Página inicialLes habitants en assemblées (Europe, XIIe-XVIIIe siècle)
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Publicado quarta-feira, 18 de fevereiro de 2026

Resumo

Ce colloque international a pour but d’éclairer la place des assemblées d’habitants de la fin du Moyen Âge. À l’écart, en collaboration ou en opposition avec les gouvernements communaux, les assemblées d’habitants ont parfois été définies comme des lieux d’une « démocratie médiévale » en réunissant les chefs de famille d’un même lieu. Cette question permet d’aborder le rôle des assemblées au Moyen Âge et de la participation politique, et ainsi de renouveler notre compréhension des interactions entre gouvernement local et participation citoyenne médiévale. La dimension militaire de ces assemblées, de même que leur définition dans les textes juridiques et politiques pourront également être approfondies.

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Argumentaire

Les assemblées d’habitants occupent une place centrale, mais encore méconnue dans le gouvernement des villages et des villes de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne. Parfois considérées comme les prémices de l’organisation des communautés à l’origine des conseils ou de l’existence d’élus permanents[1], elles ont perduré jusqu’à l’époque moderne en certains lieux, alors que l’administration des villages et des villes se fondait sur une coopération croissante des représentants communaux avec le seigneur, le prince et leurs officiers. À l’écart, en collaboration ou en opposition avec les représentants communaux, les assemblées d’habitants ont dans certains cas été définies comme les lieux d’une «  démocratie médiévale[2]  », ou du moins comme les signes d’un grand dynamisme des pratiques d’assemblées dans la vie communale.

  Les habitants (ou une partie d’entre eux) se réunissent fréquemment, à l’échelle du quartier, de la paroisse, de la fabrique, du métier, du village ou de la ville, donnant lieu à des assemblées d’envergures variables à l’échelle de la communauté[3]. Les assemblées peuvent en outre être instituées et considérées comme légitimes (arengo, concio ou parlement public) ou encore spontanées voire condamnées par les autorités. Nos réflexions se consacrent donc à ces réunions rassemblant un nombre conséquent d’individus liés par leur appartenance à un même lieu[4], afin de débattre de questions communes. En sont exclus les différents organes représentatifs, notamment les conseils communautaires, y compris dans une forme élargie par l’invitation d’individus extérieurs.

Alors que se structurent les gouvernements urbains et les États, dans un contexte de croissance et de reflux démographiques et économiques ainsi que de transformations sociales et documentaires, cette étude conçoit les assemblées d’habitants dans le cadre d’une vaste Europe occidentale (Péninsules italienne et ibérique, France, Flandre, Saint-Empire, Scandinavie et Îles Britanniques). A distance des considérations historiographiques qui en font un instrument politique entre les mains d’une élite communale voire une chambre de validation des décisions royales, princières ou seigneuriales, il nous a semblé important de réévaluer la réalité de ces assemblées d’habitants, tout en éclairant leurs spécificités par rapport aux autres acteurs du gouvernement des communautés. Ces réflexions permettent ainsi de réintroduire ces assemblées au cœur des questionnements, alors que très récemment, une attention nouvelle portée aux pratiques politiques du commun[5] et à la gestion des espaces communs par les habitants[6], a remis en pleine lumière leurs rôles.

Un premier colloque tenu à l’Université de Nice les 17 et 18 juin 2025 a permis de revenir sur plusieurs aspects de ces assemblées, principalement dans les espaces français, italiens et flamands.

Sur le plan documentaire, les intervenants ont à la fois souligné la diversité des sources mais également leurs nombreux silences ̶ l’absence ou la disparition de l’enregistrement de ces réunions ne signifiant pas pour autant leur extinction institutionnelle.

Les problèmes de définition de ces assemblées d’habitants ont été l’un des axes de discussion les plus stimulants. Il a été retenu que le critère le plus pertinent semblait être celui d’une participation directe des “habitants”, “manants”, “bourgeois” et, au-delà de leurs statuts, celui d’une citoyenneté vécue[7]. En creux, cette réflexion a mis en exergue l’existence d’exclus : les femmes, les non-libres, les enfants, les hommes n’étant pas en capacité d’être contribuables ou de porter les armes et enfin les communautés d’exclus comme les juifs.

Les modalités de la tenue de ces assemblées d’habitants (réunion en un même lieu de nombreux individus, généralement en extérieur, convoquée ou non par les autorités…) ont conduit à questionner la capacité des individus à exprimer des divergences d’opinion autant que l’enregistrement documentaire de ces dissensions.

Enfin, le dernier point soulevé concernait la capacité d’action de ces assemblées, soit en tant que moment de paix et de consensus à l’intérieur de la communauté (élection de représentants, résolution des conflits entre les habitants, répartition de l’impôt, gestion des biens communaux), soit en tant que lieu d’infléchissement de la domination exercée par les autres pouvoirs (seigneuriaux, princiers, royaux).

Partant de là, les axes que nous aimerions explorer au sein du prochain colloque sont les suivants :

1. Le fonctionnement des assemblées, de l’époque médiévale à l’époque moderne

La question générale du fonctionnement des assemblées d’habitants pourra encore être approfondie par de nouvelles communications, notamment grâce à la comparaison entre espaces et entre périodes historiques, tout en accordant une place spécifique aux assemblées d’habitants tenues dans des villages. Dans un souci d’équilibre avec la première rencontre, les propositions de communication portant sur les Iles britanniques, la Scandinavie, l’Espagne et l’Italie du Sud seront particulièrement souhaitées, ainsi que les cas d’étude concernant la période moderne. Les études concernant les autres espaces et la période médiévale restent bienvenues, en approfondissant les thèmes déjà abordés par la première session (dénomination de ces assemblées, modalités de réunion, composition, documentation, évolution diachronique et enfin leur capacité d’action).

2. Quels modèles pour les assemblées d’habitants ?

Un autre axe de réflexion que nous souhaiterions développer porte sur la question des modèles structurant et influençant les assemblées d’habitants au Moyen Âge et à l’époque moderne. La matrice ecclésiale de ces assemblées pourra être interrogée à l’aide de cas d’études portant sur les assemblées de laïcs dans l’Église ou sur les liens entre les assemblées d’habitants et les conseils de paroisse ou de fabrique ou les réunions de confréries. Le rôle persistant des ces assemblées dans la gestion des aumônes ou d’établissements hospitaliers et charitables peut aussi être une piste à creuser.

D’autres modèles nous sont apparus comme structurants, à l’instar des assemblées à plus petite échelle, telles que les assemblées provinciales ou nationales (réunion des états, thing, shire…), ou au niveau local, le modèle des assemblées de métiers. Leurs liens avec les assemblées d’habitants et la circulation des pratiques peuvent aussi faire l’objet de propositions de communication.

3. L’assemblée du peuple en armes

Nous aimerions également revenir sur la dimension militaire de certaines de ces assemblées d’habitants, que ce soit en termes d’origine et de modèles (le peuple en armes, le plaid) ou sur leurs rôles dans les domaines de la défense, de la fortification et de la guerre. L’importance des contextes de crises et de révoltes dans la tenue et la modification des assemblées d’habitants a été mise en lumière lors du colloque de 2025 et elle pourra encore être approfondie.

4. Les assemblées d’habitants dans le droit et les textes politiques

Enfin, nous souhaiterions établir et définir la place des assemblées d’habitants d’après les textes juridiques et politiques, pour dépasser l’approche qu’en donnent les écrits pragmatiques. Tout d’abord, des études sur le lien entre les fondements juridiques de la communauté, l’universitas, et les assemblées d’habitants permettront d’approfondir les pistes abordées par Pierre Michaud-Quantin[8]. Ensuite, ces textes s’emploient à définir les modalités de réunion, la composition, le déroulement de ces assemblées, ce qui offrira un éclairage complémentaire aux études de cas proposées jusqu’alors. Cette approche pourra se fonder sur des textes variés, de droit civil ou canon, sur des traités politiques médiévaux comme modernes ou encore ceux d’auteurs antiques.

Modalités de contribution

Les propositions de communication (25 minutes), sont à adresser (titre et résumé d’une demi-page environ, bref CV) avant le 15 mars à l’adresse suivante : assemblees.habitants@gmail.com

Informations pratiques

La rencontre se tiendra les 21 et 22 octobre 2026 à l’Institut Catholique de Paris. Les communications pourront avoir lieu en français, en anglais ou en italien. Les textes des communications pourront faire l’objet d’une publication.

Comité d’organisation

  • Cléo Rager, maîtresse de conférences, Institut Catholique de Paris, UR « Religion, Culture et Société » (EA 7403), membre associée au Lamop (UMR 8589)
  • Marie-Émeline Sterlin-Cathébras, docteure, membre associée au Lamop (UMR 8589)
  • Florie Varitille, maîtresse de conférences, Université Nice Côte d’Azur, membre rattachée au CEPAM (UMR 6274)

Comité scientifique

  • Pierre Chastang, professeur des Universités, Université Paris-Saclay - ISP UMR7220
  • Rosa Maria Dessì, professeure des Universités, Université Nice Côte d’Azur - CEPAM (UMR 6274)
  • Michel Hébert, professeur émérite, Université du Québec à Montréal
  • Christopher Fletcher, chargé de recherche, CNRS - IRHIS (Lille)
  • Michel Lauwers, professeur des Universités, Université Nice Côte d’Azur - CEPAM (UMR 6274)
  • Olivier Mattéoni, professeur des Universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Lamop (UMR 8589)
  • François Otchakovsky-Laurens, maître de conférences, Université Aix-Marseille - LA3M
  • Olivier Richard, professeur des Universités, Université de Fribourg, Suisse.

[1] Patrick Boucheron et Denis Menjot, La ville médiévale, Paris, Éditions du Seuil, 2011 [2003], p. 310-311 ; Jean-Pierre Delumeau, « De l’assemblée précommunale au temps des conseils. En Italie centrale » dans Marcel Détienne (éd.), Qui veut prendre la parole  ?, Paris, Seuil, 2003, p. 219.

[2] Albert Rigaudière, art. « Assemblées politiques » dans Claude Gauvard, Alain de Libera et Michel Zink (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France, 2009 [2002], p. 98 ; Marta Gravela, « Medieval Alpine communal politics under the spotlight. The ERC project DEMALPS », Studi di storia medioevale e di diplomatica - Nuova Serie, 2023, p.  466.

[3] Sur ce terme, voir notamment Pierre Michaud-Quantin, Universitas. Expressions du mouvement communautaire dans le Moyen Âge latin, Paris, Vrin, 1970. Thierry Dutour quant à lui définit aussi la communauté comme « l’association de ceux qui demeurent en un même lieu, vouée à traiter les affaires communes, donc publiques, selon des procédures garantissant la régularité du processus de formation d’une volonté collective (par exemple, la tenue d’assemblées générales des habitants) » dans Thierry Dutour, « Dire l’identité des “communautéz de ville”. L’exemple de quelques villes de la langue d’oïl (XIIIe-XVe siècles) », Histoire urbaine, 2012/3 (n° 35), p. 67-82.

[4] Pour une réflexion sur les termes de communauté et d’habitants, voir également Joseph Morsel (dir.), Communautés d’habitants au Moyen Âge (XIe-XVe siècles), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018 ainsi que son article « “Communautés d’installés”. Pour une histoire de l’appartenance médiévale au village ou à la ville », EspacesTemps.net, 2014.

[5] C’est par exemple le cas du programme “Assembly Project” (2010-2013) sur les assemblées dans le Nord de l’Europe (2010-2013), qui a donné lieu à la publication de Sarah Semple et al., Negotiating the North : Meeting-Places in the Middle Ages in the North Sea Zone, Londres, Routledge, 2021.

[6] Voir notamment le programme « VILCO - Villes, Communautés, Communs » porté par François Otchakovsky-Laurens, Nathalie Molina et David Ollivier pour l’espace méditerranéen (URL : https://vilco.hypotheses.org/a-propos, consulté le 2 juillet 2024) ou encore, pour l’espace néerlandais, Janna Coomans, « Making Good and Breaking Bad : Materiality and Community in Netherlandish Cities, 1380–1520 », The English Historical Review, 2022, vol. 137, no 587, p. 1053‑1081.

[7] Olivier Richard, « Experiences of Citizenship in Late Medieval Southern German Lands », The Medieval History Journal, novembre 2024, vol. 27, no 2, p. 298‑322.

[8] Pierre Michaud-Quantin, Universitas. Expressions du mouvement communautaire dans le Moyen Âge latin, Paris, Vrin, 1970.

[9] Patrick Boucheron et Denis Menjot, La ville médiévale, Paris, Éditions du Seuil, 2011 [2003], p. 310-311 ; Jean-Pierre Delumeau, « De l’assemblée précommunale au temps des conseils. En Italie centrale » dans Marcel Détienne (éd.), Qui veut prendre la parole ?, Paris, Seuil, 2003, p. 219.

[10] Albert Rigaudière, art. « Assemblées politiques » in Claude Gauvard, Alain de Libera et Michel Zink (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Presses universitaires de France, 2009 [2002], p. 98 ; Marta Gravela, « Medieval Alpine communal politics under the spotlight. The ERC project DEMALPS », Studi di storia medioevale e di diplomatica - Nuova Serie, 2023, p.  466.

[11] On this term, see Pierre Michaud-Quantin, Universitas. Expressions du mouvement communautaire dans le Moyen Âge latin, Paris, Vrin, 1970. Thierry Dutour also defines community as ‘the association of those who live in the same place, dedicated to dealing with common, and therefore public, affairs according to procedures that guarantee the regularity of the process of forming a collective will (for example, holding general assemblies of inhabitants)’ in Thierry Dutour, « Dire l’identité des “communautéz de ville”. L’exemple de quelques villes de la langue d’oïl (XIIIe-XVe siècles) », Histoire urbaine, 2012/3 (n° 35), p. 67-82.

[12] For further reflection on the terms community and inhabitants, see also Joseph Morsel (dir.), Communautés d’habitants au Moyen Âge (XIe-XVe siècles), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2018 ainsi que son article « “Communautés d’installés”. Pour une histoire de l’appartenance médiévale au village ou à la ville », EspacesTemps.net, 2014.

[13] This is the case, for example, with the programme ‘Assembly Project” (2010-2013)’ on assemblies in Northern Europe (2010–2013), which led to the publication of Sarah Semple et al., Negotiating the North : Meeting-Places in the Middle Ages in the North Sea Zone, Londres, Routledge, 2021.

[14] See in particular the programme « VILCO - Villes, Communautés, Communs », led by François Otchakovsky-Laurens, Nathalie Molina and David Ollivier for the Mediterranean region (URL : https://vilco.hypotheses.org/a-propos, accessed on 2 July 2024) or, for the Netherlands, Janna Coomans, « Making Good and Breaking Bad : Materiality and Community in Netherlandish Cities, 1380–1520 », The English Historical Review, 2022, vol. 137, no 587, p. 1053‑1081.

[15] Olivier Richard, « Experiences of Citizenship in Late Medieval Southern German Lands », The Medieval History Journal, novembre 2024, vol. 27, no 2, p. 298‑322.

[16] Pierre Michaud-Quantin, Universitas. Expressions du mouvement communautaire dans le Moyen Âge latin, Paris, Vrin, 1970.

Locais

  • Institut Catholique de Paris
    Paris, França (75)

Formato do evento

Evento apenas no local


Datas

  • domingo, 15 de março de 2026

Contactos

  • Marie-Emeline Sterlin
    courriel : assemblees [dot] habitants [at] gmail [dot] com

Fonte da informação

  • Marie-Emeline Sterlin
    courriel : assemblees [dot] habitants [at] gmail [dot] com

Licença

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Para citar este anúncio

« Les habitants en assemblées (Europe, XIIe-XVIIIe siècle) », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado quarta-feira, 18 de fevereiro de 2026, https://doi.org/10.58079/15pu7

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