediaries, beneficiaries, etc.).
Theme 3 - A historical and localised analysis of the reconfiguration of international aid
This third axis re-examines the study of reconfigurations in the field of international aid over the long term, by placing recent upheavals in perspective with other historical events that have affected the sector, particularly from the point of view of socio-institutional reconfigurations in the Global South. Going beyond the discourse on the current ‘crisis’ allows for a more nuanced understanding of the transformations in international aid in light of historical political dynamics (Al Dabaghy et al., 2024). Contributions may therefore focus on episodes that have constituted ‘ruptures’ at the national or international level for the sector, such as the outbreak (or end) of a conflict, a change of political regime, a large-scale social movement, a natural disaster or an international epidemic. To what extent have these events transformed (or not) the field of aid, the power relations that shape it, the professional standards and practices that drive it, and the organisations that structure it?
Far from a mechanical and homogenising reading of the ‘crisis’ in international aid, we encourage instead an observation of the transformations at work, anchoring the analysis in local configurations (Olivier de Sardan, 2014). The thematic focus of this third axis is coupled with a methodological bias in favour of a localised and comparative analysis of aid reconfigurations: from both donor and recipient countries, the administrations that implement it and those that receive it, the associations that depend on it, and the professional communities that live off – and sustain – aid. Contributions will therefore seek to reflect the multiple ways in which actors within these public administrations, NGOs, associations and others are responding to sectoral developments in aid.
The reconfigurations of international aid are manifold and affect beneficiaries as much as professionals in the sector and donors. In this regard, the freezing of US aid seems to be causing a number of reconfigurations at different levels. Non-state organisations dependent on international aid are obviously particularly affected, as this decision has led to the cessation of programmes, job cuts and even the disappearance of certain structures. At the same time, other organisations have had to reorganise their activities and rethink their economic model. While the freeze on US aid is causing serious concern in the voluntary sector and among NGOs on the beneficiary side, it is being downplayed within certain multilateral organisations, such as the OECD in particular.
Direct or indirect attacks on official development assistance are not without effect on the implementing administrations, which are trying, through their agents, to justify their activities and maintain their position in a context of growing hostility towards them. To this end, they are adopting new forms of legitimisation and action that no longer aim solely to demonstrate their impact on so-called ‘beneficiary’ populations abroad, but rather to make aid a tool for stabilisation, maintaining security, and even reducing migration flows (Dreher et al., 2019). Recent developments suggest a gradual ‘nationalisation’ of aid, in the sense of a reorganisation of this public policy according to national, or even nationalist, political interests – security or economic – rather than according to a transnational or international logic. At the same time, and possibly contradictorily, the withdrawal of US public aid is prompting the emergence of regional initiatives aimed at offering alternatives, for example in announcements of an ambitious European policy on official development assistance. Political authorities (in donor and ‘recipient’ countries) are therefore using different strategies to adapt to these times of upheaval and attempt to guide the reconfiguration of the sector.
Finally, contributions may examine the geographical dimension of aid reconfigurations by analysing the effects of recent decisions on the distribution of aid by country (Ferrière, 2024). While some regions have seen their funding cut, others still receive a large share of aid. The cyclical emergence of international aid hubs is a response to changes in the sector and to certain events (such as natural disasters, wars or population displacement), or to the strategies of national political authorities to attract or, conversely, curb international mechanisms.
Submission details
The authors agree to comply with the calendar.
The proposals must be submitted to:
- graideinter@gmail.com
- revdev@univ-paris1.fr
by September 19, 2025.
The authors must submit an abstract in French, English, or Spanish, presenting their proposal in approximately 4,000 characters (with spaces), i.e. about 500 words or one page.
The Word file for the abstract must be entitled “AUTHOR’S SURNAME-Proposal-262,” and must include:
- the title: short and precise, 70 characters maximum (with the possibility of adding a subtitle);
- the research question, the theoretical framework, the fieldwork, and the main results;
- the bibliographical references (not included in the character count).
For each author, a second file entitled “AUTHOR’S SURNAME-info” must include their first name and last name, their discipline, status, institutional affiliation, email address, and the name of the corresponding author.
For the proposals to be examined, it is essential that they follow these guidelines. Their suitability to the call for papers will be determined by the guest editors and the journal’s editorial board.
The authors whose proposals have been selected will be invited to send a first draft of their article, which must absolutely follow the Guidelines for Authors. The articles will then be submitted to a double-blind peer review by two external reviewers who are experts on the topic.
The articles (45,000 characters with spaces, excluding the abstract and references) may be written in French, English, or Spanish. They must be original work. They may however have been presented at a conference (with proceedings), as long as they have been adapted to the format required by the Revue internationale des études du développement, but the author must not submit their paper to another journal simultaneously.
The references cited must be presented in APA format.
Publication Calendar
The authors preselected by the editors and the editorial committee will be notified by the editorial team the week of September 25, 2025.
The first version of the article, following the journal’s guidelines for authors, must be submitted by the authors to the aforementioned email addresses by November 14, 2025.
The evaluation process will take a few months; each – anonymous – article will be submitted to a double blind peer review by two external reviewers who are experts on the topic. Requesting a first version of the article does not constitute a commitment from the journal to publish the aforementioned article, which must be approved by the editorial committee, following the different steps in the evaluation process. No 262 2026-3 is expected to be published in November 2026.
Coordinadores del número
- Teoman Gönen, politólogo, doctorando, Sciences Po Aix – Mesopolhis.
- Lucas Faure, politólogo, posdoctorado en la Universidad Libre de Bruselas, en el laboratorio Germe
- Nathalie Ferrière, economista, profesora titular, Sciences Po Aix – AMSE.
- Simon Mangon, politólogo, doctor ATER, Sciences Po Aix – Mesopolhis
- Dilek Yankaya, politóloga, profesora titular, Sciences Po Aix – Mesopolhis
Argumentos
¿Puede el segundo mandato de Donald Trump significar el fin de la ayuda internacional? En febrero de 2025, el presidente Trump anunció la suspensión de los programas de desarrollo estadounidenses, así como el cierre, primero provisional y luego definitivo, de la Agencia de los Estados Unidos para el Desarrollo Internacional (USAID). Esta decisión sacude el sector humanitario y del desarrollo, sobre todo porque se suma a anteriores anuncios de recortes en los presupuestos destinados a la ayuda al desarrollo de varios países europeos: Suecia, Países Bajos, Alemania y, sobre todo, Francia, que destaca con una reducción récord del 34 % prevista para 2025. La nueva administración estadounidense ha justificado esta decisión con una serie de argumentos políticos, económicos e ideológicos: estrategia de reducción drástica del gasto público, cuestionamiento de la eficacia, la utilidad y la transparencia de un tipo de política pública orientada al extranjero, y voluntad de recuperar el control sobre organizaciones acusadas de «wokismo».
La suspensión de los programas estadounidenses reaviva así los debates recurrentes sobre las políticas de ayuda internacional. En Estados Unidos, esta decisión ha suscitado movilizaciones de apoyo a la agencia de desarrollo, con el lema «USAID Saves Lives, Save USAID» (USAID salva vidas, salvemos USAID). Por el contrario, figuras políticas de regímenes autoritarios, a veces beneficiarios de la ayuda estadounidense —en particular en El Salvador, Bielorrusia o Azerbaiyán— han acogido con satisfacción esta decisión, viendo en ella el desmantelamiento de un instrumento del imperialismo estadounidense. Sin embargo, estas controversias en torno a la ayuda internacional no son nuevas: por ejemplo, los presupuestos asignados a la agencia USAID y sus programas de ayuda han suscitado regularmente acalorados debates entre republicanos y demócratas desde el final de la Guerra Fría (Fleck y Kilby, 2001).
Este número temático de la Revue internationale des études du développement (Revista Internacional de Estudios sobre el Desarrollo) pretende tomar en serio los discursos sobre el fin de la ayuda internacional para estudiar las controversias, los conflictos y las luchas políticas, tanto pasadas como contemporáneas, que contribuyen a su elaboración. De hecho, la ayuda internacional, cuyo volumen ha experimentado un crecimiento casi constante desde principios del siglo XXI (OCDE, 2024), es inherente a la estructura de la gobernanza del mundo contemporáneo. Ocupa un lugar importante en el desarrollo de los Estados modernos, no solo de los denominados «bajo régimen de ayuda», sino también de sus donantes. Una bibliografía ya bien consolidada muestra cómo las relaciones conflictivas heredadas de la colonización han perdurado a través de las políticas de ayuda. Mientras que los antiguos gobernantes coloniales han ocupado cargos políticos, técnicos y administrativos en los Estados del Norte y en las organizaciones multilaterales, en particular en la Unión Europea (Dimier, 2014; Dimier y Stockwell, 2020; Atlani-Duault y Dozon, 2011), los Estados sin pasado colonial, como los escandinavos, han inventado otros discursos de legitimación para ser reconocidos como donantes por los países del Sur (Motte, 2010). Por lo tanto, parece pertinente cuestionar los efectos concretos de los cambios en las políticas de ayuda sobre los Estados beneficiarios y donantes contemporáneos, sobre las jerarquías internacionales y sobre los efectos de estas últimas en el funcionamiento de las instituciones intergubernamentales.
De hecho, la «crisis» actual que atraviesa el sector de la ayuda internacional afecta principalmente a los donantes del Norte, mientras que los denominados «emergentes» (China, Turquía, Qatar y otros) se posicionan como los nuevos financiadores y operadores de los proyectos de desarrollo (Carbonnier, 2012; Dreher et al., 2022), al tiempo que se erigen en promotores de una dinámica «Sur-Sur» que pretende ser más horizontal y equitativa. Estas dinámicas reflejan las configuraciones relacionales de la ayuda internacional en las que entran en conflicto —o se complementan— las lógicas de los gobiernos nacionales y las políticas mundiales. Numerosos trabajos han demostrado que la creación y la aplicación de estos dispositivos son objeto de luchas locales, tanto en los países «donantes» como en los «beneficiarios» (Appe y Pallas, 2018; Busnel, 2022).
Las críticas a la ayuda internacional deben situarse, por tanto, en una perspectiva a largo plazo, teniendo en cuenta las configuraciones intersectoriales y transnacionales, con el fin de comprender mejor las transformaciones contemporáneas de un sector en plena mutación, los debates que lo rigen y las luchas que lo animan. Para ello, adoptamos un enfoque orientado hacia la «configuración desarrollista», según la fórmula de Olivier de Sardan (2001), es decir, teniendo en cuenta a todos los actores de la ayuda: quienes viven de ella, la financian, la implementan, se benefician de ella o la cuestionan. Observar las diversas formas de lucha de este mundo social transnacional requiere un enfoque de investigación multisituado y simétrico, orientado tanto a los países donantes como a los beneficiarios (Atlani-Duault, 2005), analizando los diferentes ámbitos en los que se debate, se discute y se decide la ayuda: donantes, organizaciones internacionales, intermediarios y operadores de la ayuda, ONG, asociaciones locales, etc.
En la línea de iniciativas recientes que pretenden estudiar la ayuda como un objeto político (Grajales y Saiget, 2022; Al Dabaghy et al., 2024), este número temático está abierto a propuestas de comunicaciones que se inscriban en un enfoque multidisciplinar que privilegie el enfoque empírico sobre la ayuda internacional, utilizando herramientas de análisis de la ciencia política, la economía, la historia, la sociología, la antropología, la geografía, etc. Proponemos analizar la ayuda internacional en torno a tres ejes principales: las controversias en torno a la ayuda internacional, la ayuda internacional como espacio transnacional de luchas y, por último, las reconfiguraciones del ámbito de la ayuda.
Eje 1: Controversias en torno a la ayuda internacional
Un primer eje se centra en los procesos de controversia en torno a las políticas de ayuda internacional. Tan antiguas como la propia ayuda, estas controversias implican a una pluralidad de actores —profesionales de la ayuda, expertos, élites, activistas, actores políticos— y se refieren tanto a sus objetivos como a las modalidades de su despliegue. Históricamente, la ayuda internacional ha sido objeto de relaciones de poder internacionales entre los donantes del Norte para perpetuar las relaciones económicas y políticas del pasado colonial (Atlani-Duault y Dozon, 2011; Dimier, 2014). Los países emergentes, denominados «del Sur», han entrado en competencia con los donantes tradicionales presentando un nuevo discurso de desarrollismo solidario, orientado hacia otras especialidades sectoriales y atravesado por ambiciones de implantación geográfica (Bergamaschi et al., 2017; Dreher et al., 2022).
Así, el debate gira regularmente en torno al hecho de que la ayuda esté «politizada». En efecto, la ayuda internacional es eminentemente política, pero se la acusa de estar «politizada», sobre todo cuando no conviene a quienes inician este debate. Según Donald Trump y otros representantes de gobiernos europeos de derecha y extrema derecha, la ayuda es hoy en día el vector de una ideología «woke». Estos ataques se inscriben en la continuidad de críticas históricas (Taffet, 2021): la ayuda como instrumento de una «agenda occidental», de una «ideología de los derechos humanos», de una «teoría de género», o incluso de promoción de una cierta «verdad» sobre el mundo. Podemos volver sobre las ambivalencias de las críticas a la ayuda internacional, a veces acusada de ser el brazo armado de los gobiernos occidentales, una herramienta imperialista destinada a prolongar el ejercicio de una hegemonía mundial o, por el contrario, percibida como un sector que escapa al control de los gobiernos nacionales, dirigido por organizaciones consideradas demasiado independientes. Estos debates brindan la oportunidad de repensar las dinámicas paradójicas, pero a menudo sincrónicas, de politización y despolitización que rigen los procesos de la ayuda internacional (Ferguson, 1990; Marieke y Martens, 2020; Grajales y Saiget, 2022).
Entre las controversias más frecuentes se encuentran también las cuestiones relativas a la eficacia de la ayuda y sus efectos. Los debates sobre la falta de transparencia y rendición de cuentas de los programas de desarrollo han dado lugar a la aparición de nuevas normas y prácticas entre los actores de la ayuda. Así, las ONG están sometidas a una exigencia constante de evaluación de sus actividades, de «capitalización» de sus experiencias (Enten et al., 2020) y de implantación de «herramientas de calidad » (Núñez Regueiro, 2020) y a la medición de su « impacto » en la sociedad, donde las herramientas estadísticas desempeñan un papel fundamental (Cusso, 2012; Parizet, 2015; Samuel y Nubukpo, 2020). Estas dinámicas ponen de manifiesto la creciente managerialización de las ONG (Le Naëlou, 2004), ya que el sector de la ayuda no escapa a la lógica de la Nueva Gestión Pública (Doligez, 2020). Al igual que otras administraciones públicas, la de la ayuda internacional es acusada de peso burocrático, inercia institucional e incapacidad para reformarse (Easterly, 2002). Según el discurso neoliberal dominante en la actualidad, convendría hacerla más flexible, ágil y eficaz. Por otra parte, varios trabajos han demostrado precisamente la capacidad de las organizaciones internacionales para transformarse con el fin de sobrevivir (Nay y Petiteville, 2011), para hacer autocrítica y replantearse sus prácticas (Rambaud, 2009) y para iniciar un giro participativo con el fin de abrirse a las «sociedades civiles» (Lagrange et al., 2022; Guilbaud, 2022).
El primer eje busca respuestas a estas preguntas a la luz de los conflictos y divisiones de la ayuda, ya sea que provengan de los países donantes o beneficiarios, del exterior o de los actores del sector, del mundo académico o del ámbito político. ¿Cómo circulan estos desafíos y los ajustes que suscitan entre los espacios sociales y cómo transforman las representaciones de la ayuda? Se tratará, por tanto, de cuestionar el grado de autonomía y heteronomía de la ayuda internacional, de observar sus interacciones con el ámbito político y los diferentes usos que se hacen de ella según los contextos históricos y nacionales.
Eje 2: La ayuda internacional como espacio de luchas
El segundo eje propone estudiar las luchas relacionadas con las recomposiciones institucionales, materiales y simbólicas de la ayuda internacional. Invitamos aquí a tomar distancia respecto a los discursos sobre la «crisis» que atraviesa actualmente el ámbito de la ayuda internacional, así como sobre su posible fin, para considerarlos como el producto de las luchas de los actores que están directa o indirectamente relacionados con las políticas de ayuda.
La ayuda al desarrollo es una categoría de acción internacional concebida en sí misma como una política de lucha(s): contra la pobreza, las catástrofes, el hambre, las epidemias, las desigualdades, la inestabilidad, en definitiva, tantas «buenas» causas que deberían ser defendidas por las comunidades internacionales. Sin embargo, más allá de los fundamentos morales de estos discursos universalizantes, el origen de la ayuda internacional se basa en las desigualdades sociales estructuradas por el mantenimiento de las jerarquías internacionales. En la continuidad de otros trabajos, parece interesante analizar los mundos de la ayuda internacional como un espacio fragmentado y atravesado por relaciones de poder locales y transnacionales, por conflictos proteiformes y por lógicas de interdependencia (Hibou & Bono, 2017; Lavigne Delville & Fresia, 2018).
Uno de los principales motivos de conflicto es el acceso a la financiación, que vuelve a surgir tras el anuncio de la suspensión de la ayuda del principal donante mundial y la reducción del presupuesto de muchos Estados europeos. Si bien las políticas de ayuda también pasan por amenazas de suspensión de la financiación, estas lógicas de control de los actores de la ayuda internacional van acompañadas de modalidades más directas de control de la ayuda y de criminalización del mundo asociativo. A su vez, surgen luchas militantes para apoyar o denunciar las políticas de ayuda, lo que fomenta en mayor medida que los artículos se interesen por las movilizaciones locales en torno a la ayuda (Saiget, de próxima publicación en 2025). La disminución de la financiación conlleva un ajuste de las estrategias de captación de fondos y una modificación de las relaciones de poder dentro del sector. ¿Dejará esto un espacio más importante para los actores denominados «emergentes» (que hoy en día ya no pueden considerarse realmente «emergentes»), como China, Turquía, Brasil o los Emiratos Árabes Unidos? ¿Esta dinámica acelerará también el proceso de privatización de la ayuda internacional, o incluso su mercantilización, reforzando así a los actores privados?
Por lo tanto, los artículos tratarán de mostrar cómo la ayuda internacional se ve envuelta en luchas políticas y partidistas. Por parte de los llamados «países beneficiarios», varios gobiernos del Sur rechazan ahora la ayuda ofrecida por otros Estados, como ilustra el caso del rechazo de la ayuda francesa por parte de las autoridades marroquíes tras el terremoto de septiembre de 2023. Por parte de los países donantes, cada vez más gobiernos liberales, de derecha o de extrema derecha, cuestionan explícitamente la validez de la ayuda internacional, en particular en sus dimensiones igualitarias, ecológicas y humanitarias, a menudo para promover otras normas, como las de seguridad (Brown y Grävingholt, 2016). Estas críticas se suman a ataques más violentos y directos contra la organización de la ayuda, convirtiéndose sus instituciones nacionales y transnacionales en espacios de producción, expresión y circulación de estas luchas políticas. El caso más reciente y explícito es sin duda el del Gobierno israelí, que multiplica las acusaciones contra las agencias de la ONU, en particular la UNRWA, llegando incluso a acusar a la organización de ser cómplice de Hamás. Además de las organizaciones internacionales, dos componentes fundamentales de la ayuda —el personal humanitario y el derecho humanitario— son objeto de ataques físicos y simbólicos, como lo ilustran el bloqueo de la ayuda en la Franja de Gaza y los ataques del ejército israelí que han causado la muerte de más de 300 trabajadores humanitarios. Este caso controvertido, que remite a la historicidad de la ayuda internacional en los territorios palestinos, presenta un interés heurístico particular, ya que nos incita a cuestionar los anclajes formales e informales de los actores mundiales de la ayuda internacional y los posibles roles políticos que asumen progresivamente en las configuraciones sociopolíticas institucionales locales en situaciones de violencia política arraigada.
La ayuda también se inscribe en el centro de las luchas políticas nacionales, por ejemplo, dentro de los aparatos burocráticos de los países «bajo régimen de ayuda». La recepción de la ayuda exterior se convierte así en una cuestión de poder, que enfrenta a diferentes ministerios o grupos de altos funcionarios-intermediarios, que compiten entre sí en el ámbito nacional de la ayuda internacional (Diallo, 2022; Groc, 2025). Estos conflictos por la captación, la asignación y la ejecución de la ayuda a veces escapan a los canales estatales, dando lugar a la aparición de espacios autónomos que se constituyen en paralelo al poder público, o incluso en competencia con este. A modo de ejemplo, varios casos de catástrofes naturales han dado lugar al surgimiento de redes de solidaridad contestatarias, a veces apoyadas por la ayuda internacional, para paliar las carencias del Estado.
Por último, también queremos explorar qué consecuencias concretas tienen estas luchas en las modalidades de gobierno de los públicos «vulnerables» (Faure y Parizet, 2024). Estos cuestionamientos contribuyen a que se planteen nuevos problemas públicos en relación con las poblaciones que dependen de la ayuda, que a menudo se encuentran en situaciones de gran precariedad social. Esta estigmatización parece operar de manera global: a través de estas críticas al sistema de ayuda, lo que en realidad se cuestionan son las políticas públicas y sociales, ya sea para las poblaciones desfavorecidas en el extranjero o en el territorio nacional (Fassin, 2010). ¿Qué nos dicen las luchas en torno a la ayuda internacional sobre el tratamiento de las vulnerabilidades, reales o posibles, en nuestras sociedades?
Estas cuestiones actuales incitan conjuntamente a explorar nuevos terrenos y a reinvertir en terrenos clásicos de la etnografía de la ayuda internacional. Entre otras, las contribuciones podrán versar sobre las relaciones entre políticas partidistas, políticas públicas y políticas de ayuda internacional; las modalidades y los efectos de la interdependencia de los actores de la ayuda internacional (ONG, organizaciones internacionales, asociaciones) y las categorías de élites nacionales (políticas, económicas, expertos); las relaciones de poder que estructuran las prácticas concretas de la ayuda internacional (donantes grandes/pequeños y antiguos/nuevos, intermediarios, beneficiarios, etc.).
Eje 3: un análisis histórico y localizado de las reconfiguraciones de la ayuda internacional
Este tercer eje vuelve a situar el estudio de las reconfiguraciones del ámbito de la ayuda internacional en una mirada a largo plazo, poniendo en perspectiva los recientes cambios con otros acontecimientos históricos que han afectado al sector, en particular desde el punto de vista de las reconfiguraciones socioinstitucionales de los contextos del Sur. Superar el discurso sobre la «crisis» actual permite comprender con mayor precisión las transformaciones de la ayuda internacional a la luz de las dinámicas políticas históricas (Al Dabaghy et al., 2024). Así, las contribuciones podrán centrarse en episodios que hayan supuesto «rupturas» a escala nacional o internacional para el sector, como el inicio (o el fin) de un conflicto, un cambio de régimen político, un movimiento social de gran envergadura, una catástrofe natural o una epidemia internacional. ¿En qué medida estos acontecimientos han transformado (o no) el ámbito de la ayuda, las relaciones de poder que lo atraviesan, las normas y prácticas profesionales que lo animan y las organizaciones que lo estructuran?
Lejos de una lectura mecánica y homogeneizante de la «crisis» de la ayuda internacional, animamos más bien a observar las transformaciones en curso, basando el análisis en configuraciones locales (Olivier de Sardan, 2014). El enfoque temático de este tercer eje se complementa con un sesgo metodológico a favor de un análisis localizado y comparado de las reconfiguraciones de la ayuda: tanto desde los países donantes como desde los beneficiarios, las administraciones que la implementan y las que la reciben, las organizaciones asociativas que dependen de ella, las comunidades profesionales que viven de la ayuda y la hacen posible. Por lo tanto, las contribuciones se encargarán de reflejar las múltiples formas en que los actores, dentro de estas administraciones públicas, ONG, asociaciones y otros, reaccionan a los cambios sectoriales de la ayuda.
Las reconfiguraciones de la ayuda internacional son de múltiples órdenes y afectan tanto a los beneficiarios como a los profesionales del sector o a los donantes. En este sentido, el caso de la suspensión de la ayuda estadounidense parece provocar una serie de reconfiguraciones a diferentes escalas. Las organizaciones no estatales que dependen de la ayuda internacional se ven especialmente afectadas, ya que esta decisión ha provocado la suspensión de programas, la supresión de puestos de trabajo e incluso la desaparición de algunas estructuras. Al mismo tiempo, otras organizaciones han tenido que reorganizar sus actividades y replantearse su modelo económico. Si bien la suspensión de la ayuda estadounidense suscita gran inquietud en el sector asociativo, las ONG del lado de los beneficiarios, es objeto de un trabajo de eufemización en el seno de algunas organizaciones multilaterales, como la OCDE en particular.
Los ataques directos o indirectos contra la ayuda pública al desarrollo no dejan de tener efectos en las administraciones encargadas de su ejecución, que intentan, a través de sus agentes, justificar sus actividades y mantenerse en un contexto de creciente hostilidad hacia ellas. Con este fin, adoptan nuevos registros de legitimación y acción que ya no solo pretenden demostrar su impacto en las poblaciones denominadas «beneficiarias» en el extranjero, sino que consisten más bien en convertir la ayuda en una herramienta de estabilización, de mantenimiento de la seguridad e incluso en un instrumento de reducción de los flujos migratorios (Dreher et al., 2019). Las recientes evoluciones pueden hacer pensar en una progresiva «nacionalización» de la ayuda, en el sentido de una reorganización de esta política pública en función de intereses políticos nacionales, incluso nacionalistas, —de seguridad o económicos— en lugar de seguir una lógica transnacional o internacional. Al mismo tiempo, y de forma posiblemente contradictoria, la retirada de la ayuda pública estadounidense está provocando a su vez la aparición de iniciativas regionales destinadas a ofrecer alternativas, por ejemplo, con el anuncio de una ambiciosa política europea en materia de ayuda pública al desarrollo. Las autoridades políticas (de los Estados donantes y «beneficiarios») utilizan, por tanto, diferentes estrategias para adaptarse a estos momentos de ruptura e intentar orientar las reconfiguraciones del sector.
Por último, las contribuciones podrían examinar las reconfiguraciones geográficas de la ayuda, analizando los efectos de las recientes decisiones sobre la distribución de la ayuda por países (Ferrière, 2024). Mientras que algunas regiones han visto recortada su financiación, otras zonas siguen recibiendo una gran proporción de la ayuda.
Modalidades de presentación de las proposiciones
Los autores y las autoras se comprometen a respetar el cronograma indicado para la redacción.
Las propuestas de artículos deben ser enviadas a las siguientes direcciones electrónicas:
- graideinter@gmail.com
- revdev@univ-paris1.fr
antes del 19 de septiembre 2025.
Los autores se comprometen a consultar la línea editorial de la Revue internationale des études du développement y a cumplir con la carta ética y las recomendaciones a los autores.
El proceso de selección se desarrolla según las fechas indicadas en el siguiente calendario de producción.
Las propuestas de contribuciones, en francés, inglés o español, presentan el proyecto de artículo en más o menos 4.000 caracteres (con espacios), equivalentes a unas 500 palabras o una página.
El documento Word del resumen, titulado “NOMBRE DEL AUTOR-Proposición-262”, incluirá:
- El título: corto y preciso, de 70 caracteres máximo (con la posibilidad de añadir un subtítulo);
- El objeto de investigación, el marco teórico, el terreno estudiado, los principales resultados;
- Una bibliografía (no incluida en el número de caracteres).
Un segundo documento Word titulado “NOMBRE DEL AUTOR-Informaciones” indicará, exhaustivamente, los nombres y apellidos de los autores o las autoras, su disciplina, estatus, vinculación institucional, direcciones de correo electrónico, indicación del autor correspondiente.
Estos elementos son indispensables para el examen de la propuesta de artículo. La adecuación de la propuesta al llamado a contribución es comprobada por los coordinadores y las coordinadoras y por la redacción de la revista.
Se invita los autores cuya propuesta de contribución fue preseleccionada, a enviar una primera versión de su artículo que debe imperativamente corresponder a las normas indicadas anteriormente. Los artículos se someten entonces a una lectura doble ciego de dos evaluadores, especialistas y ajenos a la revista.
Los artículos (de 45000 caracteres máximo, espacios incluidos, pero sin resumen y bibliografía) podrán ser redactados en francés, inglés o español y deben ser originales. Sin embargo, podrán haber sido objetos de comunicaciones en coloquios (con actas), bajo la condición de ser adaptados a las normas exigidas por la Revue internationale des études du développement.
Las referencias citadas deben presentarse en formato APA.
Calendario de producción
Los autores o las autoras preseleccionados por los coordinadores y las coordinadoras y el comité de redacción serán informados o informadas por el equipo de la revista la semana del 25 de septiembre 2025.
Las primeras versiones de los artículos, conformes a las instrucciones de los autores y las autoras de la revista, serán enviadas por los autores y autoras a las direcciones de correo electrónico citadas anteriormente antes del 14 de noviembre 2025.
El proceso de evaluación durará varios meses, cada artículo – anónimo – será sometido a una doble lectura a ciegas por relectores ajenos a la revista, expertos del tema tratado, y este número 262 2026-3 saldrá a la venta en librerías en noviembre 2026.