HomeArchives du passé, présent des archives
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Published on Wednesday, February 18, 2026

Abstract

La journée d’étude doctorale « Archives du passé, présent des archives » est la première journée d’étude de l'unité mixte de recherche 9028 HARTIS qui a vu le jour le 1er janvier 2026. Cherchant à rassembler les doctorant·es et jeunes chercheurs et chercheuses en histoire, histoire de l’art, archéologie et philologie de toutes les périodes confondues, elle porte sur le thème des archives, comme source et outil, de leur traitement à leur utilisation.

Announcement

Argumentaire

Selon le Code du Patrimoine, les archives correspondent à « l’ensemble des documents, y compris les données, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l'exercice de leur activité1 ». Elles sont donc, pour tout historien·e et plus largement pour tout chercheur·euse travaillant dans une discipline liée à l’histoire, une source mobilisable pour son travail de recherche. Les archives occupent une place centrale dans les échanges organisés par les universitaires et soulèvent de nombreux questionnements. Les premiers concernent leur nature à travers le temps. Les archives d’un marchand babylonien sont-elles les mêmes qu’un marchand des Flandres ? Leurs méthodes de reconstitution sont-elles les mêmes ? Leur consultation pose-t-elle les mêmes difficultés ? Aborde-t-on les archives de Domitien de la même manière que celles d’un gouvernement du XXe siècle ? Celles de Dryton et d’Apollonia2 comme celles d’une famille d’Angoulême de l’Ancien Régime3 ? La question des archives reste un sujet de débats et de discussions entre les historien·nes de périodes différentes, les archéologues et archivistes.

Dans un contexte marqué par les récentes évolutions politiques aux États-Unis, où la fermeture de l’agence d’aide au développement américaine et la disparition de ses archives en ligne ont relancé les débats concernant l’accès et la préservation des archives, l’enjeu de cette journée d’étude est de nourrir le dialogue entre différentes disciplines et périodes historiques sur les archives. Il s’agit ici de favoriser la compréhension du rôle de chacun vis-à-vis des archives, mais également de mettre en lumière les difficultés qui peuvent survenir lors du travail avec ou sur ces dernières. Le but de cette journée d’étude est également de se nourrir des méthodes de chacun·e afin de rendre plus efficace le travail avec et sur les archives.

L'archive est souvent un document complexe qu’il faut manier avec une attention particulière. Au-delà du recul nécessaire pour les traiter, il arrive régulièrement que des archives soient difficiles d’accès. Le premier axe sera donc dédié à la question du traitement des archives. La question par exemple de travailler avec ou sur des archives de recherche, ou des archives soumises à une classification gouvernementale pourra se poser. Comment travailler avec des documents dont une partie reste inaccessible ou caviardée ? Comment parvenir à obtenir la déclassification anticipée de documents ? Ou encore, comment traite-t-on le processus de déclassification en tant qu’archiviste ? D’autres archives, bien que tout à fait accessibles, posent également un problème par leur graphie. Quel peut-être l’apport de la paléographie ou de logiciels informatiques pour pallier ce problème ? Enfin, la question de la numérisation sera également posée dans cet axe. Est-ce bien similaire de travailler sur des documents originaux et sur des documents numérisés ? Se posera également la question de la hiérarchisation des archives dans le processus de numérisation. Comment sont choisies les archives à numériser en priorité ? Comment les historien·nes peuvent-ils utiliser à leur avantage ces numérisations alors que la question des humanités numériques ne cesse de se poser de plus en plus dans notre discipline ?

L'enjeu du second axe sera la question des institutions détentrices d'archives ainsi que les modalités d'accès pour les chercheur·euses. On pourra se demander qui a accès aux archives et dans quel cadre ? Cela pourra permettre un débat plus vaste sur l’expérience de chercheur·euses lors de recherches menées à l’étranger. La question de la conservation des archives se posera également, et concerne cette fois-ci des enjeux éthiques, notamment la restitution d’archives pillées pendant la colonisation, mais également la manière dont s’effectue un transfert de document d’un fonds à un autre, parfois localisé dans une autre institution au sein d’un même pays, ou à l’étranger. Comment les chercheur·euses s’insèrent-ils dans des discussions diplomatiques pour avoir accès à ces sources ? Un autre enjeu concerne l’accès aux archives dégradées, comment les rendre consultables pour les chercheur·euses tout en les préservant ?

Enfin, le troisième et dernier axe sera consacré à la question de la disparition ainsi qu'à la destruction des archives. Il sera ici question d’aborder la difficulté de travailler avec un corpus de sources incomplet, à cause d’une dispersion trop aléatoire des archives, des archives inaccessibles, d’une absence de conservation au fil du temps, ou tout simplement au fait qu’elles n’ont jamais été trouvées. En cela, une attention particulière sera portée aux expériences liées à des phénomènes de destruction d’archives, ainsi qu’aux cas de documents qui furent accessibles mais ne le sont plus désormais. Cet axe permettra également d’engager une conversation sur les dangers que peuvent poser les interférences politiques sur l’accès aux archives, et donc sur la pratique de la recherche historique.

Avec l'organisation de la journée d'étude Archives du Passé, Présent des Archives, nous proposons d’aborder les méthodologies et les questionnements qu’imposent les archives en tant que source et outil pour les chercheur·euses en histoire, histoire de l’art, archéologie et littérature. Plus que de présenter des conclusions générales, l’enjeu est de mettre en exergue la pluridisciplinarité et de favoriser les échanges entre les différentes périodes et disciplines historiques.

Programme

  • 09h15 : Accueil
  • 09h30 : Mots d’accueil – Elliott LAIRIE, Morgane PIQUE, Thomas RUCKEBUSCH, Doctorant·e·s (HARTIS, ULille); Charles MÉRIAUX, Directeur (HARTIS, ULille)
  • 09h45 : Introduction – Matthieu DE OLIVEIRA (HARTIS, ULille)

Session 1 — Le traitement des archives (1)

Présidée par Géraldine FAUPIN (SRA–DRAC Hauts-de-France, HARTIS)

  • 10h15 : Henri BAZAN (Centre Jean Mabillon, École Nationale des Chartes) – Archiver le jeu vidéo, une constellation documentaire
  • 10h45 : Olivier CALLIGARO (Archimède, UStrasbourg) – Des ostraca aux données numériques : repenser la cohérence des archives

11h15 : Pause

Session 2 — Le traitement des archives (2)

Présidée par Cécile MICHEL (ArScAn, équipe HASAÉ, CNRS)

  • 11h30 : Anna MIKHALCHUK (Centre Jean Mabillon, École Nationale des Chartes) – Reconstruire les archives des érudits modernes : buts, approches, problèmes et premiers résultats (à l’exemple des sceaux)
  • 12h00 : Marie-Anne PEPE (Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine, UCôte d’Azur) – Archives intimes, archives sensibles, comment les traiter ?

12h30 : Déjeuner

Session 3 — L’accès aux archives 

Présidée par Philippe ABRAHAMI (HARTIS, ULille)

  • 14h00 : Chama ELAZOUZI (SLLACH, Université Sidi Mohamed Ben Abdellah-Fès [Maroc]) – Travailler avec des archives coloniales et postcoloniales au Maroc : accès, lacunes et enjeux méthodologiques pour la recherche en sciences humaines
  • 14h30 : Fernando LIGUE ENGAMBA (Université de Ngaounadéré [Cameroun]) – Entre silence et mémoire : les archives coloniales allemandes et françaises au Cameroun face aux défis de l’accès et de la restitution

15h00 : Pause

SESSION 4 — DISPARITION ET DESTRUCTION DES ARCHIVES

Présidée par Thomas RUCKEBUSCH (HARTIS, ULille)

  • 15h15 : Angèle DESMENEZ (HARTIS, ULille) – Chronique des fonds d’archives ecclésiastiques de Notre-Dame de Laon (Aisne)
  • 15h45 : Louis FORTEMPS (Laboratoire C2DH, ULuxembourg) – L’historien et les collectionneurs. Le cas des archives de soldats de la Wehrmacht sur le marché de la collection
  • 16h15 : Maria Raffaela ROBUSTELLI (Université Federico II-Naples [Italie]) – Naples aragonaise sans archives : enquêter sur un passé artistique à partir de sources lacunaires

16h45 : Conclusion & remerciements

17h00 : Fin de la journée

Comité d’organisation

  • Elliott Lairie, doctorant en Assyriologie (UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8164 – HALMA)
  • Morgane Pique, doctorante contractuelle en Assyriologie (UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8164 – HALMA)
  • Thomas Ruckebusch, doctorant et ATER en Histoire contemporaine (UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8529 – IRHiS)

Comité scientifique

  • Philippe Abrahami (PR UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8164 – HALMA)
  • Matthieu de Oliveira (PR UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8529 – IRHiS)
  • Géraldine Faupin (Archéologue-archiviste SRA-DRAC, UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8164 – HALMA)
  • Cécile Michel (DRCE2 UMR 7041 – ArScAn, équipe HASAÉ, PR Université de Hambourg)
  • Dylan Simon (MCF UMR 9028 – HARTIS, ex UMR 8529 – IRHiS)

Plan d'accès

VOITURE

  • par le boulevard du Breucq, direction Villeneuve d’Ascq, sortie « Pont de Bois », direction « Université Lille ». Choisir l’un des parkings disponibles se situant soit avant la passerelle qui passe au-dessus de l’avenue du Pont-de- Bois, soit celui à côté du Garage Renault. Suivre ensuite le fléchage de l’Université.

TRAIN - MÉTRO

  • de la gare Lille-Flandres, prendre le métro direction « Quatre Cantons » (ligne 1). Descendre à la station « Pont de Bois », puis suivre le fléchage de l’Université.
  • de la gare Lille-Europe, prendre le métro direction « Saint Philibert » (ligne 2). Descendre à la station « Lille-Flandres » reprendre le métro direction « Quatre Cantons » (ligne 1). Descendre à la station « Pont de Bois », puis suivre le fléchage de l’Université.

BUS

  • lignes de bus 10, 41, 43 arrêt « Pont de Bois », puis suivre le fléchage de l’Université, Bâtiment A,
    niveau forum-1.

Notes

1 Article L211-1 – Code du Patrimoine.

2 Katelijn Vandorpe, The Bilingual Family Archive of Dryton, His Wife Apollonia and Their Daughter Senmouthis, Collectanea Hellenistica 4, Bruxelles : Union Académique Internationale & Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, 2002.

3 Emma Rothschild, An Infinite History. The Story of a Family in France over Three Centuries, Princeton : Princeton University Press, 2021.

Places

  • Salle des colloques, Bâtiment F, Maison de la Recherche - Campus Pont-de-Bois, Université de Lille
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


Date(s)

  • Friday, February 20, 2026

Keywords

  • archive, archivistique, histoire, archive de recherche, archive publique, archive privée, conservation, disparition, classification, déclassification, numérisation, restitution

Contact(s)

  • Contact APPA
    courriel : appahartis [at] gmail [dot] com

Information source

  • Elliott Lairie
    courriel : erj [dot] lairie [at] protonmail [dot] com

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Archives du passé, présent des archives », Study days, Calenda, Published on Wednesday, February 18, 2026, https://doi.org/10.58079/15pua

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