Prises de son
Sound Recordings
Revue Sources. Matériaux & terrains en études africaines
Journal Sources. Materials & Fieldwork in African Studies
Publié le jeudi 11 décembre 2025
Résumé
Ce numéro thématique propose de rassembler des analyses de différentes disciplines portant sur une ou plusieurs sources sonores produites dans les Afriques. Le dossier souhaite contribuer au développement du dialogue entre les études africaines et les sciences sociales récentes sur le son et l’écoute, et ainsi présenter les défis que posent spécifiquement les sources sonores dans l’histoire des Afriques. Les objets sonores sont extrêmement divers : collectes de langues, chants et musique, enregistrements de terrain, archives radiophoniques, disques commerciaux, bande-son de films, enregistrements de procès, de discours politiques, sermons, lettres-cassettes, vocaux de messagerie numérique etc
Annonce
Argumentaire
Ce numéro de Sources propose de rassembler des analyses de différentes disciplines portant sur une ou plusieurs sources sonores produites dans les Afriques. Issus de collections anciennes ou produits aujourd’hui, les matériaux audio reçoivent un intérêt croissant des études africaines, en particulier grâce à la valorisation, par des institutions, des chercheur·es, des militant·es, des artistes, de fonds sonores et audiovisuels oubliés ou difficiles d’accès. Enregistrés depuis la fin du XIXe siècle, ces objets sonores sont extrêmement divers : collectes de langues, chants et musique, enregistrements de terrain, archives radiophoniques, disques commerciaux, bande-son de films, enregistrements de procès, de discours politiques, sermons, lettres-cassettes, vocaux de messagerie numérique etc. Leur circulation s’est accrue avec les possibilités de duplication offertes par la technologie de la cassette, et plus encore par le tournant numérique. L’enregistrement fait aussi souvent partie des outils à la disposition des chercheur·es en sciences sociales, et les objets sonores sont rentrés dans la panoplie des objets collectés. Mais les spécificités de la nature sonore des matériaux récoltés et produits par la recherche sont rarement questionnées. Particulièrement dans le cas de contextes africains et diasporiques, il importe de développer des méthodes d’écoute et d’analyse capables d’appréhender le caractère multidimensionnel des enregistrements, les rapports de pouvoir et les formes d’agentivité marquant les processus de production, de circulation et d’archivage.
D’une discipline à l’autre, l’intérêt pour les sources sonores varie. L’anthropologie, l’ethnomusicologie, l’ethnolinguistique, et l’histoire africaine s’appuyant sur les « sources orales » ont longtemps considéré l’enregistrement comme un simple moyen technique. Dans ce contexte, l’oralité tendait à être définie comme un élément déjà constitué, prêt à être enregistré. Les retours réflexifs qui animent ces domaines (Bornand et Leguy 2008 ; Western 2018) ont depuis contribué à problématiser l’idée d’une oralité authentique (Hofmeyr 1995). Il est désormais admis que ce qui est capté dans un enregistrement peut résulter d’une lecture sur la base d’un script, être inspiré de documents écrits, ou issu d’espaces déjà tramés de références aux médias.
Les questionnements sur les sources sonores ont été profondément renouvelés par la recherche sur les cultures de l’enregistrement, les comportements d’écoute et les environnements sonores (Sterne 2015 ; Bull 2019 ; McEnaney 2019), même si les « Afriques » demeurent peu représentées dans ces travaux (Olivier 2022 ; Radano et Olaniyan 2016). Dans le champ pluridisciplinaire des sound studies, qui prend le son pour objet, plutôt que la musique ou le discours, les travaux s’intéressant à des contextes africains pointent la nécessité d’étudier les spécificités des relations aux sons, des pratiques d’écoute et des circulations induites par les technologies sonores, en questionnant la pertinence d’approches analytiques forgées au Nord (Steingo 2019 ; Livermon 2008 ; Newman et Sacks 2023). Notons que ce regain d’intérêt pour les thématiques sonores ne passe pas nécessairement par l’analyse d’archives audio ; des travaux démontrant la valeur heuristique d’une lecture « sonore » des archives coloniales et de la littérature (Hunt 2024 ; Charles 2023). Ce dossier souhaite, par conséquent, contribuer au développement du dialogue entre les études africaines et les sciences sociales récentes sur le son et l’écoute, et ainsi présenter les défis que posent spécifiquement les sources sonores dans l’histoire des Afriques.
Interroger les enregistrements au-delà de leur seul contenu implique de réfléchir aux pratiques et processus sociaux qui les ont façonnés, tout en posant des questions de méthode qui pourront aussi être au cœur des contributions. Par ailleurs, les archives sonores africaines ne sont pas toujours détenues sur le continent, et, quelle que soit leur localisation, la question de « à qui elles s’adressent » (Guillebaud 2024) est cruciale, et amène à s’interroger sur les enjeux des projets d’archivage, passés et présents. Nous souhaitons donc susciter des réflexions sur l’histoire, le statut actuel et le devenir des archives sonores, y compris dans leur dimension matérielle (état de conservation des bandes ou cassettes, pérennité des supports numériques par exemple). Celles-ci s’inscrivent dans un contexte où le numérique reconfigure le rapport aux archives en général, accroissant les possibilités de remise en circulation et de remédiation, par exemple à travers des projets artistiques.
Nous proposons 4 axes de réflexion pour nourrir les propositions.
Projets de collecte, situations d’enregistrement
À quelle collection ou série discographique l’archive sonore appartient-elle ? Pour la période coloniale, il est essentiel de continuer à documenter les dimensions extractivistes des collectes scientifiques, menées lors d’expéditions en Afrique, mais aussi dans des camps de prisonniers de guerre ou à l’occasion des Expositions coloniales en Europe (Ajotikar et van Straaten 2021 ; Van den Avenne 2024 ; Gérard 2014 ; Hoffman 2024). L’étude de ces matériaux pose d’emblée la question des rapports de pouvoir et des négociations qui se déploient sur la scène de l’enregistrement : qui était en charge de préparer l’espace d’enregistrement, d’organiser les prises de parole ou les performances ? Quels éléments « résistent » à la volonté et l’idéologie des acteurs à l’initiative ? Que sait-on des relations enregistreur-enregistré, des rapports de pouvoir et des échanges économiques qui les trament, des choix en termes de dispositifs sociotechniques et des représentations qui leur sont associés, des médiations linguistiques nécessaires, des malentendus qui pouvaient s’y nouer ? Pour restituer et analyser ces scènes, les contributions pourront explorer l’articulation entre le matériau sonore et la documentation qui l’accompagne (notes de terrain, correspondances, catalogues, brochures, photographies, etc.).
Parallèlement aux enregistrements de terrain, l’industrie du disque se développe et engendre des mobilités inédites (Denning 2015). Des artistes du Nigéria se rendent par exemple à Londres, pour enregistrer chez Zonophone, dans les années 1920 (Matera 2015) ; de nombreux musiciens voyagent jusqu’aux capitales du disque, Le Caire, Johannesburg et Léopoldville (Kinshasa), qui se développent durant les décennies suivantes. Analyser l’accès aux moyens de reproduction sonore et les circulations qu’ils génèrent, à différentes échelles, doit contribuer à l’histoire des studios (Meintjes 2003 ; Feld 2012 ; Olivier et Pras 2022) et de l’industrie du disque, jusqu’ici peu travaillée (Tournès 2002).
Moins documentées, les années 1960 et 1970 se distinguent comme un moment clé de la production sonore africaine. Les décolonisations actualisent l’idée de collecte – les sons collectés passant au service de la valorisation des langues et des expressions culturelles des nations post-coloniales soucieuses de réécrire leur histoire. Des initiatives se mettent en place à différentes échelles, impliquant parfois plusieurs États africains. C’est le cas du Centre d’études linguistiques et historiques par tradition orale (CELHTO), créé à Niamey et prenant le relai d’un centre établi en 1968 en lien avec le projet d’une histoire générale de l’Afrique porté par l’UNESCO, ou encore des Archives orales du Centre national pour les arts et la culture gambien à Fajara, fruit d’un travail de collecte entamé dans les années 1960 et qui conserve des archives de chercheur·es étranger·ères tout comme le résultat de campagnes initiées par des acteur·rices gambien·nes (Ceesay 2018). Comment sont menées les collectes, quelles pratiques de l’enregistrement s’y élaborent ? Quelle place ont les matériaux collectés dans les discothèques des radios, des maisons de disques nationales (Bertho 2020), ou encore, dans le répertoire des ballets nationaux (Djebbari 2019) ?
Enjeux de la diffusion : de l’interprète à la communauté
Le deuxième axe de ce numéro touche aux enjeux de la diffusion pour les personnes enregistrées et de l’accès aux moyens de reproduction sonore. Le retentissement immédiat, et parfois inattendu, de la commercialisation ou de la radiodiffusion d’un disque sur la vie des interprètes a, en particulier, peu retenu l’attention des chercheur·es. Les contributions pourront s’interroger sur la célébrité qui amène des musicien·nes, journalistes, ou comédien·nes à s’extraire de la marge, changer de mode de vie, voire à s’établir dans un autre pays (Gunner 2019 ; Gahungu 2019 ; Leyris 2002 ; Grabli 2023). La prise de parole radiophonique est également un moyen de se faire un nom, qu’elle contribue à asseoir une réputation ou fasse courir des risques (BrissetFoucault 2019 ; Dave 2022). Il n’est pas rare que des enregistrements soient publiquement condamnés ou se retrouvent au cœur de procédures judiciaires (Parker 2015). Penser les enjeux autour de la diffusion implique aussi de creuser la question de l’exploitation et de la difficulté d’accéder aux droits d’auteur. Outre les cas connus comme le conflit autour de « The Lion Sleeps Tonight » de Disney et son auteur sudafricain Solomon Linda (Erlmann 2022), pensons au phénomène de la piraterie (Röschenthaler et Diawara 2016) qui explose avec la technologie de la cassette (Larkin 2008), privant certains artistes de revenus, et par conséquent de leur indépendance visà-vis du pouvoir politique.
Au-delà des interprètes, quels effets sociaux produisent les récits et les représentations véhiculés par les enregistrements ? À l’échelle d’une ville, d’une nation, ou de l’Atlantique noir, comment les disques, les textes et éléments visuels qui les accompagnent, forgent-ils des communautés sur le continent (Moorman 2008 ; Kelley 2012 ; Fair 2001), et dans les diasporas, comme dans le cas des musiques nordafricaines à Paris et Marseille dans les années 1950 (Ben Boubaker 2024 ; Miliani 2015 ; Silver 2022) ? À cet égard, il importe aussi de considérer la fixation, souvent durable, d’imaginaires raciaux et genrés (Kheshti 2015), tout comme la capacité de la musique, et singulièrement des voix, à transformer les subjectivités sociales et les normes de genre au sein des sociétés africaines (Barber 2009 ; Diawara 1996) et en diaspora (Ciucci 2022 ; Clouet 2019).
Considérant l’évolution des technologies du son depuis les années 1970, ainsi que la portabilité croissante et la baisse des coûts du matériel jusqu’au régime numérique actuel, il s’agit également de faire droit aux dynamiques individuelles et collectives d’appropriation des moyens de reproduction et de diffusion sonore. Nous sommes particulièrement intéressées par les enregistrements (des lettres-cassettes aux vocaux numériques) mis en circulation au sein d’espaces familiaux, communautaires ou militants, qui peuvent faire l’objet de formes de patrimonialisation par le bas.
Penser et écrire la recherche par le son
Aujourd’hui le son est fréquemment utilisé comme méthode d’enquête et moyen de diffusion de la recherche au plus grand nombre (Feld et Brenneis 2004 ; Samuels et al. 2010). Travaillant des objets artistiques ou non, des chercheur·se·s de toute discipline invitent des musicien·nes à interpréter des sources sonores anciennes (Van den Avenne 2024), leurs propres enregistrements de terrain (Bitter 2023), ou encore des partitions musicales. Le Musical Project a par exemple proposé à des formations contemporaines d’interpréter des partitions du XVIIe siècle pour imaginer et comprendre comment jouaient les esclavisé·es et affranchi·es de Jamaïque et partager ensuite les enregistrements sur un site internet (Caton 2020). Se ressaisir de matériaux anciens, souvent détenus dans des institutions de recherche situées au Nord global ou peu accessibles (Lobley 2022), pose nécessairement la question de la restitution et des démarches de mémoire et de réparation, qu’il s’agisse de la restitution d’enregistrements ethnomusicologiques aux communautés concernées ou de la restauration de documents audio comme ceux du procès de Nelson Mandela en 2016.
D’autres recherches privilégient des formes collaboratives d’écoute (playback) inspirées des travaux de Steven Feld (2012 ; 2015) sur l’« acoustémologie », c’est-à-dire la manière de savoir, d’être au monde et de percevoir les lieux à travers le son. Suivant une approche de l’ethnologie sensorielle, Battesti et Puig (2020) ont par exemple réalisé plusieurs enquêtes faisant appel à la perception auditive des participant·es, en leur demandant d’enregistrer leurs trajets quotidiens, puis d’en commenter l’écoute. La captation sonore de l’environnement urbain peut aussi contribuer à l’étude des luttes invisibles entre les commerces ou les églises qui recourent à l’amplification, ou encore des modes de distinction socioculturelle par l’acoustique, le volume, le silence, ou encore, les langues (Hirschkind 2006 ; Lambertz 2017 ; Luyckfasseel 2023).
Enfin, il est intéressant d’analyser le champ de l’écriture sonore documentaire, investi par une variété d’acteur·ices comme un format souple, propice à l’expérimentation. Leurs approches du son intègrent une réflexion sur la dramaturgie et le soin (de l’interviewé, la parole, l’environnement) (Dujardin et Tulipe 2022a et b), très différente de celle régissant les enregistrements de terrain ethnologiques. Il s’agit ici de comprendre les techniques du documentaire sonore employées par les chercheur·es qui disposent désormais de formations aux pratiques créatives du son. Le but est de rendre compte d’un renouvellement majeur de l’écriture en sciences sociales, à la fois connexe et distinct des travaux sur les sources sonores.
Postures et méthodologies d’écoute
Afin d’offrir une boîte à outils pour donner des pistes à celles et ceux qui s’attellent à écouter des documents sonores, certaines contributions pourront proposer des éléments sur les modalités d’écoute, et ce alors même que notre attention est inégalement outillée et que nos émotions et perceptions comme chercheur·es sont socialement construites et biaisées (McEnaney 2020 ; Sterne 2015).
Les questions de langue sont ici centrales. Les archives audio produites sur le continent africain sont souvent plurilingues, soit directement, parce qu’un enregistrement donne à entendre plusieurs langues, ou qu’un fonds rassemble des enregistrements dans diverses langues ; soit indirectement, si l’enregistrement est dans une langue et la documentation écrite dans une autre. La question de la transcription se double ici de celle de la traduction, et des compétences parfois rares à mobiliser. Les modalités de documentation de corpus plurilingues ouvrent des questions épineuses sur ce qu’il est utile de donner à lire, et en quelle langue, en parallèle de l’écoute d’une source. À l’inverse, ne pas comprendre une langue peut obliger à développer une attention aux éléments non-langagiers du discours, à l’environnement sonore, aux bruits générés par l’enregistrement, ce qui peut suggérer l’intérêt d’écouter à plusieurs, diversement équipé·es.
Collaboratives, les écoutes associent de plus en plus les chercheur·es et leurs interlocuteur·rices. L’écoute peut être aussi plurielle au sens du développement de plusieurs niveaux d’écoute. Des protocoles tels que celui élaboré pour l’histoire du théâtre sonore montrent l’intérêt d’une telle démarche (Mervant-Roux 2013). Les contributions pourront inclure une réflexion sur la configuration initiale de l’enregistrement, l’horizon de réception premier et les décalages sensibles entre les écoutes passées et actuelles. Situer l’enregistrement dans les contextes techniques, commerciaux, scientifiques, artistiques où il est produit et diffusé permet de ne pas céder à l’illusion d’un passé pleinement audible et saisissable. La diversité des mondes sociaux façonnant l’audio apparaît aussi à l’analyse du travail mené sur les textes (interprétation, transcription, traduction…) et les images (dessins, photographies, peintures…) sur les pochettes, les brochures, ou documents produits lors des séances d’écoute et des conférences pour appuyer le récit sonore.
Dans l’esprit de la revue, les contributeur·rices sont invité·es à partager des sources ou signaler l’intérêt d’une collection. Elles et ils sont encouragé.es à penser dès le départ au « rendu sonore » de leur article, à la généalogie de la source ou du corpus présenté (fichier audio sur son support original, réédition, fichier numérisé…) et aux conditions d’accès et de reproduction.
La question de la mise en ligne (ou non) du document analysé ouvrira sur les questionnements éthiques autour du partage, partiel ou d’ensemble, d’un document sonore pour lequel la question de l’anonymisation se pose différemment (là où les médias ont recours à des transformations de la voix pour éviter qu’elle ne soit reconnaissable, il ne semble pas que ces formes de floutage soient courantes en sciences sociales).
Le(s) document(s) présenté(s) pourront inclure des enregistrements rencontrés/trouvés dans un fonds d’archive ou dans d’autres circuits de diffusion tout comme les matériaux produits par les contributeur·ices. Suivant l’axe privilégié, il sera possible de croiser ou d’approfondir l’une ou l’autre de ces perspectives :
À partir d’un enregistrement présent dans un fond ou une collection, une première démarche consistera à élucider les situations d’enregistrement et leurs effets immédiats ou plus durables. Une deuxième démarche possible sera d’expliciter l’intérêt analytique d’une source sonore en montrant comment sont conduites écoute et étude (passage ou non par la transcription, de quel type etc.), et en quoi elle permet de montrer ce que d’autres types de sources ne montrent pas. Enfin, les articles pourront examiner une source en interrogeant sa circulation et ses réemplois (artistiques, documentaires, militants etc.).
Autour d’un document produit par les contributeur·rices, le questionnement, peut, de manière similaire, se décliner autour des enjeux de sa production (réalisation technique, démarche et retour réflexif sur les circonstances d’un enregistrement), de son analyse et des modes de diffusion choisis.
Modalités de contribution
- 10 février 2026 : date limite de réception des propositions d’article (lire infra, « Envoi des propositions » pour le format).
- 15 mars 2025 : notification d’acceptation.
- 15 juin 2026 : date limite de réception des articles :
- Courant 2027 : publication du numéro.
Envoi des propositions en format Word par mail à charlotte.grabli@cnrs.fr et mbodj@cnrs.fr, en plaçant la rédaction de la revue en copie : sources@services.cnrs.fr.
Les propositions d’articles devront faire entre 3 000 et 5 000 signes et pourront être rédigées en français, en anglais, ou en portugais. Conformément à la ligne éditoriale de la revue, nous invitons les autrices et auteurs à inclure dans leur résumé une brève présentation des matériaux qui seront mis en centre de l’article et à indiquer concrètement les possibilités et conditions de diffusion de ces sources en accès libre (sur le site de la revue, par des liens externes, dans quel format, avec quel degré d’ouverture…).
Les articles doivent être accompagnés d’un document à part en français et/ou en anglais rappelant le titre de la proposition, avec le nom de l’auteur·rice, son affiliation institutionnelle (ou une courte biographie), ainsi qu’une liste de mots clés. Tous les articles seront évalués par deux expert·es, dont au moins un en double aveugle.
Avant toute soumission, merci de vérifier la conformité de votre article avec la ligne éditoriale de la revue : https://journals.openedition.org/sources/161
Les articles doivent être soumis en respectant les normes de la revue : https://journals.openedition.org/sources/164
Processus d'évaluation
Le processus et les attentes de la revue en matière d’évaluation sont consultables ici : https://journals.openedition.org/sources/160
Coordinatrices
- Charlotte Grabli, CNRS, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains
- Aïssatou Mbodj-Pouye, CNRS, Institut des mondes africains
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Dates
- mardi 10 février 2026
Fichiers attachés
Mots-clés
- études africaines, sound studies, sources sonores, musique, oralité, archivage numérique
Contacts
- Clélia Coret
courriel : sources [at] services [dot] cnrs [dot] fr
URLS de référence
Source de l'information
- Bastien Miraucourt
courriel : b [dot] miraucourt [at] sciencespobordeaux [dot] fr
Licence
Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.
Pour citer cette annonce
« Prises de son », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 11 décembre 2025, https://doi.org/10.58079/15blg

