HomeOrdinary justice and everyday policing in colonial context (French Empire, 18th-20th centuries)

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Ordinary justice and everyday policing in colonial context (French Empire, 18th-20th centuries)

Justice ordinaire et police du quotidien en contexte colonial dans l’empire français (XVIIIe -XXe siècle)

*  *  *

Published on Friday, January 30, 2026

Abstract

Justice et police sont des instruments complémentaires aux mains d’une administration coloniale caractérisée par le cumul des pouvoirs judiciaire et exécutif dans l’empire français. Afin de dépasser l’opposition entre l’approche disciplinaire de la domination coloniale centrée sur l’indigénat et ses « réseaux coercitifs » et une histoire sociale de la justice sensible au rapport qu’entretiennent les usagers à l’institution judiciaire en contexte de pluralisme juridique, ce colloque envisage la justice et la police comme des institutions de proximité qui façonnent la vie quotidienne et s’inscrivent dans l’ordinaire des pratiques et des acteurs. 

Justice and policing are complementary instruments in the hands of a colonial administration characterised by the accumulation of judicial and executive powers in the French empire. In order to move beyond the opposition between the disciplinary approach to colonial rule centred on "indigénat" and its “coercive networks” and a social history of justice sensitive to the relationship between users and the judicial institution in a context of legal pluralism, this conference considers justice and policing as local institutions that shape everyday life and are part of actors' ordinary practices. 

Announcement

7-18 septembre 2026
HARTIS-UMR 9028, Université de Lille
Campus Pont-de-Bois, Villeneuve d’Ascq 

Argumentaire

Justice et police sont parfois difficiles à distinguer en contexte colonial, tant ils font figure d’outils interchangeables aux mains d’une administration coloniale caractérisée par le cumul des pouvoirs judiciaire et exécutif. Dans l’empire français, le régime de l’indigénat, dispositif pénal d’exception (Merle, 2004 ; Mann, 2009 ; Merle et Muckle, 2019), est devenu l’exemple paradigmatique de cette confusion des pouvoirs ouvrant la porte à tous les abus. Au-delà de l’indigénat, les « réseaux coercitifs » (Shermann, 2009) ont été étudiés à travers les dispositifs punitifs mis en place dans différents contextes coloniaux (Bernault, 1999 ; Thénault, 2012 ; Piret, 2014 ; Houllemare, 2024). Parallèlement, la notion d’« ordre colonial » a donné lieu à d’importantes publications qui ont mis en évidence non seulement la pluralité des dispositifs – militaires et civils – et des acteurs – autochtones et européens – intervenant dans le maintien de l’ordre, mais aussi les contours spécifiques et paradoxaux que revêt la notion d’ordre en contexte colonial, qui repose sur l’imposition de normes se réclamant d’un processus de « civilisation » mais assure le maintien de la domination coloniale par une « pacification » jamais achevée qui brutalise les sociétés (Blanchard, Deluermoz et Glasman, 2011 ; Blanchard, 2012 ; Denis et Denys, 2012 ; Bat et Courtin, 2012 ; Ginio, 2014). À ces travaux qui font dialoguer spécialistes des forces de l’ordre et nouvelle historiographie des empires coloniaux, il faut ajouter le champ de l’histoire du droit et de la justice où la notion de pluralisme juridique a été mobilisée pour rendre compte de la coexistence d’univers normatifs et de systèmes judiciaires différents (coutumier, musulman, colonial), caractéristique des territoires impériaux (Benton, 2004 ; Roberts, 2013). 

Les travaux publiés depuis une quinzaine d’années font état d’un retard de la production historique sur l’empire français dans ces domaines. Des thèses soutenues ou en cours et des travaux récents se sont emparés de ces questions, sans constituer un domaine de recherche unifié. Le colloque vise à dresser un panorama des travaux récents ou en cours sur ces questions sur l’empire français – sans exclure, à titre de comparaison, les travaux précurseurs menés sur l’empire belge. Il s’agit constituer une arène où pourront dialoguer jeunes chercheurs et chercheurs confirmés, précurseurs et nouveaux venus dans ce domaine, spécialistes d’aires culturelles différentes, modernistes et contemporanéistes.  

Tandis que l’étude des archives de la répression et du maintien de l’ordre (registre des peines infligées au titre de l’indigénat par exemple) met en évidence la dimension coercitive de la domination coloniale, d’autres archives (registres des plaintes et réclamations, registres des jugements des tribunaux indigènes) laissent entrevoir un rapport des populations aux institutions policières et judiciaires plus complexe : en saisissant les autorités locales et les tribunaux, les justiciables deviennent des usagers de la justice (Mann et Roberts, 1991 ; Roberts, 2005 ; Murphy, 2025). Les sources judiciaires constituent d’ailleurs une ressource exceptionnelle pour accéder à des acteurs minorisés, habituellement invisibles dans l’archive coloniale, tels que les femmes, les cadets sociaux, esclaves et dépendants. De nombreux travaux ont ainsi montré la prééminence numérique des femmes parmi les acteurs qui saisissent les juridictions disponibles, en particulier pour obtenir le divorce, reconfigurant ainsi les rapports de genre (Roberts, 1999 ; Rodet, 2007, 2011, 2014 ; Lydon, 2010).

Loin de vouloir opposer ces deux approches, ce colloque vise à repenser les articulations entre « recours à la force » de l’État colonial et « demandes de justice » des habitants (Blanchard, 2017) en contexte colonial en faisant dialoguer les historiens de l’« ordre colonial » et les tenants d’une histoire sociale de la justice. Pour ce faire, la focale sera résolument placée au niveau local, au plus près des acteurs et de leurs pratiques. Justice et police seront envisagées comme des institutions de proximité qui façonnent la vie quotidienne tout autant qu’elles offrent des opportunités de recours pour régler un conflit. Loin des affaires les plus retentissantes, c’est l’ordinaire des vies saisies au prisme de ces deux institutions qui nous intéresse ici.           

Il s’agit donc d’explorer le spectre large de la conflictualité ordinaire des sociétés en contexte colonial, afin d’en dégager les traits marquants. La mise en évidence de la prééminence de certains types de conflits à une époque donnée permet d’identifier des « trouble spots » (Fallers 1969), des tensions qui se traduisent par une conflictualité spécifique à une société en prise avec les transformations sociales occasionnées par la colonisation.

Les cas de saisine ou d’appel adressés à l’administration coloniale nous éclairent souvent, en creux, sur la justice ordinaire, conciliatrice ou punitive qui continue à se rendre en dehors d’elle. L’attention portée au « horschamp indigène » de la domination coloniale (Bertrand, 2008) révèle ainsi des formes de résilience des sociétés, c’est-à-dire leur capacité à se maintenir et à préserver les normes qui règlent les conduites de leurs membres en dehors des langages et des procédures administratives du colonisateur. La question se pose alors de savoir, parmi les conflictualités qui les occupent, quelle est la part qui trouve une solution négociée hors de l’intervention de l’autorité coloniale. Cette question rejoint celle de la place de l’extrajudiciaire dans la résolution des conflits, telle que l’ont posée les historiens de la justice dans les sociétés européenne à l’époque moderne (Garnot, 1996, 2000).

Sans exclure les thématiques déjà bien travaillées à partir des sources judiciaires en contexte colonial, telles que les questions liées au genre, aux conflits de maritalité ou à l’esclavage, il s’agit de donner corps à une histoire du quotidien dans les espaces impériaux, qu’ils soient ruraux ou urbains. Parmi les nombreuses thématiques qui pourront faire l’objet de communications, on peut mentionner, à titre indicatif et sans exclusive : les violences interpersonnelles, les conflits de voisinage, les litiges commerciaux, les héritages disputés, l’honneur et les préséances, la rumeur, la consommation (alimentation, boisson), le vêtement, les usages de l’espace public, l’espace sonore (bruit, musique), les migrations, les questions sanitaires, les animaux, l’accès aux ressources (terres, eau) … 

Les participants sont invités à retracer les modalités de la plainte ou de la requête en fonction des instances auxquelles elles sont adressées, à distinguer des catégories de plaignants, notamment en termes de genre, à identifier les domaines sur lesquels portent les litiges et l’attention que leur accorde l’administration coloniale.

Il s’agira donc de chercher à répondre aux questions suivantes :

À qui se plaint-on ?

Qui se plaint ? 

De quoi se plaint-on ? 

Quelles suites les autorités dotées de pouvoirs de justice ou de police donnent-elles aux demandes de justice ? 

Pour répondre à ces questions, les participants sont invités à inscrire leur communication dans l’un des axes suivants :

  1. Le rapport des usagers à l’institution judiciaire en contexte de pluralisme judiciaire et juridictionnel : modalités de la saisine et du recours ; pétitions, requêtes, plaintes et réclamations ; recours à des porte-parole ou à des écrivains publics ; forum shopping…
  2. La vie sociale au prisme des sources judiciaires : que nous disent les litiges civils et leurs objets de la conflictualité ordinaire qui traverse des sociétés en pleine transformation ?
  3. La réception des demandeurs par les instances coloniales et le traitement des requêtes : qualification et hiérarchisation des plaintes selon leur objet et selon le statut du demandeur ; traduction des cas en termes juridiques ; mise par écrit des dépositions et des jugements ; modalités de la comparution ; recours à des interprètes ; routinisation de l’exercice de la justice par les administrateurs et les « tribunaux indigènes » ; criminalisation des pratiques ordinaires ; persistance de formes de justice conciliatrice hors des instances coloniales.
  4. Les acteurs autochtones du système judiciaire et policier : stratégies de pouvoir ; pratiques ordinaires de coercition ; usages de la force et abus de pouvoir ; radiographie d’un groupe social d’intermédiaires (gardes et policiers, chefs et notables, assesseurs, greffiers…)

Modalités de contribution

Les propositions sont à envoyer à Isabelle Surun (isabelle.surun@univ-lille.fr), au plus tard le vendredi 6 mars 2026.

Elles doivent présenter une contribution inédite reposant sur des sources originales et indiquer l’axe ou les axes dans lesquels elles s’inscrivent. 

Format attendu : 2 000 à 3 000 signes, plus une brève bibliographie et un CV court, en français ou en anglais.

À l’issue du processus de sélection des contributions, une réponse sera envoyée au plus tard le 10 avril 2026.

Les participant.e.s sont invité.e.s à solliciter leur institution de rattachement pour financer leur voyage. L’hébergement, les repas de midi et le dîner du 17 septembre seront pris en charge par l’organisation du colloque. Les voyages pourront être pris en charge dans la limite du budget du colloque, en particulier pour les doctorant.e.s, et les participant.e.s dont l’institution de rattachement ne dispose pas d’un budget de recherche. Il sera possible de participer par visioconférence.

Une première version des communications orales est attendue pour le 1er septembre 2026, à l’intention des discutant.e.s.

Organisation

Isabelle SURUN, HARTIS, ULille, IUF

Comité scientifique

  • Emmanuel BLANCHARD, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Cergy Université
  • Catherine DENYS, HARTIS, ULille
  • Marie HOULLEMARE, Université de Genève
  • Farid LEKÉAL, Centre d’Histoire Judiciaire, ULille 
  • Julie MARQUET, HLLI, ULittoral-Côte d’Opale
  • Gwénael MURPHY, OIES–Océan Indien : Espaces et Sociétés) Université de La Réunion 
  • Bérengère PIRET, Institut de recherche interdisciplinaire Saint-Louis, Université catholique de Louvain Isabelle SURUN, HARTIS, ULille, IUF
  • Sylvie THÉNAULT, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, CNRS, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Bibliographie indicative

Bat J.-P. et Courtin N., Maintenir l’ordre colonial. Afrique et Madagascar, XIXe-XXe siècles, Rennes, PUR, 2012.

Beaujon D., Criminalizing the Casbahs. Policing North Africans in Marseille and Algiers, 1918-1954, Cornell University Press, 2025.

Benton L., Law and Colonial Cultures: Legal Regimes in World History, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, chap. 4, “A Place for the State. Legal Pluralism as a Colonial Project in Bengal and West Africa”, p. 127-166.

Bernault F. (dir.), Enfermement, prison et châtiments en Afrique, du XIXe siècle à nos jours, Paris, Karthala, 1999.

Bertrand R., « Politiques du moment colonial », CERI, Sciences Po, Questions de recherche, n°26, octobre 2008.

Blanchard E. (dir.), « Ordre colonial » Genèses, n° 86, janv. 2012, p. 2-7. 

Blanchard E., Des colonisés ingouvernables : Adresses d’Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 1919-1940,) Paris, Presses de Sciences Po, 2024.

Blanchard E., « Recours à la force et demandes de justice en situation (post-)coloniale », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies [En ligne], Vol. 21, n°2 | 2017.

Blanchard E., Deluermoz Q. et Glasman J., « La professionnalisation policière en situation coloniale :

détour conceptuel et explorations historiographiques », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies, Vol. 15, n°2 | 2011, 33-53. 

Denis V. et Denys C., Polices et empires coloniaux, 18e-19e siècles, Rennes, PUR, 2012. 

Fallers L. A., Law without Precedent: Legal Ideas in Action in the Courts of Colonial Busoga, Chicago, University of Chicago Press, 1969.

Garnot B. (dir.), L'infrajudiciaire du Moyen Age à l'époque contemporaine, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 1996.

Garnot B.  « Justice, infrajustice, parajustice et extra justice dans la France d'Ancien Régime », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies [En ligne], Vol. 4, n°1 | 2000.

Ginio R., “‘Cherchez la femme’: African Gendarmes, Quarrelsome Women, and French Commanders in French West Africa, 1945-1960”, International Journal of African Historical Studies, 47:1, 2014, p. 37-53.

Glasman J., Les corps habillés au Togo. Genèse coloniale des métiers de police, Paris, Karthala, 2014.

Houllemare M., Justices d’empire. La répression dans les colonies françaises au XVIIIe siècle, Paris, PUF, 2024.

Keller K., Colonial Suspects: Suspicion, Imperial Rule, and Colonial Society, University of Nebraska Press, 2018.

Lydon G., “Obtaining Freedom at the Muslims’ Tribunal: Colonial Kadijustiz and Women’s Divorce Litigation in Ndar (Senegal)”, in S. Jeppie, E. Moosa and R. Roberts (eds), Muslim Family Law in Sub-saharan Africa: Colonial Legacies and Post-colonial Challenges, Amsterdam University Press, 2010, p. 135-165. 

Mann G., “What was the Indigénat? The Empire of Law in French West Africa”, Journal of African History, 50, 2009, p. 331-353.

Mann K. et Roberts R. (eds), Law in Colonial Africa, Portsmouth NH, Heinemann, 1991. 

Merle I., « De la “légalisation” de la violence en contexte colonial. Le régime de l’indigénat en question », Politix, Vol. 17, N° 66, 2004-2, p. 137-162.

Merle I. et Muckle A., L’Indigénat. Genèses dans l’empire français, pratiques en Nouvelle Calédonie, Paris, CNRS Éditions, 2019.

Murphy G., Justice et société coloniale. L’exemple de la Nouvelle-Calédonie (années 1850 - années 1940), Presses universitaires de Rennes, 2025.

Piret B., Les cent-mille briques. La prison et les détenus de Stanleyville, Lille, CHJ Éditions, 2014.

Roberts R., “Representation, Structure and Agency: Divorce in the French Soudan During the Early Twentieth Century”, Journal of African History 40, 1999/3, p. 389-410. 

Roberts R., Litigants and Households: African Disputes and Colonial Courts in the French Soudan, 18951912, Portsmouth NH, Heinemann, 2005.

Roberts R., “Law, Crime and Punishment”, in J. Parker and R. Reid (eds), Oxford Handbook of Modern African History, Oxford University Press, 2013, p. 171-188.

Rodet M., « Sexualité, mariage et esclavage au Soudan français à la fin du XIXe siècle », CLIO. Histoire, femmes et sociétés, 33 | 2011, p. 45-64

Rodet M., “‘I Ask for Divorce because my Husband does not let me go back to my country of origin with my brother’: Gender, Family and the End of Slavery in the Region of Kayes, French Sudan, 1890-1920”, in G. Campbell and E. Elbourne, Sex, Power and Slavery, Athens, Ohio University Press, 2014, p. 182-202. 

Rodet M., « Genre, coutumes et droit colonial au Soudan français (1918-1939) », Cahiers d’études africaines [En ligne], 187-188 | 2007. 

Shermann T.C., “Tensions of Colonial Punishment: Perspectives on Recent Developments in the Study of Coercive Networks in Asia, Africa and the Caribbean”, History Compass, 2009, 7/3, p. 659-677.

Thénault S., Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence, Odile Jacob, 2012.

Tiquet R., « Gestion policière et enfermement non pénal : la mise à distance des “fous dangereux” dans le Sénégal colonial », Clio@Themis [En ligne], 23 | 2022.

17-18 September 2026

HARTIS-UMR 9028, Université de Lille

Campus Pont-de-Bois, Villeneuve d’Ascq

Argument

Justice and policing are sometimes difficult to distinguish in a colonial context, as they appear to be interchangeable tools in the hands of a colonial administration characterized by the accumulation of judicial and executive powers. In the French Empire, the “régime de l’indigénat”, an exceptional criminal justice system (Merle, 2004; Mann, 2009; Merle and Muckle, 2019), became the paradigmatic example of this confusion of powers, opening the door to all kinds of abuse. Beyond the indigenous regime, “coercive networks” (Shermann, 2009) have been studied through the punitive measures put in place in various colonial contexts (Bernault, 1999; Thénault, 2012; Piret, 2014; Houllemare, 2014). At the same time, the notion of “colonial order” has given rise to important publications that have highlighted not only the plurality of devices—military and civilian—and actors— indigenous and European—involved in maintaining order, but also the specific and paradoxical contours of the notion of order in a colonial context, which is based on the imposition of norms claiming to be part of a process of “civilization,” but which ensures the maintenance of colonial domination through a never-ending “pacification” that brutalizes societies (Blanchard, Deluermoz and Glasman 2011; Blanchard, 2012; Denis and Denys, 2012; Bat and Courtin, 2012; Ginio, 2014). In addition to these publications, which brings together specialists in police agencies and new imperial history, we must also consider the field of legal history and justice, where the concept of legal pluralism has been used to account for the coexistence of different normative universes and judicial systems (customary, Muslim, colonial), characteristic of imperial territories (Benton, 2004; Roberts, 2013).

Works published over the past fifteen years or so point to a delay in historical production on the French Empire in these fields. PhDs recently defended or still in progress, as well as recent works, have addressed these issues, without constituting a unified field of research. The symposium aims to provide an overview of recent or ongoing work on these issues in the French empire—without excluding, for comparison purposes, pioneering work on the Belgian empire. The goal is to create a forum for dialogue between young and established researchers, pioneers and newcomers to the field, and specialists from different cultural areas.  

While studying archives on repression and policing (such as registers of penalties imposed under “indigénat”) highlights the coercive nature of colonial rule, other archives (registers of complaints and claims, registers of indigenous court judgments) reveal a more complex relationship between the population and police and judicial institutions: by bringing cases before local authorities and courts, litigants become users of the justice system (Mann and Roberts, 1991; Roberts, 2005; Murphy, 2025). Judicial sources are also an exceptional resource for accessing marginalized actors who are usually invisible in colonial archives, such as women, the socially disadvantaged, slaves and dependents. Numerous studies have thus shown the numerical preeminence of women among those who bring cases before the available courts, particularly to obtain divorce, thereby reconfiguring gender relations (Roberts, 1999; Rodet, 2007, 2011, 2014; Lydon, 2010).

Far from seeking to pit these two approaches against each other, this symposium aims to rethink the links between the colonial state's “use of force” and the inhabitants' “demands for justice” (Blanchard, 2017) in a colonial context by bringing together historians of the “colonial order” and proponents of a social history of justice. To this end, the focus will be firmly placed at the local level, as close as possible to the actors and their practices. Justice and policing will be considered as local institutions that shape everyday life as much as they offer opportunities for recourse to resolve conflict. Far from the most high-profile cases, it is the ordinary lives seen through the prism of these two institutions that interest us here.

The aim is therefore to explore the broad spectrum of ordinary conflict in colonial societies in order to identify its salient features. Highlighting the preeminence of certain types of conflicts at a given time allows us to identify “trouble spots” (Fallers 1969), tensions that translate into conflicts specific to a society grappling with the social transformations brought about by colonization.

Cases referred to or appealed to the colonial administration often shed light on the ordinary, conciliatory, or punitive justice that continues to be administered outside of it. The attention paid to the “indigenous off-screen” of colonial rule (Bertrand, 2008) thus reveals forms of resilience in societies, that is, their ability to maintain and preserve the norms that govern the conduct of their members outside the language and administrative procedures of the colonizer. The question then arises as to which of the conflicts that occupy them are resolved through negotiation outside the intervention of the colonial authority. This question ties in with that of the place of extrajudicial means in conflict resolution, as posed by historians of justice in European societies in the modern era (Garnot, 1996, 2000).

Without excluding topics that have already been thoroughly explored based on judicial sources in a colonial context, such as issues related to gender, marital conflicts, or slavery, the aim is to flesh out a history of everyday life in imperial spaces, whether rural or urban. Among the many topics that could be the subject of papers, we can mention, by way of example and without limitation: interpersonal violence, neighborhood conflicts, commercial disputes, disputed inheritances, honor and precedence, rumors, consumption (food, drink), clothing, uses of public space, soundscape (noise, music), migration, health issues, animals, access to resources (land, water), etc. 

Participants are invited to trace the procedures for complaints or requests according to the authorities to which they are addressed, to distinguish between categories of claimants, particularly in terms of gender, to identify the areas covered by disputes and the attention given to them by the colonial administration. 

The aim is therefore to seek answers to the following questions: 

  • Who complains? 
  • To whom? 
  • About what? 
  • How do the authorities with judicial or police powers respond to requests for justice?

To answer these questions, participants are invited to submit proposals that fall within one or several of the following thematic lines:

  1. The relationship between users and the judicial institution in a context of judicial and jurisdictional pluralism: procedures for referral and appeal; petitions, requests, complaints and claims; recourse to spokespersons or public writers; forum shopping.
  2. Social life through the prism of judicial sources: what do civil disputes and their subjects tell us about the ordinary conflicts that run through societies in the midst of transformation?
  3. The reception of applicants by colonial authorities and the processing of requests: classification and prioritization of complaints according to their subject matter and the status of the claimant; translation of cases into legal terms; recording of statements and judgments in writing; procedures for appearing in court; use of interpreters; routine administration of justice by administrators and “indigenous courts”; criminalization of ordinary practices; persistence of forms of conciliatory justice outside colonial authorities.
  4. Indigenous actors in the judicial and police system: power strategies; routine methods of coercion; use of force and abuse of power; analysis of social groups of intermediaries (guards and police agents, chiefs and notables, assessors, clerks, etc.).

Submission guidelines

Proposals should be sent to Isabelle Surun (isabelle.surun@univ-lille.fr) by Friday 6 March 2026 at the latest.

They must present an original contribution based on original sources and indicate the thematic lines to which they relate. 

Expected format: 2,000 to 3,000 characters, plus a brief bibliography and a short CV, in French or English.

Following the selection process, a response will be sent by 10 April 2026 at the latest.

Participants are invited to request funding for their travel expenses from their home institutions. Accommodation, lunches and dinner on 17 September will be covered by the conference organization. Travel expenses may be covered within the limits of the conference budget, particularly for doctoral students and participants whose affiliated institutions do not have a research budget. It will be possible to participate via videoconference.

A first draft of the oral presentations is expected by 1 September 2026, for the benefit of the discussants.

Organisation

Isabelle SURUN, HARTIS, ULille, IUF

Scientific Committee

  • Emmanuel BLANCHARD, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Cergy Université
  • Catherine DENYS, HARTIS, ULille
  • Marie HOULLEMARE, Université de Genève
  • Farid LEKÉAL, Centre d’Histoire Judiciaire, ULille  
  • Julie MARQUET, HLLI, ULittoral-Côte d’Opale
  • Gwénael MURPHY, OIES (Océan Indien : Espaces et Sociétés), Université de La Réunion 
  • Bérengère PIRET, Institut de recherche interdisciplinaire Saint-Louis, Université catholique de Louvain Isabelle SURUN, HARTIS, ULille, IUF
  • Sylvie THÉNAULT, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, CNRS, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Bibliography

Bat J.-P. et Courtin N., Maintenir l’ordre colonial. Afrique et Madagascar, XIXe-XXe siècles, Rennes, PUR, 2012.

Beaujon D., Criminalizing the Casbahs. Policing North Africans in Marseille and Algiers, 1918-1954, Cornell University Press, 2025.

Benton L., Law and Colonial Cultures: Legal Regimes in World History, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, chap. 4, “A Place for the State. Legal Pluralism as a Colonial Project in Bengal and West Africa”, p. 127-166.

Bernault F. (dir.), Enfermement, prison et châtiments en Afrique, du XIXe siècle à nos jours, Paris, Karthala, 1999. - Bertrand R., « Politiques du moment colonial », CERI, Sciences Po, Questions de recherche, n°26, octobre 2008.

Blanchard E. (dir.), « Ordre colonial » Genèses, n° 86, janv. 2012, p. 2-7. 

Blanchard E., Des colonisés ingouvernables : Adresses d’Algériens aux autorités françaises (Akbou, Paris, 19191940,) Paris, Presses de Sciences Po, 2024.

Blanchard E., « Recours à la force et demandes de justice en situation (post-)coloniale », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies [Online], Vol. 21, n°2 | 2017.

Blanchard E., Deluermoz Q. et Glasman J., « La professionnalisation policière en situation coloniale : détour conceptuel et explorations historiographiques », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies, Vol. 15, n°2 | 2011, 33-53. 

Denis V. et Denys C., Polices et empires coloniaux, 18e-19e siècles, Rennes, PUR, 2012. 

Fallers L. A., Law without Precedent: Legal Ideas in Action in the Courts of Colonial Busoga, Chicago, University of Chicago Press, 1969.

Garnot B. (dir.), L'infrajudiciaire du Moyen Age à l'époque contemporaine, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 1996.

Garnot B.  « Justice, infrajustice, parajustice et extra justice dans la France d'Ancien Régime », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies [Online], Vol. 4, n°1 | 2000.

Ginio R., “‘Cherchez la femme’: African Gendarmes, Quarrelsome Women, and French Commanders in French West Africa, 1945-1960”, International Journal of African Historical Studies, 47:1, 2014, p. 37-53. 

Glasman J., Les corps habillés au Togo. Genèse coloniale des métiers de police, Paris, Karthala, 2014.

Houllemare M., Justices d’empire. La répression dans les colonies françaises au XVIIIe siècle, Paris, PUF, 2024.  -Keller K., Colonial Suspects: Suspicion, Imperial Rule, and Colonial Society, University of Nebraska Press, 2018.

Lydon G., “Obtaining Freedom at the Muslims’ Tribunal: Colonial Kadijustiz and Women’s Divorce Litigation in Ndar (Senegal)”, in S. Jeppie, E. Moosa and R. Roberts (eds), Muslim Family Law in Sub-saharan Africa: Colonial Legacies and Post-colonial Challenges, Amsterdam University Press, 2010, p. 135-165. 

Mann G., “What was the Indigénat? The Empire of Law in French West Africa”, Journal of African History, 50, 2009, p. 331-353.

Mann K. and Roberts R. (eds), Law in Colonial Africa, Portsmouth NH, Heinemann, 1991. 

Merle I., « De la “légalisation” de la violence en contexte colonial. Le régime de l’indigénat en question », Politix, Vol. 17, N° 66, 2004-2, p. 137-162.

Merle I. et Muckle A., L’Indigénat. Genèses dans l’empire français, pratiques en Nouvelle Calédonie, Paris, CNRS Éditions, 2019.

Murphy G., Justice et société coloniale. L’exemple de la Nouvelle-Calédonie (années 1850 - années 1940), Presses universitaires de Rennes, 2025.

Piret B., Les cent-mille briques. La prison et les détenus de Stanleyville, Lille, CHJ Editions, 2014.

Roberts R., “Representation, Structure and Agency: Divorce in the French Soudan During the Early Twentieth Century”, Journal of African History 40, 1999/3, p. 389-410. 

Roberts R., Litigants and Households: African Disputes and Colonial Courts in the French Soudan, 1895-1912, Portsmouth NH, Heinemann, 2005.

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Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Friday, March 06, 2026

Keywords

  • justice, police, administration coloniale, histoire sociale, colonial

Contact(s)

  • Isabelle Surun
    courriel : isabelle [dot] surun [at] univ-lille [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Christine AUBRY
    courriel : christine [dot] aubry [at] univ-lille [dot] fr

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Ordinary justice and everyday policing in colonial context (French Empire, 18th-20th centuries) », Call for papers, Calenda, Published on Friday, January 30, 2026, https://doi.org/10.58079/15ld1

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