Published on Monday, August 18, 2025
Abstract
Plus de soixante ans après les indépendances, de nombreux pays africains restent dépendants de leurs anciennes puissances coloniales, notamment sur les plans économique, politique et militaire. Cette dépendance entrave la souveraineté et freine l’émergence de politiques de développement authentiques, ancrées dans les réalités locales. L’ouvrage propose une réflexion critique sur les modèles de développement imposés de l’extérieur, souvent inadaptés et contre-productifs, comme les Programmes d’ajustement structurel. Il s’appuie sur les pensées de E. Njoh-Mouellé, C. Boundja et J. Ki-Zerbo, qui défendent une vision du développement comme processus endogène, autonome et participatif. L’objectif est d’interroger les conditions d’un développement africain fondé sur la responsabilité, la souveraineté et l’authenticité, en rupture avec les logiques néocoloniales. L’ouvrage invite à repenser les paradigmes actuels et à explorer les voies d’un auto développement porté par les États africains et leurs populations.
Announcement
Argumentaire
Après un peu plus de soixante ans d’indépendance, la plupart des pays africains demeurent encore étroitement liés à leurs anciennes puissances coloniales sur les plans économique, politique et militaire. Pourtant, l’indépendance devait symboliser l’émancipation de ces pays vis-à-vis de l’impérialisme et du néocolonialisme, en leur permettant de définir librement leur politique de gouvernance et de développement, à partir de leurs propres réalités et des aspirations de leurs populations.
Pour ces nations, l’indépendance signifiait la libération, la reconquête de la dignité, la réappropriation de leur histoire et, surtout, la maîtrise de leur destin à travers la conduite souveraine de leurs politiques publiques. Il s’agissait, pour les dirigeants, de créer les conditions propices à la production de richesses et au développement du continent, tout en garantissant à leurs populations la paix et la sécurité durables. Ils devaient jeter eux-mêmes les fondations de leur développement et de leur gouvernance, en assurant le bien-être des citoyens.
Hélas, force est de constater que ces idéaux sont aujourd’hui largement devenus chimériques. En réalité, le continent a toujours vécu, et vit encore, sous l’influence de l’impérialisme et du néocolonialisme. Ses politiques publiques, économiques et sécuritaires sont toujours étroitement encadrées, voire dictées, par des puissances étrangères. En effet, nombre de pays dits indépendants n’ont jamais rompu les liens de dépendance avec leur ancienne métropole, notamment en matière de coopération politique, économique et militaire.
En Afrique subsaharienne, par exemple, la sécurité de plusieurs États repose encore sur l’appui de leur ex-puissance coloniale. En cas de conflit, ces États se tournent systématiquement vers celle-ci. Après les indépendances, nombre d’accords de coopération militaire ont été signés, instaurant ou pérennisant des bases militaires étrangères sur leurs territoires. C’est notamment le cas de la présence militaire française en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Tchad, à Djibouti, et récemment au Niger.
Or, la sécurité nationale est une composante essentielle de la souveraineté. À ce titre, elle ne saurait être déléguée à une puissance tierce. Tout État souverain devrait être en mesure de garantir sa propre sécurité. Il en va de même pour les politiques d’Aide publique au développement (APD) qui, bien souvent, ne tiennent pas compte des réalités sociales africaines et contribuent à maintenir les pays dans une logique de dépendance néocoloniale et de surendettement. Pour être efficaces, ces politiques doivent impérativement s’ancrer dans les réalités locales.
Dès lors, quelles actions peuvent entreprendre les États africains pour impulser un développement véritablement endogène et authentique ? Des penseurs comme E. Njoh-Mouellé, C. Boundja et J. Ki-Zerbo posent la responsabilité comme point de départ de tout processus de développement souverain.
Pour E. Njoh-Mouellé (1998 : 20), le développement se mesure au « rapport de l’homme à ses réalisations ». Il insiste sur la responsabilité humaine, définissant le développement comme un acte de libération de soi, une quête d’excellence humaine. Il écrit : « L’excellence n’est excellence qu’aussi longtemps qu’elle se réaffirme tous les jours à travers ses œuvres » (1998 : 154). Le développement implique donc une affirmation continue de soi, une liberté agissante et responsable.
C. Boundja (2015 : 29) soutient pour sa part que le développement garantit « l’authenticité de notre essence ou de ce qui nous constitue en propre », soulignant ainsi qu’il s’agit d’un processus endogène qui ne se reçoit pas, mais se conquiert à travers des actes souverains.
Quant à J. Ki-Zerbo, il affirme : « Ce qu’on appelle développement, c’est l’autodéveloppement des pays du Nord en conformité avec les réalités, les intérêts et les valeurs de ces pays » (2003 : 152-153). Pour lui, le développement doit être un processus autonome, une synthèse des richesses internes et externes, enracinée dans les réalités sociales, économiques, territoriales et culturelles. C’est une œuvre collective et participative.
Ces trois auteurs partagent ainsi une même vision : le développement doit être endogène, autonome, participatif et libre. Il revient donc aux pays africains de forger leur propre modèle de développement en tenant compte de leurs réalités politiques, économiques, sociales et culturelles. Car le développement ne se décrète pas : il se construit, ou mieux, se co-construit. Cette co-construction implique une collaboration avec l’extérieur, mais dans une posture de souveraineté où l’acteur principal demeure l’État africain et sa population.
Si, depuis les indépendances, l’Afrique peine à amorcer un véritable essor, c’est parce que ses politiques publiques manquent d’ancrage local et sont souvent conçues et pilotées par des puissances étrangères ou des institutions internationales comme le Fonds Monétaire International, la Banque mondiale, l’Union européenne ou la Chine. L’exemple des Programmes d’ajustement structurel (PAS) est éloquent. Destinés à sortir les pays africains des difficultés économiques, ces programmes ont, au contraire, aggravé leur situation en les précipitant dans la dépendance économique, la privatisation des biens publics et un endettement accru.
Comme l’a souligné J. Stiglitz (2002), ces programmes ont été contre-productifs parce qu’« ils n’étaient pas adaptés aux réalités des pays », laissant derrière eux des États encore plus pauvres et plus endettés. Autrement dit, ces politiques ont échoué car elles n’étaient pas endogènes.
Depuis lors, l’Afrique est devenue le terrain d’expérimentation des politiques néolibérales, qui, sous couvert de partenariat, ne font que perpétuer la dépendance politique et économique du continent. Les « partenaires techniques » et institutions internationales, qui prétendent lui venir en aide, n’agissent souvent que dans le but de tirer profit de ses ressources. C’est ce que K. Nkrumah (1973 : 9) appelait déjà « le néocolonialisme », soit la continuation de la domination coloniale par d’autres moyens.
Cet appel à contributions s’articule autour de cinq axes de réflexion :
- Gouvernance politique et développement endogène
- Culture et développement endogène
- Coopération sous-régionale, régionale, continentale et développement endogène
- Coopération internationale et développement endogène
- Éducation et développement endogène
Modalités de soumission
- Les propositions de résumé, rédigées en français, ne devront pas dépasser 600 mots (Times New Roman, interligne simple, taille 12). Elles doivent comporter : le titre, la problématique, le cadre théorique et méthodologique, les résultats attendus ainsi que l’axe ou les axes retenus.
- Les résumés seront précédés du nom et prénom de l’auteur ou des auteurs, du grade, des coordonnées (adresse mail et numéro de téléphone) et de l’institution d’attache.
- Les propositions doivent être envoyées par mail à : fofanabaydi2012@gmail.com, avec copie obligatoire aux adresses suivantes :
- kayinguiyeo@gmail.com
- jcecclesiaste@gmail.com
avant le 31 décembre 2025 à 23h59.
Les auteurs dont les propositions auront été retenues devront soumettre leur texte complet (25 pages maximum, bibliographie comprise), conformément à la ligne éditoriale, au plus tard le lundi 31 mars 2025.
NB 1 : Pour les références bibliographiques, la méthode Auteur-Date est exigée. Les sources apparaissent dans le corps du texte, entre parenthèses : prénom et nom de l’auteur, année de publication, page.
Exemples :
- D’après K. Nubukpo (2022 : 137), 20 % de la population africaine souffre de famine.
- « Il y a à la base du système africain une puissante organisation autogestionnaire par les peuples eux-mêmes » (J. Ki-Zerbo, 2003 : 69).
- → Se référer à la bibliographie indicative jointe pour le format.
NB 2 : Toutes les propositions doivent impérativement respecter ce format sous peine de rejet.
Calendrier
- Dimanche 17 aout 2025 : Publication de l’appel à contributions
- Lundi 28 avril 2026 : Clôture de la réception des propositions
- Mardi 16 mai 2026 : Annonce des propositions retenues
- Vendredi 30 octobre 2026 : Date limite de soumission des articles complets
Coordonnateurs
- Fofana YACOUBA – fofanabaydi2012@gmail.com / +33 (0)7 58 28 07 55
- Dr. KAYINGUIBEYAH Dramane Yeo – kayinguiyeo@gmail.com / +225 07 78 12 06 13
- KOUADIO Jean-Claude – jcecclesiaste@gmail.com / +225 07 49 89 54 03
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Subjects
- Africa (Main category)
- Society > Political studies > Political science
- Society > Ethnology, anthropology > Political anthropology
Date(s)
- Wednesday, December 31, 2025
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Keywords
- développement, Afrique, coopération
Contact(s)
- FOFANA YACOUBA
courriel : fofanabaydi2012 [at] gmail [dot] com
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To cite this announcement
« Du développement de l'Afrique. Vers de nouveaux paradigmes ? », Call for papers, Calenda, Published on Monday, August 18, 2025, https://doi.org/10.58079/14heu

