HomeAltérités et imaginaires dans l’enseignement-apprentissage d’une langue nouvelle à l’université
*  *  *

Published on Monday, December 08, 2025

Abstract

L’ouvrage aspire à rassembler des travaux permettant d’éclairer la manière dont les représentations et les imaginaires interviennent, se composent ou se déconstruisent lors des débuts de l’apprentissage d’une langue nouvelle et de mieux saisir le rôle des dimensions (inter-)culturelles dans l’enseignement-apprentissage d’une langue que l’on choisit d’approcher, de découvrir ou de s’approprier grâce aux opportunités offertes dans le contexte universitaire.

Announcement

Editions TransAires des Presses de l’INALCO

Coordination

  • Catherine Muller Université Grenoble Alpes, LiDiLEM, France,
  • Catherine Felce, Université Grenoble Alpes, LiDiLEM, France
  • Claudia Helena Daher Universidade Federal do Paraná, Curitiba, Brésil

Argumentaire 

Commencer l’apprentissage d’une langue à l’université représente pour les étudiants une opportunité offerte dans de nombreuses formations, qu’il s’agisse de formations initiales à des langues parlées dans des aires culturelles spécifiques (comme l’Inalco peut en proposer) ou d’enseignements dits d’ouverture ou transversaux que les étudiants peuvent décider d’investir pour découvrir de nouvelles langues du monde. Avoir la possibilité d’apprendre une langue non enseignée dans le cursus secondaire, une langue rencontrée à l’occasion d’un voyage, une langue qui ouvrira des opportunités professionnelles ou une langue vers laquelle on se sent, pour diverses raisons, attiré, peut alors être associé à une découverte culturelle, à une expérience linguistique singulière ou encore à un défi face à un objet nouveau, considéré comme étranger ou étrange, dans le sens où l’on en est peu familier. Le contexte particulier de l’enseignement-apprentissage d’une langue débutée à l’université est au cœur de l’action de recherche ALADUN (enseigner/Apprendre les LAngues Débutées à l’UNiversité) au sein du laboratoire LiDiLEM de l’université Grenoble Alpes. 

Dans le cadre de cet appel à contributions, nous proposons d’explorer ce contexte à travers le prisme des imaginaires convoqués ou suscités et de l’altérité (Beacco, 2018) . Quelles images se cristallisent à partir des représentations que les apprenants ont de langues qui, dans leur typologie, leur graphie ou leur sonorité peuvent parfois être vues ou vécues comme très éloignées du connu et du coutumier ? Les imaginaires culturels et langagiers se croisent et se recomposent au fil de l’apprentissage, en interaction avec ce que les enseignants apportent ou insufflent dans le cours. Si des chercheurs ont souligné le rôle des imaginaires dans l’enseignement-apprentissage des langues en évoquant notamment une didactique des imaginaires (Auger et al., dir., 2009), son importance n’a pas nécessairement été rapportée aux débuts de l’apprentissage d’une langue nouvelle et étudié dans une double perspective, celle des enseignants et des apprenants.

Les apprenants peuvent avoir des représentations initiales, des attentes, des besoins concrets ou des motivations personnelles diverses. Si l’élan vers une langue donnée est souvent présent dans les premiers contacts avec la langue-culture enseignée, voire en amont, comment celui-ci évolue-t-il au fil du temps et en fonction de quels facteurs ? Le sentiment de distance (Causa & Stratilaki-Klein, 2019) ou à l’inverse de familiarité, dans l’apprentissage ou l’usage de la langue nouvelle est liée au vécu des apprenants, à travers les différentes formes d'enseignement et d’apprentissage qu’ils ont pu avoir antérieurement, mais aussi à travers l’expérience qu’ils font de la nouvelle langue, de ses différentes caractéristiques (sonores, gestuelles, proximité typologique, graphique ou articulatoire) ou encore de paramètres relationnels ou communicatifs issus de la variété des sources et des opportunités de contacts avec cette langue. 

Ces dimensions font écho à des travaux s'intéressant aux imaginaires associés à l’enseignement-apprentissage des langues (Muller, 2021), ou à l’apport de pratiques artistiques (Aden, 2008 ; Eschenauer, Espinassy & Brunner, dir., 2025). La littérature et les arts peuvent jouer un rôle essentiel dans la mesure où ils permettent de « donner corps et prise à un imaginaire visuel et textuel » (Wunenburger, 2003 : 68). Ce lien entre imaginaire et littérature est mis en évidence dans l’ouvrage dirigé par Godard en 2015 : « [l]a lecture peut aussi mettre en branle l’imaginaire » (Rollinat-Levasseur, 2015 : 221). Il est également relevé par Abdallah-Pretceille qui voit dans les textes littéraires non « pas de simples descriptions mais aussi des systèmes de réminiscence qui permettent de libérer les souvenirs et l’imaginaire » (2010 : 149). 

Sur le plan linguistique, une certaine intimité avec la langue apprise peut émerger ; elle donne l’occasion de reconnaitre dans la langue plus qu’un système à maitriser en accordant une place à la dimension affective, familière et expressive de la langue (Saussure, 2024). En complément d’un apprentissage guidé, un apprentissage informel (Babault, Grabowska & Rivens Mompean, 2022), à travers les contacts avec des locuteurs ou des éléments culturels de la langue cible, est susceptible d’influencer les représentations initiales et de participer de la constitution de nouveaux imaginaires. 

Si les motivations et les représentations sont souvent centrées sur l’apprenant, elles affectent aussi la perspective des enseignants qui ont eux-mêmes une représentation spécifique de la langue, de leur manière de l’enseigner ou de faire vivre une expérience d’enseignement particulière aux apprenants. Se posent alors des questions liées aux démarches visant à construire ou déconstruire des représentations, à la place accordée à des éléments culturels et interculturels (Bretegnier, Delorme & Nicolas, dir., 2020).

Les contributions pourront par conséquent adopter l’un ou l’autre des points de vue. Elles s’attacheront par exemple à analyser la façon dont les enseignants façonnent ou cherchent à façonner les représentations d’apprenants débutants ou à intervenir sur la construction d’un imaginaire culturel ou linguistique. Le recours à des ressources permettant d’ancrer l’apprentissage dans une approche créative, littéraire, plurilingue ou interculturelle, sollicitant l’imaginaire, pourra à ce titre être exploré. Le rapport de l’enseignant aux dimensions linguistiques et culturelles, sa posture en tant que représentant et locuteur dans la classe de la langue qu’il enseigne pourra également constituer une source de questionnement. Du point de vue des apprenants, il pourra être intéressant d’aborder la perception de la proximité ou de la distance par rapport à un système de références forgé par les langues premières ou par d’autres langues déjà connues, mais aussi par des éléments d’ordre spatial, socioculturel ou affectif. 

L’ouvrage aspire à rassembler des travaux permettant d’éclairer la manière dont les représentations et les imaginaires interviennent, se composent ou se déconstruisent lors des débuts de l’apprentissage d’une langue nouvelle et de mieux saisir le rôle des dimensions (inter-)culturelles dans l’enseignement-apprentissage d’une langue que l’on choisit d’approcher, de découvrir ou de s’approprier grâce aux opportunités offertes dans le contexte universitaire.

Les propositions pourront concerner toute langue apprise et enseignée à l’université, quel que soit le pays.

Modalités de contribution

Les articles devront être soumis directement, sans avoir à produire un résumé préliminaire, et seront évalués en double aveugle et validés par le comité de rédaction des Presses de l’INALCO.

Calendrier prévisionnel

15 février 2026 : date limite de soumission des propositions d’articles complets (maximum de 45 000 caractères espaces comprises, bibliographie comprise)

30 mars 2026 : réponses aux auteur.e.s avec d’éventuelles demandes de révision

15 juin 2026 : date limite de réception des versions finales des articles complets

septembre 2026 : envoi du projet de manuscrit à l’éditeur 

Les propositions seront à faire parvenir aux adresses suivantes : catherine.muller@univ-grenoble-alpes.fr, catherine.felce@univ-grenoble-alpes.fr et claudia.daher@ufpr.br. Les articles devront être soumis directement, sans avoir à produire un résumé préliminaire, et seront évalués en double aveugle et validés par le comité de rédaction des Presses de l’INALCO. Les instructions aux auteurs se trouvent dans le fichier joint.

Comité scientifique

  • Abidrabbo Alnassan, Université Lyon 3, France
  • Sülün Aykurt-Buchwalter, Université Paris Nanterre, France
  • Sophie Babault, INALCO, France
  • Kátia Bernardon de Oliveira, Université Grenoble Alpes, France
  • Béatrice Blin, Universidad Nacional Autónoma de México, UNAM, Mexique 
  • Nicole Blondeau, Université Paris 8, France
  • Luciane Boganika, Université Rennes 2, France
  • Nathalie Borgé, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Francisco Calvo del Olmo, Ludwig Maximilians Universität München, Allemagne
  • Elsa Chachkine, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Catherine David, Aix Marseille Université, France 
  • Chantal Dompmartin, Université Toulouse 2 Jean Jaurès, France
  • Sandrine Eschenauer, Aix Marseille Université, France
  • Rosa Maria Faneca, Universidade de Aveiro, Portugal
  • Mariarosaria Gianninoto, Université Paul Valéry - Montpellier, France
  • Anne Godard, Université Sorbonne Nouvelle, France
  • Alessandra Keller-Gerber, Université de Fribourg, Suisse
  • Clarissa Laus Pereira Oliveira, Université Fédérale de Santa Catarina, Brésil
  • Dora Loizidou, Université de Chypre
  • Véronique Lemoine-Bresson, Université de Lorraine, France 
  • Dominique Macaire, Université de Lorraine, France  Monica Masperi, Université Grenoble Alpes, France
  • Mona Mohsen, Université Ain Shams, Egypte 
  • Céline Peigné, INALCO, France
  • Josilene Pinheiro-Mariz, Université Fédérale de Campina Grande, Brésil
  • Anthippi Potolia, Université Paris 8, France
  • Julia Putsche, Université de Strasbourg, France
  • Eve-Marie Rollinat-Levasseur, Université Sorbonne Nouvelle, France 
  • Érica Sarsur, Universidade de São Paulo, Brésil 
  • Dimitra Tzatzou, Université de Rouen, France 
  • Rui Yan, Université Grenoble Alpes, France  
  • Lin Xue, Université du Shandong, Chine 
  • Camille Vorger, Université de Lausanne, Suisse 
  • Donatienne Woerly, Université Sorbonne Nouvelle, France

Références bibliographiques 

Abdallah-Pretceille, M. (2010). La littérature comme espace d’apprentissage de l’altérité et du divers. Synergies Brésil, 2 « Littérature et politiques, langues et cultures. Traversées francobrésiliennes ».

Aden, J. (dir.). (2008). Apprentissage des langues et pratiques artistiques. Créativité, expérience esthétique et imaginaire. Éditions Le Manuscrit.

Auger, N., Dervin, F., & Suomela-Salmi, E. (dir.). (2009). Pour une didactique des imaginaires dans l'enseignement-apprentissage des langues étrangères. L'Harmattan.

Babault, B., Grabowska, M. & Rivens Mompean, A. (2022). Apprentissage formel et informel des langues. Recherches en didactique des langues et des cultures, 20(1). https://doi.org/10.4000/rdlc.11780

Beacco, J.-C. 2018. L’altérité en classe de langue. Pour une méthodologie éducative. Didier.

Bretegnier, A., Delorme, V. & Nicolas, L. (dir.). (2022). L’interculturel dans l’enseignement supérieur : conceptions, démarches et dispositifs. Éditions des Archives Contemporaines.

Causa, M. & Stratilaki-Klein, S. (dir.). 2019. Distance(s) et didactique des langues. L’exemple de l’enseignement bilingue. Louvain-la-Neuve : EME éditions.

Eschenauer, S., Espinassy, L. & Brunner R. (2025). Arts plastiques et théâtre dans l’enseignement et la recherche : quelles approches et quelles perspectives pour l’école de demain. Journal de recherche en éducations artistiques (JREA), 5. https://www.jrea.ch/article/view/6932

Godard, A. (dir.) (2015). La littérature dans l’enseignement du FLE. Didier,.

Muller, C. (2021). Imaginaire et pratiques d’enseignement/apprentissage des langues. Pour une focalisation sur l’expérience intersubjective. Habilitation à diriger des recherches. Université Sorbonne Nouvelle. https://theses.hal.science/LIDILEM/tel-04691413v1  

Rollinat-Levasseur, È.-M. (2015). La littérature en acte : voir, entendre, ressentir. In Godard, A. (dir.). La littérature dans l’enseignement du FLE (pp. 220-264), Didier.

Saussure, L. D. (2024). Aimer une langue : de l’expérience linguistique à l’attachement. Études de lettres, 323, 21-42.

Wunenburger, J.-J. (2003). L’imaginaire. Presses Universitaires de France.


Date(s)

  • Sunday, February 15, 2026

Keywords

  • imaginaire, altérité, didactique des langues, interculturalité

Contact(s)

  • Catherine Muller
    courriel : catherine [dot] muller [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Catherine Muller
    courriel : catherine [dot] muller [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Altérités et imaginaires dans l’enseignement-apprentissage d’une langue nouvelle à l’université », Call for papers, Calenda, Published on Monday, December 08, 2025, https://doi.org/10.58079/15asc

Archive this announcement

  • Google Agenda
  • iCal
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search