AccueilSyndicats et organisations professionnelles dans le secteur cinématographique en France
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Publié le jeudi 22 janvier 2026

Résumé

Ce numéro thématique à paraître dans la revue Création Collective au Cinéma se propose de revenir sur le rôle que jouent les syndicats et organisations professionnelles dans l’organisation, les évolutions et les rapports de force au sein du secteur cinématographique en France. Malgré un taux de syndicalisation plus faible qu’aux États-Unis ou au Canada notamment, ces organisations se révèlent nombreuses et très diverses, structurées autour d’une profession, d’un champ artistique ou secteur d’activité et de mots d’ordre ou de lignes politiques distinctes (revendication de l’indépendance, défense de l’Art et Essai, appartenance à des organisations syndicales plus vastes comme la CGT Spectacle, etc.). 

Annonce

Argumentaire

Les syndicats et organisations professionnelles jouent un rôle central dans l’organisation, les évolutions et les rapports de force au sein du secteur cinématographique en France, comme en témoignent les négociations, divergences et luttes des dernières décennies autour des conventions collectives, de l’intermittence ou du droit d’auteur (Pacouret, 2025). Malgré un taux de syndicalisation plus faible qu’aux États-Unis (Fortmueller & Marzola, 2024) ou au Canada notamment, ces organisations se révèlent nombreuses et très diverses, structurées autour d’une profession (chefs opérateurs, scénaristes, distributeurs, etc.), d’un champ artistique ou secteur d’activité (syndicat des producteurs de films d’animation, syndicat de l’édition vidéo numériques, syndicats des producteurs de courts métrages, etc.) et de mots d’ordre ou de lignes politiques distinctes (revendication de l’indépendance, défense de l’Art et Essai, appartenance à des organisations syndicales plus vastes comme la CGT Spectacle, etc.). La diversité de ces organisations atteste des enjeux de la défense des conditions de travail propres aux professions artistiques, entre temporalités spécifiques, incertitude, hiérarchies dues à l’évaluation du talent (Menger, 2009), de la domination économique de certains acteurs et de la reconnaissance progressive de nouveaux champs artistiques. Si les syndicats et organisations professionnelles participent à la formation de leurs membres, aux négociations collectives et aux luttes sociales, ils produisent également de précieuses analyses de l’état de l’industrie ou de l’étude des trajectoires professionnelles de leurs membres, de même qu’ils ont parfois pu lutter d’une manière spécifique au moyen de films militants.

Les travaux existants ont permis de mettre clairement en lumière la manière dont ce point d’entrée est précieux pour enrichir les connaissances existantes sur les conditions de travail dans le secteur cinématographique français à différentes périodes, les rapports de force entre les différents secteurs de la filière et au sein d’un même secteur, ou encore les liens qui se tissent entre syndicats, monde professionnel et pouvoirs publics. La richesse de cette matière transparaît ainsi dans les textes regroupés par Tangui Perron dans L’Écran rouge (2018), dans différents articles parus dans la revue 1895 , ou encore dans des travaux de sociologues du travail artistique . Il s’agit donc d’un poste d’observation particulièrement privilégié de l’évolution des métiers, des techniques, des pratiques et des hiérarchies. Pour autant, si de nombreuses études se sont intéressées aux liens historiques entre cinéma et mouvement ouvrier ou à l’essor de syndicats comme la CGT Spectacle, la période plus contemporaine a été moins étudiée et de nombreux terrains demeurent à explorer.

À la suite de la journée d’étude qui s’est tenue en décembre 2023, ce numéro thématique à paraître dans la revue Création Collective au Cinéma se propose de déplier les différentes échelles auxquelles opèrent ces regroupements professionnels et de documenter leurs modes d’action et activités de façon à mieux comprendre leur rôle et leur positionnement dans le champ français. En particulier, les syndicats et organisations professionnelles représentent des interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics et participent à la défense et à la construction des politiques culturelles en se regroupant autour d’intérêts communs. La proposition commune du BLIC, BLOC et de l’ARP d’un accord sur la chronologie des médias en 2021, visant à défendre le principe de circulation des œuvres cinématographiques et la préservation de son système de financement et prolongé en 2025, l’illustre. Leur capacité ou difficulté à être reconnus par les pouvoirs publics et leur contribution à la définition des orientations du secteur justifient ainsi pleinement d’en faire un véritable objet d’étude de socio-économie du cinéma.

Les propositions pourront s’articuler autour des axes d’études suivants :

1/ La structuration des syndicats et des organisations professionnelles

  • La création de sections dédiées aux métiers du cinéma : d’où viennent ces sections, comment se sont-elles créées ?
  • Les relations avec les fédérations et structures syndicales de rattachement ; les rapports de force entre organisations et syndicats - Les sources orales et archives du syndicalisme

2/ Faire l’histoire et la sociologie des métiers et secteurs d’activité

  • Les syndicats et associations professionnelles comme espace de construction de mondes/ secteurs professionnels
  • La question de l’engagement sociopolitique des organisations professionnelles
  • Les enjeux liés à la qualification professionnelle dans les syndicats et associations professionnelles (carte professionnelle, liste de fonctions, grilles de salaires…)
  • L’étude des productions syndicales tels les livres blancs ou la communication politique (tracts, communiqués de presse, lettres ouvertes…)

3/ L’influence des syndicats et organisations sur les politiques culturelles

  • Les moyens d’action propre au syndicalisme dans les champs artistiques : grève, lobbying, commissions
  • Les enjeux politiques et institutionnels du syndicalisme à des périodes données
  • Le rôle de ces organisations dans les débats et les négociations autour des conventions collectives, du statut de l’intermittence, etc.

Modalités de contribution

Les propositions d’articles sont à envoyer, sous forme de résumés de 500 mots environ et accompagnées d’une courte bio-bibliographie, aux adresses ci-dessous avant le 20 mars 2026.

  • Clémence Allamand (clemence.allamand@univ-montp3.fr)
  • Caroline Guigay (caroline.guigay@univ-paris8.fr)
  • Marie Pruvost-Delaspre (marie.pruvost-delaspre@univ-paris8.fr)

En cas d’accord, les articles finaux, d’une longueur maximale de 50 000 signes et suivant les consignes de la revue, seront attendus pour le 7 décembre 2026.

Modalités d'évaluation

Ils feront ensuite l’objet d’une évaluation en double aveugle.

Coordination du numéro thématique

  • Clémence Allamand (clemence.allamand@univ-montp3.fr)
  • Caroline Guigay (caroline.guigay@univ-paris8.fr)
  • Marie Pruvost-Delaspre (marie.pruvost-delaspre@univ-paris8.fr)

Bibliographie indicative

BOISBEAU Hélène, Le temps de l’engagement. Histoire du mouvement syndical des artistes interprètes (1958-1973), Paris, Presses du Châtelet, 2015.

BORIAUD Charles, « Le syndicalisme à l’épreuve de l’immigration en France dans la première moitié des années trente », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, 2011, no 65, p. 150‑167.

DARRE Yann, Histoire sociale du cinéma français, Paris, La Découverte, 2000, 120 p.

FORTMUELLER Kate et MARZOLA Luci (dir.), Hollywood Unions, New Brunswick, Rutgers University Press, 2024, 356 p.

GIMELLO-MESPLOMB Frédéric, « Le prix de la qualité. L’État et le cinéma français (19601965) », Politix, n° 61, 2003, p. 95-122.

HORNN Gérard, Syndicalisme et service public de la radio-télévision, Paris, L’Harmattan, 1985.

LEFEUVRE Morgan, « Les travailleurs des studios  : modalités d’embauches et conditions de travail (1930-1939) », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, 2011, no 65, p. 122‑149.

MENGER Pierre-Michel, Le travail créateur. S’accomplir dans l’incertain, Paris, Gallimard, 2009.

MONTEBELLO Fabrice, Le cinéma en France depuis les années 1930, Paris, Armand Colin, 2005.

PACOURET Jérôme, Qu’est-ce qu’un auteur de cinéma  ? Arts, pouvoirs et division du travail, Paris, CNRS éditions, 2025, 480 p.

PERRON Tangui (dir.), L’Écran rouge : syndicalisme et cinéma de Gabin à Belmondo, Ivrysur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, 2018.

PERRON Tangui, Tapis rouge et lutte des classes : une autre histoire du festival de Cannes, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, 2024.

THEVENIN Olivier, Sociologie d’une institution cinématographique : la SRF et la Quinzaine des réalisateurs, Paris, L’Harmattan, 2009.

VIGNAUX Valérie, « Le Syndicat des techniciens de la production cinématographique, section des réalisateurs de films », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, 2003, no 40, p. 68‑86.

ZARKA Samuel, « 1981  : une recomposition syndicale dans l’audiovisuel et le cinéma », Le Mouvement social, 2019, no268, p. 81‑99.

ZARKA Samuel, Ces invisibles qui font le cinéma  : Équipes, métiers, monde professionnel, Paris, Presses Universitaires de France, 2025, 330 p.


Dates

  • vendredi 20 mars 2026

Mots-clés

  • économie du cinéma, syndicat, organisation professionnelle, filière cinématographique

Source de l'information

  • Marie Pruvost-Delaspre
    courriel : marie [dot] pruvost-delaspre [at] univ-paris8 [dot] fr

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« Syndicats et organisations professionnelles dans le secteur cinématographique en France », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 22 janvier 2026, https://doi.org/10.58079/15jl1

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