Published on Thursday, August 07, 2025
Abstract
Depuis les premières tentatives humaines d’expliquer le monde, philosophes et scientifiques ont essayé d’en forger une vérité absolue et totale. Cela fait que la nature du monde est réduite à un mode de pensée propre à l’esprit du siècle. Michel Foucault, dans son ouvrage Les Mots et les Choses, distingue trois systèmes de pensée en Occident qu’il désigne par épistémè : épistémè classique (XVIIe siècle) basé sur la raison, épistémè moderne (XIXe siècle) lié à l’individu, et épistémè contemporaine (XXe siècle) basée sur le pouvoir. Foucault analyse dans ce sens les différents mécanismes et structures épistémologiques qui ont marqué chaque siècle pour façonner le savoir et la connaissance, ce qui influence directement la capacité humaine à pouvoir définir la nature propre du monde.
Announcement
Argumentaire
Depuis les premières tentatives humaines d’expliquer le monde, philosophes et scientifiques ont essayé d’en forger une vérité absolue et totale. Cela fait que la nature du monde est réduite à un mode de pensée propre à l’esprit du siècle. Michel Foucault lui-même a démontré dans son ouvrage Les Mots et les Choses que la perception du monde changeait d’une période historique à une autre. Il distingue alors entre trois systèmes de pensée en Occident qu’il désigne par épistémè : épistémè classique (17ème siècle) basé sur la raison, épistémè moderne (19ème siècle) lié à l’individu, et épistémè contemporaine (XXème siècle) basée sur le pouvoir. Foucault analyse dans ce sens les différents mécanismes et structures épistémologiques qui ont marqué chaque siècle pour façonner le savoir et la connaissance, ce qui influence directement la capacité humaine à pouvoir définir la nature propre du monde.
Partant de cette classification, on est face à plusieurs versions possibles du monde sans pour autant pouvoir déterminer sa version la plus exacte. D’ici, nait la question cruciale que l’on tente d’examiner, le monde a-t-il une existence objective qui se suffit à elle-même ou que celui-ci n’existe qu’au moment où on le pense ? Schopenhauer, dans son ouvrage Le Monde comme volonté et comme représentation, apporte son élément de réponse en disant : « Le monde est ma représentation » ; propos assez bouleversant et incitateur à repenser la nature du monde. La conscience humaine vient alors se dresser entre le sujet pensant et le monde lui-même, ce qui fait que toutes les visions du monde qu’elles soient religieuses, philosophiques ou même scientifiques ne sont en vérité qu’une représentation écoulée d’un certain nombre de schèmes existant à priori à la fois dans la pensée ou ancrés dans la nature. Ainsi, on ne peut parler du monde comme une entité existentielle en soi mais plutôt comme un système ontologique déchiffré par la conscience humaine.
Dans cet esprit, nous visons dans ce colloque à examiner le concept de représentation et son impact sur la création de la vision du monde dans plusieurs champs disciplinaires. Les interventions peuvent porter sur les axes suivants :
- La représentation du monde dans la pensée métaphysique entre Orient et Occident.
- La représentation du monde entre la langue et la culture.
- La représentation du monde dans la pensée religieuse.
- Les mathématiques et la représentation du monde.
- La représentation du monde dans les littératures du monde.
Comme l’Homme a toujours été appelé à expliquer ce qu’est le monde du moment où c’est à travers lui que son existence se manifeste, non comme une simple existence hypothétique, mais, selon Aristote, comme une réalité qui fait allusion à une vérité très profonde de l’être en tant qu’être. À vrai dire, la réalité est une vision du monde façonnée par la langue et déterminée par la culture, mais non par le monde lui-même. De ce fait, il y a donc autant de visions du monde que de langues organisant, selon les cultures, diversement le réel et ordonnant différemment les données de l’expérience. Ainsi, l’apprentissage d’une langue donnée ne consiste pas seulement en une appropriation d’un système linguistique différent ; mais c’est aussi se retrouver en présence d’une autre culture et, donc, d’une autre vision du monde avec, pour ainsi dire, tant de nouveaux schèmes de caractérisation de la réalité que de nouveaux schèmes pour son interprétation.
Par ailleurs, si les théories de l’apprentissage contemporaines dites dynamiques stipulent que la pratique d’une langue implique forcément, pour ses usagers, la mobilisation d’une culture partagée, fondant leur identité commune, il faut cependant dire que cette culture partagée n’est ni formellement codifiée dans la langue pratiquée, ni apprise à ce titre, mais plutôt, acquise. Plus spécifiquement, elle est non seulement la construction logique de l’esprit, issue du cadre de référence, mais aussi, le produit de l’habitude traduisant les interactions et les pratiques communicationnelles quotidiennes.
La religion constitue une autre perspective dans laquelle la vie humaine ordinaire devient conditionnée par le rapport sacré à Dieu. Ainsi, les trois religions du livre à savoir Islam, Christianisme et Judaïsme s’adossent chacune à un texte de référence, respectivement le Coran, la Bible chrétienne et la Bible juive. En ce sens que la différence de statut va de pair avec une différence dans le rapport à Dieu et dans la manière de voir le monde ou la vérité que chacun des trois livres indique ou fait vivre, ainsi que dans le rapport que le croyant entretient, à chaque fois, avec le livre. On aura ainsi trois visions de ce qu’on peut appeler l’inspiration du texte ; de même, on aura trois modes différents de voir le monde, voire de régulation de lecture.
Pour ce faire, parmi les questions auxquelles le débat d’idées suscité au cours de ce colloque tente d’apporter des éléments de réponse citons, comment notre langue influence notre manière de voir le monde ? Les limites de notre langue sont-elles véritablement les limites du monde ? La langue traduit-elle notre vision du monde à partir de notre expérience concrète du territoire ? Comment la pratique de plusieurs langues influence notre personnalité ? Ou encore, l’intégration d’une nouvelle culture définissant une autre manière de voir le monde, voire, une nouvelle dynamique identitaire s’annonce-t-elle comme condition primordiale pour l’appropriation d’un nouveau code linguistique ?
Calendrier
- Tenue du colloque : 13 - 14 novembre 2025
- Dernier délai pour l’envoi des propositions : 15 septembre 2025
- Les propositions sont à envoyer à : colloquevisiondumonde@gmail.com.
- Publication des actes de colloque : juillet 2026 dans le n° 1 de la revue « Visions Paradigmatiques »
Modalités de participation
- Les frais de participation seront à la charge des intervenants
- Les propositions peuvent être envoyées en français en anglais et en arabe.
Comité scientifique
- EL AMRANI Hafida, Université Ibn Tofaïl, Kénitra.
- OUSSIKOUM Souad, Université Cadi Ayyad, Marrakech
- KADDOURI Lahcen, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- LAHLOU Mohammed, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- SADDOU Hicham, Université Cadi Ayyad, Marrakech..
- ALOUIA Ahmed, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- LEMGHARI El Moustapha, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- FATHI Adil, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- TAKROUR Hassan, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- REHHALI Ali, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- LACHHAB Touria, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- TAHIRI Abdeladim, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- SAIDI Ikhlas, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- HABIBLAH Mohamed, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- RAMI Salim, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- REDOUANI Rehhali, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- EL QOBBI Abdehalim, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- LAQABI Saïd, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- FATHI Mohssine, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- RAMI Salim, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- ELMELLAKH Mhamed, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- BABALAHCEN Rajaa, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- KARRA Anouar, Université Sidi Mohammed Ben Abdellah.
- OUAKKAS Touria, Université Chouaïb Doukkali, El Jadida.
- OUESLATI ADAM MICKIEWICZ Jamila, Université Poznań, Pologne.
- DANZE François, Université Jean Moulin, Lyon III, France.
- FATHI Hassan, Université Mohammed V, Rabat.
- SAISSI Mohamed, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- MAKHAD Hassan, FPS, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- EL GHAZI Abdellah, FPS, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- EDDAHBI Bouchra, FLSH, Université Chouaib Doukkali, El Jadida.
- MARFOUK Assia, I2S, Université Hassan-Iᵉʳ, Settat.
Comité d’organisation
- TAKROUR Hassan, FPS, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- FATHI Mohssine,, FPS, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
- Membres du laboratoire de recherche “Analyse de discours et systèmes de connaissances”.
- Doctorants et étudiants :
- JARNOUJI Lamiae,
- LAMIS Mohammed,
- OUMASSOU Raja,
- ELOUAHABI Kaoutar,
- MAGRI Khadija,
- ENNACIRI Othmane,
- MAJOUT Hassane,
- EL FATHI Omar, FLSH, Université Moulay Ismaïl, Meknès.
- Dr. WAHBI Houda, FLSH Mohammedia, Université Hassan II de Casablanca.
- Dr. FILALI Hanae, FLSH, Université Moulay Ismaïl, Meknès.
Responsables du colloque
- TAKROUR Hassan, FPS, Université Cadi Ayyad.
- FATHI Mohssine, FPS, Université Cadi Ayyad.
Subjects
- Language (Main category)
Places
- Safi, Kingdom of Morocco
Event attendance modalities
Full on-site event
Date(s)
- Monday, September 15, 2025
Keywords
- vision, monde, représentation, philosophie, littérature, linguistique
Contact(s)
- Fathi Mohssine
courriel : mohssine1fathi [at] gmail [dot] com
Information source
- Fathi Mohssine
courriel : mohssine1fathi [at] gmail [dot] com
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« Vision du monde : représentations linguistiques, littéraires, philosophiques et religieuses », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, August 07, 2025, https://doi.org/10.58079/14gpc

