HomeFaire de l’histoire des migrations avec les méthodes numériques
*  *  *

Published on Friday, November 21, 2025

Abstract

Comment l’histoire des migrations se transforme-t-elle lorsqu’elle s’appuie sur des sources et des méthodes numériques ? Quelles connaissances nouvelles et quelles formes d’enquête, de narration et de documentation ces pratiques numériques rendent-elles possibles ? Comment identifier et réduire les biais tout en respectant les exigences éthiques et juridiques qui encadrent la collecte, l’analyse et la diffusion des données ? Ces interrogations seront au cœur des ateliers, présentations et discussions de l’université d’été 2026 à l’Institut historique allemand de Paris qui s’adresse à des personnes inscrites en master (niveau avancé), en doctorat ou en post-doctorat.

Announcement

Argumentaire

Comment l’histoire des migrations se transforme-t-elle lorsqu’elle s’appuie sur des sources et des méthodes numériques ? Quelles connaissances nouvelles et quelles formes d’enquête, de narration et de documentation ces pratiques numériques rendent-elles possibles ? Comment identifier et réduire les biais tout en respectant les exigences éthiques et juridiques qui encadrent la collecte, l’analyse et la diffusion des données ? Ces interrogations seront au cœur des ateliers, présentations et discussions de l’université d’été 2026 à l’Institut historique allemand de Paris.

Depuis quelques décennies, l’histoire des migrations a élargi son horizon. Elle articule aujourd’hui des changements d’échelle du micro au global, tient compte des différenciations sociales et culturelles et s’intéresse aux infrastructures de la mobilité ainsi qu’aux conditions matérielles, juridiques et affectives du « faire route ». L’attention porte davantage sur les pratiques et sur le quotidien des personnes migrantes, dans une perspective souvent transnationale. Cette évolution s’accompagne d’un recours accru à des corpus vastes et multilingues, auxquels l’accès passe de plus en plus par des dispositifs numériques. Aux fonds sériels et statistiques s’ajoutent des archives administratives, policières ou d’organisations non-gouvernementales, des bases de données généalogiques, des documents associatifs et religieux, des sources juridiques, la presse et d’autres médias, des correspondances et écrits du for privé (y compris sur les réseaux sociaux), ainsi que des entretiens d’histoire orale.

Dans ce cadre, le développement du numérique transforme en profondeur les pratiques de recherche et a des effets particuliers sur l’histoire des migrations, un champ de longue date familier des sources sérielles et ouvert depuis longtemps aux outils informatiques. La numérisation à grande échelle et l’accès facilité à des corpus textuels et iconographiques rendent possibles de nouvelles explorations. Sur le plan analytique, des approches computationnelles — fouille de textes (p. ex. topic modeling, analyse de sentiment), analyse de réseaux et systèmes d’information géographique — permettent d’explorer de grands corpus et d’identifier des tendances, des récurrences et des évolutions (par thèmes, périodes, lieux, acteurs etc.). Pour la communication scientifique, la cartographie, les graphes et les frises chronologiques offrent des moyens lisibles de présenter, comparer et de discuter les résultats. L’histoire orale en bénéficie également : la collecte à distance, la transcription et l’indexation assistées, l’archivage et la mise à disposition en ligne, ainsi que des formes de restitution interactives qui élargissent les publics offrent de nouvelles perspectives, tout en appelant une vigilance accrue en matière d’éthique, de consentement et de protection des données.

Parallèlement, il faut tenir compte d’erreurs d’OCR/HTR, de biais de plateforme et de sélection — notamment dans le choix des sources à numériser et à mettre en ligne — qui rendent certaines sources et voix plus visibles que d’autres, de lacunes de provenance et de couverture, ainsi que d’hétérogénéités descriptives et de datation, fréquentes dans des corpus souvent multilingues. D’où la nécessité d’une critique serrée des sources, d’une documentation transparente des procédures et d’une contextualisation continue.

Objectifs et axes thématiques

L’université d’été de l’IHA examinera ce que les méthodes numériques apportent à l’histoire des migrations et la manière dont la numérisation et les traitements informatisés influencent les résultats, les interprétations et les cheminements de recherche. Elle encouragera aussi l’explicitation des limites et des incertitudes. Sont invitées à présenter les personnes avancées dans leurs masters, ainsi que les personnes en doctorat et post-doctorat souhaitant discuter de projets en cours et partager une évaluation critique des usages.

Les propositions peuvent porter notamment sur les thèmes suivants :

  • l’histoire des migrations (toutes périodes et aires géographiques) : présentation d’une enquête en cours mobilisant des méthodes numériques en histoire des migrations, en précisant questions de recherche, corpus/sources, méthodes et résultats attendus ou obtenus.
  • perspectives théoriques sur l’histoire de migrations : apports épistémologiques des sources et traces numériques de la migration ; effets sur les catégories, les échelles d’analyse et l’écriture de l’histoire des migrations.
  • critique du numérique et questions d’éthique : rapports entre recherche et numérique dans l’histoire des migrations (datafication, médiations algorithmiques et biais de plateforme, politiques de numérisation et de mise en ligne, standards et interopérabilité, documentation et réplicabilité) ; protection des données, sécurité et cadres juridiques ; rôle des plateformes et des infrastructures de communautés migrantes mais aussi créées pour elles (visibilité, auto-documentation, mobilisation, entraide).
  • pratiques des données sur les migrations : transformation de corpus migratoires en bases de données (modélisation, normalisation, alignements, documentation) ; réutilisation critique de bases existantes ; apport de ces pratiques à des résultats substantiels sur la migration.
  • histoire orale et récits numériques de la migration : usages de sources nativement numériques, collecte et archivage, récits interactifs et expositions en ligne, exigences éthiques associées.
  • méthodes computationnelles et visualisations : analyse de réseaux, analyse spatiale et SIG appliqués aux mobilités (infrastructures, trajectoires), fouille de textes et traitement d’images, modélisation de séquences et temporalités, visualisations pour explorer et argumenter, en approches mixtes quantitatives et qualitatives.

D’autres sujets en lien avec l’intitulé de l’université d’été sont également bienvenus.

Déroulement

L’université d’été aura lieu du 22 au 26 juin 2026 à l’Institut historique allemand à Paris. Elle débutera par un accueil informel le lundi 22 juin en soirée. Le mardi matin seront proposés trois ateliers pratiques appliqués aux corpus et terrains des participant·e·s. Les autres journées seront consacrées à des présentations courtes des participant·e s, chacune commentée par un·e expert·e et discutée collectivement. La clôture interviendra le vendredi 26 juin 2026 après le déjeuner. Les pauses café et déjeuner seront assurées sur place ; un financement partiel pourrait être envisagé pour les frais de voyages et les frais d’hébergement (sous réserve de financements en cours de demande).

Candidature et prérequis

Peuvent candidater des personnes inscrites en master (niveau avancé), en doctorat ou en post-doctorat à la date de l’université d’été, avec un projet en histoire des migrations comportant une dimension méthodologique en lien avec les thématiques. Les langues de travail sont le français et l’anglais : la maîtrise active d’au moins l’une des deux est attendue, la compréhension passive de l’autre est souhaitée.

Dossier de candidature

Un seul fichier PDF intitulé « nom_sujet_candidature_dh_migration » comprenant une courte lettre de motivation (et une indication concernant le financement de votre venue, notamment s’il peut être pris en charge par votre institution de rattachement), un CV d’une page maximum et un résumé de la communication prévue (deux pages maximum) précisant la question de recherche, la base de sources ou de données, les méthodes numériques mobilisées, l’apport attendu et les limites ou incertitudes.

Soumission

Les candidatures sont à envoyer  à : dh [at] dhi-paris . fr,

avant le 15 janvier 2026

Organisation

  • Mareike König (IHA)
  • Denis Scuto (C2DH)
  • Machteld Venken (C2DH)
  • Giovanni Vitali (université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines)
  • Claire Zalc (CNRS/EHESS)

Date(s)

  • Thursday, January 15, 2026

Keywords

  • migration, histoire numérique

Information source

  • Mareike König
    courriel : mkoenig [at] dhi-paris [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Faire de l’histoire des migrations avec les méthodes numériques », Call for papers, Calenda, Published on Friday, November 21, 2025, https://doi.org/10.58079/156n3

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search