Linguistic Capital and Employability: Issues of Economic Inclusion
Capital linguistique et employabilité : enjeux d’inclusion économique
Published on Friday, December 12, 2025
Abstract
This conference explores the role of linguistic capital in employability and economic inclusion. It examines how mastery of legitimate languages influences access to work, social mobility, and territorial development, while also reinforcing inequalities and symbolic violence. Discussions will focus on education, multilingualism, language policies, and strategies that promote sustainable economic inclusion.
Announcement
1ᵉʳ avril 2026, à distance
Argumentaire
Les relations entre langue, capital linguistique et dynamiques économiques constituent aujourd’hui un champ de recherche central pour comprendre les mécanismes d’inclusion et d’exclusion à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. Longtemps marginalisé, ce domaine interdisciplinaire — au croisement de la sociolinguistique, de l’économie, de la sociologie — révèle des enjeux déterminants pour l’accès à l’emploi, la mobilité sociale et le développement territorial.
Les travaux en économie de la langue, notamment ceux de Grin (1994, 2003), Coulmas (1993) ou Vaillancourt (1985), ont démontré que les compétences linguistiques fonctionnent comme un capital stratégique. Dans une perspective bourdieusienne, la maîtrise de certaines variétés légitimes constitue un capital symbolique décisif, conditionnant l’accès aux opportunités professionnelles, aux ressources éducatives et à la participation citoyenne (Bourdieu, 1991). Les normes langagières valorisées dans l’espace scolaire et sur le marché du travail se transforment ainsi en mécanismes de distinction et de reproduction sociale.
L’analyse sociolinguistique développée par Bernstein (1971) sur les « codes élaborés » et « restreints », prolongée et nuancée par les recherches empiriques de Labov (1976), montre clairement comment la maîtrise de la langue légitime influence les trajectoires scolaires et professionnelles. Il ne s’agit évidemment pas de hiérarchiser les variétés linguistiques, mais d’interroger les processus de légitimation par lesquels certaines pratiques sont instituées comme normes, générant des formes de violence symbolique (Bourdieu, 1991) et des phénomènes d’auto-dévalorisation chez les locuteurs marginalisés.
Ces dynamiques micro-sociales s’inscrivent dans une histoire longue. Les travaux sociohistoriques de Baggioni ont mis en évidence que la construction des langues communes, puis nationales, en Europe est le résultat de processus d’homogénéisation linguistique étroitement liés à l’industrialisation, à l’urbanisation et à la formation des États-nations. On observe ainsi une co-évolution entre centralisation linguistique et développement capitaliste, façonnée par des variables politiques, économiques et culturelles. Cette perspective historique permet de poser une question cruciale pour les sociétés plurilingues contemporaines : comment concilier diversité linguistique, cohésion sociale et développement économique ?
Dans le contexte actuel, marqué par la mondialisation et l’expansion de l’anglais comme lingua franca, les entreprises, les systèmes éducatifs et les institutions publiques valorisent un nombre restreint de langues considérées comme essentielles à l’employabilité. Le rapport ELAN (2006) de la Commission européenne montre clairement que le manque de compétences linguistiques constitue un frein majeur à la compétitivité et à l’accès au marché du travail. Cette hiérarchisation linguistique touche particulièrement les populations issues de milieux défavorisés ou de communautés minoritaires, renforçant les inégalités sociales et entravant l’inclusion économique.
À l’inverse, plusieurs travaux récents suggèrent que la valorisation des compétences plurilingues peut devenir un levier d’innovation, de créativité et de développement territorial (Grin & Vaillancourt, 1997 ; Barthes, 1984). Le plurilinguisme, loin d’être un obstacle, représente un capital potentiel dont l’exploitation demeure encore largement sous-estimée dans les politiques publiques comme dans les stratégies d’entreprise.
Face à ces enjeux, ce colloque propose d’examiner le rôle du capital linguistique dans la construction de l’employabilité et d’interroger les politiques linguistiques, éducatives et économiques qui contribuent à façonner les trajectoires professionnelles. Il s’agira d’aborder notamment :
- la manière dont les normes linguistiques influencent l’accès au marché du travail ;
- la possibilité de transformer les compétences plurilingues en ressources économiques plutôt qu’en stigmates ;
- le rôle des systèmes éducatifs dans la reproduction ou la réduction des inégalités sociolinguistiques ;
- les leviers d’aménagement linguistique favorisant une inclusion réelle ;
- les liens entre diversité linguistique, innovation et développement territorial.
En croisant approches économiques, sociolinguistiques et sociologiques, ce colloque vise à éclairer les mécanismes qui font de la langue un outil puissant d’inclusion ou d’exclusion, et à contribuer à une réflexion prospective sur les politiques linguistiques nécessaires pour promouvoir une inclusion économique équitable, fondée sur la reconnaissance et la valorisation de la diversité linguistique.
Modalités de contribution
Les propositions (en français et en anglais) doivent comporter :
- Le nom et prénom de l’auteur(e) Le grade et statut
- L’adresse e-mail L’institution d’affiliation
- Le titre de la communication Un résumé d’environ 200 mots
- Une brève notice biobibliographique
- L’ensemble doit tenir sur une seule page (Times New Roman, 12 pt, interligne 1,15). Les propositions sont à adresser à l’adresse suivante : b.el-kacimi@uiz.ac.ma, avant le 15 Février 2026.
Mode de participation
Les travaux du colloque se dérouleront entièrement à distance.
Calendrier
- Date limite de réception des propositions : 15 février 2026
- Notification aux auteur·rice·s : à partir du 1ᵉʳ mars 2026
- Diffusion du programme définitif : 15 mars 2026
- Tenue du colloque : 1ᵉʳ avril 2026
Une publication des actes du colloque est prévue à l’issue de l’événement.
Coordination
- Badreddine EL KACIMI (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Mohamed BOUKHCH (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
Comité d’organisation
- Aballa ABOUDRAR (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Ayyad ECHINE (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Hamdi EL KHORCHI (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Abella EL KABOUSS (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Mohamed IKERMANE (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Lahoucine IKKOU (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- Cheikh Naama MAELAININ (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- El Khalil EL MEZDDGHY (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
- BOUTOUMIT Boujemaa (FEG, Université Ibn Zohr, Guelmim)
Comité scientifique
- Hafid ABOULKACEM (FLSH, Université Ibn Zohr, Agadir)
- Lahoucine AIT SAGH (FLAM, Université Ibn Zohr, Agadir)
- Adil BOUDIAB (FSJP, Université Hassan Ier, Settat)
- Outman BOUTISANE (FST, Université Moulay Ismail, Errachidia)
- Soumaya EL BOUAB (FLSH, Université Ibn Zohr, Agadir)
- Samia JEDDI (FSJES, Université Cadi Ayyad, Marrakech)
- Abderrafii KHOUDRI (FP, Université Moulay Ismail, Errachidia)
- Assia MARFOUQ (Institut des Sciences du Sport, Université Hassan Ier, Settat)
- Driss RABIH (ENS, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal)
- Zahra TAIFOUR (FLASH, Université Ibn Zohr, Ait Melloul)
- Abdelaali TALMENSSOUR (FLSH, Université Ibn Zohr, Agadir)
Bibliographie sélective
Barthes, R. (1984). Le bruissement de la langue. Paris, France : Seuil.
Bernstein, B. (1971). Class, codes and control. London, United Kingdom : Routledge & Kegan Paul.
Bourdieu, P. (1991). Langage et pouvoir symbolique. Paris, France : Fayard. Coulmas, F. (1993). Language and economy. London, United Kingdom : Blackwell. Dhir, K. S., & Goke-Pariola, A. (2002). The case for language policies in multinational corporations. Corporate Communications: An International Journal, 7(4), 241–251.
ELAN. (2006). Incidences du manque de compétences linguistiques des entreprises sur l’économie européenne (pp. 1–89). Commission européenne.
Grin, F. (1994). The economics of language: Match or mismatch? International Political Science Review, 15(1), 25–42.
Grin, F. (2003). Economics and language planning. Current Issues in Language Planning, 1(1), 1–66.
Grin, F. (2006). Economic considerations in language policy. In T. Ricento (Ed.), An introduction to language policy: Theory and method (pp. 77–94). Malden, MA : Blackwell.
Grin, F., & Sfreddo, C. (2010). Besoins linguistiques et stratégie de recrutement des entreprises. Dans Actes du colloque sur les politiques linguistiques (pp. 19–40). Paris, France : Presses Sorbonne Nouvelle.
Grin, F., & Vaillancourt, F. (1997). The economics of multilingualism: Overview and analytical framework. In W. Grabe (Ed.), Annual review of applied linguistics (Vol. 17, pp. 43–65). Cambridge University Press.
Labov, W. (1976). The social stratification of English in New York City.
Washington, DC : Centre for Applied Linguistics.
Vaillancourt, F. (1985). Économie et langue. Québec, Canada : Conseil de la langue française.
Subjects
- Language (Main category)
- Mind and language > Language > Linguistics
Places
- BP 1020, Guelmim PPAL
Guelmim, Kingdom of Morocco (81000)
Event attendance modalities
Full online event
Date(s)
- Sunday, February 15, 2026
Attached files
Keywords
- capital linguistique, employabilité, inclusion économique, plurilinguisme, norme linguistique, inégalité sociolinguistique, mobilité sociale, politique linguistique, développement territorial, innovation, compétence
Contact(s)
- Badreddine EL KACIMI
courriel : b [dot] el-kacimi [at] uiz [dot] ac [dot] ma
Information source
- Badreddine EL KACIMI
courriel : b [dot] el-kacimi [at] uiz [dot] ac [dot] ma
License
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To cite this announcement
« Linguistic Capital and Employability: Issues of Economic Inclusion », Call for papers, Calenda, Published on Friday, December 12, 2025, https://doi.org/10.58079/15c6l

