HomeProduire des connaissances scientifiques et des dispositifs techniques au 21e siècle. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ?
*  *  *

Published on Wednesday, November 12, 2025

Abstract

La création, en 2008, du « Réseau Droit, Sciences et Techniques » (RDST), réunissant des chercheur·e·s en droit, a eu notamment pour mérite d’établir une réflexion transverse sur les modalités d’interactions entre les domaines juridiques, scientifiques et techniques et de prendre conscience d’enjeux fondamentaux communs dépassant les spécialités de chacun. Son évolution, en 2016, sous la forme du GDR « Normes, Sciences et Techniques » (NoST) a permis d’élargir la réflexion et de favoriser l’interdisciplinarité avec d’autres disciplines des STS pour expliciter les liens existants entre les normativités, les régimes de production des savoirs, et les objets et pratiques techniques. Le présent appel à communications vise à clore de manière prospective cette période de travaux en renouvelant les interrogations sur les conditions de production des connaissances scientifiques et les dispositifs techniques au 21ème siècle.

Announcement

Argumentaire

Depuis plus de cinquante ans, les sciences humaines et sociales ont développé une réflexion spécifique sur l’autorité et la légitimité des connaissances scientifiques, ainsi que sur la place des objets techniques dans nos sociétés. Portés par des philosophes, des historien·ne·s, des sociologues et anthropologues, des politistes et des juristes, ces travaux ont traversé et analysé les grandes évolutions de notre temps : situations post-coloniales, sortie de la guerre froide, émergence des théories féministes et queer, oppositions entre les conceptions totalitaires et démocratiques des institutions et du travail scientifiques, montée en puissance des idéologies néolibérales dans un contexte de mondialisation, émergence de la post-vérité promue par des mouvements populistes anti-science, etc.

En termes d’apports interdisciplinaires, le champ des études sur les sciences et les technologies (STS / Sciences et Technologies Studies) a permis de rapprocher des chercheur·e·s aux compétences variées pour mener des analyses fines éclairant notamment les conditions sociales de production des savoirs et de mise en œuvre concrète des technologies. Ces travaux riches et diversifiés ont éclairé les régimes de production des savoirs et des techniques à des époques et dans des contextes précis. Ils ont justifié la mise à distance de représentations simplistes correspondant au mythe d’une science pure, vectrice de vérités objectives, par définition orientée vers le bien commun, dont le développement serait aussi inéluctable que celui des nouvelles technologies qui en sont les fruits.

La création, en 2008, du « Réseau Droit, Sciences et Techniques » (RDST), réunissant des chercheur·e·s en droit, a eu notamment pour mérite d’établir une réflexion transverse sur les modalités d’interactions entre les domaines juridiques, scientifiques et techniques et de prendre conscience d’enjeux fondamentaux communs dépassant les spécialités de chacun. Son évolution, en 2016, sous la forme du GDR « Normes, Sciences et Techniques » (NoST) a permis d’élargir la réflexion et de favoriser l’interdisciplinarité avec d’autres disciplines des STS pour expliciter les liens existants entre les normativités, les régimes de production des savoirs, et les objets et pratiques techniques.

Le présent appel à communications vise à clore de manière prospective cette période de travaux en renouvelant les interrogations sur les conditions de production des connaissances scientifiques et les dispositifs techniques au 21ème siècle.

En effet, les bouleversements que nous traversons depuis l’élection présidentielle de 2024 aux États-Unis illustrent de manière saisissante la vigueur des attaques que des pouvoirs, publics comme privés, sont en mesure d’orchestrer à l’encontre des savoirs et institutions scientifiques comme des principes les plus établis de l’Etat de droit. Liste noire de thématiques indésirables dans les projets scientifiques, ouvrages bannis des bibliothèques, effacement en masse de données publiques, dont certaines issues de la recherche, fermeture ou appauvrissement drastique des principales agences scientifiques fédérales, contestation permanente des décisions judiciaires et du droit international… Si la méthode n’est pas nouvelle – bien des pays ont traversé, dans un passé plus ou moins lointain, les affres de régimes autocratiques et/ou illibéraux défavorables aux scientifiques et à leurs valeurs – la situation actuelle fait néanmoins peser sur l’écosystème scientifique et universitaire mondial des risques inédits par leur ampleur.

Produire des connaissances scientifiques et des dispositifs techniques au 21ème siècle est sans doute un objectif souhaitable. Mais pourquoi ? Pour qui ? Comment ? Telles sont les interrogations sur lesquelles, à partir de thèmes variés (numérique, environnement, biotechnologies, neurosciences, technologies quantiques, etc.), nous souhaiterions recevoir des propositions de communications.

Les propositions retenues donneront lieu, les 13/14 octobre 2026, à un colloque interdisciplinaire, qui clôturera le mandat 2021-2026 du GDR Normes, Sciences et Techniques.

Elles pourront notamment inclure les questionnements suivants :

  • Quelles sont les menaces qui pèsent sur nos systèmes de production des connaissances ? Comment les documenter, les analyser ? Quelles sont les échelles géopolitiques (internationales régionales et locales) pertinentes pour les évaluer ?
  • Quelles sont les nouvelles tensions et alliances entre les pouvoirs publics et privés, les chercheurs et les citoyens, les professionnels et les profanes dans la redéfinition d’un bien commun scientifique ?
  • Un positionnement critique à l’égard des sciences et technologies est-il toujours possible, souhaitable ? En stimulant la réflexion sur la régulation et l’impact de celle-ci, œuvrons-nous à rendre pensable et donc possible une alliance plus réaliste entre les sciences, les techniques et les sociétés ou bien donnons-nous seulement davantage d’arguments à celles et ceux qui mettent sur un même plan faits scientifiquement éprouvés et vérités alternatives ?
  • Quels sont les apports et limites de nos propres recherches ? Comment aborder les débats autour de la liberté académique ?
  • Quelles sont les capacités de mobilisation des individus, des communautés face aux dispositifs techniques émergents ? Quels sont les effets de ces derniers sur les régimes de production des connaissances et les savoirs eux-mêmes, comme sur les normes et les conditions de leur application ?
  • Comment penser de nouvelles alliances entre les sciences, les techniques et la société ? Sur quelles reconfigurations d’acteurs, d’arguments et de ressources peuvent-elles s’appuyer (les générations futures, les capitaux financiers et culturels disponibles, les idéologies et utopies politiques, etc.) ?

Modalités de soumission

Vous êtes invité·e·s à soumettre vos propositions comprenant un titre, un résumé (max. 5 000 caractères espaces compris : dans le cas où votre proposition serait sélectionnée, ce résumé sera édité dans le livret du colloque) et un court argumentaire justifiant de l’adéquation de votre proposition au présent appel. La soumission est également ouverte à tou·te·s les doctorant·e·s et jeunes docteur·e·s ayant soutenu leur thèse ces dernières années, en France ou à l’étranger.

Les propositions sont à envoyer accompagnées d’un court CV, à l’adresse suivante : colloqueNoST.2026@proton.me,

avant le 15 janvier 2026.

Elles seront évaluées dans un délai d’un mois.

Les auteur·e·s dont la proposition aura été acceptée seront invité·e·s à :

  • présenter leur contribution le jour du colloque (dans un format précisé ultérieurement) ;
  • soumettre un article issu de cette communication (maximum 50 000 caractères, espaces compris, avec un résumé et des mots clés) pour publication éventuelle dans les Cahiers Droit, Sciences & Technologies).

Comité scientifique

  • Florence Bellivier, Professeure des Universités, Université Paris I Panthéon Sorbonne, Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (ISJPS, UMR n°8103)
  • Sonia Desmoulin, Directrice de recherche au CNRS, Droit et Changement Social (DCS, UMR n°6297), Nantes Université
  • Rafael Enciñas de Munagorri, Professeur des Universités, Nantes Université, Droit et Changement Social (DCS, UMR n°6297)
  • Stéphanie Lacour, Directrice de recherche au CNRS, ISP : Institut des Sciences Sociales du Politique (ISP, UMR n°7220), ENS Paris-Saclay
  • Christine Noiville, Directrice de recherche au CNRS, Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (ISJPS, UMR n°8103), Université Paris I Panthéon Sorbonne
  • Eve Truilhé, Directrice de recherche au CNRS, Centre d’Études et de Recherches Internationales et Communautaires (DICE, UMR 7318), Aix-Marseille Université

Etienne Vergès, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes, Centre de recherches juridiques de Grenoble (CRJ)

Places

  • Paris, France (75)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Thursday, January 15, 2026

Keywords

  • normativités, sciences, techniques, interdisciplinarité

Contact(s)

  • Stéphanie Lacour
    courriel : colloqueNoST [dot] 2026 [at] proton [dot] me

Information source

  • Stéphanie Lacour
    courriel : colloqueNoST [dot] 2026 [at] proton [dot] me

License

CC-BY-4.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons - Attribution 4.0 International - CC BY 4.0 .

To cite this announcement

Stéphanie Lacour, « Produire des connaissances scientifiques et des dispositifs techniques au 21e siècle. Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, November 12, 2025, https://doi.org/10.58079/154v4

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search