L'architecture a un problème de sol
Architecture has a Soil Problem
Revue Clara, dossier thématique, n°13
Clara Journal, thematic issue, no. 13
Publié le mercredi 26 novembre 2025
Résumé
Du creusement des fondations à l’imperméabilisation des surfaces, la pratique architecturale traite généralement le sol comme une matière sale, une substance interchangeable, dépourvue de spécificité, de sens ou de vitalité. Les sols sont trop souvent réduits à un arrière-plan passif de l’activité humaine, un support vacant sur lequel édifier plutôt qu’un milieu vivant avec, dans ou par lequel penser le projet. Cette ignorance contribue indirectement à l’appauvrissement des sols et à leur dégradation. Que signifierait résister à cette trajectoire thanatologique pour reconceptualiser le sol et l’architecture à partir de leurs enchevêtrements, en relation avec les processus pédogénétiques qu’ils coproduisent ?
Annonce
Argumentaire
L’architecture a un problème de sol. Non seulement sur le plan épistémologique – les cadres de la discipline présentent des limites pour comprendre, analyser ou travailler avec le sol – mais aussi sur le plan ontologique, dans la manière même dont elle conçoit le sol. Du creusement des fondations à l’imperméabilisation des surfaces, la pratique architecturale traite généralement le sol comme une matière sale – « pas à sa place » (Douglas, 1966, citée par Palmer, 2015) –, une substance interchangeable, dépourvue de spécificité, de sens ou de vitalité. Les sols sont trop souvent réduits à un arrière-plan passif de l’activité humaine, un support vacant sur lequel édifier plutôt qu’un milieu vivant avec, dans ou par lequel penser le projet. Cette ignorance contribue indirectement à l’appauvrissement des sols et à leur dégradation. Que signifierait résister à cette trajectoire thanatologique pour reconceptualiser le sol et l’architecture à partir de leurs enchevêtrements, en relation avec les processus pédogénétiques qu’ils coproduisent ?
Des travaux récents ont révélé et problématisé cette négligence à l’égard des sols. Des auteur·ices tels que Puig de la Bellacasa (2017) ainsi que Krzywoszynska, Banwart et Blacker (2020) montrent que les sols sont porteurs de significations, de relations et de responsabilités qui dépassent largement leurs fonctions matérielles et biochimiques. Des postures plus projectuelles ont également cherché à reconceptualiser le sol à travers le prisme du métabolisme urbain (Barles et al., 1999), comme base matérielle pour reconfigurer le projet urbain (Peleman et al., 2021), ou encore comme un écosystème préfigurant des relations géosociales (Bonhevi-Rosich et Denizen, 2025). Ces travaux mettent en évidence les relations enchevêtrées entre sol et conception architecturale et urbaine, tout en montrant comment ces relations ont souvent été façonnées par des pratiques extractivistes et négligentes. Il est clair que le sol participe à la conception, mais de quelle manière devrait-il compter pour l’architecture ?
Les sols ne se contentent pas d’accueillir l’architecture : ils la conditionnent. Tout ce qui s’élève prend racine dans le sous-sol et façonne tant les fondations que le reste des infrastructures. En retour, l’architecture n’est pas simplement posée sur le sol : elle participe à sa pédogénèse. Les structures existantes s’effondrent et se désagrègent ; le sol que nous habitons aujourd’hui est en partie composé des constructions passées, transformées en décombres et mêlées à des sols plus anciens, formant de nouvelles strates anthropiques (Zalasiewicz et al., 2017). Ces strates se composent de matériaux très divers, aux origines et aux propriétés multiples, répartis de manière inégale dans une couverture terrestre qui ne cesse de muter (Ibanez et Boixadera, 2002). Elles révèlent le substrat métabolique du bâti existant tout en annonçant la décomposition de l’architecture à venir. Pourtant, ce devenir perpétuel demeure largement invisible dans la discipline et les pratiques qui s’en revendiquent.
Les disciplines de l’architecture et de la science du sol feraient mieux de se concerter sur une praxis partagée : un mode d’enquête et de conception qui considérerait les sols et les édifices comme des agents pédogénétiques co-constitutifs. Toutes deux cherchent une synthèse entre théorie et pratique, mais aucune n’inclut l’autre dans sa définition de l’étendue de cette pratique. L’architecture ne ‘voit’ pas le sol, qui n’est pour elle qu’un socle ou une matière première, et la science du sol est tout aussi aveugle : elle ne ‘voit’ pas l’environnement bâti comme un environnement enraciné dans le sol, celui-ci apparaissant généralement comme un trou sur les cartes pédologiques. La limite de la ville est aussi l’endroit où la capacité de la science du sol à classer et à décrire rigoureusement les sols prend fin, perpétuant ainsi son dilemme traditionnel entre ‘l’humain comme extérieur’ et ‘l’humain comme partie prenante’ (Dudal et al., 2002), échouant de fait à intégrer les processus autres que naturels dans la taxonomie des sols.
Nous sommes convaincu·es que les revues de science du sol pourraient bénéficier d’un numéro consacré à l’architecture. Mais dans ce numéro de Clara, nous souhaitons adresser l’autre face de cette problématique : l’architecture a besoin d’un numéro sur le sol, un numéro pour cartographier les points aveugles qui nous empêchent de penser l’architecture avec, dans ou à travers le sol.
Quel est le problème ?
Pour une bonne part, ce que l’architecture ne parvient pas à comprendre du sol est lié à ce qu’elle ne comprend pas du changement climatique, puisque la vie du sol et le changement climatique se déploient partout de manière interconnectée. Comprendre le sol, c’est comprendre le climat, et pour véritablement répondre au changement climatique, l’architecture doit d’abord apprendre à voir le sol sous ses pieds. La critique architecturale part rarement, voire jamais, de la perspective du sol – en tenant compte de ses conditions, ses enchevêtrements et ses exigences, au lieu de les éluder ou de les contourner.
Ce numéro de Clara propose un changement de perspective : penser avec, dans ou à travers le sol, interroger ce que le sol exige de l’architecture et ce que l’architecture a encore à apprendre des sols. Nous invitons les auteur·ices à considérer l’agentivité des sols dans l’avènement de l’architecture : pas seulement par l’adoption d’une esthétique régénérative ou par l’utilisation des matériaux à base de terre, mais en confrontant le sol (ainsi que l’architecture) comme une formation géosociale.
Nous sommes particulièrement intéressé·es par des propositions qui mettent en avant non seulement des réussites, mais aussi des processus d’expérimentation, faits d’essais, d’erreurs et d’apprentissages. Nous favorisons des recherches offrant matière à réflexion, ouvrant des voies vers de nouvelles manières d’agir au-delà du ‘business-as-usual’, s’engageant directement avec les sols excavés et la complexité de site concret, dans le but de repenser l’architecture non pas comme une destination ‘finale’ pour le sol, mais comme une mise en forme momentanée de celui-ci.
1. Le sol est agentivité
Le sol n’est pas une entité statique, mais un milieu en perpétuel devenir, émergeant de l’intra-action de processus géologiques et humains (Barad, 2007). Il porte en lui des possibilités inattendues, tout en véhiculant des présences inquiétantes, héritées des dégradations passées (Tsing, 2017). Repenser le sol comme un agent relationnel, capable d’influencer, de conditionner ou de co-produire des actions, permet de dépasser les dichotomies problématiques telles que vivant et non-vivant, artificiel et naturel, bon et mauvais, pur et contaminé. Le sol déstabilise ces catégories métaphysiques de la pensée occidentale. Il est à la fois tout et son contraire, une matière où s’opèrent des transformations alchimiques essentielles à la vie. C’est le lieu où les excréments deviennent nourriture, où des toxiques se changent en nutriments et où la mort et la décomposition sont sources de germination et d’émergence.
La question est alors de savoir comment l’architecture peut s’aligner sur ces processus de transformation plutôt que de les entraver. Comment l’architecture pourrait-elle participer au devenir du sol, à sa pédogenèse ? Que laissent derrière eux les bâtiments et les pratiques de construction, ou plus précisément que fabriquent-elles sous nos pieds ? Que disent ces restes de notre relation à l’environnement ? Quels futurs contribuent-ils à façonner (Mitman et al., 2018) ?
2. Le sol est métabolisme
L’architecture fait preuve, depuis longtemps, d’une cécité à l’égard des conditions matérielles et écologiques de son existence. Elle omet souvent de reconnaître le coût environnemental, ainsi que les contingences matérielles ou humaines des processus métaboliques dont elle dépend pour exister (Hutton, 2017). Dans la plupart des rapports techniques, l’attention se limite au site de construction, tandis que les paysages d’extraction qui rendent cette construction possible demeurent largement invisibles. Pourtant, chaque édifice transforme plus d’un lieu : il consomme et déplace des matériaux géologiques, reliant un terrain à un autre, proche ou lointain.
Si les lieux où les sols sont érodés, dégradés ou excavés pour permettre la construction ailleurs peuvent eux aussi être compris comme des formes d’architecture, et si les résidus de construction et de démolition sont finalement métabolisés en de nouveaux sols, alors la pratique architecturale doit être reconsidérée comme un acte métabolique. Une telle pratique produit des flux, des échanges et des survivances qui nous ramènent toujours au sol, compris comme une infrastructure active soutenant des cycles de vie et de décomposition. En quoi les processus de construction révèlent-ils les postulats de l’architecture concernant le sol ? Comment les édifices établissent-ils des relations spécifiques avec les sols, proches ou éloignés ?
Comment les projets de réemploi travaillent-ils avec la spécificité des sols existants ?
3. Le sol est le temps profond
Comprendre les transformations constantes que subissent les sols nécessite de considérer de multiples temporalités, allant de l’étendue des temps géologiques aux horizons temporels plus immédiats du projet urbain et architectural. Les villes ne cessent de s’enfoncer dans les sols qu’elles génèrent (Barles et al., 1999), des sols capables de conserver la mémoire d’une histoire longue, accumulée au fil du temps, issue d’architectures distinctes : la pierre met des siècles à se dégrader, tandis que le bois ou les matériaux à base de terre se décomposent rapidement. Sous cette surface, dans ce qu’Anne Whiston Spirn (1985) nomme la « structure profonde [deep structure] », les processus biologiques de la surface se connectent aux processus géologiques du dessous, continuant à exercer une influence puissante sur le paysage bâti. Comme le rappelle Puig de la Bellacasa (2015), prendre soin du sol exige de porter attention à ces temporalités lentes, interdépendantes et souvent imperceptibles.
Cela soulève des questions essentielles : comment les temporalités géologiques, écologiques et humaines se télescopent-elles dans les enchevêtrements du sol et de l’architecture ? Comment l’architecture peut-elle prendre en compte les processus de formation millénaires du sol, tout en considérant leurs rapides renouvellements ou les perturbations provoquées par les excavations ? Et comment les méthodes d’analyse architecturale de site peuvent-elles révéler (ou occulter) l’état du sol ? Quelles histoires et récits devrions-nous réexaminer ?
4. Le sol est désir
La relation que nous entretenons avec le sol n’est jamais neutre. Le désir d’agir sur lui (construire, extraire, cultiver ou réimperméabiliser) façonne les formes de connaissance que nous produisons à son sujet (Bonvehi-Rosich et Denizen, 2025). Ce que nous attendons du sol détermine la manière dont nous le comprenons, et cette compréhension, à son tour, porte les traces de ces désirs initiaux. Comme beaucoup de sciences de la Terre, la pédologie occidentale a été historiquement façonnée par les ambitions des projets extractivistes et coloniaux cherchant à étendre et contrôler les territoires. Ces désirs ont laissé leur empreinte épistémologique sur la connaissance des sols dont nous sommes aujourd’hui les héritier·es.
L’architecture, elle aussi, reconnaît rarement les biais culturels et impérialistes ou les présupposés politico-économiques qui sous-tendent sa relation aux sols. Réexaminer la relation entre le savoir sur le sol et le désir lié au sol met en lumière les cadres épistémologiques partiels que nous utilisons pour comprendre le monde matériel. Pour connaître le sol autrement, nous devons cultiver d’autres désirs le concernant et, d’une certaine manière, décoloniser nos aspirations à l’égard des sols. Quelles autres formes de sagesses et modes de production de connaissance sont nécessaires pour nous aider à réimaginer comment, pourquoi et pour (ou avec) qui nous bâtissons ? Comment les ‘absents’, ceux qui ont été laissés de côté par la science occidentale dominante, peuvent-ils contribuer à émanciper les sols de ces formes de connaissances et ouvrir la voie à « de nouveaux modes d’intervention qui réunissent le sensible et le scientifique, le sacré et le technique, et qui tissent ensemble une forme de résistance ne démêlant pas la violence conjointe de l’industrialisme, du positivisme, du patriarcat, du colonialisme et du capitalisme » (Salazar et al., 2020 : 31, traduction des auteur·ices) ?
L’architecture a un problème avec le sol, ou plutôt plusieurs problèmes ou difficultés interdépendants qui doivent être abordées. Dans cet appel à contributions, nous en identifions quatre et les utilisons comme cadres analytiques pour renouveler notre manière de penser le sol, en invitant des propositions qui peuvent : (A) approfondir notre compréhension de ces problèmes par des contributions théoriques ou visuelles, ou (B) présenter des études de cas de projets architecturaux qui proposent des manières de les confronter ou de les transformer.
Si les trois premiers problèmes évoqués ci-dessus portent sur le devenir du sol et les flux matériels, le quatrième se concentre plus spécifiquement sur les écologies politiques que les sciences occidentales du sol contribuent à établir et à maintenir en usage, ainsi que sur l’exploitation et la dévastation qu’elles ont engendrées dans les pays du Sud. Ces orientations spécifiques ne limitent toutefois pas le type de contributions que nous visons et qui s’étendent depuis des articles et essais visuels qui critiquent l’extraction minière comme acte architectural à part entière, ou qui aident à comprendre les pratiques décoloniales du sol, jusqu’aux recherches prenant en compte le cycle de vie complet des projets, qu’ils soient architecturaux ou urbains (par exemple les systèmes urbains qui sillonnent le sous-sol ou les systèmes métaboliques urbains tels que le traitement des eaux usées, le compost municipal et la foresterie urbaine).
Les contributions peuvent traiter de n’importe quel moment du cycle de vie d’un projet : des préparations du site et des tests de sol à l’occupation (par exemple l’imperméabilisation, le recouvrement des sols, l’excavation sur site), à la conception et à la construction, à la dégradation ou à l’entretien, etc. Elles peuvent également porter sur des réalités post-construction : démantèlement, recyclage et transformation – ou ‘devenir-sol’ – des artefacts construits au fil du temps. Nous sommes particulièrement intéressé·es par les approches méthodologiques permettant d’étudier les intrications historiques et récentes entre sol et architecture, ainsi que par des analyses de cas qui mettent en lumière la manière dont les processus architecturaux participent, résistent ou ignorent la violence diffuse liée à l’épuisement des sols.
Bien que l’appel ait été rédigé dans un contexte occidental, nous accueillons avec enthousiasme des contributions élargissant la discussion pour inclure d’autres perspectives climatiques et culturelles.
Modalités de contribution
Les contributions peuvent prendre la forme d’articles académiques ou d’essais visuels. Les propositions de contribution doivent être envoyées à clara.archi@ulb.be avant le 30/01/2026 et doivent inclure un fichier PDF anonymisé contenant :
Pour les articles académiques :
- Un résumé long de 1000 mots ;
- Un titre (même provisoire).
Pour les essais visuels :
- Une courte présentation de 500 mots décrivant votre approche conceptuelle, vos intentions et les méthodes ou techniques graphiques employées – ce texte doit permettre aux évaluateur·ices de juger la qualité et la pertinence de la contribution ;
- 3 à 5 illustrations ou images qui traduisent visuellement vos idées et votre orientation créative ;
- Chaque figure ou image peut être accompagnée d’un titre et/ou d’une légende (jusqu’à 100 mots) ;
- Un titre (même provisoire).
Les informations contenues dans le courriel de soumission doivent inclure :
- Le(s) nom(s) de(s) contributeur·ice(s) et leur affiliation académique (le cas échéant) ;
- Une courte biographie de 100 mots maximum par auteur·ice.
- Les propositions peuvent être soumises en anglais ou en français.
Le processus de présélection se fera selon la qualité et la pertinence thématique des articles ou essais proposés.
- Mi-Février 2026 Notification d’acceptation.
- Mi-Juin 2026 Soumission des articles complets (max. 50.000 caractères) par courriel à clara.archi [at] ulb.be et début du processus d’évaluation en double aveugle par les pairs.
- Septembre 2026 Envoi des retours des évaluateur·ices aux auteur·ices.
- Novembre 2026 Soumission des articles finaux et début du processus d’édition.
- Printemps 2027 Publication de Clara #13.
NB : Les auteur·ices doivent obtenir les droits de publication pour toutes les images utilisées dans leur article entre la notification d’acceptation (février 2026) et la soumission de la version finale (novembre 2026). L’équipe éditoriale n’est pas responsable de l’acquisition de ces droits ni des frais associés.
Directeur·ices invitée·es
Le dossier thématique de Clara #13 est dirigé par :
- Seth Denizen
Seth Denizen est chercheur et praticien du design, formé en architecture de paysage, en biologie évolutive et en géographie humaine. Ses travaux publiés sont multidisciplinaires et portent sur l’art et le design, la science des sols, la géographie urbaine et l’agriculture. Il est titulaire d’un doctorat en géographie de la University of California, Berkeley, où il a étudié l’écologie politique des sols dans le système hydrologique Mexico City-Mezquital Valley. En 2019, il a reçu le SOM Foundation Research Prize et a auparavant enseigné à Harvard, à Berkeley, à la University of Hong Kong et à Princeton, où il a été Princeton-Mellon Fellow in Architecture, Urbanism, and the Humanities. Il est professeur assistant à la Sam Fox School of Design & Visual Arts, et son ouvrage (2025) coécrit avec Montserrat Bonvehi-Rosich est publié par Harvard Design Press : Thinking Through Soil : wastewater agriculture in the Mezquital Valley.
- Jolein Bergers
Jolein Bergers est chercheuse et praticienne du design, travaillant aux interstices de l’architecture, de l’urbanisme et de l’architecture de paysage. Sa récente thèse de doctorat (Tracing, Articulating, Weaving Multispecies Knowledges of Brussels’ Contested Urban Natures) a introduit une « Rubber Boots Design Anthropology », une méthodologie expérimentale mêlant des méthodes de terrain issues des sciences écologiques, anthropologiques et du design afin d’étudier la co-production des natures urbaines. Son travail s’inscrit dans des perspectives posthumanistes et explore des formes alternatives de production de savoirs ancrées dans des pratiques situées d’acteurs militants, notamment ceux portant une attention aux sols urbains comme ressource contestée. Elle travaille actuellement avec Blikveld (association flamande pour l’architecture du paysage) et Plant en Houtgoed, où elle dirige des projets d’innovation autour des sols urbains.
- Nadia Casabella
Nadia Casabella est architecte et urbaniste. Elle est maîtresse de conférences à la Faculty of Architecture La Cambre-Horta, Université libre de Bruxelles (ULB), et cofondatrice de 1010au, une agence interdisciplinaire d’architecture et d’urbanisme basée à Bruxelles. Son parcours conjugue enseignement, recherche et pratique professionnelle, en se concentrant sur les liens entre infrastructures et écologies dans leurs dimensions sociotechniques. Plus récemment, son travail s’est orienté vers les onto-épistémologies qui sous-tendent la séparation entre ville et nature, notamment à travers le lancement de projets de recherche tels que SUPER TERRAM (Innoviris Co-Create, 2021-23), qui considère les sols urbains comme des écosystèmes, ou NERU (Erasmus+, 2022-2025), qui aborde les territoires ruraux en Europe à partir de pratiques et cosmologies environnementales prémodernes. Elle fait partie du comité éditorial de la revue indexée BAC - Boletín Académico. Revista de investigación y arquitectura contemporánea et rédige actuellement une thèse portant sur le sol comme horizon renouvelé du projet urbain.
- Ananda Kohlbrenner
Ananda Kohlbrenner possède une formation académique interdisciplinaire en sciences sociales (Unil), en histoire (ULB) et en aménagement du territoire (UCLouvain). Ses recherches se situent à l’intersection de l’histoire environnementale, des science and technology studies (STS) et de l’écologie politique. Elle a précédemment étudié les politiques de long terme de la pluie et des eaux usées à Bruxelles (projet PIRVE, ULB–UPMC Paris 6), ainsi que les approches participatives des inondations urbaines dans la région (projet Brusseau, Co-Create, Innoviris). Actuellement, ses travaux portent sur les sols urbains et les formes de vie qu’ils soutiennent (projet Super Terram, Co-Create, Innoviris). Elle est chercheuse au centre de recherche LoUIsE, où elle contribue au projet New Ruralities (Erasmus+).
À propos de Clara
Clara est une revue scientifique annuelle dédiée aux sujets, questions, méthodes de recherche et outils spé- cifiques au champ de l’architecture. Chaque numéro est composé d’un dossier thématique proposé par des directeur·ices invité·es, suivi de deux autres rubriques : Archives et Position(s). Les numéros récents et en cours de Clara portent sur la critique architecturale (#7), les architectures et paysages de l’agrarisme (#8), l’intermé- dialité en architecture (#9), le logement collectif (#10), l’éthique du détail (#11) et les coopératives d’architectes (#12). Pour plus d’information sur la revue : https://clararevue.ulb.be/CLARA/about
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Dates
- vendredi 30 janvier 2026
Fichiers attachés
Mots-clés
- sol, architecture, agentivité, construction, environnement
Contacts
- Pauline Lefebvre
courriel : clara [dot] archi [at] ulb [dot] be
URLS de référence
Source de l'information
- Valentine Debizet
courriel : clara [dot] archi [at] ulb [dot] be
Licence
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Pour citer cette annonce
« L'architecture a un problème de sol », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 novembre 2025, https://doi.org/10.58079/157lb

