Abstract
Tous les 21 mai, l’Unesco commémore à travers le monde la Journée mondiale pour la diversité culturelle et le développement dans le but de célébrer non seulement la richesse des cultures du monde, mais aussi le rôle essentiel du dialogue interculturel pour la paix et le développement durable. le Centre national d’Éducation du Cameroun organise une journée d’étude sous la thématique « Identité en question » le 10 décembre 2025 à Yaoundé.
Announcement
5e journée d’étude du dehum
Commémoration de la journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement (2025)
Argumentaire
Tous les 21 mai, l’UNESCO commémore à travers le monde la journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement dans le but de célébrer non seulement la richesse des cultures du monde, mais aussi le rôle essentiel du dialogue interculturel pour la paix et le développement durable. Le Cameroun se joint à cette commémoration dans le cadre d’une journée d’étude qu’organise le Centre National d’Education sous la thématique « Identité et mutations ».
Avec plus de 250 langues traduisant autant de culture, avec plusieurs religions, le Cameroun est présenté comme l’Afrique en miniature. Cependant, la cohésion nationale est aujourd’hui fragilisée à en croire la montée de l’extrémisme ethno-tribal dans les réseaux sociaux d’une part, d’autre part par des conflits au NoSo ou au Nord, et les tensions intercommunautaires dans certaines autres parties du pays (tensions entre éleveurs et agriculteurs dans le septentrion et dans le mbam). Certaines tensions sont liées au sentiment d’injustice sociale ou d’exclusion. Pourtant, cette diversité de cultures peut constituer un moteur de paix durable si elle est valorisée et non instrumentalisée.
Que dire de l’identité ?« La mémoire est une identité… vous êtes ce que vous avez fait ; ce que vous avez fait est dans votre mémoire ; ce dont vous vous souvenez définit qui vous êtes ; lorsque vous oubliez votre vie, vous cessez d’être, même avant votre mort. » disait Julian Barnes. Ces propos traduisent le caractère pluriel de la notion d’identité. Et ce d’autant plus que cette notion d’identité fait couler beaucoup d’encre autant chez les anthropologues et les sociologues que chez les historiens.
En effet, les fondements théoriques qui en découlent, révèlent deux approches. D’un côté, cette notion est appréhendée à partir des données préétablies. Il s’agit aussi bien de ce qui rassemble que de ce qui hérite ou encore de ce qui est revendiqué (Kada Nicolas et al, 2017). Cette définition repose non seulement sur un individu mais également sur des groupes de personnes, des territoires ou sur des institutions. Ce qui oriente la réflexion vers des visions essentialistes en faisant liens avec des actions ou manifestations objectivées et celles reposant uniquement sur des discours recomposables. D’un autre côté, l’identité culturelle ne saurait se résoudre aux éléments objectivables (culture, langue, tradition, etc.), ni même aux éléments subjectifs (sentiment d’appartenance, volonté de vivre ensemble…), mais plutôt à un processus, une construction permanente, permettant de définir et de lire le monde. Le concept révèle, en tout état de cause, des clivages opposant, pour ainsi dire l’élite intellectuelle. Aussi, est-il question de cerner la cohérence des interprétations politique, socio-économique et culturelle de la notion, d’interroger la relation entre les discours théoriques et pratiques sur l’identité culturelle ou encore de rapprocher lesdits discours au contexte afin d’impacter le développement de l’Afrique en général et de l’humain en particulier. Étudier l’identité renverrait donc à examiner un processus d’identification conjuguant les mécanismes endogènes et exogènes dans un dynamisme d’interaction, d’où l’affirmation de Rogers Brubaker: « l’identité n’est pas une chose dans le monde, mais une perspective sur le monde » (Brubaker et alii 2004).
L’identité évoque les similitudes, « caractère de ce qui est identique », l'unité, « caractère de ce qui est UN », la permanence, « caractère de ce qui reste identique à soi-même», la reconnaissance et l'individualisation, « le fait pour une personne d'être tel individu et de pouvoir également être reconnue pour telle sans nulle confusion grâce aux éléments qui l'individualisent »; Et que l’identité personnelle se construit avec l’histoire, la langue et la conscience. Seulement, comment authentifier une identité de soi dans un contexte multiculturel ? Comment se définir par rapport à l’autre et dans la multiculturalité ? Par ailleurs, les savoirs endogènes, qu’ils soient idéologiques ou socio-politiques et culturels, ont-ils encore leur place dans ce monde devenu ̏ planétaire, sachant que ce sont les éléments caractérisant la culture? Doit-on tout remettre en cause concernant notre culture ? Telles sont les questions qui, loin d’être exhaustives, se dégagent de cette problématique.
Par ailleurs, la notion d’identité ne saurait se réduire à ces aspects sus-évoqués, qu’elle convoque peut-être cette série de significations, mais pose une problématique qui penche davantage pour un processus de construction ou de reconstruction de soi et de reconnaissance en prenant en compte tous les différents registres des relations humaines et des rapports sociaux, sans toutefois oublier la variable temps qui influence grandement le facteur de transformation de l’être. D’autres aspects du concept identitaire se doivent d’être analysés sur le plan anthropologique, juridique et historique pour ne citer que ceux-là. C’est dans cette même logique que l’on s’interroge sur la perte des valeurs observées dans notre société. Cette perte des valeurs entraine-t-elle automatiquement celle de l’identité culturelle? Ou mieux la perte de la culture conduit-elle à la déshumanisation de l’être?
Dans le cadre de cette journée d’étude, des propositions de communication orientées vers les axes de réflexion (non exhaustifs) ci-après sont attendues :
Axe 1 : identité individuelle et construction sociale
- Les trajectoires identitaires dans les sociétés en mutation
- Identité et altérité : entre affirmation et exclusion
- Socialisation, éducation et reconfiguration du « moi »
Axe 2 : identité culturelle et dynamique de transformation
- Mutation des traditions et formes de résistance culturelle
- Hybridité culturelle et syncrétisme
- Diaspora, trans-identités culturelles recomposition identitaires
Axe 3 : identité nationale et enjeux politiques
- Crises identitaires et recomposition du lien national
- Mémoires collectives et appartenances politiques
- Minorités, reconnaissance et revendications identitaires
Axe 4 : langues et représentations identitaires
- Langues locales, transmission culturelle et sentiment d’appartenance
- Littératures et arts visuels comme miroir des identités en mutation
- Médias et récits identitaires
Axe 5 : mutations numériques et identités connectées
- Construction de soi à l’ère des réseaux sociaux
- Identités virtuels, avatars et subjectivités numériques
- Numérique et fragmentation identitaire
Axe 6 : genre, sexualité et mutations sociales,
- Redéfinition des rôles et normes genrées
- Mutation des rapports de pouvoir dans l’espace social et familial
Axe 7 : autres
Modalités de soumission
Les propositions de communication à envoyer simultanément à l’adresses mail et metchemdjogladys@gmail.com doit comporter :
Un titre clair et évocateur en français et en anglais, et dans la mesure du possible en langue nationale autochtone.
Le/les auteurs avec leurs institutions d’attache et leur contact mail
Un résumé d’au moins 250 mots présentant la problématique, les hypothèses, la méthodologie et les probables résultats.
Une brève bio-bibliographie du ou des auteurs (pas plus de 100 mots)
Les principales dates :
- Publication de l’appel : 25 août 2025
-
Délai de réception des résumés : 25 octobre
- Réponse aux contributeurs : 5 novembre 2025
- Date de réception des powerpoints : 1er décembre 2025
- Date de tenue de la journée d’étude : 10 décembre 2025
Comité de lecture
Mforteh Stephen Ambe, Gaston Bessala Ndzana, Euloge Thierry Bissaya, Nkongoh Arrey, Diane Ebong, Richard Mfiarak à Koko, Pierre Germain Belinga, Moïse Mbey Makang, Gladys Ruth Metchemdjo Talla, Bernadette Kesingry, Marie Désirée Nogo, Frédéric Téguia Bogni, Ponfuah Yahyah, Ursula Wélégoué, Julien Gérard Nkemi à Moubeke.
Comité scientifique
Armand LEKA ESSOMBA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Jean NZHIE ENGOMO, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Samuel Beni ELLA ELLA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Christian BIOS NELEM, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Louis Martin ONGUENE ESSONO, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Charles SOH, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; MFORTHÉ Stephen Ambe, Université de Yaoundé I, Centre National d’Education (Cameroun) ; Cyrille BELA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Valerie NOUAZI KEMKENG, Centre National d’Education (Cameroun) ; Donatus FAI, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Germaine NOUKIO, Centre National d’Education (Cameroun) , Abdou NJIKAM NJIFOTIE, Centre National d’Education (Cameroun) ; Cyril BELA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Eric SOURNA LOUMTOUANG, Centre National d’Education (Cameroun) ; Julia ETHE NDIBNU-MESSINA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; WEGA SIMEU, Université de Bamenda (Cameroun); Gabriel MBA, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Blaisius AGHA-AH CHIATOH, Université de Buea (Cameroun) ; Isis NGO BINAM BIKOÏ, Centre Nationa d’Education (Cameroun) ; Martial JEUGUE, Centre National d’Education (Cameroun) ; Rachel MARIEMBE, Université de Douala (Cameroun), Raoul EHODE ELA, Centre Nation d’Education (Cameroun) ; Donadoni MANGA KALNIGA, Centre National d’Education (Cameroun) ; Euloge Thierry BISSAYA BESSAYA, Centre National d’Education (Cameroun) ; Albert JIOTSA, Centre National d’Education (Cameroun) ; Gaston BESSALA NDZANA, Centre National d’Education (Cameroun) ; Sihem MATHLOUTHI, Université des Sciences Humaines et Sociales, Tunis (Tunisie) ; Troy Thierry TAGNE, Centre National d’Education (Cameroun) ; MVONDO, Centre National d’Education (Cameroun) ; Cyrille TOLLO, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Paul ZANG ZANG, Université de Yaoundé I (Cameroun) Mouhamed GHOSN EL MERSNI Université des Sciences Humaines et Sociales (Tunisie); Richard Bertrand ETABA ONANA, Université de Yaoundé II (Cameroun), NKONGHO Arrey Arrey-Ndip, Centre National d’Education (Cameroun) ; Laurain L. ASSIPOLO NKEPSEU, Université de Douala (Cameroun), Venant ELOUNDOU ELOUNDOU, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Germain Moïse EBA’A, Université de Yaoundé I (Cameroun), Pierre ESSENGUE, Université de Buea (Cameroun) ; Honoré MIMCHE, Université de Yaoundé I (Cameroun) ; Taubic FALNA, Université de Ngaoundéré (Cameroun).
Places
- Yaoundé, Cameroon (237)
Event attendance modalities
Hybrid event (on site and online)
Keywords
- identité, mutation, Yaoundé
Contact(s)
- Euloge Thierry Bissaya Bessaya
courriel : euloge [dot] th [at] gmail [dot] com - Gladys Metchemdjo
courriel : metchemdjogladys [at] gmail [dot] com
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« Identité en question », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 03, 2025, https://doi.org/10.58079/14uh0
Google Calendar
iCal