Publié le jeudi 06 novembre 2025
Résumé
Cette journée d’étude invite à interroger les tensions éthiques survenant au cours de l’ethnographie de formes de vie, qu'elles soient minorisées au sein des sociétés occidentales, et/ou dévalorisées dans le champ académique français. Nous souhaitions créer un espace de réflexion faisant dialoguer éthique des acteur·rices rencontré·es et éthique des chercheur·es, portant à interroger trois axes : la restitution du travail de subjectivation éthique des enquêté·es d’abord ; les possibilités de critique des formes de vie minorisées ensuite ; et les dilemmes moraux propres à l’exposition de ces dernières enfin.
Annonce
Le 2 mars 2026 à Sciences Po Paris
Argumentaire
Cette journée d’étude souhaite interroger les tensions éthiques survenant au cours de l’ethnographie de formes de vie, qu’elles soient minorisées au sein des sociétés occidentales et/ou dévalorisées dans le champ académique français. Si l’expression « forme de vie » ne fait pas l’objet d’un consensus définitionnel (Fassin 2018), cette journée d’étude propose d’en adopter une acception large, afin de croiser des terrains portant sur des rapports de minorisation de genre, de classe, de race ou de religion. Par « forme de vie », nous entendons ainsi « des pratiques sociales et des institutions, un rapport au monde et des manières de percevoir, des attitudes et des dispositions comportementales » qui déterminent « le cadre des idées possibles de la vie bonne » (Ferrarese et Laugier, 2014, p. 5). Ces formes de vie peuvent s’inscrire dans un travail de subjectivation éthique de manière plus ou moins explicite, à travers lequel il s’agit de « se constituer soi-même comme sujet moral » à partir d’un code moral (Foucault 1983, p. 12).
Dans la pratique de l’enquête de terrain, le ou la chercheur·e peut chercher à restituer les sinuosités de l’éthique des acteur·rices étudié·es, tout en même temps que les siennes – la pratique ethnographique en particulier étant marquée par les ambivalences morales (Geertz 1967). Le ou la chercheur·e est néanmoins pris·e dans un jeu complexe d’appartenances et de relations de confiance au sein duquel les repères éthiques sont mouvants, faisant planer le spectre de la trahison, la « rupture d’un lien ou d’une relation » fondée sur la confiance et la loyauté (Schehr 2007, p.314). Ce risque semble particulièrement prononcé lorsque la recherche a pour objet l’étude de groupes stigmatisés dont l’éthique diffère, parfois profondément, des conceptions dominantes au sein du milieu universitaire et de la société dans laquelle la recherche est produite – ils se trouvent en cela minorisés d’un point de vue structurel (Palomares 2024), bien que les rapports sociaux puissent se reconfigurer de façon plus nuancée en situation. Comment, dès lors, manœuvrer les lignes de faille morale traversant la description de ces formes de vie minorisées, sans fissurer le rapport à l’autre (dans le lien de confiance tissé) mais également le rapport à soi (dans sa propre constitution éthique) ? C’est ce que propose d’explorer cette journée d’étude. Écrit à partir de l’expérience de doctorantes travaillant sur l’islam en France avec une attention particulière aux processus de subjectivation genrée, cet appel à communications souhaite rassembler des recherches portant sur différents groupes minorisés afin de les mettre en dialogue.
Depuis la fin des années 1980, dans le sillage du « tournant réflexif », un ensemble de travaux a questionné les rapports de pouvoir qui encadraient la pratique de la recherche (Said 1978 ; Harding 1986 ; Clifford et Marcus 1986 ; Spivak 1988), s’inscrivant notamment dans les épistémologies féministes et postcoloniales. S’inspirant des apports analytiques de ce premier tournant, des recherches se sont attachées à réviser la manière dont elles envisageaient le rapport aux normes sociales des acteur·rices rencontré·es sur le terrain, et la manière dont elles et eux se constituaient en tant que sujet éthique (Abu-Lughod 1986 ; Mahmood 2009 [2005] ; Lambek 2010 ; Laidlaw 2013). Ces recherches s’inscrivent dans le « tournant éthique » en anthropologie (Fassin 2014), discuté et prolongé notamment en langue française (Fassin et Lézé 2013 ; Mahieddin 2018 ; Mathon 2019) et en dialogue avec des travaux de sociologie (Blanc et Fouilland 2024). Sans céder à un narcissisme moralisateur qui viendrait empêcher toute possibilité de réflexion, cette journée d’étude propose d’étudier les ambivalences morales émergeant au cours de l’enquête, celles que l’on observe sur le terrain tout comme celles auxquelles sont confronté·es les chercheur·es. Éthique et trahison sont pensées ensemble, non comme des entités fixes, mais comme des tensions constitutives de la vie morale des individus (et donc de la recherche), susceptibles de la traverser à différentes séquences. Cette journée d’étude s’articulera autour de trois axes de réflexion.
Axe 1 – Restituer le travail éthique des formes de vie minoriséesAlors qu’il réalisait une enquête de terrain dans le Sud du Liban, le professeur d’anthropologie et de théorie sociale Ghassan Hage (2013 [2003]) rencontra Ali, un jeune homme membre du Hezbollah, qui le questionna :
« Qu’y a-t-il de si étrange à dire : ‘Je ne vais pas vous laisser me priver de toute mon humanité et ma volonté’ ? Qu’y a-t-il de si étrange à dire : ‘Je préfère vous tuer, et me tuer par la même occasion, selon les règles que j’impose, moi, plutôt que d’être mené à la mort comme un mouton en suivant les règles que vous imposez’ ? »
Ghassan Hage (2003) traduit ces paroles dans le cadre d’un article qui s’interroge sur les imaginaires politiques permettant de comprendre les attentats-suicides palestiniens en réponse à l’occupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne. Hage remarque que face à ces actes, l’interprétation dominante cherche à exceptionnaliser les faits en constituant ces acteur·rices en altérités radicales immorales, dévaluant ainsi leur rapport au monde, plutôt que de s’engager dans un travail de compréhension. L’exemple d’Ali nous invite à interroger, au contraire, la multiplicité des formes de vie des acteur·rices, de leur rapport au monde ou, en d’autres termes, de leur ontologie (Lozerand 2015). Cependant, nos référents éthiques sont toujours situés et pris dans des rapports de pouvoir : ainsi, certaines chercheuses féministes proposent d’ancrer nos travaux dans une démarche de « réflexivité institutionnelle » qui dépasse la simple réflexivité personnelle. Elles souhaitent ainsi questionner l’influence des fondements théoriques et méthodologiques de nos disciplines dans leur interprétation du monde social, afin de résoudre les tensions issues de leur double approche, à la fois analytique et prescriptive (Avishai et al. 2012). Le risque est en effet d’imposer à des formes de vie une épistémologie dont elles ne se réclament pas, nous rendant non seulement dans l’incapacité de rendre intelligible la vérité des enquêté·es, mais aussi dans la position de contribuer à reproduire une violence épistémique (David et Lépinard 2024). Dans d’autres cas, cette violence épistémique se joue dans un manque d’attention aux dilemmes moraux des enquêté·es (Poli 2023) et aux moments où ils et elles ne parviennent pas à « tenir la ligne » (Blanc et Fouilland 2024) car « [a]gir moralement ne consiste pas à appliquer sans réflexion une norme à une situation : au quotidien, les acteurs sont bien plutôt confrontés à des conflits éthiques concrets mettant en présence plusieurs normes opposées, mais d’égale valeur. » (Fischer 2013, p. 21)
Dans l’introduction de son ouvrage consacré aux femmes du mouvement des mosquées en Égypte, Saba Mahmood (2009 [2005]) invite ainsi les chercheur·es et lecteur·rices féministes à réfléchir au risque de déformation du travail éthique que leurs convictions politiques peuvent faire peser sur certaines formes de vie qui ne répondent pas à leurs idéaux. Des « déplacements » conceptuels sont à effectuer pour « rendre compte des expériences des individus sur le terrain mais aussi des termes et des concepts qu’elles et eux-mêmes utilisent pour interpréter leur propre existence. » (Fiorentini et Rebucini 2015) Cet axe interroge donc les conditions d’intelligibilité du travail éthique lorsqu’il est porté par des acteur·rices dont les formes de vie sont disqualifiées — politiquement, académiquement ou moralement. Sommes-nous capables de rendre intelligibles, sans les trahir, des rapports au monde qui ne s’inscrivent pas dans les cadres de pensée dominants au sein du monde académique et/ou politique (Bouron 2024) — marqués notamment par le sécularisme, l’intellectualisme et la blanchité ? Comment enquêter sur des éthiques minorisées ou disqualifiées (religieuses, sexuelles, politiques par exemple) sans les subsumer sous des grilles de lecture occidentales, progressistes ou universalistes ?
Axe 2 – Penser une éthique de la critique des formes de vie minorisées
Une fois cette démarche compréhensive effectuée, et à rebours de tout ethnocentrisme, que reste-t-il de la critique à l’encontre de ces formes de vie minorisées ? Alors qu’elle mène une recherche sur les rapports de race à Los Angeles, Naheed Islam (2000) développe une relation de confiance avec ses enquêté·es bangladais·es, qui la considèrent comme l’une des leurs en raison de sa trajectoire migratoire. Cette proximité favorise cependant l’expression de propos racistes émis par ce groupe minorisé à l’égard d’autres minorités (les Noir·es et les Latino·as en l’occurrence). Elle s’interroge alors : « Should I reveal this ‘dirty laundry’ » ? (ibid., p.58) Cette question résume un ensemble de dilemmes éthiques, propres à l’analyse de comportements pouvant être considérés comme moralement répréhensibles, et devenir une source de discrédit pour le groupe enquêté (Hamel 2003 ; Clair 2016). Derrière ces dilemmes, se niche la peur de se trahir et de trahir le contrat (matériel ou symbolique) passé avec ses enquêté·es, notamment lorsque cela peut renforcer une position minorisée ou subalterne en vertu de leurs positions dans des rapports sociaux de genre, de classe (ou de caste), de race (Sabbagh 2024) ou encore de langue (Guha 1982). Ce constat s’inscrit dans un débat porté entre les sociologies dites non critiques et les sociologies critiques, mais aussi au sein même de ces dernières (Renault 2022). Comment restituer fidèlement l’expérience et les logiques d’action des acteur·rices (Cefaï et al. 2019), tout en prenant acte de la responsabilité politique des chercheur·es (Genard et Roca i Escoda 2010) ? Cela interroge également, en creux, la méthodologie, les conditions d’entrée sur le terrain et la place négociée par les chercheur·es au sein de ce dernier.
Par ailleurs, au regard de ces réflexions éthiques, certains sujets minorisés au sein de l’espace académique, mais relatifs à des personnes globalement dominantes, semblent ne pouvoir être abordés que sur le mode de la distance ironique ou du sarcasme. L’exemple de la Ligue du Nord (Avanza 2008) permet de souligner le mépris et l’ethnocentrisme de classe parfois exprimés par les intellectuel·les à l’égard de certains objets d’enquête. Ce phénomène ne se limite pas aux classes populaires : Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (1995) rappellent que leurs recherches sur la haute bourgeoisie se sont heurtées au refus, de la part de leurs pair·es, d’admettre la légitimité même de leur terrain, révélant un tabou social autant qu’un biais académique. En d’autres termes, la critique de ces groupes invite à repenser à nouveau frais la question de l’« extractivisme épistémique », soit « le fait de produire de la connaissance scientifique, sur la base d’un rapport inégal avec nos interlocuteurs, où il est moins question de les comprendre, que de s’approprier leurs savoirs cognitifs et autres visions du monde au sens large » (Larrouqué et Quiroz 2025, p.243-244). Théorisée dans une perspective décoloniale encourageant des formes de compensation éthique comme la restitution des résultats aux enquêté·es, elle semble difficilement applicable aux ethnographies portant sur des groupes partageant des valeurs antagoniques à celles de l’enquêteur·rice ou faisant courir des risques pour la sécurité des chercheur·es (Parreñas 2023). Elle met également en balance la capacité critique des sciences sociales, puisque les portraits qu’elles dessinent peuvent être diamétralement opposés à la perception que les enquêté·es ont d’eux et d’elles-mêmes (Zonabend 1994). Ce différentiel d’empathie a-t-il un impact sur le statut que nous accordons à la parole des enquêté·es et sur notre principe d’inquiétude (Mazouz 2008) pour le terrain ? Cet appel à l’empathie ou à la compréhension peut néanmoins être questionnable dès lors que la recherche retrace des formes de vie portant un discours ou des pratiques d’exclusion, en vertu de rapports sociaux de genre et de race notamment, et encore plus lorsque l’enquête porte sur des groupes perçus comme devant rendre des comptes publiquement (Léo 1995). Dans le cas d’une recherche sur les électeurs du Rassemblement national par exemple, « [c]omprendre l’extrême droite et ses membres ne consiste pas à rendre ces derniers plus « humains », mais à les situer dans un espace social racialisé, tout à la fois partagé et hiérarchisé, commun et inégalitaire. » (Faury 2023, p.47) Alors, dans quelles conditions une collaboration avec les enquêté·es est-elle envisageable sans trahir les principes de l’intégrité scientifique ou se trahir soi-même ? Comment cette réflexivité épistémologique peut-elle nourrir tout autant la transcription de constitutions éthiques que la portée critique du travail ethnographique ?
Axe 3 – Exposer des formes de vie minoriséesDans un texte revenant sur « trente ans d’ethnographie », Philippe Bourgois (2012) propose de retracer la manière dont il a saisi la notion de « violence » au cours de son parcours de recherche, tant en contexte de guerre civile, de luttes des classes face aux formes multiples de domination postcoloniale, ou encore au sein de quartiers racialement ségrégués. Il souligne néanmoins le « risque bien sûr de contribuer à un voyeurisme, une pornographie de la brutalité » (ibid., p.139), présupposant le regard de la communauté universitaire, voire de la société dans laquelle il publie ses recherches, sur son travail. Il met en garde contre une délectation née de l’observation de la vie des autres en tant qu’ils ou elles sont altérisé·es, dans leurs modes de vie et sur le plan des rapports sociaux de classe, de race ou encore de genre. Ce voyeurisme est d’autant plus délétère qu’il s’accompagne parfois d’un aveuglement aux « politiques publiques punitives qui infligent des souffrances aux plus vulnérables » (ibid., p.139), renforçant précisément cette altérité. Ce troisième axe se penche alors sur les réceptions politiques et publiques des recherches portant sur des éthiques ou des groupes minorisés.
Ce questionnement reflète le défi représenté par la publicisation de formes de vie minoritaires au sein d’espaces sociaux et politiques leur laissant peu de place. Cela part du constat qui relève moins de l’éthique des chercheur·es en tant que telle que d’un contexte politique impliquant « un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales » (Aldrin et al. 2022). Cette exposition de formes de vie disqualifiées peut engendrer des risques, d’abord pour les enquêté·es, puisque le savoir produit en sciences sociales est susceptible d’être instrumentalisé pour contrôler ou manipuler les populations étudiées (Favret-Saada 1987). Laura Nader (2018) souligne deux types de risques : d’un côté, des risques individuels (légaux), notamment lorsque la recherche révèle des activités illégales ; de l’autre, des risques collectifs (réputationnels). En outre, les objets de recherche fortement médiatisés et/ou politisés sont sans doute les plus susceptibles de subir ce que l’on pourrait appeler un « effet Frankenstein » : un dépècement, puis un réassemblage des résultats pour servir un propos politique ou médiatique préexistant sur l’objet étudié. Comment, dès lors, anticiper la récupération de nos travaux et leur potentielle instrumentalisation ? Quels dispositifs méthodologiques et éthiques pourrions-nous imaginer pour limiter ces effets ?
En miroir, parce qu’elles essaient de comprendre des formes de vie minoritaires et des constitutions éthiques alternatives, les sciences sociales se tromperaient de posture (trop engagées, trop critiques, ou pas suffisamment rigoureuses) et se voient dès lors mises en cause sur le plan de leur légitimité scientifique. « Entrisme idéologique », « dérives islamo-gauchistes », « wokisme », les expressions ne manquent pas pour désigner ce qui relèverait à la fois d’un défaut d’expertise (Dazey 2024) mais également d’une « accusation de complicité » (Mahieddin et Soldani 2022) des chercheur·es travaillant avec un terrain stigmatisé (Daklhia 2023). Dans son article classique « Whose Side Are We On? » (1967), Howard Becker rappelle que l’empathie dont témoignent certain·es chercheur·es envers les groupes dominés fait souvent l’objet d’accusations de biais. On leur reproche de « donner la parole » aux subordonné·es en ignorant la hiérarchie implicite des crédibilités, selon laquelle le point de vue des acteur·rices occupant les positions supérieures dans un système (par exemple les médecins dans un hôpital) serait plus légitime que celui des acteur·rices en bas de l’échelle (par exemple les patient·es). Les chercheur·es se retrouvent alors accusé·es de trahir à la fois les idéaux scientifiques et les normes dominantes de la société. Dans ce contexte, comment ces pressions extérieures influencent-elles nos pratiques de recherche ? Quels gages d’objectivité ou d’éthique scientifique doit-on produire pour maintenir notre légitimité ? Et surtout, quelles stratégies de résistance pouvons-nous mettre en œuvre pour préserver la liberté critique des sciences sociales ?
Modalités de contribution
La journée d’étude aura lieu le 2 mars 2026 à Sciences Po Paris. Nous invitons les chercheur·es en sciences sociales à proposer des communications à partir de terrains et de réflexions ancrées dans leurs propres dilemmes moraux. Les contributions attendues pourront s'inscrire dans une variété de champs disciplinaires des sciences sociales, mais seront valorisées les contributions ancrées ethnographiquement. Les propositions compteront entre 3 000 et 4000 signes maximum (hors bibliographie). Elles comprendront la présentation de leur objet de recherche, le questionnement proposé en lien avec l’appel à communications, l’axe (ou les axes) dans lequel (lesquels) la communication s’inscrit et la méthodologie employée. Un titre, une bibliographie et des mots-clés sont également attendus. La langue de la communication sera le français ou l’anglais.
Les propositions devront être envoyées le 15 décembre au plus tard, aux deux adresses suivantes : ariane.badet@sciencespo.fr et jeanne.leblay@ehess.fr
Note sur le défraiement : Dans la mesure du possible, un défraiement du transport pourra être proposé aux participant·es si leurs institutions de rattachement ne peuvent financer de déplacement.
Le comité d’organisation
- Ariane Badet, doctorante en sociologie, Sciences Po (CERI) / EHESS (CéSor)
- Jeanne Leblay, doctorante en sociologie, EHESS (CeSor, Cems)
Le conseil scientifique
- Félicien Faury, sociologue et politiste, chargé de recherche au CNRS, rattaché au Cesdip
- Juliette Galonnier, sociologue, Assistant Professor à Sciences Po, rattachée au CERI
- Nadia Marzouki, politiste, chargée de recherche au CNRS, rattachée au CERI
- Alexandra Poli, sociologue, chargée de recherche au CNRS, rattachée au Cems
Bibliographie indicative
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Catégories
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Lieux
- 28 rue des Saints-Pères
Paris, France (75007)
Format de l'événement
Événement uniquement sur site
Dates
- lundi 15 décembre 2025
Fichiers attachés
Mots-clés
- éthique, subjectivation, epistémologie, critique, morale
Contacts
- Jeanne Leblay
courriel : jeanne [dot] leblay [at] ehess [dot] fr - Ariane Badet
courriel : ariane [dot] badet [at] sciencespo [dot] fr
Source de l'information
- Jeanne Leblay
courriel : jeanne [dot] leblay [at] ehess [dot] fr
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Pour citer cette annonce
« Ligne(s) de faille morale. Éthique et trahison des formes de vie minorisées », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 06 novembre 2025, https://doi.org/10.58079/153l8

