Announcement
Coordinatrices
- Valérie Phelippeau-Guillain, doctorante en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
- Élise Leclerc, MCF en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
Argumentaire
Nous vivons à l’ère des scandales et, de façon permanente, par les réseaux sociaux ou les médias traditionnels, des acteurs de l’espace public de l’opinion utilisent la dénonciation d’un scandale pour tenter de remédier à ce que la morale commune ou bien leurs propres critères de jugement considèrent comme des dysfonctionnements. Le scandale es une provocation, un appel à l’indignation publique qui peut être utilisé soit comme instrument politique soit comme une des méthodes de promotion publique d’idées, d’œuvres, de personnalités. Le scandale peut ainsi être considéré comme une technique de fabrication et/ou de mobilisation d’une opinion publique (BOUCHERON, OFFENSTADT, 2011). Cette articulation entre normes sociales et espace public est au cœur de la question du scandale.
Pourtant, l’origine de la notion de scandale, dans le vocabulaire comme dans le fait social, est religieuse. Elle recouvre d’autres réalités que le scandale « moderne » qui se développe progressivement à partir du XVIe siècle. Issu du vocabulaire théologique médiéval (du grec skandalon, « pierre d’achoppement ») qui s’appuie sur les occurrences de ce mot et de ses équivalents dans le texte de la Bible (obstacle, piège, abomination, cri…), le scandale recouvre aussi bien la faute (scandale actif et objectif) qui peut conduire autrui à trébucher (scandale passif) que le trouble public suscité par la connaissance de cette faute (scandale subjectif et réceptionnel). Le scandale médiéval mettait la foi à l’épreuve. C’est pourquoi le scandale était ordinairement tu, ou du moins traité secrètement par l’Église, comme on le voit régulièrement dans les sources traitant des cas de conduites scandaleuses des prêtres. Quand le scandale apparaît en tant que tel dans nos sources, il peut être instrumentalisé comme un moyen d’éducation des foules : c’est le cas dans les sermons par exemple. On peut donc distinguer le bon scandale, utilisé dans le gouvernement de l’Église, du mauvais scandale, qui « déborde » et suscite l’indignation.
Même si l’on manque d’une synthèse française sur la question, les diverses études (cf. Bibliographie infra) qui mobilisent la notion semblent indiquer un glissement progressif vers une forme plus large du scandale et sans doute moins contrôlée, un scandale moral qui mobilise plus spontanément les émotions. Toutefois, quand cette forme de scandale entre dans la conversation publique, est-elle l’illustration d’une contestation des normes sociales qui affleurerait comme par effraction ou au contraire l’efficace instrument d’une remise au pas du corps social consciemment organisée ? Le scandale des derniers siècles du Moyen Âge était-il devenu scandaleux ? En tous cas, à l’aube du XVIᵉ siècle – période marquée par la densité des débats doctrinaux, la complexification des hiérarchies sociales et l’importance accrue de la sphère publique – le scandale pourrait apparaître comme un révélateur privilégié des tensions qui structurent les sociétés occidentales. Il met à nu les frontières internes d’une communauté, ses normes implicites et ses hiérarchies, en rendant visibles les tensions qui d’ordinaire restent latentes.
Ce numéro thématique se propose donc d’examiner à la fois la polysémie et les fonctions sociales du scandale, en croisant les approches de l’histoire, de la littérature, de l’histoire de l’art, de la philosophie politique et du droit. Les contributions concerneront en priorité la société italienne, mais les contributions abordant des cas de scandale liés à l’Italie ou à des personnalités italiennes sont également bienvenues.
La période choisie, à la charnière de l’époque moderne, correspond au moment où le scandale sort du strict domaine de l’Église, invitant à mettre en évidence le passage progressif de l’acception première du terme – le scandale soit comme exemple de péché, soit comme dénonciation d’un péché – à une compréhension plus large de ce qui faisait scandale au sein d’un groupe social et à la réaction des communautés scandalisées. L’objectif est d’interroger la façon dont le scandale, dans sa dimension vécue comme dans sa représentation, contribuait à redéfinir les normes collectives, les formes d’autorité et les processus de contrôle moral. Le scandale ne relève en effet pas seulement de la transgression individuelle ; il devient un opérateur de publicité qui fait passer une affaire d’un cercle restreint au « commun » et reconfigure la réputation des personnes comme des institutions. C’est pourquoi l’approche par le scandale devrait permettre de poursuivre le travail de la mise en évidence d’un proto- « espace public de l’opinion » qui adoptait à cette époque des formes diverses et difficilement atteignables par nous, en dehors les cas de cristallisation rendus possibles précisément par le scandale.
Axes de réflexion
La question du scandale pourra tout d’abord être abordée dans le contexte juridique et canonique. En l’absence d’une définition univoque du scandale dans la pensée juridique médiévale (BIANCHI RIVA, 2022) quels rituels ou procédures étaient mobilisés pour restaurer l’ordre moral troublé ? De cette manière, on tentera d’éclairer la manière dont le scandale s’inscrit dans la pensée de la société sur elle-même à la fin du Moyen Âge : fama, secret et vérité des actes du prince, régulation des conflits entre le peuple et ses élites, rapports de genre... Le scandale, analysé tantôt comme symptôme d’une crise (désignée dans les sources juridiques comme « cris », « tumulte », « désordre », voire « sédition » ou « révolte »), tantôt comme outil de contestation, pourra éclairer les éventuelles transformations des régimes de légitimité.
Ainsi, on pourra s’intéresser au scandale provoqué ou mobilisé par la vie publique, au sens large en somme comme une forme publique d’indignation. On pense par exemple aux crises ou controverses marquantes du type de la controverse qui opposa Lorenzo Valla à Poggio Bracciolini, aux événements extra-ordinaires (on peut s’appuyer sur le cas de l’assassinat de Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI en 1409 qui fut justifié par son commanditaire, le duc de Bourgogne, en mobilisant la rhétorique du scandale et en condamnant le rôle de Valentine Visconti auprès du roi fou), ou à des comportements jugés particulièrement amoraux parce que hors-norme ou bien totalement assumés (et l’on pense ici aux critiques contre le pape Alexandre VI). Dans l’analyse, une attention particulière pourra ainsi être portée aux dispositifs de fabrication et de diffusion du scandale (rumeurs, feuilles volantes, éventuellement chroniques, sermons…). Qui définit ce qui est scandaleux ou objet de scandale ? Comment un scandale « prend-il » ? Par exemple, comment se fait-il que la mort suspicieuse de Gian Galeazzo Sforza – qui a permis à Ludovic Le More de devenir duc de Milan – n’ait pas provoqué un large scandale public ?
Une autre piste sans doute fructueuse peut être cherchée dans la narratologie et/ou l’iconologie en mobilisant les sources littéraires et des représentations mettant en scène un scandale : satire, invective, peintures infamantes, provocation visuelle dans les images religieuses (on songe à l’exemple évident de la représentation des Enfers)… Comment la fiction contribue-t-elle à fixer, amplifier ou au contraire détourner les normes morales et sociales en utilisant le moyen de la provocation scandaleuse ? Par quel déplacement un même motif, la nudité par exemple, pouvait être considéré comme moralisateur ou au contraire comme matière à scandale ? D’ailleurs les fictions, même provocatrices, sont-elles réellement scandaleuses ? Une attention particulière pourra être portée aux pratiques de censure, d’effacement ou de récupération symbolique. Les rapports de genre par exemple peuvent être questionnés comme le trope du monde à l’envers, des figures de femmes se détournant ou outrepassant leur rôle social ordinaire. De cette manière, c’est aussi en pensant à la polémique autour du Roman de la Rose de Jean de Meung, introduite par Christine de Pisan qui choque une partie du milieu lettré tout en lui valant de forts soutiens (Deschamps, Gerson) qu’on peut intégrer la querelle littéraire dans le vaste champ du scandale. Les rapports de classe peuvent également nous intéresser, quand ils sont mis en scène, dans les fabliaux et nouvelles, d’une façon où obscénité, anticléricalisme ou satire de la noblesse frôlent le scandale tout en étant protégés par le cadre fictionnel.
Modalités de soumission
Les propositions d’articles (2 500 signes maximum) accompagnées d’une courte notice biographique et d’une bibliographie indicative doivent être envoyées avant le 15 mars 2026 aux adresses suivantes :
- valerie.phelippeau@univ-grenoble-alpes.fr
- elise.leclerc@univ-grenoble-alpes.fr
Les contributions retenues seront à remettre avant le 15 janvier 2027 pour expertise en double aveugle.
La parution du numéro thématique est prévue pour septembre 2027.
Les langues acceptées sont le français, l’italien et l’anglais, étant entendu que les auteurs et autrices privilégieront l’emploi de leur langue maternelle pour rédiger leur contribution.
Pour les normes rédactionnelles.
Bibliographie indicative
BIANCHI RIVA Raffaela, Lo scandalo tra alto Medioevo e prima effà moderna. Itinerari tra dimensione giuridica, politica e sociale, Turin, G. Giappichelli Editore, 2022.
BISCONTI Donatella, FABIANI Daniela, PIERDOMINICI Luca, SCHIAVONE Cristina (dir.), Esclandre. Figures et dynamiques du scandale du Moyen Âge à nos jours, EUM, 2021 ⟨hal-03565073⟩
BOUCHERON Patrick, OFFENSTADT Nicolas (dir.), L’espace public au Moyen Âge, Paris, PUF, 2011 https://doi.org/10.3917/puf.bouch.2011.01
BUREAU Pierre, « La « dispute pour la culotte ». Variations littéraires et iconographiques d’un thème profane (XIIIe -XVIe siècles) », Médiévales, n° 29, 1995, p. 105-129, https://doi.org/10.3406/medi.1995.1340]
CAMPOREALE Salvatore, THOUARD Denis (trad.), Poggio Bracciolini contre Lorenzo Valla. Les « Orationes in Laurentium Vallam », dans Fosca Mariani Zini (éd.), Penser entre les lignes, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001, p. 251-273, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.66809
DE BLIC Damien, LEMIEUX Cyril, « Le scandale comme épreuve. Éléments de sociologie pragmatique », Politix, 71/3, 2005, p. 9-38, https://doi.org/10.3917/pox.071.0009 [ainsi que l’introduction au dossier thématique : « À l’épreuve du scandale », Politix, 71/3, 2005, p. 3-7, https://doi.org/10.3917/pox.071.0003
DE DAMPIERRE Eric, « Thèmes pour l’étude du scandale », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 9/3, 1954, p. 328-336, https://doi.org/10.3406/ahess.1954.2291
FOSSIER Arnaud, « Propter vitandum scandalum. Histoire d’une catégorie juridique (XIIe -XVesiècle) », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, 121/2 (2009), p. 317-348. GIRARD René, Celui par qui le scandale arrive, Paris, Hachette, 2006.
LECUPPRE Gilles, « Le scandale : de l’exemple pervers à l’outil politique (XIIIe -XVe siècle) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 181-191.
LETT Didier, Viols d’enfants au Moyen Âge. Genre et pédocriminalité à Bologne, XIVe -XVe siècles, Paris, PUF, 2021.
LEVELEUX-TEIXERA Corinne, « Le droit canonique médiéval et l’horreur du scandale », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 193-211.
NEWBIGIN Nerida, Jousting Alone : Scandal as Social Capital in Renaissance Florence in Nicholas Eckstein, Nicholas Terpstra (éd.), Sociability and its discontents. Civil society, social capital, and their alternatives in Late Medieval and Early Modern Europe, Turnhout, Brepols, 2010, p. 73-86
ORTALLI Gherardo, La pittura infamante. Secoli XIII-XVI, Rome, Viella, 2016.
PERONA Blandine, MOREAU Isabelle, ZANIN Enrica (dir.), Fabrique du scandale et rivalités mémorielles en France et en Europe (1550-1697), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2022.
WERCKMEISTER Jean, « Théologie et droit pénal : autour du scandale », Revue de droit canonique, XXXIX/1-2, mars-juin 1989, p. 93-109.
For the 45th issue (2027) of Cahiers d’études italiennes (Filigrana)
Guest editors
- Valérie Phelippeau-Guillain, doctorante en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
- Élise Leclerc, MCF en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
Argument
We live in an era of scandals, and constantly, through social networks or traditional media, public figures use the denunciation of a scandal in order to remedy what common morality, or their own criteria of judgment, considers to be dysfunctions. Scandal is a provocation, a call for public outrage that can be used either as a political tool or as a method of publicly promoting ideas, works, or personalities. Scandal can thus be understood as a technique for manufacturing and/or mobilizing public opinion (BOUCHERON, OFFENSTADT, 2011). This link between social norms and the public sphere is at the heart of the issue of scandal.
However, the origin of the concept of scandal, both in vocabulary and in social reality, is religious. It covers other realities than the “modern” scandal that gradually developed from the 16th century onwards. Derived from medieval theological vocabulary (from the Greek skandalon, “stumbling block”) based on the occurrences of this word and its equivalents in the Bible (obstacle, trap, abomination, cry, etc.), scandal covers both the fault (active and objective scandal) that can cause others to stumble (passive scandal) and the public disturbance caused by knowledge of this fault (subjective and receptive scandal). Medieval scandal put faith to the test. This is why scandal was usually hushed up, or at least dealt with secretly by the Church, as we regularly see in sources dealing with cases of scandalous behavior by priests. When scandal appears as such in our sources, it can be used as a means of educating the masses: this is the case in sermons, for example. We can therefore distinguish between good scandal, used in the government of the Church, and bad scandal, which “spills over” and arouses indignation.
The various studies (see Indicative bibliography below) that use the concept seem to indicate a gradual shift towards a broader and undoubtedly less controlled form of scandal, a moral scandal that more spontaneously arouses emotions. However, when this form of scandal enters the public conversation, is it an illustration of a challenge to social norms that emerges, or, on the contrary, an effective instrument for consciously organizing the social body? Did the scandal of the late Middle Ages become scandalous? In any case, at the dawn of the 16th century —a period marked by intense doctrinal debates, increasingly complex social hierarchies, and the growing importance of the public sphere— scandal could be seen as a privileged indicator of the tensions that structured Western societies. It lays bare the internal boundaries of a community, its implicit norms and hierarchies, by making visible tensions that usually remain latent.
This thematic issue therefore aims to examine both the polysemy and social functions of scandal in Italy in the late Middle Ages and early Renaissance (1350-1530), combining approaches from history, literature, art history, political philosophy, and law. Contributions will focus primarily on Italian society, but contributions addressing cases of scandal related to Italy or Italian personalities are also welcome. The chosen period, at the turn of the modern era, corresponds to the moment when scandal emerged from the strict domain of the Church, inviting us to highlight the gradual shift in the primary meaning of the term – scandal as an example of sin or as a denunciation of sin – to a broader understanding of what constituted scandal within a social group and the reaction of scandalized communities.
The aim is to examine how scandal, both in its lived experience and in its representation, contributed to redefining collective norms, forms of authority, and processes of moral control. Scandal is not just a matter of individual transgression; it becomes a publicizing agent that brings a matter from a restricted circle into the “public domain” and reconfigures the reputation of individuals and institutions. We hope that this approach will contribute to highlight a proto-“public space of opinion” which, at that time, took various forms that are difficult for us to grasp, apart from the cases of crystallization created precisely by scandal.
Focus areas
The question of scandal can first be addressed in the legal and canonical context. In the absence of a clear definition of scandal in medieval legal thought (BIANCHI RIVA, 2022), what rituals or procedures were used to restore the disturbed moral order? In this way, we will attempt to shed light on how scandal fits into society's thinking about itself at the end of the Middle Ages: fama, secrecy and truth of the prince's actions, regulation of conflicts between the people and their elites, gender relations, etc. Scandal, analyzed sometimes as a symptom of crisis (referred to in legal sources as “cries”, “tumult”, “disorders”, or even “sedition” or “revolt”), and sometimes as a tool of protest, can shed light on possible transformations in regimes of legitimacy.
Thus, we can focus on the scandal provoked or mobilized by public life, broadly defined as a public form of indignation. Examples include notable crises or controversies such as the controversy between Lorenzo Valla and Poggio Bracciolini, extraordinary events (such as the assassination of Louis d'Orléans, brother of King Charles VI, in 1409, which was justified by its instigator, the Duke of Burgundy, by mobilizing the rhetoric of scandal and condemning the role of Valentine Visconti at the mad king’s side), or behaviors deemed particularly amoral because they were outside the norm (and here we think of the criticisms against Pope Alexander VI). In the analysis, particular attention may thus be paid to the mechanisms of fabrication and dissemination of scandal (rumors, flyers, chronicles, sermons, etc.). Who defines what is scandalous or the subject of scandal? How does a scandal “take hold”? For example, how is it that the suspicious death of Gian Galeazzo Sforza —which allowed Ludovico il Moro to become Duke of Milan— did not cause a major public scandal?
Another promising angle can be found in narratology and/or iconology, drawing on literary sources and representations depicting scandal: satire, invective, defamatory paintings, visual provocation in religious images (the obvious example of the representation of Hell comes to mind) ... How does fiction contribute to establishing, amplifying, or, on the contrary, subverting moral and social norms by using scandalous provocation? How could the same motif, nudity for example, be considered moralizing or, on the contrary, scandalous? Moreover, are works of fiction, even provocative ones, really scandalous? Particular attention may be paid to practices of censorship, erasure, or symbolic appropriation. Gender relations, for example, can be questioned as a trope of the upsidedown world, with female figures turning away from or transcending their ordinary social roles. In this way, it is also by thinking about the controversy introduced by Christine de Pisan surrounding Jean de Meung's Roman de la Rose, which shocked part of the literary world while earning her strong support (Deschamps, Gerson), that we can integrate literary quarrels into the vast field of scandal. Class relations may also be of interest when they are portrayed in fabliaux and short stories in a way that borders on scandal, with obscenity, anticlericalism, or satire of the nobility, but are protected by the fictional framework.
Submission guidelines
Proposals (maximum 2,500 characters) should be sent before March 15th, 2026, accompanied by a short biographical note and an indicative bibliography to the following email addresses: valerie.phelippeau@univ-grenoble-alpes.fr elise.leclerc@univ-grenoble-alpes.fr
Selected contributions must be submitted by January 15th, 2027, for double-blind peer review. The special issue is scheduled for publication in September 2027. Accepted languages are French, Italian, and English; authors will give preference to their native language when writing their contributions.
For editorial guidelines.
Indicative bibliography
BIANCHI RIVA Raffaela, Lo scandalo tra alto Medioevo e prima effà moderna. Itinerari tra dimensione giuridica, politica e sociale, Turin, G. Giappichelli Editore, 2022.
BISCONTI Donatella, FABIANI Daniela, PIERDOMINICI Luca, SCHIAVONE Cristina (dir.), Esclandre. Figures et dynamiques du scandale du Moyen Âge à nos jours, EUM, 2021 ⟨hal-03565073⟩
BOUCHERON Patrick, OFFENSTADT Nicolas (dir.), L’espace public au Moyen Âge, Paris, PUF, 2011 https://doi.org/10.3917/puf.bouch.2011.01
BUREAU Pierre, « La « dispute pour la culotte ». Variations littéraires et iconographiques d’un thème profane (XIIIe -XVIe siècles) », Médiévales, n° 29, 1995, p. 105-129, https://doi.org/10.3406/medi.1995.1340]
CAMPOREALE Salvatore, THOUARD Denis (trad.), Poggio Bracciolini contre Lorenzo Valla. Les « Orationes in Laurentium Vallam », dans Fosca Mariani Zini (éd.), Penser entre les lignes, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001, p. 251-273, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.66809
DE BLIC Damien, LEMIEUX Cyril, « Le scandale comme épreuve. Éléments de sociologie pragmatique », Politix, 71/3, 2005, p. 9-38, https://doi.org/10.3917/pox.071.0009 [ainsi que l’introduction au dossier thématique : « À l’épreuve du scandale », Politix, 71/3, 2005, p. 3-7, https://doi.org/10.3917/pox.071.0003
DE DAMPIERRE Eric, « Thèmes pour l’étude du scandale », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 9/3, 1954, p. 328-336, https://doi.org/10.3406/ahess.1954.2291
FOSSIER Arnaud, « Propter vitandum scandalum. Histoire d’une catégorie juridique (XIIe -XVesiècle) », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, 121/2 (2009), p. 317-348. GIRARD René, Celui par qui le scandale arrive, Paris, Hachette, 2006.
LECUPPRE Gilles, « Le scandale : de l’exemple pervers à l’outil politique (XIIIe -XVe siècle) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 181-191.
LETT Didier, Viols d’enfants au Moyen Âge. Genre et pédocriminalité à Bologne, XIVe -XVe siècles, Paris, PUF, 2021.
LEVELEUX-TEIXERA Corinne, « Le droit canonique médiéval et l’horreur du scandale », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 193-211.
NEWBIGIN Nerida, Jousting Alone : Scandal as Social Capital in Renaissance Florence in Nicholas Eckstein, Nicholas Terpstra (éd.), Sociability and its discontents. Civil society, social capital, and their alternatives in Late Medieval and Early Modern Europe, Turnhout, Brepols, 2010, p. 73-86
ORTALLI Gherardo, La pittura infamante. Secoli XIII-XVI, Rome, Viella, 2016.
PERONA Blandine, MOREAU Isabelle, ZANIN Enrica (dir.), Fabrique du scandale et rivalités mémorielles en France et en Europe (1550-1697), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2022.
WERCKMEISTER Jean, « Théologie et droit pénal : autour du scandale », Revue de droit canonique, XXXIX/1-2, mars-juin 1989, p. 93-109.
per il numero 45 (2027) dei Cahiers d’études italiennes (Filigrana)
Cordinazione scientifica
- Valérie Phelippeau-Guillain, doctorante en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
- Élise Leclerc, MCF en Littérature et civilisation italiennes, laboratoire Luhcie de l'Université Grenoble-Alpes.
Argomento
Viviamo in un'epoca di scandali e, in modo permanente, attraverso i social network o i media tradizionali, gli attori della sfera pubblica dell'opinione pubblica utilizzano la denuncia di uno scandalo per cercare di porre rimedio a ciò che la morale comune o i loro stessi criteri di giudizio considerano disfunzioni. Lo scandalo è una provocazione, un appello all'indignazione pubblica che può essere utilizzato sia come strumento politico sia come metodo di promozione pubblica di idee, opere, personalità. Lo scandalo può quindi essere considerato una tecnica per creare e/o mobilitare l'opinione pubblica (BOUCHERON, OFFENSTADT, 2011). Questo legame tra norme sociali e spazio pubblico è al centro della questione dello scandalo.
Tuttavia, l'origine del concetto di scandalo, sia nel vocabolario che nel fatto sociale, è religiosa. Essa copre altre realtà oltre allo scandalo “moderno” che si sviluppa progressivamente a partire dal XVI secolo. Derivato dal vocabolario teologico medievale (dal greco skandalon, “pietra d'inciampo”) che si basa sulle occorrenze di questa parola e dei suoi equivalenti nel testo della Bibbia (ostacolo, trappola, abominio, grido...), lo scandalo copre sia la colpa (scandalo attivo e oggettivo) che può portare gli altri ad inciampare (scandalo passivo), sia il turbamento pubblico suscitato dalla conoscenza di tale colpa (scandalo soggettivo e ricettivo). Lo scandalo medievale metteva alla prova la fede. Per questo motivo lo scandalo era solitamente taciuto, o almeno trattato in segreto dalla Chiesa, come si vede nelle fonti che trattano casi di comportamenti scandalosi dei sacerdoti. Quando lo scandalo appare come tale nelle nostre fonti, può essere strumentalizzato come mezzo di educazione delle masse: è il caso, ad esempio, dei sermoni. Si può quindi distinguere lo scandalo buono, utilizzato nel governo della Chiesa, dallo scandalo cattivo, che “sfugge di mano” e suscita indignazione.
I vari studi (cfr. Bibliografia indicativa infra) che utilizzano questo concetto sembrano indicare un progressivo spostamento verso una forma più ampia e senza dubbio meno controllata di scandalo, uno scandalo morale che mobilita più spontaneamente le emozioni. Tuttavia, quando questa forma di scandalo entra nel dibattito pubblico, è l'illustrazione di una contestazione delle norme sociali che emerge come un’ebrazione, o, al contrario, lo strumento ebicace di un riassetto del corpo sociale? Lo scandalo degli ultimi secoli del Medioevo era quindi diventato scandaloso? In ogni caso, all'alba del XVI secolo – periodo caratterizzato dalla densità dei dibattiti dottrinali, dalla complessità delle gerarchie sociali e dalla crescente importanza della sfera pubblica – lo scandalo poteva apparire come un rivelatore privilegiato delle tensioni che strutturano le società occidentali. Esso mette a nudo i confini interni di una comunità, le sue norme implicite e le sue gerarchie, rendendo visibili le tensioni che di solito rimangono latenti.
Questo numero tematico si propone quindi di esaminare sia la polisemia che le funzioni sociali dello scandalo nell'Italia del tardo Medioevo e del primo Rinascimento (13501530), combinando approcci storici, letterari, storico-artistici, giuridici e della filosofia politica. I contributi si concentreranno in via prioritaria sulla società italiana, ma sono benvenuti anche quelli che trattano casi di scandalo legati all'Italia o a personalità italiane.
Il periodo scelto, a cavallo tra Medioevo ed epoca moderna, corrisponde al momento in cui lo scandalo esce dal ristretto ambito della Chiesa, invitando a mettere in evidenza il progressivo passaggio dal significato originario del termine – lo scandalo sia come esempio di peccato, sia come denuncia di un peccato – a una comprensione più ampia di ciò che era ritenuto scandalo all'interno di un gruppo sociale e della reazione delle comunità scandalizzate. L'obiettivo è quello di interrogarsi sul modo in cui lo scandalo, nella sua dimensione vissuta e nella sua rappresentazione, contribuiva a ridefinire le norme collettive, le forme di autorità e i processi di controllo morale. Lo scandalo, infatti, non riguarda solo la trasgressione individuale, ma diventa un operatore di pubblicità che fa passare una questione da una cerchia ristretta ad una forma di “comune” e riconfigura la reputazione delle persone e delle istituzioni. Ci auguriamo che con questo approccio dello scandalo si possa mettere ulteriormente in evidenza un proto-“spazio pubblico dell'opinione” che all'epoca assumeva forme diverse e dibicilmente comprensibili per noi, al di fuori dei casi di cristallizzazione resi possibili proprio dallo scandalo.
Linee di indagine
La questione dello scandalo potrà essere abrontata innanzitutto nel contesto giuridico e canonico. In assenza di una definizione univoca dello scandalo nel pensiero giuridico medievale (BIANCHI RIVA, 2022), quali rituali o procedure venivano utilizzati per ripristinare l'ordine morale turbato? In questo modo, si cercherà di chiarire il modo in cui lo scandalo si inscrive nella riflessione della società su se stessa alla fine del Medioevo: fama, segreto e verità delle azioni del principe, regolazione dei conflitti tra il popolo e le sue élite, rapporti di genere... Lo scandalo, a volte visto come sintomo di una crisi (indicato nelle fonti giuridiche con termini quali « grida », « tumulto », « disordine », « romore », « sedizione » o « rivolta »), talvolta come strumento di contestazione, potrà chiarire le eventuali trasformazioni dei regimi di legittimità.
Così, sarà possibile interessarsi allo scandalo provocato o mobilitato dalla vita pubblica, inteso in senso lato come una forma pubblica di indignazione. Pensiamo, ad esempio, alle crisi o alle controversie come quella che oppose Lorenzo Valla a Poggio Bracciolini, agli eventi straordinari (si può citare il caso dell'assassinio di Luigi d'Orléans, fratello di Carlo VI, nel 1409, il cui mandante, il duca di Borgogna, giustificò mobilitando la retorica dello scandalo e condannando il ruolo di Valentina Visconti presso il re pazzo), o a comportamenti giudicati particolarmente amorali perché fuori dalla norma (si pensi alle critiche contro papa Alessandro VI). Nell'analisi, si potrà quindi prestare particolare attenzione ai meccanismi di creazione e dibusione dello scandalo (voci, fogli volanti, cronache, sermoni...). Chi definisce ciò che è scandaloso o oggetto di scandalo? Come “nasce” uno scandalo? Ad esempio, come mai la morte sospetta di Gian Galeazzo Sforza – che ha permesso a Ludovico il Moro di diventare duca di Milano – non ha provocato un grande scandalo pubblico?
Un’altra pista senza dubbio proficua che potrà essere seguita è quella della narratologia e/o dell'iconologia, mobilitando le fonti letterarie e le rappresentazioni che mettono in scena uno scandalo: satira, invettive, pittura infamante, motivi provocatori nelle immagini religiose (pensiamo ad esempio alle rappresentazioni dell’Inferno)... In che modo la finzione contribuisce a fissare, amplificare o, al contrario, sovvertire le norme morali e sociali utilizzando il mezzo della provocazione scandalosa? Attraverso quale spostamento uno stesso motivo, ad esempio la nudità, poteva essere considerato moralizzatore o, al contrario, motivo di scandalo? Del resto, le finzioni, anche provocatorie, sono davvero scandalose? Si potrà prestare particolare attenzione alle pratiche di censura, cancellazione o recupero simbolico. I rapporti di genere, ad esempio, potranno essere interrogati come il tropo del mondo capovolto, delle figure di donne che eccedono il loro ruolo sociale ordinario. In questo modo, è anche pensando alla polemica avviata da Christine de Pisan intorno al Roman de la Rose di Jean de Meung, la quale scandalizzò una parte dell'ambiente letterario ma valse anche alla letterata un forte sostegno (Deschamps, Gerson), che si può integrare la querelle letteraria nel vasto campo dello scandalo. Anche i rapporti di classe potranno interessarci, quando sono messi in scena, nei fabliaux e nelle novelle, in un modo in cui l'oscenità, l'anticlericalismo o la satira della nobiltà sfiorano lo scandalo pur essendo protetti dal contesto della finzione narrativa.
Modalità di sottomissione
Le proposte (massimo 2 500 caratteri) dovranno essere accompagnate da una breve nota biografica e da una bibliografia indicativa ed essere inviate entro il 15 marzo 2026 ai seguenti indirizzi: valerie.phelippeau@univ-grenoble-alpes.fr elise.leclerc@univ-grenoble-alpes.fr
I contributi accettati dovranno essere consegnati entro il 15 gennaio 2027 per essere sottoposti a doppia revisione cieca. La pubblicazione del numero tematico è prevista per settembre 2027. Le lingue accettate sono il francese, l'italiano e l'inglese, fermo restando che gli autori e le autrici privilegeranno l'uso della loro lingua madre per redigere il loro contributo.
Per le norme redazionali.
Bibliografia indicativa
BIANCHI RIVA Raffaela, Lo scandalo tra alto Medioevo e prima effà moderna. Itinerari tra dimensione giuridica, politica e sociale, Turin, G. Giappichelli Editore, 2022.
BISCONTI Donatella, FABIANI Daniela, PIERDOMINICI Luca, SCHIAVONE Cristina (dir.), Esclandre. Figures et dynamiques du scandale du Moyen Âge à nos jours, EUM, 2021 ⟨hal-03565073⟩
BOUCHERON Patrick, OFFENSTADT Nicolas (dir.), L’espace public au Moyen Âge, Paris, PUF, 2011 https://doi.org/10.3917/puf.bouch.2011.01
BUREAU Pierre, « La « dispute pour la culotte ». Variations littéraires et iconographiques d’un thème profane (XIIIe -XVIe siècles) », Médiévales, n° 29, 1995, p. 105-129, https://doi.org/10.3406/medi.1995.1340]
CAMPOREALE Salvatore, THOUARD Denis (trad.), Poggio Bracciolini contre Lorenzo Valla. Les « Orationes in Laurentium Vallam », dans Fosca Mariani Zini (éd.), Penser entre les lignes, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001, p. 251-273, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.66809
DE BLIC Damien, LEMIEUX Cyril, « Le scandale comme épreuve. Éléments de sociologie pragmatique », Politix, 71/3, 2005, p. 9-38, https://doi.org/10.3917/pox.071.0009 [ainsi que l’introduction au dossier thématique : « À l’épreuve du scandale », Politix, 71/3, 2005, p. 3-7, https://doi.org/10.3917/pox.071.0003
DE DAMPIERRE Eric, « Thèmes pour l’étude du scandale », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 9/3, 1954, p. 328-336, https://doi.org/10.3406/ahess.1954.2291
FOSSIER Arnaud, « Propter vitandum scandalum. Histoire d’une catégorie juridique (XIIe -XVesiècle) », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, 121/2 (2009), p. 317-348. GIRARD René, Celui par qui le scandale arrive, Paris, Hachette, 2006.
LECUPPRE Gilles, « Le scandale : de l’exemple pervers à l’outil politique (XIIIe -XVe siècle) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 181-191.
LETT Didier, Viols d’enfants au Moyen Âge. Genre et pédocriminalité à Bologne, XIVe -XVe siècles, Paris, PUF, 2021.
LEVELEUX-TEIXERA Corinne, « Le droit canonique médiéval et l’horreur du scandale », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, n° 25, 2013, p. 193-211.
NEWBIGIN Nerida, Jousting Alone : Scandal as Social Capital in Renaissance Florence in Nicholas Eckstein, Nicholas Terpstra (éd.), Sociability and its discontents. Civil society, social capital, and their alternatives in Late Medieval and Early Modern Europe, Turnhout, Brepols, 2010, p. 73-86
ORTALLI Gherardo, La pittura infamante. Secoli XIII-XVI, Rome, Viella, 2016.
PERONA Blandine, MOREAU Isabelle, ZANIN Enrica (dir.), Fabrique du scandale et rivalités mémorielles en France et en Europe (1550-1697), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2022.
WERCKMEISTER Jean, « Théologie et droit pénal : autour du scandale », Revue de droit canonique, XXXIX/1-2, mars-juin 1989, p. 93-109.