Published on Thursday, November 27, 2025
Abstract
Ce symposium international, transversal et pluridisciplinaire, conjointement organisé par le département d’histoire de l’ENS (Laboratoire des Sciences Humaines Appliquées) de l’université de Yaoundé I, en partenariat avec le CEVIPOL (Centre d’études sur la vie politique) de l’université Libre de Bruxelles, invite les chercheurs travaillant sur les différents aspects des équilibres de puissances dans le monde en lien avec l’Afrique. Après avoir identifié, défini et analysé les nouveaux enjeux du monde post covid19, ce symposium fera le panorama des atouts de l’Afrique sur les questions géopolitiques, économiques, sécuritaires, environnementales, culturelles, mémorielles, démographiques et sociétales.
Announcement
14, 15 et 16 juillet 2026 au Campus de Ngoa-Ekellé- UYI en mode hybride (présentiel et distanciel)
Argumentaire
Ce symposium international, transversal et pluridisciplinaire, conjointement organisé par le Département d’Histoire de l’ENS (Laboratoire des Sciences Humaines Appliquées) de l’Université de Yaoundé I, en partenariat avec le CEVIPOL (Centre d’Etudes sur la vie politique) de l’Université Libre de Bruxelles, invitera les chercheurs internationaux travaillant sur les différents aspects des équilibres de puissances dans le monde en lien avec l’Afrique. Du bipolarisme de la Seconde Guerre à l’uni polarité à la chute du Mur de Berlin, le monde est devenu multipolaire depuis l’émergence des BRICS, la crise financière de 2008, le conflit entre l’OTAN et la Russie en Ukraine et la covid19. L’Afrique, malgré son retard vis-à-vis de l’Europe, l’Asie, les Amériques, dispose de nombreux atouts que ce symposium essayera de recenser et d’analyser. Quels sont les éléments permettant à l’Afrique de faire face aux nouveaux défis du monde multipolaire ? Après avoir identifié, défini et analysé les nouveaux enjeux du monde post Covid19, ce symposium fera le panorama des atouts de l’Afrique sur les questions géopolitiques, économiques, sécuritaires, environnementales, culturelles, mémorielles, démographiques et sociétales. De ces questions spécifiques et thématiques, émergent une douzaine d’axes ci-après :
1- L’Afrique et la géopolitique du monde
Cette séquence procèdera à l’identification, la définition et l’analyse des nouveaux enjeux géostratégiques du monde post Covid en générale et particulièrement en Afrique. Dans cette séquence, un regard particulier sera mis sur : La rivalité entre les grandes puissances et la fabrication d’un nouvel équilibre mondial. Les conflits régionaux marqués par des tensions qui redéfinissent les frontières (le Moyen-Orient, une région en tension perpétuelle, l’Afrique et ses conflits locaux aux implications globales). L’Afrique et le multilatéralisme international par le biais des organisations régionales en concurrences notamment l’UE (Union européenne), le MERCOSUR (Marché commun du Sud), l’UA (Union africaine), l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) et l’ASIAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est).
2- L’héritage de la post colonie en Afrique et la question mémorielle comme enjeux de développement
Dans cette séquence, il sera l’objet de l’état des lieux d’une Afrique morcelée en micro Etats aux lendemains des indépendances par le rejet des Etats-Unis d’Afrique au profit de l’Afrique des Etats indépendants. Est-ce qu’un continent d’États-nations était le résultat inévitable de la décolonisation ? Qu’aurait-été un bloc d’Etats-Unis d’Afrique face à la question du néocolonialisme, de la dépendance politique et culturelle, de la gestion du passé colonial entre les anciennes métropoles et l’Afrique notamment les accords d’indépendances et les contentieux coloniaux sur les questions coloniales diverses. Les Etats d’Afrique ont-ils besoin d’un roman national fondé sur la vérité historique des faits coloniaux et post coloniaux ? Cette séquence tentera d’y répondre en analysant crises multiformes, et les tensions entre métropoles et anciens colonies, au sujet des faits du passé suscitant des controverses notamment au Cameroun avec le conflit entre les nationalistes de l’UPC et la France, au Congo avec l’assassinat de Lumumba, en Algérie avec la guerre d’indépendance, au Sénégal avec l’affaire des tirailleurs.
3- L’Afrique et de défis de la souveraineté économique
La traite négrière, la colonisation, les indépendances négociées, la dépendance monétaire, la détérioration des termes des échanges dans la vente des matières premières et des produits semi-finis, la sous industrialisation ont pour corollaires les déficits de balances commerciales, l’augmentation de la dette, la pauvreté, et de ce fait, la dépendance économique vis-à-vis des autres entités du monde. Face à ces constats, comment permettre aux gouvernements et aux entreprises africaines de créer des chaînes de valeur locales, des écosystèmes dynamiques et non dépendants de l’approvisionnement de l’étranger, d’accentuer leurs investissements productifs au lieu de se focaliser sur le remboursement de la dette dite « souveraine » ? Telles sont les principales questions auxquelles les contributeurs sont appelés à répondre dans cette articulation du symposium.
4- Les nouvelles technologies, une course à l’innovation aux implications stratégiques
Cette séquence traitera de la cybernétique, l’intelligence artificielle comme armes du futur et la bataille pour la suprématie technologique dans le monde. Les technologies de pointe émergentes vont-elles augmenter la fracture ou offrir une opportunité sans précédent en Afrique ? Cette question sera au centre de cet axe du symposium.
5- Enjeux et nouveaux défis sécuritaires en Afrique
En ce qui concerne les enjeux sécuritaires, cette séquence traitera de la question du terrorisme et de l’extrémisme, de la nécessité d’une réponse intégrée face au terrorisme, à la défense et la Sécurité, de la place de l’État de droit face au terrorisme et à l’extrémisme violent, de la lutte contre le financement du terrorisme, de la Sécurité et la sûreté maritime en Afrique comme enjeux internationaux.
Pour les nouveaux défis sécuritaires, les conséquences sécuritaires des migrations et les approches pour y faire face, la question sécuritaire en rapport aux crises humanitaires et au développement, enfin, les défis économiques et sécuritaires liés aux transitions énergétiques.
6- L’Afrique et la question environnementale
L’Afrique fait face à de nombreux défis environnementaux. Cette séquence recense cinq grands défis environnementaux qui menacent l’Afrique à savoir: la dégradation des terres, la perte de biodiversité, le changement climatique, la pollution de l'air, de l'eau et des sols, ainsi que la gestion des ressources naturelles. Cette séquence vise à analyser ces menaces et à proposer des solutions originales. De plus, les accords internationaux sur le climat sont cruciaux pour l’Afrique. Les pays sous-développés peuvent-ils se permettre de retarder leurs croissances économiques pour lutter contre le changement climatique ?
7- Le sport comme élément de fabrication d’un soft power africain ?
Le sport moderne cultive des particularités qui en font un vecteur particulièrement efficace de soft power : popularité, forte médiatisation, universalité, neutralité politique, etc. Il contourne les frontières et mobilise les populations, la jeunesse en particulier. Quoi de plus logique que le sport soit dès lors pris en compte par les États dans leurs stratégies de communication et d’influence ? Il s’agit également d’un secteur économique en constante recherche de financements et d’expansion, dans lequel les États, autant que les entreprises, peuvent trouver leur compte. (Les multiples visages du « sport power » RIS, Pim Verschuuren, pp.131-136). Cette séquence s’interroge sur la faible exploitation par l’Afrique des avantages du sport de haut niveau.
8- L’Afrique et le patrimoine mondial
Depuis plusieurs années, de nombreuses actions ont été entreprises pour la récupération et la transmission du patrimoine culturel africain. Ces initiatives sont vitales pour reconnecter les nations africaines avec leur histoire et leur identité culturelle. Selon l’Unesco, dans Qu'est-ce-que le retour ou la restitution des biens culturels, 1983, « Le génie d’un peuple trouve une de ses incarnations les plus nobles dans le patrimoine que constitue, au fils des siècles, l’œuvre de ses architectes, de ses sculpteurs, de ses peintres, graveurs ou orfèvres - de tous les créateurs de formes qui ont su lui donner une expression tangible dans sa beauté multiple et son unicité ». Thomas Dermine, le secrétaire d’État belge, a présenté un ambitieux projet autour du patrimoine pillé durant la période coloniale en 2021 lors d’une visite en Kinshasa (Jeune Afrique Marie Toulemonde 11 décembre 2021). La France, l’Allemagne et la Grande Bretagne s’inscrivent également dans cette logique de restitution. Cette séquence se propose de montrer l’importance cruciale de la récupération du patrimoine culturel africain spolié pendant la colonisation.
9- La forte dynamique de la population d’Afrique comme atout majeur ?
La population africaine représente plus de 1,13 milliard d’êtres humains, contre 900 millions encore vers 2010, et 225 millions en 1950 (Pascal Le Pautremat, Diploweb). D’ici la fin du XXIe siècle, la population de l’Afrique pourrait presque quadrupler. Elle devrait atteindre 3,4 à 3,6 milliards en 2100. Un tiers de la population terrestre sera alors africain, contre 1 habitant sur 7 actuellement. Pour autant, le continent africain connaît des disparités de croissance démographique. Cette dernière est par exemple très vive en Afrique subsaharienne. La population y était estimée à plus de 700 millions d’habitants en 2000. Cette séquence va analyser les implications de fortes augmentations de la population africaine et des éléments de puissance que l’Afrique peut capitaliser.
10- L’Urbanisation est-elle en phase avec la modernisation de l’Afrique ?
L’urbanisation de l’Afrique crée-t-elle davantage de bidonvilles ou des villes intelligentes ? A cette question, Abdourahmane Mbade Sène répond par l’affirmative, (Revue Population et Avenir, 2018/4, n°739, pp.14-16). La croissance de la population favorise une forte urbanisation de l’Afrique. L’exode rural, entraine de fait, des problèmes d’aménagement de l’espace, d’équipement et d’emploi. Cette séquence analysera ce phénomène d’urbanisation en lien avec la modernisation qui est un facteur de recul de la pauvreté.
11- Les questions sociétales en Afrique : l’évolution du droit de la famille
Cette séquence traitera du positionnement de l’Afrique face aux dynamiques sociétales du monde actuel notamment : la question de la famille qui semble évoluer vers la prise en compte de nouveaux droits et des dispositions ; les antagonismes entre l’Afrique et les autres continents au sujet de l’orientation sexuelle ; la question du genre etc.
12- Le rôle des corps intermédiaires (société civile et autres) dans le redressement de l’Afrique
Guillaume Lohest dans Les « corps intermédiaires », un concept vital !, Paris, Les Équipes Populaires - Étude 2017, propose une définition des « corps intermédiaires » d’hier à aujourd’hui et engage des réflexions actuelles sur leurs fonctions en démocratie. Ainsi : « Les corps intermédiaires(…), sont des groupes sociaux et humains, situés entre l’individu et l’État, indépendants et autonomes, constitués naturellement ou par accord délibéré en vue d’atteindre un objectif commun aux personnes qui les composent (partis politiques, entreprises et syndicats, divisions administratives du territoire, chambres de commerce et d’industrie, associations, voire groupes de pression, etc. ». En outre, la société civile inclut généralement les individus, les familles, les associations, les organisations bénévoles, tout ce qu'on appelle les corps intermédiaires -intermédiaires entre l'État et l'individu- dans la mesure où ils n'émanent pas de l'État, comme l'Église. Cette séquence s’inscrire dans la liste des propositions pour une Afrique mieux préparée à la concurrence mondiale en cours.
Modalités de contribution
Les propositions de communications ainsi que les articles originaux, sont attendus au plus tard le 28 février 2026 aux contacts suivants :
- Japhet Anafak : antoine.anafak@univ-yaounde1.cm ou japhet.anafak@gmail.com
- Achille Bella : achillebella@yahoo.fr
- Ernest Messina Mvogo : mmest2006@yahoo.fr
- Alexis Armélien Gasissou : alexisgasisou@gmail.com
NB : Seules les propositions complètes seront prises en compte
Comité d’organisation
- Achille E. Bella (Chef de département d’Histoire ENS- UY1- coresponsable)
- Jean Michel De Waele (Université Libre de Bruxelles CEVIPOL -coresponsable)
- Japhet A. Anafak (Coordonnateur des activités du LaSSA-ENS-UY1- coresponsable)
- Ernest Messina M. (Directeur du CERDYM- Chef de Département d’Histoire UYI)
- Aline Trif (Université Libre de Bruxelles)
- Alexis Armélien Gasisou (Département d’Histoire-ENS)
- Cassimir Tchudjing (UYI- membre)
- Tamekamta Zozime Alphonse (UYI- membre)
- Martial Ateba (UYII- membre)
- Inès-Valérie Fofack Anafack (Université de Dschang- membre)
- Jeanne Mbarga Messomo (UYI – membre)
- Fabrice Anaba (Université de Bertoua)
- Enyegue Aboudi Essoh Stéphane (Université de Bertoua – membre)
- Nana Mbakop (Université de Garoua- membre)
- Hervé Ngah Fomo (Université de Yaoundé I - membre)
- Ayina Ngono Castele (Université de Yaoundé I)
- Alice Mezop (Université de Yaoundé I – membre)
- Lea Moussongo Kemegne (Université de Douala - membre)
Comité scientifique
- Achille Elvice Bella (Université de Yaoundé I)
- Jean-Michel De Waele (Université Libre de Bruxelles)
- Boubakari Oumarou (Université de Garoua)
- Japhet Antoine Anafak L. (Université de Yaoundé I)
- Aline Trif (Université Libre de Bruxelles)
- Professeur Sergiu Mișcoiu (Université de Cluj-Napoca)
- Ernest Messina Mvogo (Université de Douala)
- Victor Fernandez Soriano (Université Libre de Bruxelles)
- Nadine Machikou (Université de Yaoundé II)
- Dieudonné Kakez Kayeb (Université de Lubumbashi)
- Alain Ondoa (Université de Yaoundé II)
- Nadeige Ngo Nlend (Université de Douala)
- Germain Ngoie Kibambe (Université de Lubumbashi)
- Hygin Kakai, (Université d'Abomey-Calavi)
- Colette Fouelefack Kana épse Dongmo (Université de Dschang)
- Robert Ziavoula (CESSMA –Université de Paris)
- Justin Sheria Nfundiko (Université de Bukavu)
- Robert Kpwang (Université de Douala)
- Edouard Bokagne Betobo (Université de Yaoundé I)
- Zacharia Beine (Université de Ndjamena)
- Moussa II (Université d’Ebolowa)
- Boulou Ebanda (Université d’Ottawa)
- Michael Okyerefo (University of Ghana)
- Julien Nimubona, Université du Burundi
- Soussi Sid Ahmed (Université du Québec à Montréal)
- Christophe Signé (Université de Yaoundé I – ENS)
- George Fuh Kum (Université de Yaoundé I)
- Youssef Sadik (Université de Rabah)
- Eugene Désiré Eloundou (Université de Yaoundé I- ENS)
- Ngek Monthé (Université de Yaoundé I)
- Rachel Mariemba (Université de Douala- Nkongsamba)
Subjects
- History (Main category)
- Society > Law > Legal history
- Mind and language > Religion > History of religions
- Society > History > Economic history
- Society > Economics > Political economics
- Society > Political studies > Political science
- Society > Ethnology, anthropology > Political anthropology
- Society > History > Social history
Places
- Yaoundé, Cameroon
Date(s)
- Saturday, February 28, 2026
Attached files
Keywords
- Afrique
Contact(s)
- Achille Elvice Bella
courriel : achillebella [at] yahoo [dot] fr - ZOZIME Alphonse TAMEKAMTA
courriel : tamekamta [at] gmail [dot] com - Honorine Castele Ayina Ngono
courriel : castelayina [at] gmail [dot] com - Armelien Alexis Gassisou
courriel : alexisgasissou [at] gmail [dot] com
Reference Urls
Information source
- Antoine Japhet Anafak Lemofak
courriel : japhet [dot] anafak [at] gmail [dot] com
License
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To cite this announcement
« L’Afrique face aux nouveaux enjeux du monde », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, November 27, 2025, https://doi.org/10.58079/1589d

