Announcement
II Congrès international,
Dates et lieux
1, 2, 3 juin 2026, Paris
- INHA (1/06/26)
- Académie du climat (2/06/26)
- Paris 8 Saint-Denis Vincennes (3/06/26)
Argumentaire
Depuis quelques années, la notion d’extractivisme s’ancre dans le vocabulaire des humanités environnementales pour désigner des processus d’appropriation et d’exploitation de ressources naturelles pour alimenter le système capitaliste global. Le phénomène qui consiste à extraire des ressources des sous-sol des pays en périphérie du système capitaliste n’est pas nouveau et certains font remonter les origines de l’extractivisme au fait colonial (Acosta, 2012) et à la division internationale du travail dans le système-monde (Wallerstein, 1974 ; Amin, 1976). Mais alors comment expliquer que ce néologisme ne se soit imposé que très récemment ? Le mot a été forgé dans les années 2010 à un moment où la nouvelle gauche latino-américaine est tiraillée entre des ambitions écologistes post-extractivistes et des projets de développement des économies locales à partir d’une exploitation nationale des ressources naturelles. Largement mobilisé par les penseurs décoloniaux, ce mot s’est répandu au fur et à mesure que les théories critiques d’Amérique Latine faisaient l’objet de réceptions académiques et militantes aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique. Cela dit, si le terme résonne aujourd’hui si fortement c’est aussi parce que depuis une quinzaine d’années l’économie mondiale est particulièrement extractive. De nouvelles formes d’extraction minière sont en plein essor. Celles-ci ne s’intéressent plus seulement à l’or, au cuivre et à l’étain, mais bouleversent de nombreux équilibres écosystémiques et géopolitiques pour extraire coltane, cobalte, lithium, tantale, terres rares et autres minéraux dont dépend le développement de nouvelles technologies de la communication, du transport et de l’énergie dite verte (Izoard, 2024).
L’intérêt que suscitent aujourd’hui les approches en termes d’extractivismes peut également être compris comme une réponse à l’échec des gouvernements dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pendant ces quinze dernières années, malgré la succession annuelle des COP et les mobilisations citoyennes, la communauté internationale n’est pas parvenue à mettre un terme aux émissions de gaz à effet de serre et notamment parce qu’elle s’est bornée à prôner une réduction de la consommation d’énergies fossiles, sans en interdire l’extraction (Kuhne, 2023). Aborder les questions écologiques depuis l’extraction de matières permet de déplacer la focale pour identifier les acteurs qui profitent de la production toujours croissante de combustibles fossiles – charbon, pétrole, gaz – et donc aussi des liens que les systèmes extractivistes entretiennent avec une certaine pratique du pouvoir (Scott, 2017 ; Malm, 2016). Enfin, parler d’extractivismes permet d’ancrer la réflexion sur l’échelle locale en rendant visibles les territoires qui en subissent les conséquences désastreuses et les nouvelles formes de lutte écologiste qui émergent pour les défendre (Svampa, 2019 ; Ouassak, 2023).
En mai 2025, l’Universitat de Lleida et l’Universitat de Barcelona organisaient un premier congrès international « Art contemporani i cultura extractivista ». Cet évènement entendait élaborer un cadre analytique et conceptuel de l’extractivisme, compris non seulement comme un phénomène sectoriel, mais aussi comme un régime historique d’accumulation, de gouvernement et de production de subjectivité. A partir d’un noyau théorique qui articulait colonialisme, modernité et capitalisme global (Harvey, 2003; Mignolo, 2007; Quijano, 2014), ce congrès abordait l’extractivisme comme une logique transversale de dépossession des ressources naturelles, des territoires, des corps, des savoirs et des formes de vie. Il élargissait la définition de l’extractivisme au-delà de l’activité minière et l’industrie des énergies, et proposait une vaste cartographie des extractivismes — naturel, socioculturel, épistémologique, biotechnologique et digital — qui permettait d’analyser la continuité structurelle entre colonialité, capitalisme avancé technosciences contemporaines (Gómez Barris, 2017; Segato, 2013; Mezzadra y Neilson, 2017; Terranova, 2004). Selon cette approche, l’art contemporain apparaissait comme un dispositif critique capable de visibiliser, problématiser et reconfigurer les infrastructures matérielles, symboliques et affectives qui soutiennent l’extractivisme global (Braidotti, 2009; Gudynas, 2014; Acosta y Martínez, 2009).
Axes de l’appel à communication
La deuxième édition de ce congrès, « Arts et littératures face aux extractivismes », qui aura lieu à Paris les 1,2 et 3 juin 2026, propose d’opérer deux déplacements. Un déplacement géographique et linguistique d’abord, détachant la notion d’extractivisme du contexte linguistique hispanophone qui l’a vue naître pour évaluer jusqu’à quel point elle peut résonner avec les réalités des mondes post-coloniaux francophones et anglophones. Ensuite, un déplacement de la frontière disciplinaire pour accueillir, au-delà de l’art contemporain, d’autres champs de la connaissance et de la création. Il s’agit d’élargir aux praticien.nes et spécialistes des arts visuels – cinéma, documentaire, bande dessinée, publicité – et des différentes formes du fait littéraire – écrivain.es, metteur.euses en scène, scénaristes, critiques. Depuis quelques années, des alliances entre les mondes de la recherche dans ces différents domaines donnent lieu à des analyses culturelles fécondes, notamment sur les questions environnementales. Comme « La compañía » (Gerber, 2019) qui est à la fois récit, album photographique et installation, ou le parcours créatif de Sinzo Aanza, qui, de Génalogie d’une banalité (2015) à Plaidoirie pour vendre le Congo (2020), explore successivement le roman, la dramaturgie et les arts visuels, les œuvres qui émergent des contextes extractivistes sont souvent à la croisée de plusieurs disciplines de la création, jouant avec le texte et l’image, l’espace et le temps, l’archive et l’imagination. Il faut se doter d’approches transdisciplinaires et ouvertes pour pouvoir les aborder dans toute leur plénitude. C’est pourquoi nous proposons d’aborder ce congrès autour de trois axes thématiques complémentaires.
I. Arts et littératures dans les cultures extractivistes
En premier lieu, il ne s’agira non seulement de poursuivre l’effort de définition et d’essai de la notion d’extractivisme, mais de mieux comprendre les relations que les arts et les littératures entretiennent avec le fait extractif, de saisir leurs positions relatives dans le champ de forces de l’extractivisme contemporain. En effet, pour certain.es auteur.es, l’histoire de la modernité est celle de l’implantation à l’échelle planétaire de systèmes extractivistes, comme l’économie de plantation (Walvin, 2018), le Plantacionocène (Haraway, Tsing, 2015 ; Ferdinand, 2019) ou les démocraties fossiles (Mitchell, 2011). Selon le groupe de recherche Petrocultures, « les énergies fossiles ont aussi façonné nos valeurs, nos pratiques, nos habitudes, nos croyances et nos manières de sentir ». (Szeman, Badia, 2015) qui s’articuleraient aux constructions sociales les plus intimes, comme le genre (New Dagett, 2023). Pour d’autres, enfin, contrairement à l’extraction, qui désigne uniquement le processus matériel, l’extractivisme serait déjà une culture en soi, un ensemble de dispositifs politiques et idéologiques (Szeman, Wenzel, 2021). Alors, que ce soit par la littérature (Le Ménager, 2015) la publicité ou la photographie (Barricarte, Vindel, 2025) ou les arts visuels (Nesselrod Moncada, 2023), quel rôle jouent les arts et les littératures dans la construction de ces cultures extractivistes ?
II. Arts et littératures comme extractivismes
Dans un deuxième moment, nous verrons que certaines approches des arts et des littératures peuvent apparaître comme des formes d’extractivisme culturel. Dans un article de 2014, Eve Tuck et K. Wayne Yang reviennent sur les problèmes que soulève la recherche-création dans des communautés indigènes périphériques, considérées comme « Autres » par des artistes qui entendent faire des œuvres destinées à des publics hégémoniques (Tuck, Yang, 2014). L’article dessine les contours de ce qu’on pourrait appeler un extractivisme artistique qui aurait quelque chose à voir avec l’extractivisme épistémique et ontologique (Grosfoguel, 2016) ou l’extractivisme culturel (Simpson, Klein, 2012). Plus récemment, la manière dont les musées hégémoniques ou les marchés d’art occidentaux ont spéculé avec les valeurs marchandes de l’art amazonien contemporain peuvent aussi être considérés comme des formes d’extractivisme culturel (Villar, 2025). D’une certaine manière, cela rejoue le geste de la déprédation, l’appropriation et l’extraction des ressources artistiques des peuples colonisés et leur exportation massive vers les collections des musées métropolitains à l’époque des conquêtes coloniales (Sarr, Savoy 2018). Si la question contemporaine des restitutions est l’une des formes de réparer l’extractivisme artistique de l’ère coloniale, reste à savoir ce qu’il reste d’extractif dans les approches contemporaines de l’art et de la littérature et ce que pourrait signifier une recherche-création non extractive (Sebastiani, Veinguer, 2024).
III. Arts et littératures contre (et par-delà) les extractivismes
Enfin, il s’agit de savoir comment et jusqu’à quel point les arts et les littératures peuvent devenir des outils critiques contre les extractivismes. De la description réaliste des rouages des industries minières, puis pétrolières, aux déplacements théoriques et affectifs provoqués par la science-fiction écologiste ou Cli-fi (Puranen, 2022), en passant par l’ensemble d’articulations que les artistes visuels parviennent à nouer avec les luttes territoriales contre les grands projets extractifs (Serafini, Merlinsky, 2020), les arts et les littératures permettent de mieux percevoir et connaître les logiques de l’extractivisme. Reste à savoir où s’arrête le pouvoir d’opposition des arts et des littératures entendus comme armes critiques, et comment ils peuvent s’articuler à d’autres pratiques militantes pour avoir une effectivité politique (Quiroz, 2021). Dans tous les cas, il est certain que le travail des imaginaires en résistance porté par les arts et les littératures contemporaines contribuent à générer l’attente de futurs décroissants par les sobriétés heureuses – une autre manière de dire des avenirs libérés des logiques extractivistes et productivistes. Il y va ainsi non seulement de l’avenir des humanités (Citton, 2010), mais d’un avenir par les humanités.
Modalités de contribution
Les propositions doivent être envoyées (en anglais, français ou espagnol) avant le 30 mars 2026 à l’adresse : extractivisms2@gmail.com
Cet appel s’adresse aussi bien aux chercheuses et chercheurs en sciences environnementales, sciences humaines, arts et littératures, qu’aux curateur.ices, acteur.ices culturelles, artistes et activistes.
Chacune des propositions devra choisir un ou plusieurs des trois axes mentionnés dans l’appel et devra comporter :
- Titre provisoire
- Nom de l’auteur et rattachement scientifique (si c’est le cas)
- Mention de l’axe/des axes choisis
- Brève présentation de la conférence (300 mots maximum, sans compter la bibliographie)
- Brève présentation de l’auteur.e (150 mots maximum)
Les propositions peuvent être présentées en français, anglais et espagnol, langues dans lesquelles se tiendra le colloque.
Échéances
les propositions doivent être envoyées avant le 30 mars 2026 via ce formulaire : https://goo.su/kWjP
Les notifications d’acceptation seront envoyées avant le 13 avril. Le comité organisateur ne peut malheureusement pas prendre en charge les frais de transport et d’hébergement des participant.es.
Modalités du colloque
Les présentations orales se feront en participation présentielle et seront calibrées pour durer vingt minutes maximum. Il peut s’agir également de performances et projections de court-métrages et moyen-métrages.
Critères de sélection
Les propositions seront évaluées par le comité scientifique en fonction des critères suivants: originalité et portée de la proposition, pertinence du sujet, précision et clarté dans la présentation des objectifs, des approches, des méthodologies et des résultats, démarche critique et novatrice.
Pour toute autre question, vous pouvez écrire à extractivisms2@gmail.com
A propos du réseau LAE (Littératures, arts, extractivismes)
Suite au premier congrès « Art contemporain et culture extractiviste » nous avons constitué un groupe de travail pour poursuivre la réflexion autour de la persistance de logiques coloniales dans les processus d’appropriation matérielle et symbolique, tout comme sur les résistances, savoirs et affects qui émergent dans les territoires marqués par la dévastation écologique et sociale.
Nous avons organisé trois séminaires internationaux, en octobre 2025, février 2026 entre Barcelone et Paris, pour ouvrir un espace d’échange entre chercheuses et chercheurs, artistes et activistes, travaillant depuis l’histoire de l’art, la littérature, la sociologie, l’écologie politique, les études décoloniales et les humanités environnementales. Notre groupe veut favoriser une analyse critique des relations entre production culturelle et économies extractives à partir d’un dialogue interdisciplinaire, une compréhension des approches artistiques des formes contemporaines d’extraction. Il s’agit également d’accompagner des pratiques artistiques et scientifiques critiques envers l’expansion du capitalisme global.
Christian Alonso, David Castañer, Fortunata Calabro, Christian Galdón, Alessia Gervasone, Palmira Páramo, Benoît Turquety
Comité d’organisation
Réseau LAE (Literatures, Arts, Extractivisms) :
- Christian Alonso, Universitat de Lleida
- David Castañer, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Fortunata Calabro, Universitat de Barcelona
- Christian Galdón, École Polytechnique, Paris 8
- Alessia Gervasone, Universitat de Barcelona
- Palmira Páramo, Universidad de Guanajuato
- Benoît Turquety, Université Paris 8
Bibliographie
AANZA, Sinzo, 2015, Généalogie d’une banalité, La Roque d’Anthéron, éd. Vents d’ailleurs.
ACOSTA, Alberto, 2012. « Extractivismo y neoextractivismo, dos caras de la misma maldición » in Eco portal, 2012. Disponible sur https://www.ecoportal.net/temas-especiales/contaminacion/extractivismo_y_neoextractivismo_dos_caras_de_la_misma_maldicion/
ACOSTA, Alberto, MARTINEZ, Edgardo, (Ed), 2009. El buen vivir. Una vía para el desarrollo. Quito, Abya-Yala.
AMIN, Samir, 1976. L'Impérialisme et le développement inégal, Paris, éditions de Minuit.
BARRICARTE, Gemma, VINDEL, Jaime, 2025. Aquí hay petróleo, exposition eu Círculo de Bellas Artes, Madrid.
BRAIDOTTI, Rosi, 2009. Transposiciones: Sobre la ética nómada, Barcelona, Gedisa.
CITTON Yves, 2010. L’avenir des humanités, Économie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ?, Paris, La découverte.
FERDINAND, Malcom, 2019. Une écologie décoloniale, Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Paris, Seuil.
GUDYNAS, Eduardo, 2014. Derechos de la naturaleza. Ética biocentrada y políticas ambientales, Lima, Centro Latino Americano de Ecología Social.
GROSFOGUEL, Ramón, 2016. « Del extractivismo económico al extractivismo epistémico y ontológico », in Revista internacional de Comunicación y Desarrollo, n.4, 33-45. https://revistas.usc.gal/index.php/ricd/article/view/3295
GOMEZ-BARRIS, Macarena, 2017. The extractive zone: Social ecologies and decolonial perspectives. Durham / London, Duke University Press.
GERBER BICECCI, Verónica, 2019. La compañía, Ciudad de México, Pepitas.
HARAWAY Donna et al., 2016. « Anthropologists Are Talking – About the Anthropocene », Ethnos, vol. 81, n°3, p. 535-564.
HARVEY, David, 2003. The new imperialism, Oxford, Oxford University Press.
IZOARD, Celia, 2024. La ruée manière au XXIème siècle. Enquête sur les métaux à l’ère de la transition, Paris, Seuil.
KÜHNE, Kjell, 2023. Defusing carbon bombs – Analysing activism to keep fossil fuels in the ground. PhD thesis, University of Leeds.
LE MENAGER, Stéphanie, 2015. Living Oil: Petroleum culture in the American Century, Oxford, Oxford University Press.
Andreas, 2016. Fossil capital : The Rise of Steam Power and the Roots of Global Warming, London, Verso.
MEZZADRA, Sandro; NELSON, Brett, 2017. «On the Multiple Frontiers of Extraction: Excavating Contemporary Capitalism». Cultural Studies, 2017, disponible sur : http://dx.doi.org/10.1080/09502386.2017.1303425
MITCHELL, Timothy, 2011. Carbon democracy, political power in the age of oil, London, Verso.
MIGNOLO, Walter, 2007. La idea de América Latina: La herida colonial y la opción decolonial, Barcelona: Gedisa.
NESSELRODE MONCADA, Sean, 2023. Refined Material: Petroculture and Modernity in Venezuela, Oakland: University of California Press.
NEW DAGETT, Cara, 2023, « Pétromasculinités », Paris, La Découverte.
OUASSAK, Fatima, 2023. Pour une écologie pirate, et nous serons libres, Paris, éd. la Découverte.
PURANEN, Emma Johanna, 2022. «The ethics of extractivism in science fiction», in Strange Horizons, disponible sur https://strangehorizons.com/wordpress/non-fiction/the-ethics-of-extractivism-in-science-fiction/
QUIJANO, Aníbal, 2014. Colonialidad del poder, eurocentrismo y América Latina». En: Quijano, A. Cuestiones y horizontes: De la dependencia histórico-estructural a la colonialidad/descolonialidad del poder. Buenos Aires: Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales
QUIROZ, Lissell (dir.), 2021. Féminismes et artivisme dans les Amériques, xxe-xxie siècles, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre.
SARR Felwin, SAVOY Bénédicte, 2018. Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, Vers une nouvele éthique relationnelle, Paris, éd. Philippe Rey.
SCOTT, James C. 2017. Against the Grain. A Deep History of the Earliest States, London, Yale University Press.
SEGATO, Rita, 2013. La crítica de la colonialidad en ocho ensayos, Buenos Aires, Prometeo.
SERAFINI Paula, MERLINSKY, Gabriela, 2020. Arte y ecología política, Buenos Aires: Clacso. Disponible sur https://biblioteca.clacso.edu.ar/Argentina/iigg-uba/20200827030621/Arte-ecologia-politica.pdf
SIMPSON, Lianne, KLEIN Naomi, 2012. «Dancing the World into Being: A Conversation with Idle No More’s Leanne Simpson », Yes! magazine, 03/06/2013 https://www.yesmagazine.org/social-justice/2013/03/06/dancing-the-world-into-being-a-conversation-with-idle-no-more-leanne-simpson
SVAMPA, Maristella, 2019. Neo-Extractivism in Latin America, Socio-environmental Conflicts, the Territorial Turn, and New Political Narratives, Cambridge University Press,
SZEMAN, Imre, BADIA Lynn (et al.) 2015. After Oil, Petrocultures research group, University of Alberta.
SZEMAN, Imre WENZEL, Jennifer, 2021. « What do we talk about when we talk about extractivism? » in Textual Practice 35 (3). https://doi.org/10.1080/0950236X.2021.1889829
TERRANOVA, Tiziana, 2004. Network culture politics for the information age, Londres / Ann Arbor: Pluto
TUCK Eve, YANG Wayne, 2014. « R-words: Refusing Research » in Humanizing research: Decolonizing qualitative inquiry with youth and communities, disponible sur https://static1.squarespace.com/static/557744ffe4b013bae3b7af63/t/557f2ee5e4b0220eff4ae4b5/1434398437409/Tuck+and+Yang+R+Words_Refusing+Research.pdf
VILLAR, Alfredo, 2025, « Sara flores, un cuento de hadas neo (colonial) » in Artishock, disponible https://artishockrevista.com/author/alfredo-villar/$
WALLERSTEIN, Immanuel, 1974. The Modern World-System, I, Capitalist Agriculture and the Origins of the European World-Economy in the Sixteenth Century, New York, Academic Press.
2nd International Conference
Dates and locations
Dates: 1, 2, and 3 June 2026 Venues:
- INHA – Institut National d’Histoire de l’Art
- Académie du Climat
- Université Paris 8 | Vincennes – Saint-Denis
Argument
The concept of extractivism has recently become widespread in the vocabulary of the environmental humanities to designate processes of appropriation and exploitation of natural resources in order to sustain the global capitalist system. The phenomenon of extracting resources from the subsoil of peripheral countries is not new, and some scholars trace the origins of extractivism back to the colonial period (Acosta, 2012) and to the international division of labour within the world-system (Wallerstein, 1974; Amin, 1976). How, then, can we explain the recent visibility of this neologism?
The term emerged in the 2010s, at a moment when the Latin American New Left was caught between post-extractivist ecological ambitions and development projects based on the national exploitation of natural resources. Widely used by decolonial thinkers, the term spread as critical theories from Latin America were increasingly received—academically and politically—in the United States, Europe, and Africa. That said, the resonance of the term today is also due to the fact that, over the past two decades, the global economy has become particularly extractive. New forms of mining have emerged that no longer focus solely on gold, copper, or tin, but disrupt multiple ecosystemic and geopolitical balances in order to extract coltan, cobalt, lithium, tantalum, rare earths, and other minerals upon which the development of new communication, transport, and supposedly green energy technologies depends.
The current interest in extractivist frameworks can also be understood as a response to governmental failures in addressing global warming. Over the past fifteen years, despite the annual succession of COP meetings and widespread civic mobilisations, the international community has failed to halt greenhouse gas emissions—particularly because efforts have focused on reducing fossil fuel consumption without banning their extraction (Kühne, 2023). Approaching ecological issues from the perspective of raw material extraction allows for a shift in focus, making it possible to identify the actors who benefit from the ever-increasing production of fossil fuels—coal, oil, gas— and, consequently, the links between extractivist systems and specific forms of power (Scott, 2017; Malm, 2016). Finally, speaking of extractivisms enables reflection at a local scale, rendering visible the territories that suffer their devastating consequences and the new forms of ecological struggle that arise to defend them (Svampa, 2019; Ouassak, 2023).
In May 2025, the first international conference “Contemporary Art and Extractivist Culture” took place at the University of Lleida and the University of Barcelona. This initial gathering made it possible to develop an analytical and conceptual framework for extractivism, conceived not as a sectoral phenomenon but as a historical regime of accumulation, governance, and subjectivity production. Drawing on a genealogy linking colonialism, modernity, and global capitalism (Harvey, 2003; Mignolo, 2007; Quijano, 2014), the conference approached extractivism as a transversal logic of dispossession articulating the exploitation of natural resources, territories, bodies, knowledge, and forms of life. Rather than reducing extractivism to mining or the energy industry, the first edition proposed an expanded cartography of extractivisms—natural, sociocultural, epistemological, biotechnological, and digital—allowing for an analysis of the structural continuity between coloniality, advanced capitalism, and contemporary technosciences (Gómez-Barris, 2017; Segato, 2013; Mezzadra & Neilson, 2017; Terranova, 2004). From this perspective, contemporary art was approached as a critical and epistemological dispositif capable of rendering visible, problematising, and reconfiguring the material, symbolic, and affective infrastructures sustaining global extractivism (Braidotti, 2009; Gudynas, 2014; Acosta & Martínez, 2009).
Axes of the Conference
The second edition of the conference, “Arts and Literatures Facing Extractivisms,” to be held in Paris on 1, 2, and 3 June 2026, proposes two shifts.
First, a geographical and linguistic shift, detaching the concept of extractivism from the Spanish-speaking cultural context in which it emerged, in order to assess the extent to which it resonates with the realities and theoretical developments of Francophone and Anglophone postcolonial worlds.
Second, a disciplinary shift, extending beyond contemporary art to include other fields of knowledge and creation. The aim is to broaden the scope to professionals and specialists in the visual arts—cinema, documentary, comics, advertising—as well as various forms of literary practice—writers, directors, screenwriters, critics. In recent years, collaborations among researchers in these fields have generated fruitful cultural analyses, particularly around environmental issues. As seen in La compañía by Verónica Gerber (2019), which functions simultaneously as novel, photographic album, and installation, or in the trajectory of Sinzo Aanza, who—from Généalogie d’une banalité (2015) to Plaidoirie pour vendre le Congo (2020)—successively explores the novel, dramaturgy, and visual arts, works emerging from extractivist contexts often exist at the intersection of multiple creative disciplines, playing with text and image, space and time, archive and imagination. Addressing them in their full complexity requires open, transdisciplinary approaches.
For this reason, the conference is structured around three complementary axes:
I. Arts and Literatures in Extractivist Cultures
This axis aims not only to further define and test the concept of extractivism, but also to deepen our understanding of the relationships that arts and literatures maintain with extractive processes, and to grasp their relative positions within the contemporary extractivist field of forces. For some scholars, the history of modernity is the history of the planetary implantation of extractivist systems such as the plantation economy (Walvin, 2018), the Plantationocene (Haraway & Tsing, 2015; Ferdinand, 2019), or fossil democracies (Mitchell, 2011). According to the Petrocultures research group, “fossil fuels have also shaped our values, practices, habits, beliefs, and ways of feeling” (Szeman & Badia, 2015), shaping even intimate social constructions such as gender (Daggett, 2023). Others argue that, unlike extraction—which refers strictly to a material process—extractivism constitutes a culture in itself, a set of political and ideological dispositifs (Szeman & Wenzel, 2021). From literary constructions of extractive modernity (Le Menager, 2015) to advertising and photography (Barricarte & Vindel, 2025), and visual arts (Nesselrod Moncada, 2023), what role do arts and literatures play in shaping extractivist cultures?
II. Arts and Literatures as Extractivisms
The second axis focuses on how certain artistic and literary approaches may themselves be described as forms of cultural extractivism. In their 2014 article “Refusing Research,” Eve Tuck and K. Wayne Yang address the problems raised by research-creation practices in peripheral Indigenous communities considered “other” by artists producing works for hegemonic audiences. The article outlines what might be termed artistic extractivism, related to epistemic and ontological extractivism (Grosfoguel, 2016) or cultural extractivism (Simpson & Klein, 2012). More recently, the ways in which hegemonic museums or Western art markets have speculated on the commercial value of contemporary Amazonian art can also be understood as forms of cultural extractivism (Villar, 2025). In many respects, this reproduces colonial-era gestures of predation, appropriation, and extraction of artistic resources from colonised peoples, followed by their massive export to metropolitan museum collections (Sarr & Savoy, 2018). While contemporary debates on restitution represent one way of repairing colonial artistic extractivism, questions remain regarding what extractive dimensions persist in contemporary art and literary practices, and what a non-extractivist research-creation approach might entail (Sebastiani & Veinguer, 2024).
III. Arts and Literatures Against Extractivisms—and Beyond
Finally, the third axis examines how and to what extent arts and literatures can function as critical tools against extractivism. From realist depictions of the mechanisms of mining and oil industries (Le Menager), to the affective and theoretical displacements produced by ecological science fiction or cli-fi (Puranen, 2022), and to the articulations that visual artists establish with territorial struggles against large-scale extractive projects (Serafini & Merlinsky, 2020), arts and literatures allow us to better perceive and understand extractivist logics. What remains to be seen is the extent of their oppositional capacity when understood as critical weapons, and how they may be articulated with activist practices to achieve political effectiveness (Quiroz, 2021). In any case, resistant imaginaries undoubtedly play a decisive role in imagining futures of degrowth and “happy sobriety”—a positive way of describing a future liberated from extractivist and productivist logics. This may contribute not only to a future for the humanities (Citton, 2010), but also to a future through the humanities.Submission Guidelines
Submission guidelines
Proposals should be sent to: extractivisms2@gmail.com before 30/03/2026
We invite researchers in environmental sciences, social sciences, humanities, and arts. Proposals from curators, cultural managers, artists, and activists are also very welcome.
Each proposal must address one or more of the three axes and include:
- Provisional title
- Author’s name and institutional affiliation (if applicable)
- Indication of the selected axis or axes
- Abstract (maximum 300 words, excluding bibliography)
- Short author biography (maximum 150 words)
Proposals may be submitted in French, English, or Spanish, languages in which the conference will be held.
- Submission deadline: 30 March 2026
- Notification of acceptance before 13 April 2026
Travel and accommodation expenses cannot be covered by the organization
Conference format: the conference is a full face-to-face event but welcomes different ways of participating:
- Oral presentations of 20 minutes maximum
- Performances
- Film presentations
Organising Committee
LAE Network (Literatures, Arts, Extractivisms)
- Christian Alonso, University of Lleida
- David Castañer, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Fortunata Calabro, University of Barcelona
- Christian Galdón, École Polytechnique, Paris 8
- Alessia Gervasone, University of Barcelona
- Benoît Turquety, Université Paris 8
Selection Criteria
Proposals will be evaluated by the scientific committee according to the following criteria: originality and scope of the proposal; relevance of the topic; clarity and precision in the presentation of objectives, approaches, methodologies, and expected outcomes; and critical and innovative perspective.
For further information, please contact: extractivisms2@gmail.com
About the LAE Network (Literatures, Arts, Extractivisms)
Following the first conference “Contemporary Art and Extractivist Culture,” we formed a working group to continue exploring the persistence of colonial logics in processes of material and symbolic appropriation, as well as the forms of resistance, knowledge, and emotions emerging in territories marked by ecological and social devastation. We organised two international seminars, in October 2025 and February 2026 in Barcelona, to create a space for exchange among researchers, artists, and activists working in art history, literature, sociology, political ecology, decolonial studies, and environmental humanities. The LAE network seeks to promote critical analysis of the relationship between cultural production and extractive economies through interdisciplinary dialogue and to support critical artistic and scientific practices in the face of global capitalist expansion.
References
AANZA, Sinzo Aanza, 2015, Généalogie d’une banalité, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs.
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Fechas y sedes
Fechas: 1, 2 y 3 de junio 2026
Sedes:
- INHA Institut National d'Histoire de l'Art;
- Académie du Climat;
- Université Paris 8 | Vincennes - Saint-Denis.
Argumentos
El concepto de extractivismo se ha impuesto últimamente en el vocabulario de las humanidades medioambientales para designar los procesos de apropiación y explotación de los recursos naturales con el fin de alimentar el sistema capitalista global. El fenómeno que consiste en extraer recursos del subsuelo de los países periféricos no es nuevo y algunos consideran que los orígenes del extractivismo se remontan a la época colonial (Acosta, 2012) y a la división internacional del trabajo en el sistema-mundo (Wallerstein, 1974; Amin, 1976). Pero entonces, ¿cómo explicar la visibilidad reciente de este neologismo?
La palabra se acuñó en la década de 2010, en un momento en que la nueva izquierda latinoamericana se debatía entre las ambiciones ecologistas postextractivistas y los proyectos de desarrollo de las economías locales a partir de la explotación nacional de los recursos naturales. Ampliamente utilizado por los pensadores decoloniales, este término se extendió a medida que las teorías críticas de América Latina eran objeto de recepciones académicas y militantes en Estados Unidos, Europa y África. Dicho esto, si el término tiene hoy tanta resonancia es también porque, desde hace dos décadas, la economía mundial es particularmente extractiva. Están surgiendo nuevas formas de minería que no se centran únicamente en el oro, el cobre y el estaño, sino que alteran numerosos equilibrios ecosistémicos y geopolíticos para extraer coltán, cobalto, litio, tantalio, tierras raras y otros minerales de los que depende el desarrollo de nuevas tecnologías de la comunicación, el transporte y la energía supuestamente verde.
El interés que suscitan hoy en día los enfoques en términos de extractivismo también puede entenderse como una respuesta al fracaso de los gobiernos en la lucha contra el calentamiento global. Durante los últimos quince años, a pesar de la sucesión anual de las COP y de las movilizaciones ciudadanas, la comunidad internacional no ha logrado poner fin a las emisiones de gases de efecto invernadero, en particular porque se ha limitado a proponer una reducción del consumo de energías fósiles, sin prohibir su extracción (Kuhne, 2023). Abordar las cuestiones ecológicas desde la extracción de materias primas permite cambiar el enfoque para identificar a los actores que se benefician de la producción cada vez mayor de combustibles fósiles — carbón, petróleo, gas— y, por lo tanto, también los vínculos que los sistemas extractivistas mantienen con ciertas prácticas de poder (Scott, 2017 ; Malm, 2016). Por último, hablar de extractivismos permite situar la reflexión a escala local, visibilizando los territorios que sufren sus desastrosas consecuencias y las nuevas formas de lucha ecologista que surgen para defenderlos (Svampa, 2019 ; Ouassak, 2023).
En mayo del 2025 tuvo lugar en la Universitat de Lleida y en la Universitat de Barcelona el primer congreso internacional «Arte contemporáneo y cultura extractivista». Este primer encuentro permitió elaborar un marco analítico y conceptual del extractivismo, concebido no como un fenómeno sectorial, sino como un régimen histórico de acumulación, gobierno y producción de subjetividad. A partir de una genealogía que enlaza colonialismo, modernidad y capitalismo global (Harvey, 2003; Mignolo, 2007; Quijano, 2014), el congreso abordó el extractivismo como una lógica transversal de desposesión que articula la explotación de recursos naturales, territorios, cuerpos, saberes y formas de vida. En lugar de reducirlo a la actividad minera o a la industria energética, la primera edición propuso una cartografía expandida de los extractivismos —natural, sociocultural, epistemológico, biotecnológico y digital— que permitió analizar la continuidad estructural entre colonialidad, capitalismo avanzado y tecnociencias contemporáneas (Gómez Barris, 2017; Segato, 2013; Mezzadra y Neilson, 2017; Terranova, 2004). Desde esta perspectiva, el arte contemporáneo fue abordado como un dispositivo crítico y epistemológico capaz de hacer visibles, problematizar y reconfigurar las infraestructuras materiales, simbólicas y afectivas que sostienen el extractivismo global (Braidotti, 2009; Gudynas, 2014; Acosta y Martínez, 2009).
Ejes del congreso
La segunda edición de este congreso, «Artes y literaturas frente a los extractivismos», que se celebrará en París los días 1, 2 y 3 de junio de 2026, propone realizar dos desplazamientos.
En primer lugar, un desplazamiento geográfico y lingüístico, desvinculando el concepto de extractivismo del contexto cultural hispanohablante en el que surgió, para evaluar hasta qué punto puede resonar con las realidades y los desarrollos teóricos de los mundos poscoloniales francófonos y anglófonos.
En segundo lugar, un desplazamiento de la frontera disciplinaria para acoger, más allá del arte contemporáneo, otros campos del conocimiento y la creación. Se trata de ampliar el ámbito a los profesionales y especialistas de las artes visuales —cine, documental, cómic, publicidad— y de las diferentes formas del hecho literario — escritores, directores, guionistas, críticos. Desde hace algunos años, las colaboraciones entre los investigadores de estos ámbitos dan lugar a fructíferos análisis culturales, especialmente sobre cuestiones medioambientales. Como lo podemos ver en La compañía de Verónica Gerber (2019), que es a la vez novela, álbum fotográfico e instalación, o en la trayectoria de Sinzo Anza, que, desde Génalogie d’une banalité (2015) hasta Plaidoirie pour vendre le Congo (2020), explora sucesivamente la novela, la dramaturgia y las artes visuales, las obras que surgen de contextos extractivistas se encuentran a menudo en la encrucijada de varias disciplinas creativas, jugando con el texto y la imagen, el espacio y el tiempo, el archivo y la imaginación. Es necesario adoptar enfoques transdisciplinarios y abiertos para poder abordarlas en toda su plenitud.
Por todo ello hemos decidido estructurar el congreso en tres ejes complementarios:
I. Artes y literaturas en culturas extractivistas.
En el primero, no solo se tratará de continuar con el esfuerzo de definir y poner a prueba el concepto de extractivismo, sino también de comprender mejor las relaciones que las artes y las literaturas mantienen con el hecho extractivo, de captar sus posiciones relativas en ese campo de fuerzas que es el extractivismo contemporáneo. De hecho, para algunos autores, la historia de la modernidad es la de la implantación a escala planetaria de sistemas extractivistas, como la economía de plantación (Walvin, 2018), el Plantacionoceno (Haraway, Tsing, 2015 ; Ferdinand, 2019) o las democracias fósiles (Mitchell, 2011). Según el grupo de investigación Petrocultures, «las energías fósiles también han moldeado nuestros valores, nuestras prácticas, nuestros hábitos, nuestras creencias y nuestras formas de sentir» (Szeman, Badia, 2015), formas y prácticas que se articularían con las construcciones sociales más íntimas, como el género (New Dagett, 2023). Para otros, finalmente, a diferencia de la extracción, que se refiere únicamente al proceso material, el extractivismo ya sería una cultura en sí misma, un conjunto de dispositivos políticos e ideológicos (Szeman, Wenzel, 2021). Entonces, desde la construcción de imaginarios de la modernidad extractiva a través de la literatura (Le Ménager, 2015), hasta la publicidad o la fotografía (Barricarte,Vindel, 2025) pasando por las artes visuales (Nesselrod Moncada, 2023), ¿qué papel desempeñan las artes y las literaturas en la construcción de estas culturas extractivistas?
II. Artes y literaturas como extractivismos.
En el segundo eje nos centraremos en cómo algunos enfoques de las artes y las literaturas pueden ser descritos como formas de extractivismo cultural. En su artículo de 2014, “Refusing Research”, Eve Tuck y K. Wayne Yang abordan los problemas que plantea la investigación-creación en comunidades indígenas periféricas, consideradas «otras» por artistas que pretenden crear obras destinadas a públicos hegemónicos. El artículo esboza lo que podríamos llamar un extractivismo artístico que tendría algo que ver con el extractivismo epistémico y ontológico (Grosfoguel, 2016) o el extractivismo cultural (Simpson, Klein, 2012). Más recientemente, la forma en que los museos hegemónicos o los mercados de arte occidentales han especulado con los valores comerciales del arte amazónico contemporáneo también puede considerarse una forma de extractivismo cultural (Villar, 2025). En cierto modo, esto reproduce el gesto de depredación, apropiación y extracción de los recursos artísticos de los pueblos colonizados y su exportación masiva a las colecciones de los museos metropolitanos en la época de las conquistas coloniales (Sarr, Savoy, 2018). Si la cuestión contemporánea de las restituciones es una de las formas de reparar el extractivismo artístico de la era colonial, queda por ver qué queda de extractivo en los enfoques contemporáneos del arte y la literatura y qué podría significar una investigación-creación no extractivista (Sebastiani, Veinguer, 2024).
III. Artes y literaturas contra extractivismos y más allá de ellos.
Por último, en el tercero de los ejes, trataremos de indagar en cómo y hasta qué punto las artes y las literaturas pueden convertirse en herramientas críticas contra el extractivismo. Desde la descripción realista de los engranajes de las industrias mineras y petroleras (Le Ménager), pasando por los desplazamientos teóricos y afectivos provocados por la ciencia ficción ecologista o Cli-fi (Puranen, 2022), hasta el conjunto de articulaciones que los artistas visuales logran establecer con las luchas territoriales contra los grandes proyectos extractivos (Serafini, Merlinsky, 2020), las artes y las literaturas permiten percibir y conocer mejor las lógicas del extractivismo. Queda por saber hasta dónde llega la capacidad oposición de las artes y
las literaturas entendidas como armas críticas, y cómo pueden articularse con otras prácticas activistas para tener una eficacia política (Quiroz, 2021). En cualquier caso, es indudable que los imaginarios en resistencia pueden desempeñar un papel determinante para crear futuros en decrecimiento y sobriedades dichosas – que es otra manera, positiva, de describir el futuro liberado de las lógicas extractivistas y productivistas. Lo que puede llevar a promover no solamente un futuro para las humanidades (Citton, 2010), sino también un futuro a través de las humanidades.
Modalidades de ponencias
Las propuestas deberán mandarse a: extractivisms2@gmail.com antes del 30.03.2026.
Convocamos a investigadores e investigadoras en ciencias medioambientales, ciencias sociales, humanidades y artes. Serán bienvenidas propuestas por parte de curadores, gestores culturales, artistas y activistas.
Cada propuesta deberá elegir uno o varios de los tres ejes mencionados en la convocatoria y deberá incluir:
- Título provisional.
- Nombre del autor y afiliación científica (si cabe).
- Mención del eje o ejes elegidos.
- Breve presentación de la conferencia (300 palabras como máximo, sin contar la bibliografía).
- Breve presentación del autor (150 palabras como máximo).
Las propuestas pueden presentarse en francés, inglés y en castellano, lenguas en las que se celebrará el congreso.
Deben enviarse a la siguiente dirección: extractivisms2@gmail.com. Plazos: las propuestas deben enviarse antes del 30 de marzo de 2026. Las notificaciones de aceptación se enviarán antes del 13 de abril de 2026. Los gastos de desplazamiento y alojamiento no pueden ser cubiertos por la organización.
Modalidades del congreso
Las presentaciones se realizarán de forma presencial. Las modalidades incluyen:
- Presentación oral. La duración será de 20 minutos.
- Presentaciones performativas.
- Proyección de cortos y mediometrajes.
Criterios de selección
Las propuestas serán evaluadas por el comité científico en función de los siguientes criterios: originalidad y alcance de la propuesta; pertinencia del tema; precisión y claridad en la presentación de los objetivos; enfoques, metodologías y resultados; enfoque crítico e innovador.
Para cualquier otra pregunta, puede escribir a extractivisms2@gmail.com.
Acerca de la red LAE (Literaturas, Artes, Extractivismos)
Tras el primer congreso «Arte Contemporáneo y Cultura Extractivista», formamos un grupo de trabajo para continuar explorando la persistencia de las lógicas coloniales en los procesos de apropiación material y simbólica, así como las resistencias, los conocimientos y las emociones que emergen en territorios marcados por la devastación ecológica y social. El grupo organizó dos seminarios internacionales, en octubre de 2025 y febrero de 2026, en Barcelona, con el objetivo de crear un espacio de intercambio entre investigadores, artistas y activistas que trabajan en historia del arte, literatura, sociología, ecología, economía, estudios decoloniales y humanidades ambientales. La red LAE busca promover un análisis crítico de la relación entre la producción cultural y las economías extractivas a través del diálogo interdisciplinario y la comprensión de los enfoques artísticos sobre las formas contemporáneas de extracción. Asimismo, busca apoyar prácticas artísticas y científicas críticas frente a la expansión del capitalismo global.
Comité organizador
Red LAE (Literaturas, Artes, Extractivismos) :
- Christian Alonso, Universitat de Lleida.
- David Castañer, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
- Fortunata Calabro, Universitat de Barcelona.
- Christian Galdón, École Polytechnique, Paris 8.
- Alessia Gervasone, Universitat de Barcelona.
- Palmira Páramo, Universidad de Guanajuato.
- Benoît Turquety, Université Paris 8.
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