Announcement
Daftari za Ngūgī (Ex-Nouvelles Dynamiques Africaines) Vol. 6, 1er semestre 2027
Daftari za Ngūgī est l’héritière de la revue Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA), fondée aux Comores en 2017 (Racaud, 2022). Fidèle à l’esprit de Ngūgī wa Thiong’o, elle œuvre pour la souveraineté intellectuelle de l’Afrique et la valorisation des savoirs situés.
Argumentaire
Soixante ans après les indépendances et malgré des milliards de dollars injectés dans l’aide au développement, la majorité des pays africains stagnent dans les bas-fonds des classements internationaux. L’Indice de Développement Humain (IDH) du PNUD, thermomètre mondialisé mesurant le PIB par habitant, l’espérance de vie et la scolarisation formelle, continue de renvoyer l’image d’une Afrique pathologisée : miséreuse, inculte et malade. Pourtant, cette vision alarmiste dissimule une invisibilisation systémique des richesses sociales. Ces indicateurs, aveugles par conception, échouent à mesurer la solidarité communautaire, la résilience de l’informel ou la densité des capitaux culturels. Ainsi, des territoires qualifiés de « pauvres » par la métrique onusienne s’avèrent souvent riches d’un lien social que la modernité occidentale a érodé ailleurs.
Il est urgent de cesser de concevoir le développement comme le transfert unilatéral de modèles exogènes. De la théorie à la pratique, ce concept de « développement » s’est révélé être le successeur sémantique du « progrès » européen — cette « grande transformation » décrite par Polanyi (1983) qui a uniformisé l’Occident au prix de la destruction des solidarités villageoises par l’avènement du marché autorégulateur. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le président Truman a mondialisé cette trajectoire historique spécifique. Popularisée par Walt W. Rostow, cette téléologie place la modernité occidentale comme l’étape ultime d’une évolution linéaire que les sociétés dites traditionnelles — entendez : pauvres — seraient sommées d’atteindre.
Cette vision rostowienne, institutionnalisée par la Banque Mondiale (1993, 1994), définit le développement comme un chemin balisé, une orthodoxie que les États doivent suivre sous peine de marginalisation. Or, des décennies de pratique ont démontré que cette route est une impasse en Afrique. Au-delà de l’inadéquation radicale entre ces modèles eurocentrés et les sociologies locales (Badie, 1992), rendant le développement « introuvable » (Ela, 1998), il faut rappeler la généalogie violente de ce modèle. Le progrès occidental s’est bâti sur la féodalité, les enclosures, l’exploitation ouvrière et, surtout, sur la déportation esclavagiste et la prédation coloniale. Pour cerner le « sousdéveloppement » du continent africain, il convient donc de franchir la « ligne abyssale » (De Sousa Santos, 2016) qui sépare les réalités épistémologiques du Nord global de celles du Sud. Le modèle développementaliste, loin d’apporter le « Vivre-Mieux », perpétue une dépendance structurelle (Cardoso, 1971) et maintient l’échange inégal (Amin, 1973).
Si le développement est une « afrodystopie », un mirage ou un discours colonisateur qui force les Africains à se percevoir comme « en retard » (Escobar, 1992), comment le repenser ? Paulin Hountondji (1994) nous invite à chercher l’endogénéité, tandis que Joseph Ki-Zerbo (1992) prévient qu’on ne se couche pas sur la « natte des autres ». AbdoulMaliq Simone (2004), quant à lui, déplace le regard des infrastructures physiques vers les « infrastructures de personnes » : là où le développement occidental échoue, des formes fluides, informelles et ingénieuses de collaboration sociale prennent le relais. Le développement doit être reconquis par le bas. Il doit cesser d’être une « réponse somatique » à la greffe traumatique de la modernité pour devenir l’expression du « Vivre-Mieux » ancré dans le vivre-ensemble africain. Il ne repose plus sur l’État (Ikonicoff, 1983), mais sur les « capabilités » (Sen, 2003) des communautés.
Dans un contexte d’africanisation de l’aide humanitaire, le constat de Walter Rodney (1986) se complexifie : ce n’est plus seulement l’Europe qui sous-développe l’Afrique, mais aussi une « élite cannibale » (Táíwò, 2023) locale. Ces fonctionnaires du développement, urbains et déconnectés, produisent un savoir tourné vers les bailleurs de fonds, ignorant les réalités villageoises (Connell, 2024).
Pour ce sixième numéro de Daftari za Ngūgī, nous exhortons les chercheurs à une rupture épistémique. Nous refusons les généralités théoriques pour exiger une science du détail. Nous attendons des contributions qui explorent le développement par le bas : les pratiques agraires, la pêche artisanale, l’économie informelle comme sociabilité, ou les frictions entre l’industrie du développement et les populations locales. Comment les « théories voyageuses » (Said, 2000) s’acclimatent-elles ? Comment le Sud répond-il à l’injustice épistémique ?
Consignes aux auteurs et protocole de rédaction
La revue Daftari za Ngūgī privilégie les démonstrations fondées sur des enquêtes empiriques rigoureuses et circonscrites à des échelles fines (le marché, le quartier, le village, l’aire urbaine, etc.). Tout article soumis devra impérativement respecter la structure suivante :
- Introduction : Énonciation claire de la problématique et de la question de recherche.
- Cadre conceptuel : Une théorisation dense s’inscrivant dans la « désobéissance épistémique ». L’auteur doit justifier l’usage de concepts exogènes ou leur réappropriation locale, en rendant ce débat accessible aux non-spécialistes.
- Méthodologie : Une présentation transparente du terrain. L’auteur doit préciser sa position (insider ou outsider) et détailler les conditions de production des données.
- Résultats et Discussion : Analyse des données empiriques.
- Conclusion : Retour sur les objectifs initiaux et réponse à la problématique.
Daftari za Ngūgī est une revue savante panafricaine accessible.
- Les articles sont principalement en français. Chaque numéro inclut deux articles en anglais et un à deux articles en langues africaines. Pour ces dernières, les auteurs sont invités à suggérer un évaluateur compétent.
- Iconographie : La présence de cartes, croquis, graphiques ou photographies est vivement encouragée pour ancrer le propos.
- Calibrage : Entre 39 000 et 45 000 signes (espaces, notes et bibliographie compris).
- Présentation : Les titres ne sont pas numérotés.
Normes bibliographiques : Les références doivent figurer en fin d’article. Toute référence citée doit être exploitée dans le texte.
Livres : SIMONE, AbdoulMaliq : 2004. For the city yet to come. Changing African Life in Four Cities, Durham/London : Duke University Press.
Articles : TINE, Benoît : 2021. « Ethnographie de la prise en charge traditionnelle de la maladie mentale », Nouvelles Dynamiques Africaines, n°3, pp. 70-83.
Modalités de soumission
Les manuscrits (format Word uniquement, anonymisés) doivent être envoyés à : daftari.journal@gmail.com.
Joindre deux fichiers distincts :
1. Le manuscrit anonymisé.
2. Une page de garde avec les coordonnées des auteurs et une brève notice biographique.
Calendrier
-
Date limite de réception des articles : 15 juillet 2026.
- Notification aux auteurs : Dernière semaine d’octobre 2026.
- Publication : 1er trimestre 2027.
Coordination scientifique du numéro
Le dossier est coordonné par :
- Adjimaël HALIDI, PhD, Sociologue et Expert en analyse et évaluation des politiques publiques, Chercheur associé à la Chaire sur la protection des personnes migrantes et le droit international (Université d’Ottawa) et Directeur de la revue Daftari za Ngūgī.
Modalités d'évaluation
La revue applique une procédure d'évaluation par les pairs en double aveugle (Double-blind peer review). Chaque proposition d'article est anonymisée et soumise à deux experts extérieurs au comité de rédaction.
Bibliographie indicative
AMIN, Samir : 1973. Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. Paris : Minuit.
BADIE, Bertrand : 1992. L’État importé. Essai sur l’occidentalisation de l’ordre politique. Paris : Fayard.
BANQUE MONDIALE : 1993. Obtenir des résultats. Washington, D.C. : World Bank Group.
BANQUE MONDIALE : 1994. L’ajustement en Afrique. Washington, D.C. : World Bank Group.
CARDOSO, Fernando Henrique : 1971. Politique et développement dans les sociétés dépendantes. Paris : Anthropos.
CHATTERJEE, Partha : 1999. « Le commerce de l’État et de la communauté en “Orient” », Critique internationale, Vol. 2, pp. 75-90.
CONNELL, Raewyn : 2024. Décoloniser le savoir. Sciences sociales et théorie du sud. Paris : Payot.
DE SOUSA SANTOS, Boaventura : 2016. Épistémologie du sud. Paris : Desclée de Brouwer.
ELA, Jean-Marc : 1998. Innovations sociales et renaissance de l’Afrique noire. Paris : L’Harmattan.
ESCOBAR, Arturo : 1992. “Imagining a post-development era? Critical thought, development and social movements”, Social Text, no 31/32, p. 20-56.
HALIDI, Adjimaël : 2020. « Situation de crise et résilience sociale aux Comores », Les Cahiers d’Outre-Mer, n°282, pp. 437-464.
HOUNTONDJI, Paulin J. : 1994. Les savoirs endogènes. Dakar : CODESRIA.
IKONICOFF, Moïses : 1983. « Théorie et stratégie du développement : le rôle de l’État », TiersMonde, t. 24, n°93, pp. 9-33.
KI-ZERBO, Joseph : 1992. La natte des autres. Dakar : CODESRIA.
POLANYI, Karl : 1983. La grande transformation. Paris : Gallimard.
RACAUD, Sylvain : 2022. « Nouvelles Dynamiques Africaines. Éditions du Palétuvier, Québec», Les Cahiers d’Outre-Mer. Revue de géographie de Bordeaux, vol. 75, no 285, p. 309-312.
RODNEY, Walter : 1986. Et l’Europe sous-développa l’Afrique. Paris : Éditions Caribéennes.
SAID, Edward W. : 2000. Culture et impérialisme. Paris : Fayard/Le Monde diplomatique.
SEN, Amartya : 2003. Un nouveau modèle économique. Paris : Odile Jacob.
SIMONE, AbdoulMaliq : 2004. For the city yet to come. Changing African Life in Four Cities. Durham/London : Duke University Press.
TÁÍWÒ, Olúfémi O. : 2023. L’élite cannibale. Montréal : Lux.
UNDP: 2025. Human development insights. [En ligne]
Daftari za Ngūgī (Formerly Nouvelles Dynamiques Africaines) Vol. 6, 1st Semester 2027
Daftari za Ngūgī is the heir to the journal Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA), founded in Comoros in 2017 (Racaud, 2022).
Argument
Sixty years after independence, and despite billions of dollars injected into development aid, the majority of African countries remain stagnant at the bottom of international rankings. The UNDP’s Human Development Index (HDI), a globalized thermometer measuring GDP per capita, life expectancy, and formal schooling, continues to project an image of a pathologized Africa: destitute, uneducated, and sick. Yet, this alarmist vision conceals a systemic invisibilization of social wealth. These indicators, blind by design, fail to measure community solidarity, the resilience of the informal sector, or the density of cultural capital. Thus, territories qualified as "poor" by UN metrics often prove rich in a social bond that Western modernity has eroded elsewhere.
It is urgent to cease conceiving development as the unilateral transfer of exogenous models. From theory to practice, this concept of "development" has revealed itself to be the semantic successor of European "progress"—that "great transformation" described by Polanyi (1983) which standardized the West at the cost of destroying village solidarities through the advent of the selfregulating market. In the aftermath of World War II, President Truman globalized this specific historical trajectory. Popularized by Walt W. Rostow, this teleology places Western modernity as the ultimate stage of a linear evolution that so-called traditional societies—meaning: poor—are summoned to achieve.
This Rostowian vision, institutionalized by the World Bank (1993, 1994), defines development as a marked path, an orthodoxy that States must follow under penalty of marginalization. However, decades of practice have demonstrated that this road is a dead end in Africa. Beyond the radical inadequacy between these Eurocentric models and local sociologies (Badie, 1992), rendering development "unfindable" (Ela, 1998), one must recall the violent genealogy of this model. Western progress was built on feudalism, enclosures, worker exploitation, and, above all, the slave trade and colonial predation. To grasp the continent's "underdevelopment," one must therefore cross the "abyssal line" (De Sousa Santos, 2016) that separates the epistemological realities of the Global North from those of the South. The developmentalist model, far from bringing "Better Living," perpetuates structural dependency (Cardoso, 1971) and maintains unequal exchange (Amin, 1973).
If development is an "Afrodystopia," a mirage, or a colonizing discourse that forces Africans to perceive themselves as "backward" (Escobar, 1992), how can it be rethought? Paulin Hountondji (1994) invites us to seek endogeneity, while Joseph Ki-Zerbo (1992) warns against sleeping on "someone else's mat." AbdoulMaliq Simone (2004), meanwhile, shifts the gaze from physical infrastructures to "people as infrastructure": where Western development fails, fluid, informal, and ingenious forms of social collaboration take over. Development must be reclaimed from the bottom up. It must cease to be a "somatic response" to the traumatic graft of modernity to become the expression of "Better Living" anchored in African togetherness (vivre-ensemble). It no longer relies on the State (Ikonicoff, 1983), but on the "capabilities" (Sen, 2003) of communities.
In a context of the Africanization of humanitarian aid, Walter Rodney’s (1986) observation becomes more complex: it is no longer just Europe that underdevelops Africa, but also a local "cannibal elite" (Táíwò, 2023). These development officials, urban and disconnected, produce knowledge oriented towards donors, ignoring village realities (Connell, 2024).
For this sixth issue of Daftari za Ngūgī, we exhort researchers to an epistemic rupture. We refuse theoretical generalities and demand a science of detail. We await contributions that explore bottomup development: agrarian practices, artisanal fishing, the informal economy as sociability, or the frictions between the development industry and local populations. How do "traveling theories" (Said, 2000) acclimatize? How does the South respond to epistemic injustice?
Submission Guidelines
Daftari za Ngūgī prioritizes demonstrations based on rigorous empirical surveys circumscribed to fine scales (the market, the neighborhood, the village). Every submitted article must imperatively respect the following structure:
- Introduction: Clear statement of the problem and research question.
- Conceptual Framework: Dense theorization inscribed in "epistemic disobedience." The author must justify the use of exogenous concepts or their local reappropriation, making this debate accessible to non-specialists.
- Methodology: Transparent presentation of the field. The author must specify their position (insider or outsider) and detail data production conditions.
- Results and Discussion: Analysis of empirical data.
- Conclusion: Return to initial objectives and answer to the problem.
Daftari za Ngūgī is an accessible Pan-African scholarly journal.
Articles are primarily in French. Each issue includes two articles in English and one to two articles in African languages. For the latter, authors are invited to suggest a competent reviewer.
- Iconography: The presence of maps, sketches, charts, or photographs is strongly encouraged.
- Length: Between 39,000 and 45,000 characters (spaces, notes, and bibliography included).
- Submission: Manuscripts (Word format only, anonymized) must be sent to: daftari.journal@gmail.com
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Deadline for article submission: July 15, 2026.
Guest editor
- Adjimaël HALIDI, PhD, Sociologue et Expert en analyse et évaluation des politiques publiques, Chercheur associé à la Chaire sur la protection des personnes migrantes et le droit international (Université d’Ottawa) et Directeur de la revue Daftari za Ngūgī.
Evaluation
Double-blind peer review
Bibliography
AMIN, Samir : 1973. Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. Paris : Minuit.
BADIE, Bertrand : 1992. L’État importé. Essai sur l’occidentalisation de l’ordre politique. Paris : Fayard.
BANQUE MONDIALE : 1993. Obtenir des résultats. Washington, D.C. : World Bank Group.
BANQUE MONDIALE : 1994. L’ajustement en Afrique. Washington, D.C. : World Bank Group.
CARDOSO, Fernando Henrique : 1971. Politique et développement dans les sociétés dépendantes. Paris : Anthropos.
CHATTERJEE, Partha : 1999. « Le commerce de l’État et de la communauté en “Orient” », Critique internationale, Vol. 2, pp. 75-90.
CONNELL, Raewyn : 2024. Décoloniser le savoir. Sciences sociales et théorie du sud. Paris : Payot.
DE SOUSA SANTOS, Boaventura : 2016. Épistémologie du sud. Paris : Desclée de Brouwer.
ELA, Jean-Marc : 1998. Innovations sociales et renaissance de l’Afrique noire. Paris : L’Harmattan.
ESCOBAR, Arturo : 1992. “Imagining a post-development era? Critical thought, development and social movements”, Social Text, no 31/32, p. 20-56.
HALIDI, Adjimaël : 2020. « Situation de crise et résilience sociale aux Comores », Les Cahiers d’Outre-Mer, n°282, pp. 437-464.
HOUNTONDJI, Paulin J. : 1994. Les savoirs endogènes. Dakar : CODESRIA.
IKONICOFF, Moïses : 1983. « Théorie et stratégie du développement : le rôle de l’État », TiersMonde, t. 24, n°93, pp. 9-33.
KI-ZERBO, Joseph : 1992. La natte des autres. Dakar : CODESRIA.
POLANYI, Karl : 1983. La grande transformation. Paris : Gallimard.
RACAUD, Sylvain : 2022. « Nouvelles Dynamiques Africaines. Éditions du Palétuvier, Québec», Les Cahiers d’Outre-Mer. Revue de géographie de Bordeaux, vol. 75, no 285, p. 309-312.
RODNEY, Walter : 1986. Et l’Europe sous-développa l’Afrique. Paris : Éditions Caribéennes.
SAID, Edward W. : 2000. Culture et impérialisme. Paris : Fayard/Le Monde diplomatique.
SEN, Amartya : 2003. Un nouveau modèle économique. Paris : Odile Jacob.
SIMONE, AbdoulMaliq : 2004. For the city yet to come. Changing African Life in Four Cities. Durham/London : Duke University Press.
TÁÍWÒ, Olúfémi O. : 2023. L’élite cannibale. Montréal : Lux.
UNDP: 2025. Human development insights. [En ligne]
Daftari za Ngūgī (Ex-Nouvelles Dynamiques Africaines) Vol. 6, 1º Semestre de 2027
A Daftari za Ngūgī é herdeira da revista Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA), fundada nas Comores em 2017 (Racaud, 2022).
Argumentário
Sessenta anos após as independências e apesar de milhares de milhões de dólares injetados em ajuda ao desenvolvimento, a maioria dos países africanos permanece estagnada no fundo das classificações internacionais. O Índice de Desenvolvimento Humano (IDH) do PNUD, termómetro globalizado que mede o PIB per capita, a esperança de vida e a escolaridade formal, continua a projetar a imagem de uma África patologizada: miserável, inculta e doente. No entanto, esta visão alarmista dissimula uma invisibilização sistémica das riquezas sociais. Estes indicadores, cegos por conceção, falham em medir a solidariedade comunitária, a resiliência do setor informal ou a densidade dos capitais culturais. Assim, territórios qualificados como "pobres" pela métrica onusina revelam-se frequentemente ricos num laço social que a modernidade ocidental erodiu noutros lugares.
É urgente deixar de conceber o desenvolvimento como a transferência unilateral de modelos exógenos. Da teoria à prática, este conceito de "desenvolvimento" revelou-se o sucessor semântico do "progresso" europeu — essa "grande transformação" descrita por Polanyi (1983) que uniformizou o Ocidente ao preço da destruição das solidariedades aldeãs pelo advento do mercado autorregulador. No rescaldo da Segunda Guerra Mundial, o Presidente Truman globalizou esta trajetória histórica específica. Popularizada por Walt W. Rostow, esta teleologia coloca a modernidade ocidental como a etapa final de uma evolução linear que as sociedades ditas tradicionais — entenda-se: pobres — são intimadas a alcançar.
Esta visão rostowiana, institucionalizada pelo Banco Mundial (1993, 1994), define o desenvolvimento como um caminho balizado, uma ortodoxia que os Estados devem seguir sob pena de marginalização. Ora, décadas de prática demonstraram que esta estrada é um beco sem saída em África. Para além da inadequação radical entre estes modelos eurocêntricos e as sociologias locais (Badie, 1992), tornando o desenvolvimento "inencontrável" (Ela, 1998), é preciso recordar a genealogia violenta deste modelo. O progresso ocidental construiu-se sobre o feudalismo, as "enclosures", a exploração operária e, sobretudo, sobre o tráfico de escravos e a predação colonial. Para compreender o "subdesenvolvimento" do continente, convém, pois, transpor a "linha abissal" (De Sousa Santos, 2016) que separa as realidades epistemológicas do Norte global das do Sul. O modelo desenvolvimentista, longe de trazer o "Viver Melhor", perpetua uma dependência estrutural (Cardoso, 1971) e mantém a troca desigual (Amin, 1973).
Se o desenvolvimento é uma "afrodistopia", uma miragem ou um discurso colonizador que força os Africanos a perceberem-se como "atrasados" (Escobar, 1992), como repensá-lo? Paulin Hountondji (1994) convida-nos a procurar a endogeneidade, enquanto Joseph Ki-Zerbo (1992) adverte que não se dorme na "esteira dos outros". AbdoulMaliq Simone (2004), por seu lado, desloca o olhar das infraestruturas físicas para as "infraestruturas de pessoas": onde o desenvolvimento ocidental falha, formas fluidas, informais e engenhosas de colaboração social assumem o comando. O desenvolvimento deve ser reconquistado a partir de baixo. Deve deixar de ser uma "resposta somática" ao enxerto traumático da modernidade para se tornar a expressão do "Viver Melhor" ancorado no viver-junto africano. Já não repousa no Estado (Ikonicoff, 1983), mas nas "capacidades" (Sen, 2003) das comunidades.
Num contexto de africanização da ajuda humanitária, a constatação de Walter Rodney (1986) complexifica-se: já não é apenas a Europa que subdesenvolve a África, mas também uma "elite canibal" (Táíwò, 2023) local. Estes funcionários do desenvolvimento, urbanos e desconectados, produzem um saber virado para os doadores, ignorando as realidades aldeãs (Connell, 2024).
Para este sexto número da Daftari za Ngūgī, exortamos os investigadores a uma rutura epistémica. Recusamos as generalidades teóricas para exigir uma ciência do detalhe. Esperamos contribuições que explorem o desenvolvimento a partir de baixo: as práticas agrárias, a pesca artesanal, a economia informal como sociabilidade, ou as fricções entre a indústria do desenvolvimento e as populações locais. Como se aclimatam as "teorias viajantes" (Said, 2000)? Como responde o Sul à injustiça epistémica?
Diretrizes de Submissão
A Daftari za Ngūgī privilegia demonstrações baseadas em inquéritos empíricos rigorosos e circunscritos a escalas finas (o mercado, o bairro, a aldeia). Qualquer artigo submetido deverá imperativamente respeitar a seguinte estrutura:
1. Introdução: Enunciação clara da problemática e da questão de investigação.
2. Quadro Conceptual: Uma teorização densa inscrita na "desobediência epistémica".
3. Metodologia: Apresentação transparente do terreno.
4. Resultados e Discussão: Análise dos dados empíricos.
5. Conclusão: Regresso aos objetivos iniciais.
A revista é multilingue (Francês maioritariamente, Inglês e línguas africanas).
- Iconografia: A presença de mapas, esboços, gráficos ou fotografias é vivamente encorajada.
- Dimensão: Entre 39 000 e 45 000 caracteres (espaços, notas e bibliografia incluídos).
- Submissão: Os manuscritos (formato Word) devem ser enviados para: daftari.journal@gmail.com
-
Data limite: 15 de julho de 2026.
Coordenação
- Adjimaël HALIDI, PhD, Sociologue et Expert en analyse et évaluation des politiques publiques, Chercheur associé à la Chaire sur la protection des personnes migrantes et le droit international (Université d’Ottawa) et Directeur de la revue Daftari za Ngūgī.
Evaluation
Double-blind peer review
Bibliografia
AMIN, Samir : 1973. Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. Paris : Minuit.
BADIE, Bertrand : 1992. L’État importé. Essai sur l’occidentalisation de l’ordre politique. Paris : Fayard.
BANQUE MONDIALE : 1993. Obtenir des résultats. Washington, D.C. : World Bank Group.
BANQUE MONDIALE : 1994. L’ajustement en Afrique. Washington, D.C. : World Bank Group.
CARDOSO, Fernando Henrique : 1971. Politique et développement dans les sociétés dépendantes. Paris : Anthropos.
CHATTERJEE, Partha : 1999. « Le commerce de l’État et de la communauté en “Orient” », Critique internationale, Vol. 2, pp. 75-90.
CONNELL, Raewyn : 2024. Décoloniser le savoir. Sciences sociales et théorie du sud. Paris : Payot.
DE SOUSA SANTOS, Boaventura : 2016. Épistémologie du sud. Paris : Desclée de Brouwer.
ELA, Jean-Marc : 1998. Innovations sociales et renaissance de l’Afrique noire. Paris : L’Harmattan.
ESCOBAR, Arturo : 1992. “Imagining a post-development era? Critical thought, development and social movements”, Social Text, no 31/32, p. 20-56.
HALIDI, Adjimaël : 2020. « Situation de crise et résilience sociale aux Comores », Les Cahiers d’Outre-Mer, n°282, pp. 437-464.
HOUNTONDJI, Paulin J. : 1994. Les savoirs endogènes. Dakar : CODESRIA.
IKONICOFF, Moïses : 1983. « Théorie et stratégie du développement : le rôle de l’État », TiersMonde, t. 24, n°93, pp. 9-33.
KI-ZERBO, Joseph : 1992. La natte des autres. Dakar : CODESRIA.
POLANYI, Karl : 1983. La grande transformation. Paris : Gallimard.
RACAUD, Sylvain : 2022. « Nouvelles Dynamiques Africaines. Éditions du Palétuvier, Québec», Les Cahiers d’Outre-Mer. Revue de géographie de Bordeaux, vol. 75, no 285, p. 309-312.
RODNEY, Walter : 1986. Et l’Europe sous-développa l’Afrique. Paris : Éditions Caribéennes.
SAID, Edward W. : 2000. Culture et impérialisme. Paris : Fayard/Le Monde diplomatique.
SEN, Amartya : 2003. Un nouveau modèle économique. Paris : Odile Jacob.
SIMONE, AbdoulMaliq : 2004. For the city yet to come. Changing African Life in Four Cities. Durham/London : Duke University Press.
TÁÍWÒ, Olúfémi O. : 2023. L’élite cannibale. Montréal : Lux.
UNDP: 2025. Human development insights. [En ligne]
Daftari za Ngūgī (Ex-Nouvelles Dynamiques Africaines), Vol. 6, 1er semestre de 2027
Daftari za Ngūgī es heredera de la revista Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA), fundada en Comoras en 2017 (Racaud, 2022).
Argumento
Sesenta años después de las independencias y a pesar de miles de millones de dólares inyectados en ayuda al desarrollo, la mayoría de los países africanos siguen estancados en el fondo de las clasificaciones internacionales. El Índice de Desarrollo Humano (IDH) del PNUD, termómetro globalizado que mide el PIB per cápita, la esperanza de vida y la escolarización formal, sigue proyectando la imagen de un África patologizada: miserable, inculta y enferma. Sin embargo, esta visión alarmista disimula una invisibilización sistémica de las riquezas sociales. Estos indicadores, ciegos por diseño, fallan al medir la solidaridad comunitaria, la resiliencia del sector informal o la densidad de los capitales culturales. Así, territorios calificados como "pobres" por la métrica de la ONU resultan a menudo ricos en un vínculo social que la modernidad occidental ha erosionado en otros lugares.
Es urgente dejar de concebir el desarrollo como la transferencia unilateral de modelos exógenos. De la teoría a la práctica, este concepto de "desarrollo" se ha revelado como el sucesor semántico del "progreso" europeo — esa "gran transformación" descrita por Polanyi (1983) que uniformizó a Occidente al precio de la destrucción de las solidaridades aldeanas por el advenimiento del mercado autorregulador. Tras la Segunda Guerra Mundial, el presidente Truman globalizó esta trayectoria histórica específica. Popularizada por Walt W. Rostow, esta teleología sitúa la modernidad occidental como la etapa final de una evolución lineal que las sociedades llamadas tradicionales — entiéndase: pobres — son conminadas a alcanzar.
Esta visión rostowiana, institucionalizada por el Banco Mundial (1993, 1994), define el desarrollo como un camino marcado, una ortodoxia que los Estados deben seguir bajo pena de marginación. Ahora bien, décadas de práctica han demostrado que este camino es un callejón sin salida en África.
Más allá de la inadecuación radical entre estos modelos eurocéntricos y las sociologías locales (Badie, 1992), haciendo el desarrollo "inencontrable" (Ela, 1998), hay que recordar la genealogía violenta de este modelo. El progreso occidental se construyó sobre el feudalismo, las "enclosures", la explotación obrera y, sobre todo, sobre la trata de esclavos y la depredación colonial. Para captar el "subdesarrollo" del continente, conviene pues cruzar la "línea abismal" (De Sousa Santos, 2016) que separa las realidades epistemológicas del Norte global de las del Sur. El modelo desarrollista, lejos de traer el "Vivir Mejor", perpetúa una dependencia estructural (Cardoso, 1971) y mantiene el intercambio desigual (Amin, 1973).
Si el desarrollo es una "afrodistopía", un espejismo o un discurso colonizador que fuerza a los africanos a percibirse como "atrasados" (Escobar, 1992), ¿cómo repensarlo? Paulin Hountondji (1994) nos invita a buscar la endogeneidad, mientras que Joseph Ki-Zerbo (1992) advierte que no se duerme en la "estera ajena". AbdoulMaliq Simone (2004), por su parte, desplaza la mirada de las infraestructuras físicas a las "infraestructuras de personas": donde el desarrollo occidental falla, formas fluidas, informales e ingeniosas de colaboración social toman el relevo. El desarrollo debe ser reconquistado desde abajo. Debe dejar de ser una "respuesta somática" al injerto traumático de la modernidad para convertirse en la expresión del "Vivir Mejor" anclado en el vivir-juntos africano. Ya no reposa en el Estado (Ikonicoff, 1983), sino en las "capacidades" (Sen, 2003) de las comunidades.
En un contexto de africanización de la ayuda humanitaria, la constatación de Walter Rodney (1986) se complejiza: ya no es solo Europa la que subdesarrolla a África, sino también una "élite caníbal" (Táíwò, 2023) local. Estos funcionarios del desarrollo, urbanos y desconectados, producen un saber orientado hacia los donantes, ignorando las realidades aldeanas (Connell, 2024).
Para este sexto número de Daftari za Ngūgī, exhortamos a los investigadores a una ruptura epistémica. Rechazamos las generalidades teóricas para exigir una ciencia del detalle. Esperamos contribuciones que exploren el desarrollo desde abajo: las prácticas agrarias, la pesca artesanal, la economía informal como sociabilidad, o las fricciones entre la industria del desarrollo y las poblaciones locales. ¿Cómo se aclimatan las "teorías viajeras" (Said, 2000)? ¿Cómo responde el Sur a la injusticia epistémica?
Normas de envío
Daftari za Ngūgī privilegia demostraciones basadas en encuestas empíricas rigurosas y circunscritas a escalas finas (el mercado, el barrio, la aldea). Todo artículo enviado deberá respetar imperativamente la siguiente estructura:
1. Introducción: Enunciación clara de la problemática.
2. Marco Conceptual: Una teorización densa inscrita en la "desobediencia epistémica".
3. Metodología: Presentación transparente del terreno.
4. Resultados y Discusión: Análisis de datos empíricos.
5. Conclusión: Retorno a los objetivos iniciales.
Formato e Idiomas:
- Iconografía: Se fomenta vivamente la presencia de mapas, croquis, gráficos o fotografías.
- Extensión: Entre 39.000 y 45.000 caracteres (espacios, notas y bibliografía incluidos).
- Envío: Los manuscritos (formato Word, anonimizados) deben enviarse a: daftari.journal@gmail.com
Fecha límite: 15 de julio de 2026.
Coordenador
- Adjimaël HALIDI, PhD, Sociologue et Expert en analyse et évaluation des politiques publiques, Chercheur associé à la Chaire sur la protection des personnes migrantes et le droit international (Université d’Ottawa) et Directeur de la revue Daftari za Ngūgī.
Evaluation
Double-blind peer review
Bibliografía
AMIN, Samir : 1973. Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique. Paris : Minuit.
BADIE, Bertrand : 1992. L’État importé. Essai sur l’occidentalisation de l’ordre politique. Paris : Fayard.
BANQUE MONDIALE : 1993. Obtenir des résultats. Washington, D.C. : World Bank Group.
BANQUE MONDIALE : 1994. L’ajustement en Afrique. Washington, D.C. : World Bank Group.
CARDOSO, Fernando Henrique : 1971. Politique et développement dans les sociétés dépendantes. Paris : Anthropos.
CHATTERJEE, Partha : 1999. « Le commerce de l’État et de la communauté en “Orient” », Critique internationale, Vol. 2, pp. 75-90.
CONNELL, Raewyn : 2024. Décoloniser le savoir. Sciences sociales et théorie du sud. Paris : Payot.
DE SOUSA SANTOS, Boaventura : 2016. Épistémologie du sud. Paris : Desclée de Brouwer.
ELA, Jean-Marc : 1998. Innovations sociales et renaissance de l’Afrique noire. Paris : L’Harmattan.
ESCOBAR, Arturo : 1992. “Imagining a post-development era? Critical thought, development and social movements”, Social Text, no 31/32, p. 20-56.
HALIDI, Adjimaël : 2020. « Situation de crise et résilience sociale aux Comores », Les Cahiers d’Outre-Mer, n°282, pp. 437-464.
HOUNTONDJI, Paulin J. : 1994. Les savoirs endogènes. Dakar : CODESRIA.
IKONICOFF, Moïses : 1983. « Théorie et stratégie du développement : le rôle de l’État », TiersMonde, t. 24, n°93, pp. 9-33.
KI-ZERBO, Joseph : 1992. La natte des autres. Dakar : CODESRIA.
POLANYI, Karl : 1983. La grande transformation. Paris : Gallimard.
RACAUD, Sylvain : 2022. « Nouvelles Dynamiques Africaines. Éditions du Palétuvier, Québec», Les Cahiers d’Outre-Mer. Revue de géographie de Bordeaux, vol. 75, no 285, p. 309-312.
RODNEY, Walter : 1986. Et l’Europe sous-développa l’Afrique. Paris : Éditions Caribéennes.
SAID, Edward W. : 2000. Culture et impérialisme. Paris : Fayard/Le Monde diplomatique.
SEN, Amartya : 2003. Un nouveau modèle économique. Paris : Odile Jacob.
SIMONE, AbdoulMaliq : 2004. For the city yet to come. Changing African Life in Four Cities. Durham/London : Duke University Press.
TÁÍWÒ, Olúfémi O. : 2023. L’élite cannibale. Montréal : Lux.
UNDP: 2025. Human development insights. [En ligne]
Mada: Maendeleo kwa Jicho la Kiafrika: Mtazamo, Usimamizi na Changamoto ya "Maisha Bora"
Jarida: Daftari za Ngūgī (Zamani Nouvelles Dynamiques Africaines)
Toleo Maalum: Juzuu ya 6, Muhula wa 1, 2027
Hoja Kuu
Miaka sitini baada ya uhuru, na licha ya mabilioni ya dola yaliyowekezwa katika misaada ya maendeleo, nchi nyingi za Kiafrika bado zimekwama mkiani mwa viwango vya kimataifa. Kipimo cha Maendeleo ya Binadamu (HDI) cha UNDP, ambacho hupima Pato la Taifa (GDP), umri wa kuishi, na elimu rasmi, kinaendelea kutoa taswira ya Afrika yenye maradhi: fukara, isiyo na elimu na mgonjwa. Hata hivyo, mtazamo huu wa kutisha unaficha utajiri wa kijamii usioonekana. Viashiria hivi vinashindwa kupima ushirikiano wa kijamii, ustahimilivu wa sekta isiyo rasmi, au utajiri wa kiutamaduni. Hivyo, maeneo yanayoitwa "maskini" kwa viwango vya Umoja wa Mataifa mara nyingi huwa tajiri kwa uhusiano wa kijamii ambao usasa wa Magharibi umeuharibu kwingineko.
Ni dharura kuacha kuyafikiria maendeleo kama uhamishaji wa mifano ya kigeni. Dhana hii ya "maendeleo" imejidhihirisha kuwa mrithi wa kimaana wa "maendeleo" ya Kizungu—yale "mabadiliko makubwa" yaliyoelezwa na Polanyi (1983) ambayo yalisanifisha Magharibi kwa gharama ya kuharibu mshikamano wa vijijini kupitia ujio wa soko huria. Baada ya Vita vya Pili vya Dunia, Rais Truman alieneza mfumo huu duniani kote. Ukipigiwa debe na Walt W. Rostow, mtazamo huu unaweka usasa wa Magharibi kama hatua ya mwisho ya mageuzi ambayo jamii zinazoitwa za kiasili—yaani: maskini—zinalazimishwa kufikia.
Mtazamo huu wa Rostow, uliohalalishwa na Benki ya Dunia (1993, 1994), unafafanua maendeleo kama njia iliyoainishwa, itikadi ambayo Mataifa lazima yafuate la sivyo yatatengwa. Hata hivyo, miongo kadhaa ya vitendo imethibitisha kuwa njia hii ni mkwamo barani Afrika. Zaidi ya kutolingana kabisa kati ya mifano hii ya Magharibi na sosholojia za kienyeji (Badie, 1992), na kufanya maendeleo "yasipatikane" (Ela, 1998), lazima tukumbuke asili ya kikatili ya mtindo huu. Maendeleo ya Magharibi yalijengwa juu ya ukabaila, unyonyaji wa wafanyakazi, na, zaidi ya yote, biashara ya utumwa na uporaji wa kikoloni. Ili kuelewa "kudumaa kwa maendeleo" barani, inafaa kuvuka "mstari wa kuzimu" (De Sousa Santos, 2016) unaotenganisha uhalisia wa kimaarifa wa Kaskazini na ule wa Kusini. Mfumo wa kimaendeleo, mbali na kuleta "Maisha Bora", unaendeleza utegemezi wa kimuundo (Cardoso, 1971) na kudumisha ubadilishanaji usio sawa (Amin, 1973).
Ikiwa maendeleo ni "Afrodistopia", sarabi au hotuba ya kikoloni inayowalazimisha Waafrika kujiona kama "wako nyuma" (Escobar, 1992), je, yanawezaje kufikiriwa upya? Paulin Hountondji (1994) anatualika kutafuta uhalisia wa ndani, wakati Joseph Ki-Zerbo (1992) anaonya dhidi ya kulala juu ya "mkeka wa wengine". AbdoulMaliq Simone (2004), kwa upande wake, anahamisha mtazamo kutoka kwa miundombinu ya kifizikia hadi kwa "watu kama miundombinu": pale ambapo maendeleo ya Magharibi yanaposhindwa, aina za ushirikiano wa kijamii zisizo rasmi na za kiubunifu huchukua nafasi. Maendeleo lazima yakombolewe kuanzia chini. Lazima yaache kuwa "itikio la kimwili" kwa kiwewe cha usasa na kuwa kielelezo cha "Maisha Bora" yaliyokita mizizi katika kuishi pamoja kwa Kiafrika. Hayategemei tena Serikali (Ikonicoff, 1983), bali "uwezo" (Sen, 2003) wa jamii.
Katika muktadha wa uhusishaji wa Waafrika katika misaada ya kibinadamu, hoja ya Walter Rodney (1986) inakuwa ngumu zaidi: si Ulaya pekee inayoifanya Afrika isiendelee, bali pia "wasomi wala watu" (cannibal elite) wa ndani (Táíwò, 2023). Maafisa hawa wa maendeleo, wa mijini na waliotengwa na uhalisia, huzalisha maarifa yanayoelekezwa kwa wafadhili, wakipuuza uhalisia wa vijijini (Connell, 2024).
Kwa toleo hili la sita la Daftari za Ngūgī, tunawahimiza watafiti kufanya ukaidi wa kimaarifa. Tunakataa nadharia za jumla na kudai sayansi ya kina. Tunasubiri makala zinazochunguza maendeleo kutoka chini: kilimo, uvuvi mdogo, uchumi usio rasmi kama ujamii, au migutuko kati ya tasnia ya maendeleo na watu wa ndani. Je, "nadharia zinazosafiri" (Said, 2000) zinajizoesha vipi? Je, Kusini inajibu vipi udhalimu wa kimaarifa?
Miongozo ya Uwasilishaji
Daftari za Ngūgī inatoa kipaumbele kwa makala zinazotokana na utafiti wa kina wa kimaumbile (empirical) unaozingatia ngazi za chini (soko, mtaa, kijiji). Kila makala lazima ifuate muundo ufuatao:
1. Utangulizi: Ufafanuzi wa tatizo na swali la utafiti.
2. Muwango wa Dhana: Nadharia nzito iliyoandikwa katika "ukaidi wa kimaarifa".
3. Mbinu: Uwasilishaji wa wazi wa uwanja wa utafiti.
4. Matokeo na Majadiliano: Uchambuzi wa data.
5. Hitimisho: Kurejea malengo na kujibu tatizo.
Lugha na Muundo
− Makala nyingi ni za Kifaransa. Kila toleo linajumuisha makala mbili za Kiingereza na moja au mbili katika lugha za Kiafrika.
− Picha: Ramani, michoro na picha zinahimizwa sana.
− Urefu: Kati ya herufi 39,000 na 45,000.
Uwasilishaji: Tuma kwa muundo wa Word kwa: daftari.journal@gmail.com
Tarehe ya mwisho: 15 Julai 2026.
Daftari za Ngūgī ni mrithi wa jarida la Nouvelles Dynamiques Africaines (NDA), lililoanzishwa nchini Comoro mwaka 2017 (Racaud, 2022).