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Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse

The rhythm at the crossroads of music, text and dance

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Publié le mardi 30 décembre 2025

Résumé

Instituant un partenariat régulier entre la France et le Bénin en matière de musicologie, ce colloque se déroule en 2026 pendant deux jours au Bénin autour de la question du rythme en privilégiant une approche transdisciplinaire. Il s’agit d’étudier dans un premier temps la relation intrinsèque du rythme dans les champs musicaux, artistiques, choréologiques, rituéliques, puis de comprendre son fonctionnement extrinsèque avec l’environnement naturel, les rythmes biologiques, physiologiques, sociologiques et cosmiques en interrogeant la question des épistémicides. 

Annonce

Au Bénin les 16 et 17 avril 2026 à l’Université d’Abomey-Calavi et à Ganvié (cité lacustre du Lac Nokoué).

Argumentaire

Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse les 16 et 17 avril 2026 à l'Université d'Abomey-Calavi et à Ganvié (cité lacustre du Lac Nokoué), au Bénin. Sous l'égide des laboratoires AZIZA (Université d'Abomey-Calavi), CRILLASH (Université des Antilles) et LESA (Université d'Aix-Marseille)

  • Journée 1 (Cotonou) - "Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse"
  • Journée 2 (Ganvié) - "Musique et rythmes naturels : quels épistémicides ?"

Les communications refléteront la diversité des musiques endogènes et classiques, des diverses aires géographiques planétaires, des peuples et de leurs styles musicaux, entre tradition et création contemporaine, dans un contexte de globalisation et de transition écologique.

Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse

Le rythme, pris comme l’ordre du mouvement (du grec rheo, « qui s’écoule »), relie le sonore au corporel. Le rythme trouve « son berceau dans la respiration » (Rilke), la parole, le mouvement, dans l’alternance des jours et des nuits, des saisons, dans le mouvement des corps célestes (Hughes). Universel, il se présente comme une interface entre le corporel et les arts, dans la musique en particulier, sans frontière esthétique, géographique ni temporelle.

Des célèbres “trois coups du destin” de la 5e Symphonie de Ludwig van Beethoven au phasing du minimaliste américain Steve Reich, des 4’33 de John Cage au métal progressif des Dream Theater, des chansons polyphoniques de Clément Janequin aux nouvelles générations de rappeurs français comme Favé ou Vacra, du jazz new-Orleans à la révolution du trompettiste-vocaliste Médéric Collignon, y compris dans les rapports paroles/musique du slam ou du théâtre musical de George Aperghis, le rythme irrigue les genres multidisciplinaires par la présence interactive de la musique et de la chorégraphie, des textes dits ou chantés.

Organisation des durées ou motif-signature d’une danse, il engendre les concepts satellites de rythmique, de métrique, de tempo, de polyrythmie. L’objectif de ce colloque est de le relier de façon holistique au corps et au mouvement, et donc à d’autres composantes comme la danse. 

L’Afrique est un berceau fertile pour les expressions créatives liées au rythme. Dans les pratiques performatives béninoises, le rythme structure les discours, les mouvements et les mélodies. Le jeu chant Ahannui ahannui, analysé par Bienvenu Koudjo, en est une illustration : texte poétique, déplacement scénique, geste dansé et logique mathématique insérée dans un jeu. Les travaux d’Apollinaire Anakesa Kululuka, à travers le concept de world music savante, proposent de penser le rythme comme enjeu de renégociation culturelle entre le global et le local.

Cette complexité implique de croiser les savoirs musicologiques, littéraires, anthropologiques, sémiotiques. En Afrique comme en Occident, le rythme gagne à se concevoir comme articulationdynamique entre texte, geste et son. À la suite des travaux de Nicolas Darbon, qui explore les interactions sensibles entre sons, mots et gestes dans une logique de transdiction, le rythme est espace d’intersection poétique et politique entre les arts du dire, du faire et du corps.

Musique et rythmes naturels : quels épistémicides ?

Le colloque aborde aussi, en 2e journée, la question des épistémicides, très peu posée en musicologie. Sous ce terme, il faut entendre le processus de destruction-déconstruction des connaissances. Pour cette journée, le choix symbolique de la cité lacustre de Ganvié permet de percevoir concrètement les transformations culturelles liées aux modifications environnementales.

Ainsi que l’explique le programme « antiAtlas des épistémicides » du Laboratoire d’études en sciences des arts (LESA) d’Aix-Marseille université, quatre catégories d’épistémicides peuvent être dégagées : les savoirs « détruits » ; les savoirs « confisqués », déplacés, réutilisés, interprétés ; les savoirs « occultés », tels que les pans de l’histoire non enseignés, censurés, et les savoirs marginalisés ; et les savoirs « mutants ». Cette question n’est pas sans rapport avec les mouvements socio-politiques, les actions de domination, de colonisation, la modernisation, la spectacularisation et la mondialisation tels qu’étudiés au sein des laboratoires CRILLASH, Université des Antilles, et AZIZA, Université d’Abomey-Calavi au Bénin. 

Par rythmes naturels, il faut comprendre les rythmes biologiques, physiologiques, humains, environnementaux, et au-delà, les rythmes sociaux et les dynamiques d’accélération de la modernité. La musique est confrontée aux rythmes du monde qui l’entoure ; la transformation du monde moderne engendre les destructions et les (re)constructions naturelles et sociales de rythmes.

Par rapport aux rythmes naturels, plusieurs formes d’épistémicides peuvent être circonscrites : disparition des musiques et des rythmes endogènes ; transformation et disparition des instruments au profit de technologies ; néantisation et résurrection des rythmes passés par l’esclavage, montrant la circulation des instruments dans le monde ; création d’œuvres contemporaines et rythmes socio-biologiques.

Les cérémonies funéraires ou les chants agricoles peuvent-ils survivre si l’on ne sauvegarde pas leur environnement socio-biologique ? Comment analyser les re-créations, les réinterprétations, les emprunts et les appropriations à partir de cet état de fait ?

Modalités de contribution

La durée de la communication est de 30 minutes. La proposition sera envoyée aux adresses suivantes : ezin-pierre.DOGNON@univ-amu.fr, dessagnesmarybel@hotmail.com , et assochrist@gmail.com, avant le 27 janvier 2026.

Elle indiquera dans quel axe elle s’inscrit (au choix) :

  1. Corporalité et rythme : du son au geste ; 
  2. Le corps créateur : expérimentations et créations contemporaines ; 
  3. Disparition et transformation des rythmes endogènes et des instruments de musique ; 
  4. Néantisation et résurrection des rythmes passés par l’esclavage ; 
  5. Réflexion éthique sur l’action de l’homme face aux rythmes naturels. 

Elle contiendra 300 mots maximum et sera accompagnée d’un court CV d’une page. Une réponse sera donnée le 15 février après l’examen des propositions par le comité scientifique.

Comité d’organisation

  • ASSOGBA, C. Egbadiran Tchékpo – Doctorant en musicologie LESA Aix-Marseille Université France
  • DESSAGNES, Marybel -– Doctorante en musicologie LESA Aix-Marseille Université France
  • HOUNSOU, Richard – Docteur en Histoire de l’Art AZIZA Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • CHAUVEAUX, Nathan – Professeur titulaire au Conservatoire de GAP et de Pertuis, France
  • TOHOSSOUSSI, Samson – Secrétariat AZIZA Université d’Abomey-Calavi, Bénin

Comité scientifique

  • AKAKPO, Ablavi Rose – Maître assistant CAMES, AZIZA Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • AKOHA, Bienvenu – PU honoraire, AZIZA Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • ANAKESA, Apollinaire – PU CRILLASH Université des Antilles, France
  • BABIN, Armelle –Agrégée, Docteure en musicologie, CRILLASH, Académie d’Aix-Marseille, France
  • CASTANET, Pierre Albert – PU émérite GHRIS Université de Rouen, France
  • DARBON, Nicolas – PU LESA Aix-Marseille Université, France
  • DOGNON, Ezin Pierre – Docteur en Musicologie LESA Aix-Marseille Université, France
  • KOUDJO, Bienvenu – PU honoraire AZIZA Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • KREIDY Ziad – Docteur HDR, Professeur titulaire au Conservatoire de Versailles, CRILLASH, France
  • MILGIORE, Brigida – Docteure, Professeure titulaire au Conservatoire supérieur de Salerno (Italie), CRILLASH, France
  • N'DAH, Sékou Didier – PU d'Histoire et Archéologie, Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • NOUWLIGBETO, Fernand – Docteur (MC) en Études théâtrales et Littératures africaines, Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • TCHIBOZO, Romuald – PU Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • TIAN Tian – Docteur, Professeur de musicologie assistant à l'Université Normale de Huainan, Chine

Références

AGAWU, Kofi, Representing African Music, Londres, Routledge, 2003.

AKOHA, Albert Bienvenu, Kotoja : danse rituelle de la cour royale d’Abomey, Yokohama, Université de Kanagawa, 2011.

ALHADEFF-Jones, Michel, « Rythmes et paradigme de la complexité : perspectives moriniennes », Rythmanalyse(s) : théories et pratiques du rythme. Ontologie, définitions, variations, Lyon, Jacques André Editeur, 2018, p. 79-92.

ANAKESA KULULUKA, Apollinaire, « La World Music savante : une nouvelle identité culturelle de la musique contemporaine ? », Musurgia vol. 9 n°3, Paris, janvier 2002, p. 55-72.

AROM, Simha, « Structuration du temps dans les musiques d’Afrique centrale », Revue de musicologie, vol. 70, n°1, 1984.

BACHELARD, Gaston, La dialectique de la durée, Paris, PUF, 1950.

BASU, Paul, « Pour un musée pluriversel : de la violence épistémique aux écologies de savoirs », Culture & Musées, n° 41, 2023, p. 63-91.

BOÈCE, De Institutione Musica, [Ve siècle].

DARBON, Nicolas, Musique et littérature en Guyane : explorer la transdiction, Paris, Garnier Classiques, 2018. Chap. « Sur la transdiction », p. 21-32.

DE SOUSSA SANTOS, Boaventura, Epistemologies of the South, Boulder/Londres, Paradigm Publishers, 2014.

GLISSANT, Édouard, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990.

HUGHES, Langston, The First Book of Rhythms, New York, Franklin Watts, 1954.KOUDJO, Bienvenu, « Le jeu chanté Ahannui ahannui », Mosaïque, n°2, 2023.

KUBIK, Gerhard, Theory of African Music, Chicago, University of Chicago Press, 2010.

LECLAIR, Madelaine, « Le tambour apíntí du village de Tchetti », in WATEAU, Fabienne (dir.), Profils d’objets. Approches d’anthropologues et d’archéologues, Paris, De Boccard, 2010, p. 297-306.

MORIN, Edgar, Introduction à la pensée complexe, Paris, Le Seuil, 2005.

RILKE, Rainer Maria, Élégies de Duino, Paris, Actes Sud, 2004.

ROSA, Hartmut, Accélération : une critique sociale du temps, 2005, rééd. Paris, La Découverte, 2010.

ROUGET, Gilbert, La musique et la transe, Paris, Gallimard, 1980.

SAUVANET, Pierre, Le rythme grec, Paris, PUF, 1999.

SCHAEFFER, Pierre, Traité des objets musicaux, Paris, Le Seuil, 1966.

Lieux

  • Abomey-Calavi, Benin

Dates

  • mardi 27 janvier 2026

Mots-clés

  • rythme, épistémicide, Bénin, musique, danse, corps, nature

Contacts

  • Ezin Pierre Dognon
    courriel : pierredognon89 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Nicolas DARBON
    courriel : nicolas [dot] darbon [at] univ-amu [dot] fr

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 30 décembre 2025, https://doi.org/10.58079/15f8g

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